‹ La France aux coloniesChapitre 60 sur 85 · DES MILICIENS · texte numérisé non relu

DES MILICIENS

Joseph Drouiiij capi-

B. Nicolas, son fils..

taine

Jacques, id

Pierre Verret

B. Pierre, son fils. . .

c. Michel, id

B. Pierre, son fils. . .

Charles, id

B. Joseph, id

Jean Turcot, capi-

Denis, id

taine en 2>=

Joseph la Chapelle..

B. Pierre, son fils. . .

B. Joseph, son fils. .

André, id

B. Denis, id

B. Pierre Saint-Jean

Jacques, id

lieutenant

Joseph Lefèvre

B. Michel, son fils.. .

B. -Joseph, son fils. .

B. Pierre, id

B. Nicolas, id. . . .

B. Joseph Turcot, en-

Pierre, id. . . .

seigne

MC

Pierre Lefèvre

B. Pierre, son fils. .

B. Jean, son fils

B. André, id

B. Joseph, id

Joseph Vanié, ser-

Jacques, id

g-ent

Mi.

B. Nicolas Lefèvre. .

B. Nicolas, son fils. .

B. Michel, son fils.. .

André, id

B. Joseph, id

B. Joseph, id

B. Baptiste, id. . . .

Baptiste, id

Joseph le Blanc

Joseph Mathieux

B. Joseph, son fils. .

B. Pierre, son fils.. .

B. Nicolas, id

B. Nicolas, id

MC

Jacques, id....

Baptiste, id

Pierre le Blanc

Joseph la Déroute.. .

Joseph, son fils

B. Denis, son fils. . .

B. Baptiste, id. . . .

B. Joseph, id

B. Nicolas, id.. . .

Ml.

Jacques, id

Pierre, id

Nicolas la Déroute. .

Joseph Prevot

B. Nicolas, son fils..

Joseph, son fils

B. Joseph, id

Jacques, id

Jacques, id

Denis, id

Jacques la Déroute. .

Pierre, id

B. Jacques, son fils. .

Joseph Alevandre. . .

B. Nicolas, id

Joseph, son lils

MC

B. Pierre, id.. . .

Pierre, id

Joseph Tailleur ."

Jacques, id

B. Joseph, son fils. .

Denis, id

B. Jacques, id

Nicolas Verret

Total : 80 hommes

do

nt 24 en

B. Joseph, son fils. .

voyag-e; fusils, 38.

observations. Il serait bon que l'on fit co relevé pour toutes les paroisses, i'{ on pourrait faire une compagnie de 100 hommes, que l'on choisirait dans les compagnies de Montréal et des environs, «iiii seraient tous voyageurs et bons pour aller dans Irs bois, et qui en cas d'alarme ou de besoin pourraient se rassembler promptcmcnt et au premier signal, ce qui mettrait en état de se passer des sauvages ou du moins très-peu. {Archives.)

Ce rôle particulier de la côte Saint-Michel nous donne donc 80 hommes, bien qu'il ne soit porté sur l'état général <|ue pour Tiri; cette différence provient sans doute des "21 hommes absents, (jui diminuaient d'autant l'eflectif réel de la compagnie. Or 80 hommes de 15 ans et au-dessus supposaient alors au Canada une population de plus de trois fois leur nombre; en effet on peut évaluer, d'après ce chiffre, à 150 le nombre des personnes au-dessus de 15 ans, tant hommes que femmes, et d'autre part les enfants au-dessous de 15 ans pai'aissent, d'après les recensements précédents, former une proportion de 78 p. 100 sur le surplus de la population. (En 1719, enfants au-dessous de 15 ans, !),975; personnes au-dessus de 15 ans, 12,555; — en 17:21, au-dessous de 15 ans, 10,"239; au-dessus, 15,272; — en 1731, au-dessous, 16,46i; audessus, 20,788.) Pour 150 personnes aii-dessus de 13 ans il devait donc se trouver 114 enfants au-dessous, et de cette façon nous nous trouvons avoir reconstitué la population de la côte Saint-Michel telle qu'elle devait être en 1750, savoir : iël âmes.

Maintenant si nous reportons ce chiffre en regard de celui de 55 miliciens actifs porté sur l'état général, nous trouvons qu'en multipliant ce dernier par 5 on dépasserait i:n peu le nombre de 2Gi établi ci-dessus, et que par conséquent il faut se tenir un peu au-dessous de ce multiple. C'est en prenant celle proportion comme base de nos calculs, qu'après avoir multiplié le nombre total de la milice par 5, nous avons opéré une petite diminution et fixé le chiffre de 62,000, comme étant le nombre approximatif des habitants du Canada en 1750.

Ces deux états sont du rejte curieux à étudier à plus d'un titre : l'un, l'état général, nous apprend d'une manière assez nette la répartition de la population à cette époque et sa marche progressive dans de nouveaux établissemenis; puis, par la comparaison que l'on peut en faire avec le recensement de 17^9, on y voit (|uels éiaienc les progrès qu'avait réalisés la colonisation depuis lors, encore doit-on tenir compte de ceci, que les paroisses contiguës aux pays non défrichés comprennent nécessairement beaucoup de cantons déjà un peu colonisés, mais trop faibles encore pour motiver un état à part. L'autre tableau, particulier à la côte Saint-Michel, jette un certain jour sur les mœurs et les liabituiios des colons; d'abord il nous montre eu action le développement des colonies par le dédoubl ment des familles. Ainsi voilà une [)aroissc qui a sans doute été peuplée par 5 souches origimlles : Turcol, la Déroute, Verre», Lefèvrc et le Blanc, auxquels seront venus s'adjoindre un peu plus tard Drouin, Saint Jean, Vanié, Mathicux, Tailleur, la Chapelle, Prevot et Alexandre. Déjà les familles primitives se sont dédoublées en \~2 groupes, dont chacun évidemment contient plusieurs familles, puisqu'on y trouve après le chef de maison des hommes de 25 à -i5 ans, qui certainement sont eux aussi mariés et forment de nouvelles familles, bien qu'elles soient encore réunies dans la maison patrimoniale. Eu trois générations probablement ces familles primitives ;ivaient donc produit au plus bas mot oO branches, sans compier les jeunes gens déjà parvenus à l'àgc viril, mais non encore mariés.

En nous montrant la rapidité de leur multiplication, cet état nous révèle en même temps chez 1> s habitants un esprit de famille très-prononcé, tant par la juxtaposition constante où se ii,aintieiinent toutes ces subdivisions de famille, que par l'habitude où nous voyons (pic sont les enfints de rester rasseuiblés avec leurs femmes et leurs enfants autour de l'aïuenr commun tant qu'il existe. 11 a bien fallu du reste ce grand esprit, de famille pour maintenir la société canadjpnne en di-pit de ces habitudes /(es voi/ages de l'ouest,

dont nous voyons ici l'usage régularisé, entré d'une manière normale dans les mœurs; il est évident, à l'inspection de ce tablftau, (|uc les jeunes gens vont tous à tour de rôle passer un certain nombre d'années ;'i lu traite des fourrures, puis reviennent, ^e font chefs de famille et &e fixent suit près de leur père, soit sur une terre nouvelle, qu'ils cultiveront avec leurs enfants jusqu'à ce que ceux-ci aient attiint l'âge de 21 ou 'l'I ans, époque avant laquelle il nu paraît pas que l'on s'engageât dans les expéditions de l'ouest.

La moyenne des familles semble, d'après cet état, avoir élé de 7 à 8 enfants, en tenant compte des l:lli s et de- enfants au-;Iessoi;s de 15 ans. Les mariages paraissent s'être contractés communément vers 28 ou 30 ans, probablement après le retour d'une ou deux campagnes dans les pays sauvages.

IVote lO.

Il L'iiiver de 1758 à 1759 on fit le dénombrement des hommes capables de (I servir; on en trouva 13,229 de l'âge de 1G ii GO ans, savoir : dans le gouu vernement de Québec 7,51 1, dans le gouvernement des Trois-Rivières 1 ,313, « dans le gouvernement de Montréal (i,i03. » (Garnault, t. III.)

« Avec ce vaste et beau pays la France perd ■/0,OUO ânie>, dont l'espèce est 11 d'autant plus rare que jamais peuples n'ont été aussi dociles, aussi braves u l't ausbi attachés à leur prince. » (Lettre de M. de Vaudreuil aux ministre.î après la capitulation. Garnault, t. 111.)

Kote a.

Voir dans Garnault, t. III, liv. IX et X, passim ; on peut consulter aussi l'ouvrage de M. Dussieux, professeur à l'école de Saini-Cyr, écrit sur les documents déposés au ministère de la guerre, et que nous avôus déjà cité plusieurs fois.

!\oSe tZ.

Voir les mêmes auteurs ci-dessus cités et les historiens américains Hildreth, Raucroft, etc.

1%'otc i s.

C'est cette prise de la forteres-e de William-Henry qui fait le sujet du roman si admiré de Gooper, le Dei-nier des Muhkuns. Noui regrettons d'avoir à reprocher à ce pittoresque romancier l)ien des inexactitudes et même des injustices, et il faut que l'histoire de nos établissements d'Amérique soit aussi inconnue du public français pour que l'attention n'en ait jauiais été frappée jusqu'ici, fris comme œuvres littéraires et comme sujets de fantaisie, abstraction faite di;s circonstances, ri.'n n'est plus charmant que ces romans; 1« mœurs des ta^uvages et le paysage américain y sont bien frappés et dépeint avec une pittoresque poésie; mais rien n'est plus faux que la physionomie qu'il doime aux G-uiadiens et aux Français, si ce n'est cependant celle qu'il imiigi. ée pour lesA; glo-Américains.

Pour n'eu citer qu'un e\t mple frappant, son illustre héros, Bas de Cuir, n^ peut être pris «iiie pour un Canadien atl'ublé d'un nom anglais et d'habitude anglaises, car autant les Canadiens étaient familiers avec ce genre de vieJ ayant rempli depuis un siècle tout l'ouest de leurs coureurs de bois, autan! les Anglais y étaient restés complètement étrangers; il est même probable qu'à cette époque il eiU été bien malaisé de réunir dans toutes les colonie;^ anglaises une comjjagnie d'hommes capables de s'orienter dans les bois et le prairies de l'ouest, et d'y vivre avec les sauvages; cela est si réel, que dans , tous les romans de Coopei-, Bas de Cuir paraît seul de son espèce, pas un .autre Américain ne paraît toucher à cette singulière existence de près ou de ' loin, et lor, qu'on lit les aventures de leur Daniel Boone, tant célébré comme

— .jOT —

le fondateiu- du Kentucky et le plus réputé de leuis aventuriers, il s'y montre tellement étran<ïer aux luibitudes du désert, tellement gauche, tellement einbaiTussé di'vant toutes li's difficultés, ([u'il semble vraiment un épicier de la rue Saitu-Denis, doué d'un caractère aventureux et parti en entreprise au milii'u des sauvages, qu'il étonne tout au moins autant qu'il en est étonné lui-même. Nous nous i-éservons du reste de rectifier avec plus de détail cette inexactitude des écrits de Cooper, en nous occupant des colonies canadiennes de l'ouest.

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