‹ La France africaineChapitre 15 sur 68 · DU DEUXIÈME AU QUATRIÈME RANG AU POINT DE VUE COMMERCIAL · texte numérisé non relu

DU DEUXIÈME AU QUATRIÈME RANG AU POINT DE VUE COMMERCIAL

Au point de vue économique, les progrès considérables réalisés par toutes les nations ont dépossédé aussi la France de la situation prédominante qu'elle avait eue sur le monde entier pendant tout le dix- huitième siècle.

Dans cette période, ses transactions étaient demeurées plus importantes même que celles de l'Angleterre et s'étaient élevées à plus du triple de celles des États- Unis; l'Empire germanique n'existait pas.

En 1789, le mouvement commercial total de la France était de 1.073 millions de francs; celui de l'Angleterre de 825 millions de francs. Seules, ces deux nations avaient un chiffre de transactions approchant d'un milliard.

Au commencement du vingtième siècle, ce n'est plus seulement la France et l'Angleterre qui se disputent le trafic du monde ; la lutte économique est devenue universelle. Dix-huit pays ont déjà un ensemble d'importations et d'exportations dépassant un milliard et supérieur à ce qu'était en 1800 le commerce général de la France ou celui de l'Angleterre.

En 1720, les mouvements commerciaux de ces deux pays étaient :

Importations. Exportations. Chiffre total.

France .... 500.000.000 320.000.000 820.000.000 Angleterre. 330.000.000 400.000.000 730.000.000

Pour passer de ces chiffres à ceux de 1789 :

Importations. Exportations. Chiffre total.

France . . . ' 634.000.000 439.000.000 1.073.000.000 Angleterre. 400.000.000 425.000.000 825.000.000

c'est-à-dire pour augmenter leur commerce de 253 et de 95 millions, soit du tiers et du septième, la France et TAngleterre ont mis plus d'un demi-siècle. De 1870 à 1905, Tensemble total du commerce des dix-huit pays dont le trafic dépasse un milliard a plus que doublé, passant de 54,3 à 116,2 milliards!

Profitant de Texpérience, de la pratique commerciale des vieux pays, de l'activité contagieuse qui les a envahis, toutes les nouvelles collectivités se lancent dans le mouvement du trafic universel avec un élan qui était inconnu il y a un siècle.

La concurrence devient de plus en plus âpre. La lutte pour la vie gagne les peuples comme les individus. Elle ne fait que commencer. Dans l'avenir, elle terrassera tous ceux qui ne seront pas doués au plus haut degré du génie du commerce.

Dix-huit pays, avons-nous dit, ont en 1905 un commerce supérieur à un milliard. L'ensemble de leurs transactions a plus que doublé en trente-cinq ans. Le Japon et la République Argentine sont les contrées qui

ont fait le8 progrès les plus rapides ; la France est la nation qui a marché le plus lentement :

Page 1