LE VÊTEMENT ET LA TOILETTE
(Voir la carte iio 16.)
182. La filature et le tissage. — L’homme fait ses vêtements avec des fibres végétales, coton, chanvre, lin, jute, etc., et des fibres animales, laine, soie, poil, etc. Mais, pour devenir tissu, la matière première a de nombreuses transformations à subir dont les plus importantes sont la filature et le tissage.
Quand la fibre a été purifiée de toute substance étrangère, la filature consiste, tantôt à réunir ensemble plusieurs fibres en nombre variable suivant la force qu’on veut donner au fil, tantôt à étirer les fibres naturellement mélées, comme celles du coton et de la laine cardée, de manière à les rendre bien parallèles, exemptes de toute solution de continuité, et à les unir fortement ensemble par la torsion. C’est l’opération que la fileuse faisait autrefois avec ses doigts et qui se fait maintenant dans de grandes manufactures, à l’aide de métiers qui meuvent jusqu’à mille broches tournant ensemble d’un mouvement très-rapide et fabriquant à la fois mille écheveaux de fil. Une partie des fils est consommée par la couture, etc. ; la majeure partie est réservée à la fabrication des tissus.
Quand on possède les fils, le tissage consiste à les enchevêtrer de manière à composer une étoffe.
Voici comment on procède. On commence par ourdir, c’est-à-dire par disposer parallèlement les uns aux autres des fils ayant chacun la longueur que doit avoir la pièce d’étoffe et ayant tous ensemble une largeur égale à celle qu’aura
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l’étoffe, quelquefois môme, pour les draps par exemple, une largeur plus grande; ces fils forment la chaîne qu’on enroule autour d’un cylindre de bois, dit ensouple, et qu’on tend sur le métier à tisser. Ce métier (Voir la fig. go) est muni de deux lames correspondant à des marches pla-
Fig. 60. — métier à tisser. H. 2 mètres.
cées sous les pieds de l’ouvrière et montées de telle façon que tous leurs fils ou lisses forment deux faisceaux liés l’un à la première marche, l’autre à la seconde, et que chacun d’eux commande un des fils de la chaîne. Quand l’ouvrière presse la première marche, tous les fils impairs de la chaîne s’abaissent et les fils pairs s’élèvent; quand elle presse la seconde, tous les fils pairs s’abaissent pendant que les fils impairs remontent. Dans l’intervalle de chaque mouvement, elle fait glisser, à l’aide de la navette, le fil de trame qui va sans cesse de droite à gauche et de gauche à droite, laissant à chaque passage ou duile sa tramée de fil prise et serrée chaque fois par le croisement des fils de chaîne; quand elle a ainsi tramé toute la chaîne, la pièce d’étofle est faite.
C’est là le mode le plus simple de celte opération qui presque partout se fait aujourd’hui, pour les étoffes unies, au métier mécanique différant par quelques détails de celui que nous représentons, et passant jusqu’à 240 duites à la minute, et pour les étoiles à dessin, avec des harnais compliqués dont le plus usité constitue le métier à la Jacquart.
Après le tissage, la plupart des étoffes doivent encore recevoir plusieurs mains-d’œuvre pour être livrées à la consommation.
183. Les cotonnades. — Le coton est une matière exotique. On commençait à peine, il y a cent ans, à l’employer en France; on en importe aujourd’hui environ 120 millions de kilogrammes alimentant 7 millions de broches à filer et 150,000 métiers à tisser, et on en fait des étoffes, la plupart à bon marché, pour une valeur supérieure à 800 millions. Du moins, telle était à peu près la production française avant la perte de l’Alsace.
11 y a quatre groupes de production cotonnière :
1° Le groupe de I’Est, qui comprenait naguère l’Alsace (Massevaux, Cernay, Thann, Wesserling, Guebwiller, Sainte-Marie-aux-Mines, Munster, etc.) et surtout la grande ville de Mulhouse, est réduit aujourd’hui à Giromagny, en Alsace, à Héricourt (Haute-Saône) et aux filatures et tissages échelonnés dans les vallées lorraines, principalement à Senones (Vosges). On y fabrique des fils fins, des fils à coudre, des calicots, des jaconas, etc.
Du même groupe dépendent, en Lorraine, Rar-le-Duc qui fait Ietissage à la main dans les articles courants, Nancy qui fabrique des fils pour broderie, et on peut y rattacher Troyes qui fabrique les gros tissus croisés , nommés « finettes. »
2° Le groupe de Normandie avec son marché principal, Rouen où le commerce maritime a, dès le xvm e siècle, naturalisé cette industrie. Se trouvant à proximité de la matière première, Rouen fabrique surtout les fils de gros nu-
de Rouen, sur le bord des cours dC Æ banheu< travail, Darnetal, Deville, Solteville ' MarommT r' ™ êmC
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Pont-Audemer; dans le Calvados Æ cZdd "T' reau; dans l’Orne, Fiers, renommé pour ses coùîds TÎTi
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4 ° Le groupe du Lyonnais dont le centre est Tarabf connue par ses tarlatanes, ses gazes et ses belles mont e tnes brodées. Villefranche, ïbizy, Roanne, qui s™nt peut
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Loin de là, Toulouse est, dans la région du Sud-Ouest une des rares villes possédant des filatures de coton
nlre les quatre grands groupes est situé Paris, le princi-
LA FRANGE
pal marché de France, où sont expédiés la plupart des produits de l’industrie cotonnière. Paris, dans ses murs ou dans les communes de sa banlieue, Clichy, Puteaux, elc., tisse, et surtout blanchit, apprête, teint les étoffes qui lui sont envoyées en écru.
Peintes, soit à la main à l’aide de planches enduites de couleur, comme on le pratique pour la gravure sur bois, soit à la mécanique à l’aide de cylindres gravés, les éloffes de coton sont dites quelquefois encore indiennes, quelquefois aussi perses, quand elles sont destinées à l’ameublement, rouenneries dans certains genres de fabrication à bon marché, plus ordinairement toiles peintes. Rouen , avec sa banlieue, a la spécialité des toiles peintes à bon marché ; naguère Mulhouse et Paris, aujourd’hui seulement Paris , avec sa banlieue (Glichy, elc.) ont celle des toiles peintes de luxe, dites nouveautés, pour vêtement et pour ameublement. Claye (Seine-et-Marne) fait aussi les toiles peintes pour ameublement.
Saint -Quentin, Tarare et Paris sont particulièrement renommés pour les apprêts.
484. Les tissus de chanvre et de lin. — Le chanvre et le lin sont des fibres textiles indigènes (voir § 105); aussi, durant les siècles qui ont précédé le nôtre, le chanvre ou lin et la laine servaient-ils seuls à vêtir la très-grande majorité de la population française : le linge était alors une chose plus rare qu’aujourd’hui. Nous en usons beaucoup plus, et, malgré les 800 millions de cotonnades que nous produisons chaque année, nos champs ne nous fournissent pas assez de lin ni même de chanvre pour occuper nos 630,000 broches : nous en importons pour une valeur de plus de 60 millions de francs.
Avec le chanvre et le lin on fait des cordages, dufil, de fortes toiles à voiles, des toiles grossières d’emballage, du linge de corps, du linge de table, uni ou damassé, des tissus fins comme la batiste, de la dentelle. Le lin est préféré pour les tissus délicats ; les étoupes, ou résidus des lins
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et chanvres peignés , sont employées pour les tissus communs.
On commence à tisser, dans les qualités inférieures, diverses fibres exotiques qui sont loin d’avoir les qualités du chanvre, 1 e jute, le phormium tenax, le china-grass.
L’industrie linière est exercée surtout dans la région du Nord-Ouest où la culture du lin et du chanvre est le plus répandue; elle y forme trois groupes :
1° Le groupe de la Flandre, dont le centre est à Lille qui file et tisse dans presque tous les genres, de la toile de ménage, de la toile bleue, des articles à bon marché, et qui lui-même est entouré de fabriques très-importantes, telles que Marquette, Roubaix, Turcoing, Iîalluin, Houplines, Comines, Armentières, Bailleul. Dans le même département, mais ayant leur cachet particulier, sont Dunkerque qui fait les toiles à voiles, Valenciennes , Douai et Cambrai qui font des toiles fines et les batistes pour la lingerie. Lille et Dunkerque sont, avec Amiens, les seules villes où la fabrication des tissus de jute ait quelque importance.
A ce groupe se rattachent, dans les départements voisins, Boulogne où l’on file le lin, Hesdin et Frévent (Pasde-Calais), Abbeville , la filature de Pont-Remy, Amiens et la vallée de la Somme qui font Jes tissus grossiers, toiles à sacs, toiles de jute, toiles dites toiles picardes; Saint- Quentin, renommé pour la fabrication du linge damassé; Chauny, connu par ses treillis.
Le lin est la matière première la plus employée dans ce groupe.
2° Le groupe de la Normandie et du Maine, qui compte un grand nombre de marchés fréquentés, dont le plus important est aujourd’hui le Mans, fabrique de grosses toiles; on tisse dans presque toutes les campagnes de la Sarthe et de la Mayenne des toiles qui sont vendues le jour du marché au Mans, à Laval, à Fresnay (Sarlhe), etc. Les marchés principaux de la Normandie sont Saint-Lô, Alençon , Lisieux et Vimoutiers (Orne) qui font de belles toiles pour draps et
serviettes, Vire où l’on fait des coutils pour ameublement, Bernay renommé pour la qualité de son lin.
A ce groupe on peut rattacher le département de Maineet-Loire où sont Angers et Cholet ; cette dernière ville est le centre le plus important de la fabrication des mouchoirs.
On fait des cordages dans tous les grands ports; mais les deux villes où cette industrie est le plus largement exercée sont le Havre et Angers.
Le chanvre est la matière première la plus employée dans ce groupe.
3° Le groupe de la Bretagne fait surtout des toiles fortes, qui sont portées aux marchés de Rennes, de Saint-Malo, de Morlaix, de Nantes, etc. ; Landerneau (Finistère) fournit des fils et des toiles.
ITors de la région du Nord-Ouest, le tissage de la toile est pratiqué dans les campagnes pour la consommation des habitants sans donner lieu à un commerce notable, excepté ur quelques points, tels que les Vosges où Saint-Dié et Gérard mer fabriquent pour la vente de Paris, le Béarn et Pannissières (Loire) qui font du linge damassé, Tonneins (Lot-et-Garonne) qui fait des cordages pour la marine de la Gascogne, Saint-Martin (Puy-de-Dôme) où se trouve une filature, Voiron (Isère) dont les toiles sont estimées.
Paris avec sa banlieue, qui est le plus grand marché pour la vente des toiles, est aussi un lieu de production important.
183. Les lainages. — La laine est de toutes les fibres textiles celle qui se prête à la plus grande diversité de maind’œuvre et qui donne les tissus les plus variés. La matière première elle-même se classe en qualités très-différentes, depuis la laine commune des moutons solognots jusqu’à la fine laine du mérinos, les unes n’étant bonnes qu’à garnir des matelas, les autres servant à faire les étoffes dites mérinos. On la file de deux manières, et on en fait soit de la laine peignée laquelle est composée de brins longs, rendus par l’action du peignage parallèles entre eux et lisses, soit de la laine cardée laquelle est composée de brins courts.
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mêlés par l’action des cardes de manière à donner un fil hérissé de poils, dont les aspérités enchevêtrées rendent le tissu plus compacte; la première sert à faire les étoffes rases ou les étoffes mélangées, comme l’orléans; la seconde à faire les étoffes feutrées.
Dans la même catégorie rentrent les poils de chèvre dits mohair, les poils d’alpaca, etc.., très-employés aujourd’hui.
On distingue ainsi plusieurs genres de tissus de laine, dont les deux principaux sont les tissus ras, comprenant le mérinos, la popeline, la serge, le damas, le tartan, le velours d’Utrecht, etc., et les tissus feutrés ou draps, comprenant le droguet, étoffe grossière qui était le type le plus ordinaire de la fabrication aux siècles passés, le drap proprement dit, plus ou moins fin, le Casimir, le satin de laine, les étoffes à grands poils, etc. Les premiers sont simplement tissés, comme le chanvre et le coton; les seconds, après le tissage, doivent être foulés sous des marteaux et avec des matières grasses, opération qui les rétrécit elles feutre, puis passés aux cardes à chardons qui font ressortir les poils, et enfin tondus. Les flanelles forment un genre intermédiaire fait avec des laines cardées et légèrement foulées. Les étoffes mélangées sont le plus souvent tramées avec des fils de laine peignée sur chaîne de coton. Les feutres sont des laines foulées sans avoir été tissées.
Quoique la France produise beaucoup de laine, elle est loin, surtout depuis quelques années, de suffire à la consommation de ses manufactures, et elle importe annuellement pour plus de 200 millions de laine étrangère.
On compte sept groupes de fabrication de lainages :
1 ° Le groupe du Nord, qui comprend plusieurs subdivisions très-distinctes : dansle département du Nord, Roubaix el Turcoing font surtout les étoffes mélangées pour vêtements d’hommes et de femmes désignées sous le nom de nouveautés; Cambrai, le Cateau qui appartient à la grande industrie, Fourmies et Sains, à la petite, travaillent la laine peignée el brillent dans le tissage du mérinos; dans le
déparlement de l’Aisne, Saint Quentin el Guise , qui excellent dans les tissus légers; dans le département de la Somme où se trouve, entre autres filatures importantes, celle de Frevent, Amiens fait les velours d’Ulreeht, les popelines el les tissus de nouveauté, Abbeville est une de nos plus grandes fabriques de drn*ps.
Dans ce groupe, auquel l’on peut encore rattacher l’établissement de Crèvecœur, et la ville de Mouy (Oise), fabrique importante de draps d’ameublement, règne presque exclusivement, si l’on excepte Abbeville et Mouy, le travail de la la laine peignée.
2° Le groupe de la Normandie , dont la fabrique la plus importante est Elbeuf qui fait la draperie dans tous les genres, surtout la draperie de nouveauté; Locviebs est l’émule d’Elbeuf; Lisieux , Vire , Caudebec (Seine-Inférieure) font de gros tissus drapés; Rouen fait des tissus mélangés; Pont-Authou (Eure) possède une des plus grandes filatures de la région. Saint-Lô fabrique des droguels. C’est le travail de la laine cardée qui domine dans ce groupe.
3° Le groupe des Ardennes dont les deux grands centres sont Sedan avec Relhel, et Reims avec presque toutes les communes de son arrondissement, Boult-sur-Suippe, etc.; Sedan conserve son ancienne réputation de fabriquer les draps les plus beaux et les plus fins de France : Reims est le siège le plus considérable de la fabrication des flanelles et des tissus ras dans les genres les plus variés.
4° Le groupe de l'est dont nous ne conservons plus guère que des fabriques de Lorraine, Nancy , qui fait de gros draps. Nous n’avons plus Bilschwiller, Sainte-Marie-aux- Mines, Guebwiller, Mulhouse.
5° Le groupe de l’Isère, dont le centre est h Vienne , qui produit en grande quantité des draps à bon marché pour pantalons et palelots.
6° Le groupe du Languedoc où l’industrie des draps est très-ancienne et qui comprend un grand nombre de fabriques dont quelques-unes sont très-importantes, et dans
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lesquelles on tisse, en général, des draps à bon marché : dans le Gard, Nîmes, qui fait beaucoup d’étoffes pour ameublement, reps et tapis de table, Sommières; dans l’Hérault, Lodève qui fait des draps pour l’armée, Bedarrieux , Saint- Pons; dans l’Aube, Carcassonne ; dans le Tarn, Mazamet , une des plus actives fabriques du Midi, qui fait des draps de fantaisie et des étoffes à poil, Castres qui fait des cuirs de laine; dans la Lozère, Mende et toute la montagne qui fabrique des serges,
A ce groupe on peut rattacher Marseille, qui, recevant les laines importées, les lave et les distribue aux manufactures du Languedoc.
7° Le groupe du Centre ou plutôt les fabriques disséminées dans le centre de la France, comme Limoges qui fait des étoffes Communes pour la consommation des campagnes, flanelles et droguets, Chàteauroux et Romorantin qui font des draps pour l’habillement des troupes, Tours, Orléans qui a conservé la spécialité des couvertures.
Il est à remarquer que cette industrie a ses trois premiers groupes dans les départements qui élèvent le plus de moutons, Aisne et Somme, Seine-inférieure et Eure, Marne ; le sixième groupe se trouve le long des cours d’eau situés au pied du Massif central qui nourrit aussi une grande quantité de moutons (Voir § 136).
Au centre de ces groupes, est toujours Paris qui, dans ses murs ou dans sa banlieue et principalement à Puteaux, tisse, apprête lui-même, et qui dirige en partie le tissage des autres groupes.
186. Les châles. — Les châles peuvent être rangés dans la catégorie des lainages, bien que la laine ne soit pas la seule matière employée à leur confection. Les plus beaux * sont faits avec le cachemire, c’est-à-dire avec le duvet de certaines chèvres du Tibet; on fabrique aussi des châles de soie, et, dans les articles communs, on mélange le coton à la laine.
Ce qui constitue le châle proprement dit, distinct du tar-
lan, du crêpe de Chine, etc., c’est moins la matière que le travail qui consiste à faire, à l’aide du Jacquart et du ballant brocheur ou de la navette à la main, un tissu broché.
Paris fait tous les genres et a seul le monopole des riches cachemires dont il donne les dessins et qu’il fait le plus souvent exécuter dans certains villages de Picardie, Bohain (Aisne), etc. Lyon fait les châles de qualité moyenne; Aimes les chûles à bon marché dont la fabrication s’est d’ailleurs beaucoup améliorée.
187. Les tapis. — Aux lainages se rattachent aussi les tapis qui dépendent de l’ameublement, mais qui sont mentionnés ici, ainsi que les tentures et autres étoffes qu’emploient les tapissiers, afin que toutes les branches du tissage se trouvent réunies. Les tapisseries sont destinées à servir de tenture et à être appendues aux murailles*, les tapis à être étendus sur le plancher : les premières sont des tissus ras, dits de haute lisse quand ils sont, comme aux Gobelins, tissés sur des métiers perpendiculaires, et dits de basse lisse quand ils sont lissés sur des métiers horizontaux, comme on le pratique dans toutes les autres fabriques. Les tapis sont des tissus tramés en laine sur chaîne de fil ou du coton; ils sont fabriqués avec la navette à la main ou avec la mécanique Jacquart, les tapis ras, comme les calicots, les tapis de haute laine, comme les velours, c’est-à-dire qu’à chaque duite la trame lisse en saillie des poils qui sont ensuite coupés et nivelés.
lAÊtat possède deux grandes manufactures de tapisseries et de tapis, celle des Gobelins, à Paris, brûlée en 1871, et celle de Beauvais , qui ne travaillent pas pour le commerce, mais qui lui fournissent ses plus beaux modèles.
Aubusson et Fellelin (Creuse), les fabriques de Beauvais travaillent pour le commerce dans les mômes genres; Amiens et Abbeville font des lapis de pied; Aimes et Roubaix, des tapis de pied et de tenture; Tur coing , des moquettes.