‹ La France (avec ses colonies) (volume 2)Chapitre 43 sur 87 · HH · texte numérisé non relu

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L’INDUSTRIE

Paris fournit presque toujours les commandes et les dessins, qui sont reçus par les fabricants des villes et exécutés par les ouvrières des campagnes.

Le tulle est un réseau semblable à celui de la dentelle, mais fait au métier. A Calais et à Saint-Pierre-lès-Calais sont les manufactures les plus importantes de tulles de coton et de blondes de soie ; à Lyon, on fait divers genres de tulles de soie; Lille, le Cambrésis, Saint-Quentin, Amiens font aussi des tulles brochés pour ameublement et des dentelles à la mécanique.

190. La broderie. — La broderie , qui consiste dans un dessin fait à l’aiguille, quelquefois mécaniquement, sur une étoffe, est une industrie que dirige Paris et qu’exercent des ouvrières dans les campagnes, principalement dans les environs de Nancy , de Bar-le-Du-c et dans presque toutes les vallées lorraines des Vosges ; la broderie d’or et d’argent, qui se lie intimement à la passementerie, a pour siège Paris et Lyon .

A celte catégorie, on rattache la tapisserie à la main dont le commerce a pour centre Paris.

191. La bonneterie. — Les articles de bonneterie sont des tricots de coton, de laine ou de soie, faits presque tous au métier. Ils sont généralement confectionnés par des ouvriers de campagne ou de petits artisans des villes. 7 royes est le centre le plus important de la bonneterie de laine et de colon qui est d’ailleurs exercée dans presque toute la Champagne ; Amiens , dont la bonneterie de laine, dite bonneterie du Sauterre, occupe, dans les communes de l’arrondissement, 25,000 ouvriers environ, a une importance presque aussi grande ; Bapaume (Pas-de-Calais) et Arras, Caen, Falaise, viennent au second rang dans la partie septentrionale de la France. Strasbourg occupait dans cette industrie un des premiers rangs. Nantes fait des tricots pour les marins. Dans la région du Sud-Est, la bonneterie de soie occupe un grand nombre d’ouvriers, surtout à Lyon , à Nîmes, h Uzès (Gard), à Ganges, au Vigan (Gard), etc.

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Paris fait de la bonneterie dans tous les genres.

Aux articles de bonneterie se rattachent les bretelles et jarretières que fabriquent Rouen et Paris , les boutons en tout genre que fabriquent Pains, Briare (Loiret), Creil (Oise), Montereau (Yonne), où ils sont des annexes de l’industrie céramique.

492. La lingerie et la confection. — La lingerie , qui comprend tous les articles de linge confectionnés, cols, bonnets, camisoles, layettes, et à laquelle on peut rattacher certains autres articles constituant des industries distinctes, tels que corsets, chemises d’hommes, et la confection , qui comprend les vêtements pour femmes, hommes ou enfants, ont pour centre principal Paris qui exécute luimôme le travail ou le fait exécuter par des ouvriers de province. C’est par centaines de millions de francs qu’on compte aujourd’hui les produits de ces industries qui s’exportent dans le monde entier.

Les modes , c’est-à-dire les chapeaux et coiffures pour femmes, en sont une des branches les plus importantes.

193. La chapellerie. — La coiffure des hommes comprend trois genres de produits, les feutres, les chapeaux de soie et les casquettes.

Paris occupe le premier rang dans les trois genres.

La chapellerie est exercée surtout dans les grandes villes Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux ; Aix , avec les laines de la Crau, fait des chapeaux de feutre ; Lyon (en concurrence naguère avec Sarreguemines et Pultelange, villes de la Lorraine perdues en 4871) fournit les étoffes dites peluches, pour la confection des chapeaux de soie ; Orléans, Condom et, aux environs de Paris, Rueil et Chatou, font des bonnets grecs ou fez ; Toulon, Limoges, Lille font des casquettes.

(Voir la carte no 17.)

494. La ganterie. — La ganterie comprend : 4° les gants de peau, en chevreau, en agneau, en daim; 2° les gants

L’INDUSTRIE

tricotés ou drapés. Les seconds sont des articles de bonneterie. La fabrication des premiers, qui emploie pour matière première non plus les fibres textiles, mais les peaux de certains animaux, mégissées ou chamoisées, a pour sièges principaux : en premier ordre, Paris et Grenoble ; en second ordre, Chaumont, Saint-Julien (Haute- Vienne) ; puis, Lunéville et Niort qui fabriquent des gants d’agneau, Rennes qui fabrique des gants de daim, Nancy, Blois, Vendôme.

195. La chaussure. — La chaussure emploie aussi pour principale matière les peaux à l’état de cuir fort, souple ou verni ; elle est cousue ou clouée. L’industrie de la chaussure cousue appartient en général à la petite industrie ; elle est exercée dans toutes les villes pour la consommation des habitants, et devient l’objet d’un commerce important dans quelques grandes villes, telles que Paris, au premier rang, Bordeaux, Marseille, Nantes, Fougères, au second. L’industrie de la chaussure clouée et vissée appartient à la grande industrie, et est exercée à Paris, à Liancourt (Oise), h Blois, à Angers, à Romans (Isère).

La fabrication des sabots et des galoches, chaussures de bois, a une importance non moins grande. Elle a lieu généralement dans les forêts ; mais les sabotiers viennent vendre leurs produits au marché de la ville, ou plus souvent travaillent à façon pour le compte de marchands urbains. C’est pourquoi le commerce des sabots représente un chiffre d’affaires considérables à Paris , à Nantes, à Fougères, à Alençon, à Limoges, à Aurillac, à Lyon, etc.

196. La bijouterie, la joaillerie et l'horlogerie. — La bijouterie , consistant dans la fabrication d’objets d’or ou d’argent, ornés de ciselures, d’émaux, de pierres précieuses, tels que bagues, bracelets, boucles d’oreilles, et la joaillerie , consistant dans la monture des pierres précieuses, surtout du diamant, dont elle compose des colliers, des diadèmes, des boucles d’oreilles, sont deux industries très-voisines qui travaillent pour la toilette, principalement pour la toi-

lette des femmes. Aucune ville de France, à cet égard, -«•

n’approche de Paris. Nos plus grandes villes, Lyon, Marseille, viennent bien loin derrière lui.

Le travail du lapidaire se lie intimement à celui du bijoutier et du joaillier ; il est pratiqué surtout à Pains et dans le Jura, principalement à Septmontel.

Il en est de môme de Y horlogerie fabrique les montres ; celle qui fabrique les pendules, associée â la fabrication des bronzes d’ornement, est encore une industrie de luxe qui a son siège à Paris. Immédiatement après Paris, se place, dans l’industrie des montres, Besançon. Mais ces deux villes ne fabriquent pas elles-mêmes les pièces du mécanisme ; elles les reçoivent de toutes les hautes vallées du Jura pour les montres, de Morez pour les grosses horloges murales, de Cluse (Haute-Savoie) pour certaines pièces détachées, naguère du grand établissement de Beaucourt (Alsace) pour les montres et les pendules, de Saint- Nicolas d’Aliermont (Seine-Inférieure) pour les pendules, de Montbéliard.

197. La parfumerie. — La parfumerie est une des industries qui concourent à la toilette ; les savons, les pommades, les essences parfumées sont ses principaux articles. C’est pourquoi elle estexercée à Paris , centredes fabrications de luxe, ainsi que dans sa banlieue, Neuilly, etc., et en Provence, principalement à Nice, à Grasse, à Marseille, où sont

les savons et les fleurs. A ces noms on peut ajouter celui +

de Nantes.

5° section.

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