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La prospérité de la nation française à ce sujet est indiscutable. Les navires nationaux de France figurent dans le mouvement général de navigation dans la proportion d*un tiers pour les exportations et d'une moitié pour les importations. Il est à noter que le tableau que nous avons tracé ci-dessus comprend à la fois les navires chargés et sur lest, français et étrangers.
Le mouvement actuel, d'environ 20.000.000 de tonnes, qui comprend les importations et les exportations opérées en France dans l'espace d'un an, se répartit comme suit dans les principaux ports :
Importations et exportations Ports. réunies.
Marseille 6.150.000 tonnes
Le Havre 3.200.000 —
Bordeaux 1.900.000 —
Dunkerque 1.190.000 —
Calais 975.000 —
Cette .925.000 —
Rouen 900.000 —
Boulogne 750,000 —
Dieppe 720.000 —
Saint-Nazaire ... 690.000 —
Bayonne 106.000 —
Nantes 100.000 —
En comparant ce mouvement des ports de France à ceux des autres pays commerciaux de premier ordre on est amené à établir le tableau suivant :
Mouvement d'importation et Pays. d'exportation.
Angleterre 63. 000. 000 ton nés
États-Unis du Nord 25.000.000 —
France.. 20.000.000 —
Pays-Bas 18.000.000 —
Allemagne 16.000.000 —
Autriche-Hongrie 14.000.000 —
Espagne: 8.500.000 —
Italie 6.600.000 —
République Argentine 6.500.000 —
Belgique 6.000.000 —
Quant à la Russie, dont nous n'avons pu nous procurer la
statistique officielle, s'il faut en juger par la fréquentation de
son pavillon dans les ports étrangers, elle occupe le 6* rang dans
le mouvement général de la navigation.
Si nous considérons la marine marchande française au point
de vue du nombre de tonnes que jaugent ses bâtiments, et si
nous la comparons, à ce titre, aux marines marchandes des autres pays, nous trouvons qu'elle est placée au 5<^ rang, ainsi qu'il ressort du tableau graphique, plancheXII. L'Angleterre, les États- Unis, la Norwège et TAUemagne possèdent une flotte dont le tonnage est, pour chacun de ces pays, supérieur à celui de la marine française.
En ce qui concerne le mouvement général de la navigation, nos lecteurs voudront bien se reportera la planche XI, qui comprend la période de 1837 à 1886.
Mais l'importance d'une marine marchande ne doit pas se mesurer seulement par le nombre de tonnes que jaugent ses vaisseaux, mais encore par la force motrice dont elle dispose.
A ce point de vue, la France, dont les bâtiments à vapeur de la marine marchande jaugent 467.000 tonnes, vient immédiatement après la Grande-Bretagne et les États-Unis, et occupe réellement le 3*" rang. Les bâtiments à vapeur de la Norwège ne jaugent que 92.000 tonnes ; dans la marine allemande, le tonnage des bâtiments à vapeur n'entre que pour un tiers dans le tonnage total, il entre pour la moitié dans la marine française.
En 1847, la marine marchande française jaugeait 670.000 tonnes, dont 12.000 pour les bâtiments à vapeur. En 1857, la France atteint le chiffre de 1.052.000 tonnes, dont 72.000 pour les bâtiments à vapeur. En 1867, le tonnage s'élève à 1.048.000 tonnes, dont 133,000 pour les bâtiments à vapeur.
A partir de cette époque, on commence à remarquer un phénomène curieux : le tonnage diminue à mesuse que le nombre de bâtiments à vapeur augmente. En 1877, le tonnage français est de 989.000 tonnes, dont 311.000 pour les navires à vapeur. En 1885, le tonnage total est de 1.000.000 de tonnes et dans ce chiffre 492.000 tonnes reviennent à la marine à vapeur. Si l'on calcule que le travail utile d'un bâtiment à vapeur est quatre fois celui d'un bâtiment à voiles d'égal tonnage, on voit que la marine marchande française a réalisé de grands progrès depuis 1867 jusqu'à nos jours.
Le progrès notable qu'a fait la France, à ce point de vue, en peu d'années, est dû à des causes multiples. Mais avant d'en examiner quelques-unes, nous croyons devoir appeler l'attention du lecteur sur l'une des principales causes de cette amélioration, qui résulte de son outillage, c'est-à-dire du nombre des navires nationaux, tant à voiles qu'à vapeur, qui figurent dans ses principaux ports.
Pour pouvoir se rendre un compte exact de l'effectif de la marine marchande, il est utile d'examiner le tableau ci-joint, publié par le Ministre du commerce et de l'industrie dans l'annuaire statistique de 1887, et que nous reproduisons textuellement comme suit:
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