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CE QUE FIT NAPOLÉON EN

grand empereur a été obligé de s'incliner il y a un siècle. Vous ferez en sorte de ne pas pouvoir vous mettre dans le cas d'être réduits à suivre l'exemple de Napoléon I", en risquant de vous voir forcés, sous la menace de guerre, de céder pour rien d'immenses possessions dont vous pouvez tirer aujourd'hui un large parti par des négociations opportunes.

CE QU'IL FAUT FAIRE

CE QU'IL FAUT FAIRE

Nous voulons lutter contre trop d'ennemis. Nous avons comme adversaires éventuels : « i'Allemag^ne, le Japon, r Angleterre, la Chine, F Amérique » . Il faut effacer de cette liste tous ceux dont les pays sont trop éloignés pour notre sphère d'opérations : a le Japon, la Chine, T Amérique » . Il faut réduire au minimum ceux qui sont nos compétiteurs directs en nous mettant soit du côté de l'Angleterre, soit du côté de l'Allemagne et ramener nos futurs ennemis à un seul.

Nous possédons actuellement des^ colonies qui sûrement, dans la suite des temps, ne peuvent pas rester entre nos mains et qui seraient mieux placées sous la souveraineté d'autres peuples que sous la nôtre. Ceux-ci possèdent des colonies qui, au contraire, seraient plus logiquement placées sous notre domination. Il faut changer celles-là contre celles-ci. Il faut échanger l'Indo- Gbine, la Nouvelle-Calédonie, les Comptoirs de l'Inde, les Nouvelles-Hébrides, Cheik Saïd, contre les deux Nigeria, la Gold Coast, la Sierra Leone, la Gambie des Anglais; les îles de la Société, Djibouti, Quang-Tchéou- Wan, contre le Togo et le Cameroun des Allemands. Il faut donner à nos îles des Antilles la feculté de se joindre à la République des États-Unis et foire reconnaître

par toutes les nations nos droits à la liberté complète de nos actes dans toute TAfrique occidentale depuis les rives de la Méditerranée jusqu'au Congo. Nous sommes actuellement dans une situation trop forte pour avoir à envisager une solution identique à celle que Bonaparte adopta vis-à-vis de la Louisiane, et qu'on puisse songer soit à abandonner sans compensation, soit à vendre quelque partie que ce soit de nos territoires.

Quoique avant tout, dans ces échanges, il s'agisse de questions de position, de questions de moralité beaucoup plus importantes, beaucoup plus élevées que toute autre question, on peut envisager que, sous le rapport matériel, les échanges à opérer se contre-balanceraient dans une mesure suffisamment équitable en ce qui concerne l'ensemble des principaux éléments de la valeur des territoires ^ superficie, population, commerce » , (Voir le tableau ci-contre.)

A chaque génération son labeur !

Du temps où le monde était inconnu, la France a envoyé partout des navigateurs pour découvrir, des explorateurs pour explorer ; ces générations ont fait ce qu'elles devaient faire. A l'heure actuelle où le monde est entièrement partagé, où les Européens sont refoulés d'Amérique et d'Asie, où il s'agit non plus de conquérir, non plus de s'établir passagèrement au hasard, n'importe où, pour faire acte de premier occupant, mais de s'installer solidement, pour organiser les futures sociétés et exploiter pour le mieux les différents sols, nous avons autre chose à faire que d'agir encore comme si l'Europe restait maîtresse sans rivales et, au milieu d'elle, la France la première des collectivités. A cette période nouvelle de l'évolution mondiale, il faut adopter une politique nouvelle. Devant les transformations qui s'opèrent sous nos yeux, c'est parce que c'est à chaque

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