PREMIÈRE PARTIE
LE CLIMAT
(Voir la carte no
i. La superficie. — Tracez sur la carte d’Europe un îexagone dont les six angles aient pour sommet : au nord le village de Zuydcoote, près d q Dunkerque ; à l’ouest, la pornle de Corsen, située un peu au nord de la pointe Saint- Mathieu ; au sud-ouest, V embouchure de la Bidassoa • au sud le cap Cerbera ; au sud-est, la ville de Menton , 'située à 24 kilomètres à l’est de Nice; au nord-est, le col de Sainte- Marie- aux- Mines ; vous aurez une figure géométrique qui circonscrira et représentera à peu près un vaste territoire dont la plus grande dimension du nord au sud, qu’on peut appeler la longueur , est d’environ 1,000 kilomètres* dont la largeur de l’est à l’ouest est de 980 kilomètres; la plus grande diagonale (de la pointe de Corsen à Menton), de 1,100 kilomètres; la superficie, déplus de 519,000 kilomètres carrés et, avec Hle de Corse, de 528,000 kilomètres carrés, ou 52,800,000 hectares. Avant les pertes de la guerre de i 870-71, elle mesurait 54,300,000 hectares (voir 1 ableaux de statistique , n° 1, dans le Vade-mecum dustatjsticien, tableaux pour la France avec ses colonies ).
Ce territoire est la FRANCE.
Quatre États en Europe occupent une superficie plus grande que celle de la France: la Russie d’Europe, envi-
(I) Nous rappelons encore ici qu’à chaque leçon correspond une carte spéciale, et qu’en étudiant, l’élève doit toujours l’avoir sous les yeux
ron dix fois plus grande, la Suède avec la Norvège plus grande de moitié, l’Autriche d’un cinquième, l’Allemagne d’un centième environ.
2. La position astronomique. — La France est située dans l’hémisphère boréal, à l’occident de l'Europe, entre 5° 20' de longitude orientale et 7° de longitude occidentale (1) d'une part , et , d'autre part , entre 51 11 5' et 42° 20' de latitude sepentrionale (2). Les plus longs jours d’été atteignent 15 heures dans le Midi et 16 1/4 dans le Nord. Elle est donc dans la région tempérée du globe et elle doit ù. cette position une partie de ses avantages.
3. La température. — La température moyenne de la France est de 12 1/2 centigrades . — Pour la déterminerai a fallu réunir un très-grand nombre d’observations faites en toutes saisons, par tous les temps et à toutes heures, sur toutes les parties du territoire; car elle ne dépend pas seulement de la latitude, mais aussi de l’altitude, de la configuration des lieux, de la nature du sol, de la proximité de la mer, de la direction des vents prédominants, etc.
La température moyenne delà région française située au pied des Pyrénées et sur la côte de la Méditerranée, notre région la plus chaude est de 15°. Elle baisse à mesure qu’on avance vers le nord, mais sans obéir exactement à la latitude, comme on peut s’en rendre compte en suivant sur la carte une ligne isotherme, c’est-à-dire passant par des points qui ont la môme température moyenne. Celle qui passe par Saint-Brieuc, Poitiers, Guéret, Nevers, Semur, Dijon, Chambéry est juste celle qui correspond aux points par lesquels
(1) Duiisles cartes françaises, le méridien marqué 0° est celui qui passe par l’observatoire de Paris. Les longitudes se comptent soit à l’est, soit à l’ouest de ce premier méridien, jusqu’à 1S0°. Lorsqu’il est midi à Paris, il est ll h 32 m à Brest et midi 20“ à Nice; mais les chemins de fer et le télégraphe tendent à faire adopter dans toutes les villes de France l’heure de Paris concurremment avec l’heure désignée par le méridien du lieu.
(2) La Corse est traversée par le 42* deg. de lat. et par le 7 e de long, orientale.
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la température moyenne de l’année est de 12° J/2, température moyenne de la France. Au nord de cette courbe, la température moyenne descend au-dessous de 12° 1/2 ; elle est de 10° 8/10 à Paris et de 9° 8/10 à Strasbourg.
Les courbes de température en France sont inclinées du nord-ouest au sud-est, c’est-à-dire qu’à même latitude la température est plus élevée à l’ouest qu’à l’est. Le voisinage de l'Océan, dont l’eau s’échauffe ou se refroidit plus lentement que la terre et fait en quelque sorte l’office d’un vaste réservoir recevant en été et émettant en hiver de la chaleur solaire, est la cause de ce phénomène. Sur la côte de France, cette influence générale de la mer est rendue beaucoup plus grande par le courant du Gulf-Slream qui, amenant à travers l’Atlantique les eaux chaudes du golfe du Mexique, se fait sentir jusque dans nos parages, et par la fréquence des vents du sud-ouest.
Aussi cette inclinaison au nord-ouest n’existe-t-elle pas quand on ne compare que la température des étés. On peut le voir en suivant sur la carte la ligne de la température moyenne des étés (ligne isothère)qui est de 20°, et qui passe près de l’île d’Oléron, de Guéret, de Nevers, de Langres et de Colmar : cette ligne, parallèle à la latitude jusqu’à Guéret, incline ensuite vers le nord, à cause des vents chauds qui de la Méditerranée remontent la vallée du Rhône.
Au contraire, celte inclinaison est très-prononcée en hiver, comme on le voit en suivant la ligne de la température moyenne des hivers (ligne isochimène), qui est de 5° audessus de 0 et qui passe par l’extrémité de la Bretagne, par Fîle d’Oléron, Aurillac, Privas, Digne. (V. Tabl. de stat, 9 np 2.)
4. Les pluies et les vents. — L’Océan exerce, pour les mômes raisons, une très-grande influence sur les pluies et les vents, et par suite sur l’ensemble de notre climatologie. De sa surface s’élèvent chaque jour des masses considérables de vapeur d’eau qui forment les nuages. Le vent d’ouest ou de sud-ouest, produit par un contre-courant atmosphérique des vents alizés, souffle fréquemment et
porte ces nuages sur les terres. Aussi la pluie est-elle fréquente sur les côtes de l’Océan ; elle est plus abondante encore dans les régions montagneuses, où les pitons et les plateaux arrêtent au passage les nuées, les refroidissent et les condensent en pluie. Dans le Finistère , dans les Cévennes, sur le Massif central, dans les Alpes , le Jvra , le Morvan , la quantité d’eau qui tombe chaque année, mesurée au pluviomètre, dépasse 1 mètre, et atteint même 2 mètres dans le voisinage du mont Lozère et dans les grandes Alpes , tandis que dans le centre de la vallée de la Seine, delà Garonne, de l’Ailier, elle reste entre 5 et 6 décim. et s’élève à peine à 4 déeim. dans la Champagne pouilleuse. (V. Tabl. cle Stat., n° 3, et la carte dont les hachures très-serrées indiquent les parties où la pluie est de 1 mètre et plus, les hachures moyenne s, de 1 mèt. à SO cent., les hachures espacées, de 80 à 40 cent.)
Les pluies d’été sont rares dans les parties qui avoisinent la Méditerranée, parce que le vent y souffle souvent du nord, c’est-à-dire de terre. Elles deviennent d’autant plus fréquentes qu’on s’avance vers le nord-est, dans la région dite des climats continentaux, où la quantité de pluie tombant en été est environ le tiers (30 p. 100) de la somme des pluies tombant dans l’année. Partout ailleurs, c’est en automne que les pluies sont le plus abondantes.
5. Les climats. — On entend par climat l’ensemble des conditions météorologiques qui caractérisent une région ; ces conditions dépendent surtout de la température et, par suite, de la latitude, de la plus ou moins grande proximité de la mer, de l’altitude (voir § 3), de l’abondance et de l’époque des pluies, des vents dominants. (V. Tabl. deStat.,n° 4.)
6. Le climat séquanien. — Le climat séquanien (du mot Seine) comprend les départements du nord- ouest jusqu’à la Loire (47 e degré). La température moyenne y est de 11° environ. Le voisinage de l’Océan lui donne le privilège d’avoir, presque partout, une température douce, modérément chaude en été et peu rigoureuse en hiver. Ainsi, Paris a une température moyenne de 3°, 3 en hiver, de 10°, 3
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au printemps, de 18°, 1 en été, de JI°,2 en automne (voir Tours dans le Tabl . de stat ., n° 2). Les vents d’ouest, de sudouest et du sud y dominent, les deux premiers amenant les nuées de l’Océan, et versant la pluie sur les terres d’autant plus abondamment que ces terres sont situées plus à l’ouest ou à une plus grande altitude. Ainsi le Morvan reçoit beaucoup de pluie, la Champagne fort peu. Les jours de pluie (152 par an sur les bords de l’Océan) y sont en général plus * nombreux qu’ailleurs, et se rencontrent surtout en automne. D’ailleurs, pour cette région climatérique, comme pour les autres, l’uniformité est loin de régner sur toute l’étendue : entre Lille et Tours, il y a de très-grandes différences sous le rapport des phénomènes météorologiques.
7. Le climat vosgien. — Le climat vosgien comprend les départements du nord-est, au nord du 47 e degré de latitude; la température moyenne y est d’environ 9° 1/2; mais comme il est le plus éloigné de la mer en France, il ne subit pas l’influence de la proximité de l'Océan, et il a, comme tous les climats continentaux, des étés chauds et des hivers rigoureux (V. labl. de siat ., n° 2); les pluies y sont peu fréquentes, sinon dans la montagne, et tombent surtout en été, quand le vent sec et froid du nord-est abaisse tout à coup la température. Le vent du sud-ouest, au contraire, dont les brouillards ont été arrêtés parle Massif central et par le plateau de Langres, y est rarement pluvieux.
8. Le climat rhodanien . — Le climat rhodanien (du mot Rhône) comprend les départements de l’est jusqu’à la Provence exclusivement, entre le 48 e et le 44 e degré : c’est la vallée de la Saône et du Rhône. La chaleur moyenne est tempérée (1 1°). L’influence de laMéditerranée se fait sentir par le vent brûlant et desséché du sud-est(siroccooufohn) qui alterne avec le vent froid du nord et cause de grandes et brusques variations de température. La pluie, très-abondante dans la montagne (Alpes et Jura), est encore assez fréquente dans la vallée.