LE COMMERCE INTÉRIEUR
230. Le mouvement des échanges. — Le commerce intérieur s’exerce sur tous les produits de l’agriculture et de l’industrie françaises qui ne sont pas immédiatement consommés par les producteurs et sur tous les produits importés de l’étranger; et, comme la plupart des marchandises passent en plusieurs mains avant d’être définitivement absorbées par la consommation, il est certain que ce commerce roule chaque année sur une somme supérieure à 25 milliards. L’évaluer avec plus de précision est impossible ; mais on peut se faire une idée approximative de son progrès en comparant, à. diverses époques, soit le transport des marchandises sur les chemins de fer et les voies navigables, soit le service des postes, soit l’octroi des grandes villes.
La facilité des communications a pour effet de l’accroître : ainsi le nombre des lettres, qui était de 63 millions en 1830, s’était élevé h 364 millions en 1869.
231 . Les marchés et les foires. — On distingue le eommerce en détail, qui a pour objet de satisfaire immédiatement aux besoins journaliers de la population, et qui se fait d’ordinaire entre marchand et consommateur, et le commerce en gros, qui a pour objet de former les grands approvisionnements et qui a lieu entre négociants.
Le premier est exercé dans tous les centres de popula-
tion, et avec d’autant plus d’activité que la population est plus nombreuse: Paris , Lyon et Marseille tiennent à cet égard le premier rang.
Le second est exercé surtout dans les grands centres de population, autrement dit de consommation, dans les grands centres de production agricole ou industrielle et sur les grandes places qui servent de tête de ligne ou de croisière aux routes les plus fréquentées. La construction des chemins de fer qui, sur beaucoup de points, a changé la direction des transports, a affaibli, à ce point de vue, l’importance de certaines villes et accru l’importance de plusieurs autres : ainsi, par exemple, Orléans a perdu et le Mans a gagné. * *
Au moyen âge, le grand commerce, plus rare qu’aujourd’hui, se faisait à des époques fixes, sur des points déterminés par la nature même des routes : telles étaient les foires de Champagne, entre la vallée de la Saône et celle de la Seine; les foires de Lyon et de Beaucaire, sur le Rhône; celle du Lendit, près de Paris. La fréquence et la sûreté des communications ont modifié ces habitudes, et nos grandes villes sont pour ainsi dire des foires permanentes. La foire de Beaucaire était la seule qui eût conservé jusqu’à ces derniers temps une importance notable.
L’agriculture est restée, par les conditions mêmes de sa production, plus fidèle à ces usages. Dans toutes les villes, petites ou grandes, elle a ses marchés , qui sont permanents dans les cités populeuses et qui, dans les autres, se tiennent une ou plusieurs fois par semaine, quelquefois par mois : de tous les marchés, le plus considérable est le marché des bestiaux de Paris, établi à la Villette. Elle a aussi des foires qui se tiennent une ou plusieurs fois par an, et qui d’ordinaire sont affectées à la vente d’un produit particulier : parmi les plus considérables, on compte celle de Guibray , près de Falaise, et celle de Caen , où l’on fait un grand commerce de chevaux, (voir la carte n° 5.)
5 e section.