OFFICIERS DE LA COLONNE DE 1S
Affamé et Dogba. La lagune de Badao est difficile à traverser, il faut un pont sur chevalets. On bivouaque en carré et on commence les travaux d'un fort Des reconnaissances sont lancées de droite et de gauche. Aucune trace de l'ennemi. Behanzin semble vouloir rester inactif et nous laisser pénétrer chez lui sans opposer de résistance. La nuit, alertes continuelles, provenant de mouvements désordonnés dans les palmiers exécutés par des gros singes, étonnés de voir des visiteurs. Le colonel met au rapport que quiconque tirerait sans motif coucherait aux avant-postes sans armes. Le remède est énergique et la guérison radicale. Les nuits sont claires. On dort d'un bon sommeil après le service de la journée. Seules les sentinelles veillent, le fusil chargé, l'œil cherchant à pénétrer la brousse.
D'après les derniers renseignements, l'armée dahoméenne se compose de 12 000 guerriers, divisés en trois groupes de quatre mille fusils environ. Les positions occupées sont les suivantes : le premier groupe, auprès d'Alada, sous le commandement de Behanzin lui-môme, avec sa garde particulière et les amazones, le Miyah Nigla (premier ministre et bourreau), et le Méhoa Akladaten (ministre des affaires extérieures) ; le deuxième groupe au camp de Mahon, entre Godomey et Abomey-Calavi et le long du Denham ; le troisième sur la rive gauche de l'Ouémé, à Zagnanado, Tohoué et Poguessa, sous le commandement du Bigo (1er chef de guerre) Lahasaoupamazé et du Possou (2e chef de guerre) Charagacha.
Combat de Dogba, 19 septembre. — Le 18, la marche en avant avait été reprise, le groupe
SUR LOUKMi:.
Riou était porté sur Zounou à 12 kilomètres en avant.
Les autres fractions bivouaquaient sur le plateau qui domine rOuémé à l'ouest, couvert au nord par la lagune de Badao, à l'est par une épaisse forêt dont on avait débroussaillé une centaine de mètres pour rendre le champ de tir moins fourré.
L 'Opale mouillait au bas de la berge, sous pression.
A 5 heures du matin, à la faveur d'une obscurité complète, sans feu, sans bruit, les Dahoméens pénètrent dans le carré jusqu'à la garde de police. Le petit poste d'infanterie de marine, placé à la cosaque en avant du front de bandière et commandé par le caporal Wurmser, signale l'ennemi et riposte au feu des guerriers.
Le capitaine Roulland ne voyant pas venir son officier, M. Badaire, l'envoie chercher; on le trouve mort sur son lit de camp, frappé d'une balle qui, entrée par le sommet de la tête, avait dû l'atteindre au moment où il se baissait pour attacher ses brodequins ou prendre son revolver; il était retombé à la renverse, foudroyé. Le chef de bataillon Faurax s'avançant derrière une de ses compagnies en ligne tombe comme une masse, blessé d'une balle au côté gauche. Deux livrets individuels qui étaient clans sa poche avaient un peu atténué la force du projectile. Le commandant, relevé par ses hommes, est porté près du colonel, qui le questionne sur son état; Faurax répond d'une voix sourde : « Je souffre ». A l'ambulance il reprend vite sa présence d'esprit. On l'embarque sur Y Opale; un peloton de légion rend les honneurs. En prenant t congé du colonel Dodds, le dernier mot du commandant Faurax fut : « Ètes-vous content de mes légionnaires? »
Pendant que l'infanterie de marine soutenait vaillamment le
LE BIGO LAHASAOUPAMAZE, COMMANDANT DE L'ARMÉE DAHOMÉENNE A DOGBA.
COMBAT DE DOGBA.