‹ La France (avec ses colonies) (volume 2)Chapitre 44 sur 87 · Le bâtiment. — Après l’alimentation qui entretient · texte numérisé non relu

Le bâtiment. — Après l’alimentation qui entretient

la vie, et le vêtement qui défend le corps contre le froid,

vient, dans l’ordre logique, le logement qui l’abrite d’une

l’industrie.

manière plus complète ; dans la réalité, ces trois besoins sont satisfaits simultanément par les trois principaux groupes des industries humaines. Le groupe du bâtiment doit ses matières premières à l’exploitation des forêts et des carrières, aux forges et aux fabriques de quincaillerie, qui lui fournissent le bois, la pierre, le marbre, la brique, le ciment, le fer et les ferrures (Voir § igo à 1 65). Il occupe un nombre considérable de bras, et comprend une très-grande variété de professions, charpentiers, tailleurs de pierre, maçons, sculpteurs, fumistes, couvreurs, menuisiers, serruriers, peinfres, etc., qui travaillent, du moins dans les villes, sous la direction et d’a'prèsles plans d’un architecte.

C’est une industrie qui est pratiquée partout où il y a des maisons à construire ou à réparer, et qui, par conséquent, est surtout active dans les grandes villes, comme Paris , Lyon , Marseille , Bordeaux , Lille , Toulouse, Rouen ; mais, étant, exercée sur place et par un grand nombre de métiers divers, elle ne saurait, malgré son importance, donner naissance à de grandes manufactures.

*99. La tapisserie et les papiers peints. — Quand la maison est construite, on revêt les murailles intérieures de peintures, de tapisseries ou plus souvent de papiers peints. La peinture se fait sur place ; nous avons parlé des tapisseries (Voir § 1 87) ; quant au x papiers peints, qui ont une grande analogie avec les étoffes peintes, on les fabrique à Paris , à Lyon, à Metz, à Caen, à Toulouse, h Épinal, au Mans. L’Alsace (fabriques de l’île Napoléon et de Itixheim) que les toiles peintes ont conduite à s’occuper de cette industrie, nous en fournissait beaucoup.

200. Les meubles. — Les maisons sont ensuite garnies, par ceux qui les habitent, de meubles que fournit en majeure partie I’ébénisterie. L’ébénisterie constitue donc une industrie très-importante qui, dans les villages et dans un grand nombre de petites villes, se confond avec la menuiserie, mais qui, à Paris, occupe presque entièrement la population ouvrière de tout un grand quartier (le faubourg

A FRANGE

Saint-Antoine) et qui, depuis quelqiies années, s’est développée dans un certain nombre de grandes villes, Bordeaux, Lyon , Nantes, Troyes, Saint-Quentin, etc.

Elle s’inspire de l’architecture et comprend la fabrication des meubles courants dans lesquels le bon marché nuit parfois à la solidité, et des meubles de luxe qui, sous le rapport du goût et de la perfection du travail, ont fait, depuis une vinglaine d’années, de très-notables progrès. L’ébénisterie de luxe constitue aujourd’hui à Paris une véritable industrie artistique qui emploie non-seulement tous les bois exotiques et indigènes, vernis ou mats, unis ou sculptés, mais les marbres, lés pierres précieuses, les mosaïques, les faïences, les bronzes etles cuivres dorés, fondus et ciselés, les tapisseries, les étoiles de tenture, et qui les marie avec un talent égal à celui des plus célèbres ébénistes des siècles passés. Ses produits sont très-chers ; mais elle a, pour la consommation générale, le mérite de donner des modèles et une direction à l’ébénisterie courante.

Aux meubles se rattachent les appareils de chauffage en fonte qui sont une annexe de la quincaillerie et que fabriquent Paris, Lille, Lyon , Coutances, Guise (Aisne) .

Dans la catégorie des articles de mobilier, rentrent :

La vannerie que l’on fait avec de l’osier tressé ou d’autres bois flexibles et légers ; on fabrique, 1° la grosse vannerie dans un grand nombre de campagnes, principalement dans le nord du département de V Aisne (à Origny-en-Thierache, etc.) et dans tous les centres de culture maraîchère, à Montreuil (Seine), etc. ; 2° la vannerie fine, à Paris.

La tabletterie , comprenant unefoule de petits objets, peignes, tabatières, jeux divers, boîtes, statuettes d’ivoire, etc., dont le centre principal esl à Paris et que l’on fabrique à Saint-Claude (Jura), dans les Vosges, dans le département de l’Eure, h. Dieppe, oùle travail de l’ivoire date des voyages des Dieppois sur la côte de Guinée ; à Rennes, à Sarreguemines, etc.

L’INDUSTRIE

201. La, céramique. — La céramique fournit au mobilier tous les vases, plats, assiettes, objets divers en terre cuite, vernissée ou non vernissée, qui servent aux travaux industriels, aux usages domestiques et à l’ornementation. Elle a, par conséquent, une importance considérable, et de tout temps les hommes l’ont pratiquée. Elle comprend divers genres de produits dont les principaux sont :

1° Les poteries proprement dites ou poteries communes, faites avec l’argile (Voir § ï 53) , qui sont, les unes sans couverte, les autres avec couverte, couverte transparente d’oxyde de plomb (Voir § 157) ? ou couverte opaque d’oxyde d’étain, et qui comprennent, d’une part, les briques, les tuiles, etc. ; d’autre part, les ustensiles de cuisine, marmites, poêlons, etc. Les briques de Bourgogne et les briques creuses de Paris sont les plus renommées ; sur les bords du canal du Centre , dans la Flandre et la Picardie, on fabrique beau coup de briques, de tuiles, etde poteries.

2° Les grès qui peuvent être aussi avec ou sans couverte, grossiers ou fins, les premiers donnant des cruches, bouteilles, terrines, etc., les autres, des articles de luxe susceptibles de recevoir une riche décoration.

3° Les faiences qui sont des poteries fines fabriquéesavec de l’argile plastique et recouvertes d’un émail opaque et qui comprennent la faïence commune, poêles, plaques de cheminées, etc., et la faïence fine, dite, dans certains cas, porcelaine opaque, assiettes, vases, etc. ; celte dernière est susceptible de recevoir les décorations les plus artistiques et est rentrée aujourd’hui en faveur, après avoir fait, au xvi e siècle, la gloire de Bernard Palissy et des Italiens.

4° Les porcelaines dont la matière principale est le kaolin et qui ont la qualité distinctive d’offrir une pâte blanche et, après la cuisson, à demi transparente ; elles comprennent le biscuit ou porcelaine non recouverte d’émail, et la porcelaine dure qui est recouverte d’un émail transparent ; c’est elle qui, à l’état de porcelaine blanche ou de porce-

laine décorée, donne, surtout pour les services de table, les produits les plus beaux et les plus recherchés.

La porcelaine tendre , qu’on fabrique en France avec cerains mélanges de silice et de carbonate de chaux et de poasse, sans addition de kaolin, rivalise aujourd’hui avec la porcelaine dure pour la décoration.

Les matières premières sont donc fournies par les car-

rières et par l’industrie chimique. Le travail consiste dabord à façonner les pâtes : c’est l’œuvre du potier qui fait tourner sur sa roue et pétrit l’objet pour lui donner la forme vou ue (Voir la fig. ci), ou qui applique sur un moule la pâte ramollie. Quand l’objet a reçu sa forme, on le porte dans des fours où, soumis à une très-haute température pendant

plusieurs jours, il est cuit. On le recouvre ensuite de sa glaçure, on le clore, on le peint et on le remet au four pour faire fondre et adhérer l’émail et les couleurs.

Les poteries communes, étant d’un usage général et trouvant partout leurs matières premières, sont fabriquées dans un très-grand nombre de lieux.

Les grès se font à Paris , près de Beauvais (la Chapelleaux-Pots, etc.), dans la Picardie, dans Sâône-et-Loire, dans certaines vallées des Vosges (Lunéville, etc.).

Les faïences fines se font à Paris, à Montereau (Seineet-Marne) et Cm'/ (Oise), à Choisy-le-Roi (Seine), à Gien (Loiret), à Bordeaux, h. Bayeux (Orne), à Grigny, à Arboras (Rhône), à Langeais, près de Tours, etc. Nous avons perdu avec Sarreguemines un des centres principaux de cette fabrication.

Les porcelaines se font à Paiiis qui cuit moins la porcelaine qu’il ne décore les porcelaines blanches venues des autres fabriques; à Sèvres où se trouve la manufacture impériale qui, comme les Gobelins, ne travaille guère que pour les souverains, mais qui fournit des modèles et des directions à l’industrie céramique tout entière; k Limoges et aux environs, où la proximité du kaolin (Voir § 153) a donne naissance à cette industrie; dans le Berry et la Nièvre (Vierzon, Mehun, Decize , Champroux) où la découverte récente du kaolin et la présence de la houille ont créé la fabrication des articles courants.

202. La verrerie. — La verrerie est une industrie du même genre. Sa principale matière est le sable ou silice; elle le recherche très-pur; elle le fond avec un mélange de sulfate de soude ou de potasse, de carbonate de chaux, et, dans certains cas, d’argile (1), elle en fait cki verre ; avec le carbonate de potasse et l’oxyde de plomb, elle en fait du cristal.

Elle prend dans le creuset un peu de verre au bout d’un tube, le gonfle en soufflant pour en fabriquer des ballons,

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