POPULATION
Afrique française aciuelle
Colonies anglaises d'Afrique
Togo et Cameroun allemands
Maroc
Libéria
France ♦
TOFAL
Joint à la France, ce bloc serait plus grand et plus
peuplé que les États-Unis d'Amérique! Il serait plus vaste que Tempire de Chine!
Aux portes mêmes de la France, il en serait le prolongement; il ne ferait qu'un tout avec elle. La multiplicité des idiomes de ses populations ne pourrait être remplacée dans Tavenir que par une seule lang^ue, le français. Quelle magnifique collectivité s'étendrait ainsi de Dunkerque à Brazzaville, comprenant avec la France 100 millions d'habitants sur 12.751.000 kilomètres carrés de terres situées sous tous les climats, « équatoriaux, tropicaux, tempérés » , s'étendant sur plus de 50 degrés de latitude depuis l'Equateur jusqu'à la Belgique, terres susceptibles de produire toutes les cultures, celles qui sont nécessaires à l'alimentation aussi bien que celles qui sont indispensables comme matières premières à toutes les industries; terres qui dans un avenir rapproché pourraient bien réellement faire un même tout parce que, maintenant qu'on va en dix-sept jours de Tokio à Paris, on ne pourrait trouver difficile de créer des communications pour aller en cinq jours de Paris à Libreville.
Coton, caoutchouc, arachides, huile, café, cacao..., tout ce que vous importez peut vous être fourni par ces colonies d'Afrique, alors que c'est le riz, que vous n'importez qu'en petite quantité, que l'Indo-Chine produit.
L'intérêt peut créer la solidarité la plus profonde entre les Africains et nous. On dirait que ces contrées d'Afrique ont été destinées à produire, par leur union intime avec la France, une harmonie parfaite et constante entre les intérêts de la France et les intérêts de leur développement agricole et commercial.
Dans la métropole : l'industrie la plus perfectionnée, l'agriculture nécessaire aux besoins du pays . En
SCHKMA COMPARATIF DE LA FRANCK AFRICAINE, DES ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE ET DE L'EMPIRE DE CHINE
COM'RÉËi
• France ei possessions africaines
(sans Madagafscar)
Cliine et dëpcndauces
République des États-Unis. . .
SUPKRFICIB
enkilDBHreiMrréi.
POPULiTION
en millions.
Afrique : l'agriculture indispensable à Tindigène, la culture des matières premières nécessaires à toutes les industries. Partout Tagriculture pour se nourrir et l'industrie pour augmenter le bien-être de tous, pour améliorer les conditions de la vie, dans la sécurité la plus complète du travail, sous un régime de paix quasi inviolable, parce que cette immense collectivité occuperait une véritable situation insulaire éloignée de tout ennemi.
Examinez l'ensemble du monde, il vous sera impossible d'y trouver une collectivité existant ou pouvant exister dans l'avenir, qui présenterait des conditions aussi favorables, des ressources aussi grandes que celles qu'offrirait l'union intime de la France avec tous les pays du Nord et de l'Ouest-africain !
Toutes ces possessions d'Afrique fourniraient le complément indispensable à la France pour former une collectivité parfaite; elles seraient les terres qu'il lui faut à proximité de ses côtes, pour se procurer tous les produits nécessaires à l'exploitation avantageuse de son industrie ; elles lui fourniraient la quantité considérable de membres qu'il faut aujourd'hui à toute collectivité pour rester une grande nation ! Elles seraient le champ d'action indispensable à l'activité des citoyens s'ils voulaient se lancer dans des grandes entreprises, seules capables de les empêcher de croupir dans les discussions vaines et misérables des partis ! Elles seraient le fruit légitime mûri par nos efforts de quatre siècles dans toutes les parties du monde, parce que c'est là que nous aurions réuni les résultats de toutes nos lointaines entreprises! Elles ne seraient pas des colonies éparses aux quatre coins de l'univers; elles formeraient un même tout avec la France !
Et quel idéal pour un peuple qui ne rêve qu'idéal de souder à soi-même, pour leur insuffler sa langue,
CHOISISSEZ! Ul
son éducation, son âme, pour les faire jouir de paix et de bien-être, 60 millions d'individus hier divisés, tyrannisés, continuellement en lutte, aujourd'hui pacifiés, mais pas encore unis par cette cohésion qui seule peut faire la force des peuples, et qui, pour les populations de cette partie de l'Afrique, ne peut être réalisée que par la France ! Comparez la facilité d'agir sur ces races malléables, n'ayant pas de passé, pas d'histoire, avec les difficultés que vous n'arriverez jamais à vaincre chez les Annamites, parce qu'ils sont opposés à vous par leurs antécédents, par leurs mœurs, par leur affinité plus grande pour la race jaune! Les métis de blanc et de noir sont nombreux, ont produit des génies, des grands artistes! Les métis de blanc et de jaune sont rares et ne produisent rien! En Afrique, vous ensemencerez les terres les plus riches; en Asie, vous répandrez en vain vos semences sur le roc!
A côté d'une pareille œuvre suffisante à remplir les temps de générations et de générations futures d'enfants de France, que pourraient vous importer toutes ces questions brûlantes qui vous font vivre sur un véritable volcan, qui, du jour au lendemain, menacent de précipiter le pays contre son gré, contre sa volonté, dans des guerres qu'il réprouverait, dans lesquelles il n'aurait plus à intervenir, parce qu'il aurait le sol, les mers qui lui reviennent, qui lui seraient suffisants, pour former une société idéale et que, dès lors, il n'aurait qu'à les exploiter, en laissant les autres peuples se débattre dans toutes ces questions de la succession future d'Autriche, des Balkans, de l'Arménie, de Perse, d'Extrême-Orient, du Pacifique! Questions fort séduisantes peut-être pour des politiciens et des diplomates, mais, dans lesquelles ne veulent rien voir l'agriculteur, l'ouvrier français, qui forment la grande majorité de la nation et ne demandent qu'à gagner leur vie en dehors de toutes ces
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compétitions, où ne sont intéressés que les autocrates et non les peuples !
Quel prestige résulterait pour la France, dans le monde entier, de cette immense collectivité française nouvelle de plus de 100 millions d'individus, inaccessible à toutes les compétitions étrangères! Quels bénéfices moraux et matériels inappréciables en résulteraient!
Quelle magnifique perspective présenterait toute cette partie de continent, en face de l'Amérique du Sud, pour les communications futures de ces immenses collectivités de l'avenir avec l'Europe et l'Asie ! Ce serait, dans l'hémisphère sud, une réédition de la position splendide que la France occupe dans l'hémisphère nord, en face de l'Amérique du Nord!
A côté de pareils objectifs, toutes les œuvres coloniales vaines, sans portée possible, toutes les ambitions extérieures, toutes les dissensions intérieures devraient disparaître! Toute la France ne devrait plus agir que pour sa politique et son exploitation africaines, y consacrer tout ce qu'elle a de capitaux, tout ce qu'elle détient d'activité et d'énergie!
Ce n'est pas un instant que vous voudrez vous arrêter sur ces magnifiques perspectives; ce sera toujours.
Vous voudrez un partage définitif plus rationnel des peuples que vous protégez, un partage plus apte à leur assurer le bonheur de l'existence. Vous entamerez des négociations avec les puissances pour le mener à bien. Vous effacerez de votre politique toutes ces questions d'Europe, qui ne peuvent vous rapporter ni gloire, ni profit. Vous voudrez vous adonner entièrement à l'œuvre grandiose qui vous est offerte, de la constitution d'une puissante république africaine, destinée dans l'avenir à ne former qu'un même tout avec la France.
Vous vous concentrerez exclusivement en Afrique
parce que vous remplacerez ainsi le gâchis, Tillog^isme, la tyrannie, par la prospérité, le bon sens, la justice !
La France a contribué pour beaucoup à la naissance et à la formation d'un des États devenus aujourd'hui des plus puissants. Ses enfants peuvent revendiquer une large part de la défaite de Gornwallis à Yorktown, défaite qui amena le traité de Versailles, reconnaissant Tindépendance des États-Unis. Ce sontlà des meilleurs titres de votre passé que vous revendiquez pour la gloire de votre pays. En présentant ses lettres de créance, un ambassadeur des États-Unis disait au Président de la République : « Depuis plus d'un siècle que dure l'alliance franco-américaine, qui doit aux souvenirs qu'ont laissés dans les âmes les services rendus à la cause de la liberté une solidité plus grande que si elle avait été inscrite dans les traités, aucun nuage n'est venu troubler l'entente amicale de nos deux nations. »
Le président Loubet lui répondait : « Ces souvenirs comptent parmi les plus précieux dans le patrimoine moral de la France. Il n'est guère de titre dont nous soyons plus fiers que d'avoir participé au premier essor de votre puissante nation. Nos deux peuples ont appris à se connaître en servant, côte à côte, la cause de la liberté. Toute la suite de leurs rapports s'est ressentie de ce noble commencement. Une épreuve de plus d'un siècle n'a jamais pu mettre en défaut leur confiante amitié. »
Ainsi, la République se glorifie aujourd'hui des luttes pour la liberté, pour le bonheur des peuples qu'a menées la monarchie; des combats qu'elle a livrés, il y a un siècle, pour assurer l'indépendance du peuple américain .
La République ne serait-elle pas disposée à faire
autant qu'a fait notre ancienne monarchie pour élever rhumanité d'un échelon plus haut vers le bien-être général? Votre idéal n'est-il pas la justice et le bonheur des nations? Pensez-vous que tous les peuples du monde soient aujourd'hui dans la situation la meilleure? Pour beaucoup d'entre eux vous ne pouvez rien. Pour d'autres vous pouvez au contraire tout; parce que c'est directement de vous qu'ils relèvent; ceux-là, placez-les dans la situation où leur seront le mieux garanties la sécurité du travail dans la paix, la bonne exploitation de leurs territoires, l'administration présentant les qualités les plus favorables à leur développement, à leur prospérité. D'une telle œuvre, vos descendants pourront fièrement dire ce que vous dites aujourd'hui de celle de vos ancêtres : « Ce sont des souvenirs qui comptent parmi les plus précieux dans le patrimoine moral de la France. »
Ne serait-ce pas mille et mille fois plus sage de n'entreprendre que ce. que vous êtes capables de mener à bien et de laisser aux autres le soin de se charger du bonheur des peuples auxquels il vous est impossible de l'assurer? Est-ce que ce n'est pas la justice que vous invoquez sans cesse comme directrice unique de tous vos actes? La France n'est-elle pas toujours la nation qui, au prix même de son repos, de sa tranquillité, donne toujours l'exemple des mouvements généreux, des initiatives destinées à améliorer le sort des peuples, de l'humanité? Dans la suite des temps, les divisions actuelles du monde ne peuvent tenir : les fleuves, les lacs, ne peuvent pas rester coupés en quatre ; les peuples ne peuvent pas être dirigés par des nations éloignées d'eux de dizaine de mille lieues alors que tout : puissance, affinité de race, commerce, sentiments, les attire vers des nations immédiatement voisines. Pourquoi voudriez vous maintenir dans le monde un état de partage aussi
contraire à toutes les règles de la justice et de la logique? Dans vos entreprises extérieures actuelles que chercheriez-vous? A nuire indirectement, par en dessous, à l'Angleterre, à F Amérique, à l'Allemagne? Je ne le croirais jamais; ce serait indigne de votre race. N'étes-vous pas des descendants de ces Francs qui ne connaissaient que les batailles au grand jour, les luttes franches, ouvertes? Non, vous avez des idées trop élevées, pour accaparer des terres dans le but unique d'empêcher d'autres peuples de les exploiter.
Si ce n'est pas pour nuire à des rivaux, pourquoi retiendriez-vous sous votre domination des peuples qui seraient mieux placés sous le protectorat d'autres nations que sous le vôtre? Serait-ce pour la gloire? Mais vous n'en auriez point à maintenir sous votre joug des populations désarmées! Et il n'y a pas de gloire à écraser d'impôts des gens qui n'ont pas de quoi vivre! Serait-ce par intérêt? Cela ne peut être pour caser quelques-uns de vos sujets dans des sinécures grassement payées par des misérables! Non, des Français ne voudraient pas se faire entretenir par des pauvres diables jaunes ou noirs!
Mais toute colonisation est une œuvre en elle-même beaucoup plus coûteuse que rémunératrice. Le seul avantage qu'elle puisse procurer, avantage très considérable il est vrai, c'est de créer des collectivités qui, par leur loyalisme, font corps avec la métropole et la soutiennent de toutes leurs forces vives, au milieu des luttes entre les nations. De tels avantages, vous ne pouvez espérer de les obtenir ni en Asie, ni en Océanie, ni en Amérique; vous pouvez vous les assurer en Afrique; là seulement, vous pouvez faire œuvre sérieuse, durable, profitable à vous et à vos protégés !
Serait-ce par vanité? Mais combien serait indigne d'un grand peuple un sentiment aussi bas! Quoi! Pour
dire que votre pavillon flotte dans toutes les parties du monde, vous maintiendriez en tutelle des peuples auxquels vous ne pouvez assurer ni la paix, ni la prospérité ; vous les condamneriez à n'avoir que des transactions désavantageuses, par Téloignement de votre pays, alors que, tout près de leurs côtes, ils ont la Chine, T Australie, l'Amérique, comme débouchés naturels!
Serait-ce par amour de la diplomatie, de la grande politique qui vous flatterait en vous faisant croire que vous remuez la vie de tous les peuples? par ambition de visées mondiales, impérialistes? Mais, nous sommes en république, et je ne sache pas que de telles ambitions soient dans les idées du peuple qui aujourd'hui gouverne, du peuple dont les aspirations sont moins insatiables, mais plus saines, plus pratiques, plus réelles. Elles sont peut-être, ces ambitions, dans les cerveaux des gens dont le métier est de brouiller les cartes, pour se donner ensuite le mérite de les mettre en ordre ; dans le cerveau de ceux dont la carrière est de conquérir; elles ne sont pas dans le cerveau des citoyens d'un grand pays, qui voient les choses plus largement, qui désirent laisser à chacun ce qui lui revient ici-bas, parce que c'est le droit, parce que c'est le vrai moyen pour que les autres ne viennent pas revendiquer ce qui leur appartient à eux-mêmes.
Serait-ce par l'inertie, par l'amour du statu quoy parla mise en pratique de V « après moi, le déluge « ? Non, cela ne pourrait être. Nous traversons depuis quelques années une période d'activité fébrile où les réformes succèdent aux réformes, les actes aux actes, une période à laquelle il est impossible de reprocher de ne pas s'occuper des progrès sociaux, des modifications à apporter à l'état des sociétés !
Gloire, intérêt, vanité, ambition, inertie, ce ne sont pas de tels sentiments qui pourraient vous pousser à
continuer VOS efforts dans une voie aussi peu fructueuse que celle dans laquelle vous êtes engagés.
Vous en sortirez, vous voudrez prendre l'initiative d'un partage plus équitable des différentes colonies, d'un partage plus conforme au bonheur des peuples dont vous avez assumé la direction, plus conforme à une exploitation rationnelle et logique du monde, d'un partage différent de celui qui existe aujourd'hui et qui n'a été. fait sans autre raison que le hasard et la force! Vous serez logiques avec vos principes humanitaires et vous vous efforcerez de placer chaque peuple dans les conditions les meilleures pour que l'existence puisse lui être aisée, bonne, heureuse, grande! pour qu'il ne lui soit appliqué que des lois humaines et protectrices de son droite la vie!
Vous voudrez vous conformer à la fois aux lois de l'évolution du monde et aux exigences de la situation générale du pays.
Vous voudrez avant tout donner à tous les peuples un grand exemple de désintéressement, d'initiative, une preuve irréfutable du désir réel que vous avez de vous consacrer à augmenter le bonheur de l'humanité, en invitant les nations à répartir entre elles d'une façon plus conforme à leur bien-être et à leur prospérité les peuples non souverains qui ne sont pas encore mûrs pour vivre de leur propre vie, ou ceux qui, trop vieux, trop affaiblis pour pouvoir se relever, meurent dans la décadence.
Ce serait la gloire de la troisième République, après avoir ouvert au monde civilisé toutes ces terres où, sans compter, elle a prodigué son argent et son sang, de provoquer un partage des populations plus logique que celui qui a été opéré par le hasard des conquêtes.
Ce serait aussi,, tout particulièrement, la gloire de votre génération de placer la France dans une situation
4*8 LA FRANCE AFIUCAIISE
définitive où elle n'aurait plus à souffrir de ces errements qui, dans le passé, Tout si souvent abattue, parce que, dans ces nouvelles conditions, elle pourrait défendre sans outrepasser ses ressources toutes les contrées où flotterait son drapeau.
Les décisions viriles capables d'amener d'aussi grandes améliorations dans la vie du pays et dans la vie universelle, vous ne voudrez pas laisser à vos descendants la chargée de les prendre. Vous-mêmes, profitant d'une période où la sécurité complète de vos colonies vous le permet sans aucun froissement pour votre difjnité, vous tiendrez à les faire aboutir, au nom de l'honneur, de la justice, de la logique, du bon sens, de l'intérêt; au nom du caractère sacré des jugements des guerres;
Au nom du progrès social;
Au nom des nécessités de la lutte économique et des aspirations pacifistes du peuple;
Au nom des lois de la force des choses qui gouvernent le sort des sociétés humaines, au nom de ces lois aussi fortes, aussi fatales, que celles qui régissent les forces de la nature.
Et si, vous ne vouliez pas avoir l'énergie de mettre en pratique ces idées hautes et généreuses, les idées élevées sur lesquelles seulement peuvent vivre les puissances coloniales, rappelez-vous que ceux qui les ont combattues ont toujours fini par être renversés ; que les Anglais ont été vaincus par Washington, que les Espagnols ont été vaincus par Bolivar et par Dewey, que les Busses ont été vaincus par Oyama et par Togo !
« Mieux vaudrait, au double point de vue de notre puissance et de notre prestige, abandonner quelques-unes de nos colonies que de nous les laisser prendre faute d'avoir fait ce qu'il fallait pour les défendre avec chance de succès » , a écrit le général Duchemin, de l'armée
GHOISISfiEZI Uf
coloaiale, dansson livre intitulé : les Troupes coloniales et la défense des colonies*
Les ententes les plus cordiales ne sont pas des solutions définitives*
. La Franée he peut pas s'étendre- eh 'Europe; elle ne peut pas espérer se maintenir dans la suite dés temps en Extrême-Orient, et dans le Pacifique ; elle ne peut augfmeatQr sa puissance et sa prospérité qu^en concentrant exclu sîrement en Afrique toutes ses ressources, tous ses •efforts^ toute son énergie.
Quand on voit la vitalité intense de notre pays malgré toutes les agitations qu'il ne cesse de traverser, il est impossible de concevoir, on ne peut pas imaginer à quel degré de force, de prospérité, de puissance atteindrait notre magnifique France jointe à ces splepdides possessions d'Afrique, si toutes nos ambitions mondiales savaient se réduire à une politique exclusivement africaine, si tous nos efforts économiques se concentraient dans Texploitation de ces superbes domaines dont la propriété semble devoir nous rester assurée pendant une série indéfinie de siècles ; si toutes nos querelles intérieures tellepient misérables, méprisables, nuisibles à nos intérêts, savaient s'effacer devant un objectif aussi nettement déterminé, aussi splendidement grand que celui du u travail dans la paix » pour l'exploitation de ces immenses possessions à jamais suffisantes à un avenir illimité de notre race ; si ceux qui dirigent savaient sacrifier leurs intérêts personnels, qu'ils soient politiques, militaires, maritimes, coloniaux, administratifs, à la seule grandeur de la Patrie !
Ge n'est qu'ainsi, ce n'est qu'en nous basant sur des considérations véritablement élevées, ce n'est qu'en nous lançant de toute notre énergie à la poursuite d'un idéal véritablement grand que nous pourrons faire dispa-
450 LA FRANGE AFBIGAIiSE
raitre parmi nous tous les germes de discordes, arriver à faire régner entre tous les citoyens la concorde, Tunion et organiser dans le pays le calme, Tentente indispensables au peuple, s'il veut réellement faire progresser Tœuvre si grandiose de Taugmentation du bien-être des nations, de Tamélioration des conditions de Texistence humaine; s'il veut contribuer à remplacer dans le monde u la lutte pour la vie » par « Talliance pour la vie » ; s'il ne veut pas finir comme se terminent toutes les tyrannies dues aux dissensions intestines et aux ambitions insatiables, dans le gâchis !
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