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NOM DU PAYS

Entre 10 % et 20 % (i

Jamaïque

Italie

Turquie

Norvège

Suède

Finlande

Afrique occid. allemande Indo-Chine française....

Madagascar

Arabie ,

suite)

Entre 5 % e< 10 %

France

Allemagne

Hongrie

Roumanie

Danemark

Rhodesia

Angleterre

Perse

Autriche

Maurice

Indes

Pays-Bas

Suisse

Japon

Est Africain anglais .

Au-dessous de S %

Chine...

Belgique ,

suivre les doctrines de M. Chamberlain, pour empêcher la dissolution de TEmpire britannique ; pour fournir au budget anglais des ressources indispensables; pour sauver l'agriculture d'une décadence irrémédiable.

« En vendant peu et en achetant beaucoup » , il nous serait impossible de continuer à lutter contre des collectivités qui sont arrivées à « vendre beaucoup tout en achetant peu « . Ce serait, à brève échéance, la ruine fatale de notre commerce et de notre industrie.

La France importe par an : 350 millions de francs de coton; 100 millions de francs de café; 35 millions de francs de cacao ; 100 millions de francs de caoutchouc; 15 millions de francs de bois ; soit 600 millions de francs pour ces seules matières, et ses colonies ne lui fournissent de sa consommation que : 24 pour cent de caoutchouc; 12 pour cent de thé; 5,60 pour cent de cacao ; 1,65 pour cent de café.

Non seulement la France aurait intérêt à se pourvoir elle-même de la totalité de ce qu'elle achète aux autres ; mais elle est dans la nécessité de le faire. Beaucoup des États producteurs de matières premières ne sont pas encore des pays industriels, mais tous tendent à le devenir. Chaque jour, c'est un nouveau fabricant qui se lance dans la bataille industrielle et qui, afin de réaliser des bénéfices plus importants, transforme lui-même ses matières premières, au lieu de les vendre à d'autres. A côté des filatures de tant de pays, même de Tlndo- Chine, on voit à Bombay se fonder une société au capital de 162 millions de francs pour établir des hauts fourneaux, des aciéries, des laminoirs, exploiter les mines. Le marché asiatique va ainsi faire une concurrence énorme au marché européen et au marché américain.

Il s'ensuit que tous les pays non producteurs de ma-

tières premières sont appelés dans un avenir prochain à être tributaires des fabrications des autres et que leur industrie risque de couler peu à peu, pour finalement disparaître.

Les États-Unis transforment chaque jour une plus grande quantité de matières brutes. Le jour où ils fabriqueraient en totalité leur production de ces matières, la France ne pourrait plus leur acheter annuellement les 330 millions de francs de coton qui lui sont indispensables. L'industrie cotonnière française serait arrêtée; 250.000 de nos ouvriers se trouveraient sans travail. En attendant ce cataclysme définitif, le prix du coton ayant monté de 100 pour cent de 1903 à 1904, les achats de coton ont été réduits de 2.188.000 quintaux métriques en 1903 à 1.750.000 quintaux métriques en 1904.

Pour que le travailleur puisse acheter du pain, il faut que le pays puisse acquérir à bon compte les matières premières indispensables au métier qui le fait vivre. Le sol de la France ne peut pas les produire ; pour la vie de nos ouvriers, il nous faut donc posséder des terres capables de nous en fournir. C'est une nécessité absolument urgente que le Parlement a, d'ailleurs, déjà reconnue en votant, en 1905, 90.000 francs; en 1907, 100.000 francs, sur le crédit de 190.000 francs demandé par M. Siegfried, pour favoriser le développement de la culture du coton en Afrique. Mais cette somme est absolument insignifiante à côté des efforts à faire. C'est une mesure insuffisante à côté de toutes celles qu'il nous est indispensable de prendre devant des nécessités aussi impérieuses.

En dix ans, les exportations du monde ont augmenté de plus de 20 milliards. La richesse et la consommation ne croissent pas aussi vite que la fabrication; l'univers ne peut acheter ce qu'il produit. De ce gouffre, de

cet enfer de la surproduction, beaucoup veulent sortir! Beaucoup veulent profiter du machinisme et éviter la surproduction par la diminution des heures de travail ; ils ont la journée de huit heures, ils veulent arriver à celle de cinq heures. Pour pouvoir obtenir ce résultat, il fout que le pays puisse vivre absolument sur lui-même, sans être astreint à des rapports commerciaux ou industriels avec d'autres. Tant que cet idéal ne pourra être sensiblement atteint, nous continuerons à être dépendants du commerce des autres nations; dès lors, il serait impossible de réduire la durée de la journée de travail, parce que cela entraînerait la diminution de notre production quotidienne, aug^menterait par conséquent nos frais de main-d'œuvre et nous mettrait vis-à-vis de nos concurrent^ étrangers dans une infériorité telle, que nous ferions nous-mêmes la ruine de nos ouvriers. C'est pour cela que les représentants des partis les plus avancés ne peuvent pas se montrer les adversaires de nos colonies africaines.

Nos industriels ne seront vraiment libres qu'autant qu'ils seront en possession de tous les moyens de production. Pour assurer la prospérité du peuple, il faut développer la puissance productive du travail, c'est-àdire l'activité industrielle générale, qui est la première chose à considérer dans les questions qui touchent aux salaires.

L'Indo-Chine, nos possessions du Pacifique, la Martinique, la Guadeloupe, ne peuvent pas nous fournir à bon marché les matières premières qui nous sont nécessaires ; ces colonies n'en ont déjà pas suffisamment pour des industries naissantes qui menacent de se développer plus vite que leur agriculture; elles ne peuvent augmenter la puissance productive de notre travail. Les très grandes distances qui les séparent de la France rendent les voyages trop longs, trop coûteux; les frets, trop cher.

Aux portes de France, nos possessions africaines constituent un immense jardin suffisant pour nous donner mille fois plus que tout ce qu'il peut nous falloir. Là, les peuples sont éternellement pasteurs ; leurs g^oùts les portent vers la terre ; la suppression de tous les coupeurs de têtes, Taug^mentation considérable des populations, promettent pour l'avenir une main-d'œuvre avantageuse.

Le magnifique domaine qui nous est indispensable, nous l'avons sous la main, étendons-la; exploitons-le.

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