EE1 LIVRES STERLING
laportatiau.
liHrta-
tiHt.
Seiae des iaptr-
UtiHS 6(
du exiertatiens.
EN millions de FRANCS
Toço (Allemand)
Cameroun (Allemand)
Totaux
Totaux oliiRAux .
Coûtait ai geiTarafBeit alleaaBd : 5.380.000 fraiei par u.
génération qu'il échoit d'accomplir son propre labeur, que c'est à la nôtre qu'il appartient de prendre les décisions viriles exigées par l'évolution rapide à laquelle ne pouvait songer cette pléiade d'illustres coloniaux qui ont su avec tant d'énergie nous essaimer dans toutes les parties du monde.
Le labeur de la génération qui vivait il y a vingtcinq ans était de s'emparer de la plus grande quantité possible de territoires. C'était la fin de la période de conquête et de partage. C'était l'époque où l'on commençait à voir le bout du monde et où, par conséquent, il était sage de s'assurer de quelques-uns de ses derniers morceaux. Le labeur de la génération d'aujourd'hui est de tirer le plus de profit de tous les sacrifices, de tous les efforts du passé, pour adapter son modus vivendi au mouvement de l'évolution indiscutable auquel elle est obligée de participer.
Nous sommes engagés au Maroc d'une façon irrémédiable. Si nous n'avions affaire aux intrigues allemandes, la question marocaine serait bien promptement résolue; la cavalerie de Saint- Georges la liquiderait beaucoup plus vite, plus sûrement, plus économiquement que les bataillons et les flottes. Il faut désintéresser l'Allemagne, et faire du Maroc une nouvelle Tunisie.
Que peuvent nous faire à nous, dans la partie du monde que nous occupons, Japonais, Chinois, Américains, Australasiens? Pourquoi nous mêler de questions qui ne regardent que ces peuples? Qu'espérons-nous recueillir de tous ces conflits politiques qui agitent les diplomaties européennes? Pourquoi irions-nous nous mêler de toutes ces questions d'Orient, du chemin de fer de Bagdad, de la pénétration allemande en Asie? Si nous cherchons des placements rémunérateurs pour nos capitaux, exploitons d'une façon intensive l'Afrique qui
CE qu'il faut faire 857
peut nous fournir avantageusement toutes les matières premières nécessaires pour créer en France une industrie hors de pair ! Pourquoi, au lieu de construire des chemins de fer et des ports dans toutes les parties du monde, ne ferions-nous pas chez nous les chemins de fer et les ports qui nous manquent pour reconquérir toute cette clientèle dont la route naturelle de transit est la France et qui aujourd'hui en fait le tour?
Au lieu d'aller exploiter toutes les parties du monde, exploitons uniquementla France et TAfrique. Nousavons là des terrains plus que suffisants à tous nos besoins où, ces échanges une fois opérés, nous n'aurions à redouter aucune compétition.
Ce qui doit nous importer surtout c'est de former une société devenue une providence pour chacun de ses membres, une société de laquelle sero^nt supprimés tous ces à-coups politiques qui menacent continuellement les destinées de notre pays sans même que soient déterminés exactement les avantages possibles à i^etirer des risques qu'ils lui font courir.
Consacrons-nous à une politique exclusivement africaine.
Concentrons tous nos efforts économiques et politiques en Afrique.
Potir avoir les mains entièrement libres dans cette partie du monde, abandonnons entièrement au besoin les prétentions que nous avons ailleurs et qui ne peuvent nous mener qu*à des conflits nuisibles. Mais n'allons pas chercher à entreprendre dans TOuest-africain une œuvre de colonisation impraticable. Allons-y pratiquer une œuvre d'association intime liant toutes ces peuplades à la France par les attaches indivises de l'intérêt et du bienêtre, en les laissant entièrement libres dans leurs goûts, dans leurs mœurs, dans leur religion.
Les conquérants mandchous étaient moins d'un mil-
lion contre 300 millions de Chinois. C'étaient des sag^es : ils remirent entièrement aux Chinois l'administration de leurs villages, en leur laissant toute la responsabilité. Les Chinois se passionnèrent si bien pour leurs affaires locales qu'ils devinrent tout à fait indifférents aux affaires de l'État et purent oublier complètement qu'ils étaient conquis par des étrangers.
Les indigènes d'Afrique vivent dans leurs cases, au milieu des brousses, sans avoir encore d'autres soucis que ceux de leurs villages. Nous n'avons pas à aller troubler leur quiétude en les mêlant à toutes les luttes de notre état social. Nous n'avons qu'à appliquer à leur égard la ligne de conduite que les Mandchous ont tenue :pendant des siècles vis-à-vis des Chinois, ligne de conduite qui a accumulé à l'état latent, dans la masse chinoise, des forces constituant au vingtième siècle la collectivité la plus formidable de l'humanité.
Nous n'avons pas à essayer des transformations de leur régime, une adhésion plus ou moins forcée à nos institutions. Nous devons seulement chercher à opérer la juxtaposition de toutes ces collectivités à la nôtre, pour arriver à former la collectivité parfaite, celle qui pourra produire tout par elle-même, celle qui sera assez peuplée, assei étendue pour présenter toutes les principales conditions nécessaires à une société pour^utter avantageusement contre les plus grandes collectivités modernes, celle qui, à la suite d'une période toute de paix, de travail, de recueillement, permettra à la France de reconquérir le rang qu'elle tint dans le monde pendant tant de siècles, c'est-à-dire le premier.
Bref, ce qu'il faut faire : c'est changer les colonies où il nous est impossible de faire œuvre utile ; remplacer notre politique extérieure et coloniale actuelle par une politique exclusivement africaine ; concentrer tous nos
CE QU'IL FAUT FAIRE 359
efforts en Afrique pour nous adonner entièrement à une politique d'exploitation, à une politique toute pacifique, nettement déterminée, qui nous mettra à Tabri de toutes secousses extérieures et nous permettra, dans la sécurité de la paix, de travailler à foire de la France, jointe à tout le nord-ouest de l'Afrique, une des plus puissantes collectivités du monde.