LA F U AN CE
Les fruits oléagineux (15 millions), en Angleterre, en Belgique, etc. ;
Les bois (34 millions), en Belgique, en Allemagne, en Espagne, etc. ;
La garance (12 millions), en Angleterre, aux États-Unis, en Suisse, etc. ;
Le cuivre (8 millions), en Angleterre, en Italie, en Suisse, etc.;
La graisse (7 millions), en Angleterre, etc. ( 1 ).
(Voir la carte n° 18.)
236. Les pays d’importation et d’exportation. — Les pays avec lesquels la France entretient le commerce le plus suivi sont naturellement, tout d’abord, les plus voisins de son propre territoire, ceux qui, par mer ou par terre, bordent sa frontière; au premier rang, les plus riches, au second les moins riches et les plus éloignés qui lui fournissent ses principales matières premières. Yoici, classés par ordre d’importance, ceux avec lesquels elle fait (au commerce spécial) un chiffre d’affaires supérieur à 100 millions. Ces chiffres ne sont qu’approximatifs, parce qu’ils varient d’une année à l’autre, parce qu’ils sont imparfaitement recueillis (Voir Tabi. de stat., n° 5t), et parce que dans les pays limitrophes entrent beaucoup de marchandises destinées à des pays plus lointains.
1° L’Angleterre, qui importe en France pour 700 millions : de soie (130 millions), de coton, de laine, de tissus de laine, de houille, de cuivre, d’huiles, de café, de machines, de fils de colon, de fer, fonte et aciers, de tissus de coton, de jute, de fils de poils de chèvre, de cigares, de peaux; et qui reçoit pour près d’un milliard : des tissus de
(1) Les chiffres des §§ 233 et suiv. se rapportent en general à l’année 1865; mais ce sont de simples approximations prises pour donner une idée du rapport des divers objets du commerce. Pour avoir plus d’exactitude et pour juger du progrès général depuis 37 ans et des variations d'une période à une autre, voir les Tabl.de stat. 50, 48, 47 et 46.
LE COMMERCE
soie (231 millions), des tissus de laine, de la soie, de la mercerie, de la farine, des ouvrages en cuir, des céréales, du beurre, des œufs, des vins, des eaux-de-vie et liqueurs, des peaux préparées, des graines à ensemencer, des vêlements et de la lingerie, des poils, des bestiaux, du sucre brut, des tissus de coton, de la résine, des outils, des produits chimiques, des modes, des fruits, du papier et des livres, des tourteaux, de la viande, des chiffons, des fils.
2° La Belgique, qui importe en France pour 300 millions : de houille (61 millions), de lin, de laine, de bestiaux, de coke, de zinc, de matériaux à bâtir, de fils de laine, de toiles, de bois, de chevaux; et qui exporte une valeur de 260 millions en : tissus de laine (25 millions), céréales, vins, tissus de soie, laine (I), lin (2), mercerie (3), fils de laine (4), beurre.
3° La Suisse, qui importe pour près de ICO millions (5) de: •soie (24 millions), bois, bestiaux, cendres d’orfévre, etc., et exporte : de la soie (45 millions), du coton, des tissus de soie, des vins, des tissus de laine, des céréales, des tissus de soie, des vins, des tissus de laine, des céréales, des tissus de coton, etc., pour une valeur de 221 millions.
4° L’Italie, qui importe en France pour 240 millions de marchandises : soie moulinée (178 millions), huile d’olive, -coton, bestiaux, chapeaux de paille, soie grége, bourre de soie, nattes, peaux, soufre, riz, garance, bois, cendres d’orfévre, et exporte pour 274 millions: de tissus de laine (51 millions), de soie (6), de tissus de soie, de sucre raffiné.
(1) A peu près autant qu’elle en importe (en ISG5). Le Tabl . deslat. 40 donne le total (import, et exp. réunies) du commerce général avec tous les pays. — (2) 1/5 de l’importation. — (3) Un chiffre double de celui de l’importation. — (4) Un chiffre un peu supérieur à celui de l’importation. — (5) La Suisse, qui figure pour cette somme à l'importation du commerce spécial, importe en tout (commerce général) 373 millions, parce que beaucoup de marchandises qui lui sont destinées transitent par la France: delàsonrang. Même observation pour la Delgiquc et l’An- ; glelerre. — (G) 3 millions seulement.
de tissus de coton, de vins, de mercerie, de poteries et cristaux, etc.
5° Zollverein (aujourd’hui à peu près la même étendue que l’Empire d’Allemagne) importait pour 166 millions de : bestiaux (27 millions), houille, laine, peaux, bois, cendres d’orfévre, etc., et exportait pour 214 millionsde : mercerie (32 millions), tissus de laine, tissus de soie, bois(l), fils, vins, laine (2), coton, lingerie, etc.
6° Les États-Unis, qui, déchus du rang qu’ils occupaient dans notre commerce avant la guerre de l'esclavage, le reprennent peu à peu depuis que la guerre est terminée; en 1865, ils importaient en France seulement 50 millions, dont 13 en coton, le reste en tabac, huile de pétrole, cendres d’orfévre, etc., et exportaient 108 millions en tissus de soie (30 millions), vins, tissus de laine, poissons marinés, garance, etc. Avant cette guerre, les États-Unis venaient au second rang, immédiatement après l’Angleterre.
7° L’Espagne, qui importe en France pour 54 millions de : plomb (45 millions), huile d’olive, fruits, laine, etc., et exporte pour 157 millions de : coton (52 millions), tissus de laine, tissus de soie, mules, mercerie, soie, bois, bestiaux, ouvrages en cuir, etc.
8° La Turquie, qui importe pour 136 millions de : soie (52 millions), coton, laine, graines oléagineuses, etc., et exporte pour 64 millions de : sucre raffiné, tissus de soie, tissus de laine, peaux préparées, etc.
9° Russie { 3), qui importe en France, pour 100 millions environ de : lin (24 millions), graines oléagineuses, bois, laine, soie, suif, céréales, etc., et exporte une valeur de 26 millions dans laquelle nos vins entrent pour 7 millions.
10° Égypte , qui importe en France pour 71 millions de : coton (56 millions), graines à ensemencer, soie, etc., et
(1) Les 2/3 de la quantité importée.
(2) 1 3 de la quantité importée.
(3) Ne sont désignés en lettres capitales que les pays dont le chiffre d’affaires dépasse 200 millions.
LE COMMERCE
exporte pour 57 millions de lingerie et vêtements (6 millions), vins, tissus de soie, etc.
11° Le Brésil , qui importe en France pour 52 millions de : café (19 millions), peaux brutes, coton, etc., et exporte pour 75 millions de: vêtements et lingerie (13 millions), tissus de soie, tissus de laine, vins, etc.
12° La république de la Plata, qui importe en France 75 millions en laine (34 millions), peaux, graisse, etc., et exporte 49 millions en vins (16 millions), vêlements, tissus de laine, etc.
237. Le transit. — Le transit porte sur un poids d’environ 3 millions 1/3 de quintaux et sur une valeur de 800 millions de francs; les tissus en sont le principal objet. Il a lieu naturellement entre les pays qui, entourant la France, empruntent son territoire pour communiquer entre eux : la Suisse , Y Angleterre, V Allemagne, la Belgique , Y Espagne» (Voir Tabl. de stat n° 49.)
On peut rattacher au transit les importations temporaires, c’est-à-dire les produits qui entrent à lacondition de sortir après avoir reçu une certaine main-d’œuvre, et qui sont exempts des droits de douane : tels le blé, la fonte, les graines oléagineuses, la houille, qui sortent sous forme de farine, de machines, d’huile, etc. Ces produits, dont la valeur est d’environ 100 millions à l’entrée, en valent 200 à la sortie.
238. Les douanes et les entrepôts. — Les points par lesquels entre et sort le commerce extérieur et où s’acquittent les droits s’appellent les douanes. Sur environ 10 millions de droits d’entrée que perçoit le Trésor, les 2/3 sont payés par le sucre et par le café. A quelques exceptions près, telles que Paris, qui reçoit directement de l’étranger une notable partie de ses marchandises, les douanes sont situées à la frontière, dans les ports pour la navigation maritime, aux premières stations des chemins de fer, des cours d’eau et des routes pour le commerce de terre.
(Voir la carte n» 19.)
Les douanes les plus importantes sont :
4° Marseille, dont le commerce dépasse 1 million 1/2 détonnes payant plus de l million '1/2 de francs, et le Havre, dont le commerce est de plus de 800,000 tonnes payant plus de 1,300,000 francs. Ces deux villes, têtes de ligne des chemins de fer de la Méditerranée et de l’Ouest, sont en quelque sorte les deux bras et les deux ports de Paris sur la Méditerranée et sur l’Océan ;
2° Boulogne (173,000 tonnes payant 600,000 francs), Dunkerque (473,000 tonnes payant 230,000 francs), Dieppe (23,000 tonnes payant 130,000 francs), principales communications avec l’Angleterre (avec Calais, Rouen, etc.)' Bordeaux (900,000 tonnes payant 430,000 francs), et Nantes (433,000 tonnes valant 110,000 francs) qui partagé .jt, avec le Havre (et avec Saint-Nazaire), le commerce de l’Amérique;
3° Jeumont , recevant plus de 1 million 1/2 de tonnes, mais d’un médiocre produit (1 13,000 francs), parce qu’elles ne se composent guère que de houille, et Lille (140,000 tonnes payant 130,000 francs), principales communications avec la Belgique (avec Valenciennes, Roubaix, etc.);
4° Paris , centre important, moins par le poids des marchandises qu’il reçoit directement (133,000 tonnes) que par la valeur des droits (300,000 francs);
5° Dans le Sud, après Marseille, on peut citer Celte, Nice, Bayonne.
Naguère parmi nos bureaux de douanes les plus importantes, on comptait Saint-Louis en Alsace, qui reçoit par Bâle les produits de la Suisse et de l’Allemagne.
Ce sont aussi à peu près les mêmes villes qui occupent les premiers rangs comme entrepôts : Marseille, le Havre, Bordeaux, Paris Nantes, Dunkerque, Rouen, Bayonne, Lyon, Boulogne. Tous les entrepôts réunis contiennent environ 300 millions de marchandises consistant surtout en houille, en cacao, café, poivre, sucre, fonte, etc.
LE COMMERCE
(Voir la carte n® 19.)
239. Le résumé du commerce. — Le commerce, consi déré au point de vue de l’importance du trafic, dépend de la production , puisqu'il ne peut porter que sur des produits nationaux ou sur des produits étrangers obtenus enéchange de produits nationaux.
Considéré au point de vue des lieux où il s’exerce, il dépend des voies de communication et des agglomérations d' habitants : les voies de communication conduisent les produits qui d’ordinaire stationnent et sont l’objet d’échanges aux tête de ligne (Marseille, le Havre, etc.) ; les grandes agglomérations d’hommes les attirent et les consomment (Paris, etc.).
Le commerce français se compose du commerce intérieur, qu’on ne saurait évaluer avec précision, et du commerce extérieur, dont le chiffre est un de ceux que la statistique recueille régulièrement (1 ). Le commerce extérieur, qui se développe avec l’accroissement de la production nationale, avec l’amélioration des voies de communication, avec les progrès de la liberté des échanges, a, par cette triple cause, considérablement augmenté en France: ilétait inférieur à 1 milliard il y a cinquante ans, il est aujourd’hui de plus de 8 milliards. (Voir Tabl. de stat., n os 43 et -il.)
Le progrès a été très- marqué pour les voies de communication et le crédit; les lignes de chemins de fer ont triplé depuis 1850 (Voir Tabl.de stat., n° 82), ainsi que le nombre des lettres (Voir Tabl. de stat., n° 34), les escomptes de la Banque de France (Voir Tabl. de stat. , n° 42), le mouvement des métaux précieux (Voir Tubt. de stat., n° 30). Quoique la France fasse plus de commerce par mer que par terre (Voir Tabl. d n° 45), son mouvement maritime s’est développé beaucoup moins rapidement que ses autres voies de communication. (Voir Tabl. de slat., n°* 35, 30, 37 et 38.)
(1) Il y a pourtant de très-grandes différences à cet égard entre les évaluations faites par les douanes des diverses nations. (Voir Tabl. de stat., n° 51.)