‹ La France africaineChapitre 65 sur 68 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Sabvention au budget local de la Martinique

— de la Guadeloupe

— de Tahiti

— de la Nouvelle-Calëdonic

26 bis

27 bis

— de la côte française des Somalis

Subvention pour payement de l'annuité due à la Compagnie des chemins de fer éthiopiens

Subvention au budget local de Tlnde

Subvention pour exécution de travaux publics

Troupes aux colonies (groupe des Antilles et du Pacifique)

Troupes aux colonies (groupe indo-chinois)

Frais de route et de passage du personnel militaire : 6 971 .115 francs A réduire de

Mi

Remonlc et harnachement : 813.337 francs. A réduire de. . . .

Vivres et fourrages (groupe des Antilles et du Pacifique)

Vivres et fourrages (groupe indo-chinois)

Habillement, campement et couchage: 6.250.219 fr. A réduire de ,

Ser\'ice de l'artillerie et des constructions militaires (groupe des Antilles et du Pacifique)

Service de rartillerie et des constructions militaires (groupe indo-chinois)

annuelles de plus de 60 millions qu'exig^erait la mise en état de défense efficace des possessions dont je propose de se défaire.

Trente millions! C'est infime! C'est à peine un peu plus du septième des 200 millions que M. Thiers avait inscrits à Tamortissement de la dette! Ce serait un acompte annuel insignifiant qui ne nous permettrait d'éteindre notre dette qu'en mille ans! Aussi n'est-ce pas à sa valeur intrinsèque qu'il faut attacher de l'importance, et d'autant moins qu'on ne peut se faire aucune illusion sur le sort que subiraient ces modestes économies, si elles ne coïncidaient pas en même temps avec un changement complet du train d'existence du pays. Elles seraient vite englouties dans ce gouffre d'ambitions démesurées, d'appétits insatiables, impossible à combler parce qu'il est sans limites.

La plus avantageuse de ces réductions obtenues en ne pratiquant qu'une politique exclusivement africaine, ce serait surtout de boucher le trou béant où les millions disparaissent, en quelque quantité qu'on les jette; ce serait surtout de créer cette limite qui permettrait peu à peu de combler le gouffre. Ce ne serait pas tant d'économiser quelques dizaines de millions par an que d'être assuré qu'on ne sera pas chaque année en déficit d'une centaine.

Pendant les quelques années d'installation de nos nouvelles possessions, aucune économie ne pourrait être faite. La terminaison des affoiires du Maroc, même, nous occasionnerait encore de gros frais. Tout au moins ces diminutions de dépenses nous permettraient de foire face, avec des charges nouvelles moindres, aux difficultés d'une situation devant laquelle nos engagements ne nous permettent plus de reculer.

Ces affaires réglées, nous occuperions en toute sécurité dans l'Afrique septentrionale et occidentale une

véritable position insulaire où, si nous voulons nous cantonner pendant une période assez long^ue de temps, nous pourrions vite accumuler les richesses, décupler nos forces; en un mot, nous refaire. Alors, nous pourrions song^er pratiquement à boucher le gouffre, parce qu'il n'aurait plus ces fissures multiples par lesquelles s'échappent aujourd'hui toutes nos ressources, et qui, dans l'avenir, menacent de tellement s'agrandir qu'elles deviendraient capables de provoquer l'effondrement général de notre prospérité et de notre puissance.

Les grandes, les vraies économies réalisées, ce ne serait pas ces quelques millions grattés sur les budgets, ce serait celles qu'on ferait en ne jetant pas des centaines de millions à ces chemins de fer, à ces travaux publics exécutés dans des pays qui fatalement doivent finalement nous échapper.

Peu importe l'importance des capitaux que nous prodiguerons à l'Afrique! Là, nous avons autant de chances de demeurer, de régner, aussi longtemps qu'en France même, c'est-à-dire des séries de siècles. Pour pratiquer l'amortissement, nous avons des centaines et des centaines d'années!

Nous ne pouvons pas penser avoir plus de cinquante ans, au contraire, pour amortir toutes les sommes que nous jetons en Extrême-Orient.

La véritable économie de ces échanges, c'est celle-là! c'est celle que nous ferons en travaillant pour nous en Afrique, au lieu de travailler pour d'autres dans nos colonies extra-africaines!

Le chiffre des dépenses que pourrait nous coûter notre politique actuelle serait susceptible d'ailleurs de se gonfler dans des limites impossibles à fixer d'avance. Les graves événements de ces dernières années peuvent nous donner idée des dépenses auxquelles, brutale-

ment, notre situation peut nous acculer, sans que nous nous y attendions; sans que ces sommes énormes puissent être prévues dans les budgets. Au moment même où, grisés par les visites souveraines, par les alliances, par les ententes cordiales, nous nous reposions le plus tranquillement dans les rêves de la paix universelle, et où nous pensions le moins à Téclosion instantanée de ces conjectures dont nous sommes menacés continuellement par cette politique mondiale que nous nous acharnons à poursuivre dans toutes les parties du monde, sans armée, sans marine, surtout sans volonté suffisante pour faire face à tous les plus graves dangers dans lesquels, du jour au lendemain, elle peut nous précipiter, ces graves événements de Faschoda, du Maroc, qui sont venus nous assaillir à Theure même où résonnaient plus haut les hymnes en Thonneur de la confraternité des peuples, nous ont coûté 60 et 200 millions. Ce sont dans nos budgets des trous énormes que Tétat de nos finances ne nous permet de combler que par l'emprunt, et l'emprunt semble lui-même avoir atteint sa limite maximum, parce qu'il parait difficile d'augmenter encore la somme énorme de 1.226 millions de francs que nous sommes obligés d'inscrire chaque année dans nos budgets pour le service de notre dette.

Deux cent soixante millions en huit ans ! 32 millions par an ! C'est bon marché, c'est avantageux, comparé à des guerres de 10 milliards. C'est cher, extrêmement cher comme amende payée deux fois en aussi peu de temps, pour la même cause, pour la violation de ce principe séculaire, archi - incontesté , tellement rabâché qu'on ose à peine l'émettre : Si vis pacem, para bellum .

C'est réellement vouloir, par mépris d'un axiome universel, se ruiner à plaisir que de demeurer dans cette obligation lamentable de payer un tribut aussi consé-

quent à la moindre mauvaise humeur d'adversaires qui, pour une telle dépense infligée sans risque à un rival, ont très grand intérêt à en renouveler le plus fréquemment les accès ! . . .

Seules viennent d'être indiquées les principales réductions que ces opérations d'échanges apporteraient dans les budgets des colonies, de la guerre, de la marine, du fait même de leur mise en pratique, sans modifier aucun des grands organes actuels de notre défense et de notre administration.

Ces réductions pourraient être dans l'avenir beaucoup plus considérables. Par suite de la concentration de toutes nos possessions dans des territoires où le loyalisme de nos sujets nous permettrait de n'entretenir qu'une proportion très inférieure de soldats européens, les effectifs de nos troupes à l'extérieur de France seraient les suivants :

Côlc d'Ivoire

Dahomey

Congo

Sénëgal

Norlli Nigeria

Souih Nigeria

Lago»

Gold Coast

Sierra Leone

Togo

CamerouD

Madagaccar

La Réunion

Total cèNÉBAL

Page 1