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LA NAVIGATION MARITIME

22-4. Le cahotage. — La navigation maritime comprend la navigation sur mer et aux embouchures des fleuves jusqu’au point où la marée porte les bâtiments; elle est divisée en cahotage ou navigation sur les côtes (I), et navigation au long cours.

L’administration des douanes entend par petit cabotage la navigation d’un port français à un autre port français dans la même mer, et par grand cabotage la navigation d’un port, français à un autre port français d’une mer à l’autre, Océan et Méditerranée (2). (Voir Tabl. de stat., n° 3G.) On compte76,000 voyages faits annuellement par les caboteurs français^ Ce mode de transport n’est pas en progrès.

Au cabo'tage se rattachent la pêche* côtière (3) et la pêche du hareng- *

(1) Navigation de cap en cap, d’où capotage.

(2) Le Code de commerce entend le mot cabotage dans un autre sens^ il comprend sous ce nom la navigation entre le 21 e et le 30 e degré de latitude septentrionale et le 44 e degré de longitude orientale et le 16 e degré de longitude occidentale, c’est-à-dire la navigation des mers d’Europe. (Voir le planisphère, carte n° 20.)

(3) La pêche côtière et la grande pêche sont de véritables industries

Les ports où le cabotage est le plus actif sont Marseille , le Havre , Bordeaux , Nantes , Rouen, Dunkerque , Cette, Arles, Tonnay -Charente, Libourne . Les principaux ports d’armement pour la pêche du hareng sont Gravelines, Boulogne, Dieppe, le Tréport, Saint-Valéry, Fécamp, Courseulle; pour les sardines, Douarnenez, etc. ; pour les huîtres, Granville, etc. ; pour les autres pêches, presque tous les petits ports qui en font leur principale industrie. r«

225. La navigation an long cours. — La navigation au long cours s’étend à tous les pays hors de France; elle se partage en navigation avec nos colonies pour laquelle la marine française jouit de certains privilèges, et la navigation de concurrence ou navigation dans les pays étrangers, où elle se trouve en concurrence avec les autres marines.

A cette catégorie se rattache la grande pêche, pêche de la morue, employant environ 675 navires, et pêche de la baleine pour laquelle la France n’arme plus depuis plusieurs années.

La grande navigation, qui a lieu, en premier ordre, entre la France et V Angleterre, en second ordre entre la France, Yltalie , la Turquie , Y Espagne et la Russie, a son point de départ dans nos grands ports, Marseille et le Havre au premier rang, Bordeaux, Nantes , Dunkerque , etc., au second.

L’effectif de la marine marchande en France (moins les bateaux de la pêche côtière) est de 15,700 navires jaugeant plus de 1 million détonnes. Depuis trente ans, le nombre des navires est à peu près stationnaire; mais le tonnage a quelque peu augmenté. (Voir Tabl. de stat., n° 35.) Le mouvement général de la navigation, navigation au longcours etcabotageà l’entrée et àlasortie réunis, est de pldsde 21 MILLIONS de TONNEAUX. (Voir les Tabl. de stat., n os 3G,37 et 38.)

226. Les services maritimes. — Parmi les moyens de transport que fournit la navigation, il y en a qui sont ré-

qu’on peut assimiler à la chasse ou rattacher aux industries extractives. (Voir § 143.)

LE COMMERCE

guliers, c’est-à-dire qui consistent dans des départs périodiques à jour fixe, comme les départs des diligences ou des trains de chemins de fer; ceux-ci constituent les services maritimes qui emploient presque tous la vapeur, et qui transportent une très-notable partie des marchandises et presque la totalité des voyageurs. (Voir la carte n° 12 .)

Les principaux services maritimes de l’Océan sont :

1° Les services qu’on pourrait nommer de cabotage lesquels conduisent d’un port français à un autre :

De Dunkerque au Havre et à Bordeaux ;

Du Havre à Dunkerque, à Ronfleur, à Rouen, à Trouville, à Caen, à Cherbourg, à Morlaix, à Brest, à Bordeaux;

De Brest (au Havre), à Lorient, à Saint-Nazaire et Nantes, à Bordeaux ;

De Lorient et de Nantes à Belle-Ile;

De Bordeaux aux ports déjà indiqués de l’Océan.

2° Les services pour les pays étrangers, qui sont établis :

A Dunkerque pour Hull et Newcastle (Angleterre), Leith (Écosse), Rotterdam (Hollande), Saint-Pétersbourg(Russie) ;

A Calais pour Douvres (Angleterre), qui n’est séparé de la France que par 1 heure 20 minutes de navigation et qui est la voie de communication la plus courte entre Londres et Paris (Voir § 221 ), et pour Londres ;

A Boulogne pour Folkestone et Londres, services rivaux de ceux de Calais;

A Dieppe pour Newhaven et Londres (Angleterre);

Au Havre pour divers ports d’ Angleterre, Southampton, Liverpool, Glasgow, Londres, Hull, pour Rotterdam (Hollande) etHambourg (Allemagne), pour Lisbonne (Portugal) et Malaga (Espagne) ; pour New-York , avec escale à la côte d’Angleterre (Falmouth) ou à Brest (le second jour après le départ du Havre) : ce dernier service est fait en 10 jours, de Brest à New-York, par la Compagnie transatlantique;

A Cherbourg pour Pool (Angleterre);

A Granville pour Jersey;

A Saint-Malo pour l’Angleterre (Littlehampton, Farmoulh et Soulhampton), par Jersey;

À Saint-Nazaire 1° pour la Vera-Cruz Mexique), avec escale à Saint-Thomas et à la Havane (Antilles), et services annexes, en premier lieu, dans les grandes Antilles jusqu’à Kingstown (Jamaïque), en second lien, dans les petites Jntilles jusqu’à. Fort-de-France (Martinique), et, en troisième lieu, pour la Nouvelle-Orléans (États-Unis); 2° pour l’isthme de Panama (à Colon-Aspinwall), avec escale à Fortde-France (Martinique), puis avec services annexes pour le Vénézuela jusqu’à Porlo-Caballo, et pour les Guyanes jusqu’à Cayenne ; et avec correspondances, à l’autre extrémité du chemin de fer de Panama, dans l’océan Pacifique, pour la Californie, l’Amérique centrale, le Pérou, le Chili, et môme Taïti. Ces services, dans l’Atlantique, sont faits par la Compagnie transatlantique ; la traversée de Saint- Nazaire à Saint-Thomas dure environ 15 jours; de Saint- Thomas à la Vera-Cruz 10 jours, à Cayenne 9 jours, à la Nouvelle-Orléans 8 jours;

A Bordeaux pour Rotterdam (Hollande) et Hambourg (Allemagne), pour l’Angleterre (Londres, Bristol, Liverpool, Glasgow), pour Y Amérique du Sud , côtes du Brésil et Rio-de-la-Plata, avec escale à Lisbonne et au Sénégal : ce dernier service est fait par la Compagnie des Messageries nationales ;

A Bayonne pour Santander (Espagne).

Les principaux services maritimes de la Méditerranée sont :

1° Les services de cabotage de Marseille à Nice, Agde, •Cette, la Corse (Ajaccio, Bastia).

2° Les services pour les pays étrangers qui sont établis à Marseille, le centre le plus important de la grande navigation de la France. Marseille possède les lignes d 'Ai-

LE COMMERCE

gérie el de Tunis, ligne directe d’Alger (traversée de 50 heures), ligne d’Oran par Valence, ligne de Tunis, dont les services de la côte d’Algérie sont des dépendances; la ligne d 'Espagne par Cadix et Séville; la ligne d Italie qui dessert Livourne, Civita-Vecchia, Naples et Messine, avec service annexe sur Trieste; les lignes du Levant , les plus suivies de toutes celles de France, qui desservent la Grèce, Constantinople (traversée de 6 jours 1/2), la mer Noire jusqu’aux bouches du Danube (lbraïla) au nord, et jusqu’à Trébizonde à l’est (à 3 jours de Constantinople), Alexandrie (traversée de 6 jours), Port-Saïd et les échelles de Syrie, depuis Jaffa et Beyrouth jusqu’à Smyrne ;

D’Alexandrie, le chemin de fer conduit à Suez; le canal de Suez conduit également de Port-Saïd à Suez, tète de ligne des services maritimes de l’océan Indien et du grand Océan, qui sont, comme les précédents, faits par la Compagnie des Messageries nationales en concurrence avec la Compagnie anglaise, et qui desservent, d’une part, Saigon et Hong-Kong (Voir la 8 e partie), avec lignes annexes sur Calcutta (Inde), Batavia (Océanie), Shang-haï (Chine), Yokohama (Japon) (1), et, d’autre part, la Réunion (voir la 8 e partie) et Maurice . Yokohama se trouve à 51 journées de voyage et Maurice à 27 journées.

Marseille est ainsi le point de départ de tous les grands services français de la Méditerranée, et, au delà de la Méditerranée, des services de l’Océan Indien et de l’océan Pacifique, comme le Havre est le principal point de départ des services français de l’Atlantique. Sur l’Atlantique môme, Marseille a des communications régulières avec Londres, Ténériffe et Buenos-Ayres.

(1) Il faut ajouter Sydney (Australie) que desservent seulement des compagnies anglaises, mais d’où l’on gagne les établissements français de la Nouvelle-Calédonie et de Taïti.

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