L’ARMÉE
4 Voir la carte iio 23.)
305. La défense du sol. — Le sol national avec ses richesses et ses habitants, il faut toujours êlre prêt à le défendre contre les ennemis qui peuvent l’envahir d’autant plus facilement que les frontières sont plus découvertes : de là, la nécessité d’une armée de terre et de mer, qui protège l’indépendance nationale et qui serve en même temps à l’influence d’un peuple puissant.
306. Le recrutement. — L’armée, qui constitue la véritable force militaire de la France et qui est à la disposition du Gouvernement, est composée :
1° Des engagés volontaires et rengagés qui forment à peine 1; 10 du contingent annuel ; 2° des jeunes gens nés de parents français ou nés de parents étrangers et domiciliés enFrance^
► ayant 20 ans révolus au 1 er janvier, que le tirage au sort appelle chaque année, en vertu de la loi du recrutement , à former le contingent. Ceux que le sort désigne, c’est-àdire ceux qui, dans chaque canton, tirent les plus faibles numéros, sont appelés, au nombre de 100,000 depuis plusieurs années, à servir sous les drapeaux, soit dans l’armée de terre, soit dans l’armée de mer, durant neuf années, à savoir : cinq ans dans 1 "armée active et quatre ans dans la réserve. Ceux que le sort ne désigne pas pour le service actif, font, durant cinq ans, partie de la garde nationale
l’administration.
mobûe , qui, comme son nom l’indique, peut êlre dans certains cas, employée hors de ses foyers pour le service actif.
L’ensemble des forces militaires de la France, qui a varié (V. Tabl.de stat., n° 76), comprend aujourd’hui une armée active d’environ 460,000 hommes, une réserve, pouvant toujours être appelée sous les drapeaux par le Gouvernement, d’environ 280,000 hommes, et une garde nationale mobile, pouvant être appelée dans des cas déterminés, d’environ 480,000 hommes.
307. L’armée de terre. — L’armée active se compose sur le pied de paix :
i° De I’état-major (dont environ 4 ,130 officiers en activité), à savoir :
L’état-major général de l’armée, comprenant : les maréchaux, les généraux de division et les généraux de brigade ;
Le corps d’état-major ( colonels , lieutenants-colonels , chefs d" escadron, capitaines) ;
L’intendance, les états-majors des corps d’armée et des divisions territoriales;
Les états-majors des places.
2° De la gendarmerie (23,300 hommes), comprenant : 26 légions pour le service des départements, 1 légion d’Afrique, plusieurs compagnies coloniales et la garde de Paris. C’est un corps d’élite, composé d’anciens soldats et chargé de la police administrative et judiciaire à l’intérieur de l’État. Dans presque tous les chefs-lieux de canton, il y a une ou plusieurs brigades de gendarmerie à cheval, quelquefois à pied (la brigade se compose de 5 ou de 6 hommes); chaque arrondissement forme une lieutenance, commandée par un capitaine ou un lieutenant ; chaque département est commandé par un chef d’escadron, subordonné lui-même à un des 26 colonels commandant les légions. (V. Tabl. de stat., n. 67.)
3° De Y infanterie (230,000 hommes), comprenant:
LA FRANGE
100 régiments de ligne (de 2,000 hommes environ chacun); le régiment est divisé en 3 bataillons ; le bataillon en 8 compagnies ;
20 bataillons de chasseurs à pieds ;
3 régiments de zouaves ;
Le bataillon des sapeurs-pompiers de la ville de Paris ;
3 bataillons d’infanterie légère d’Afrique;
5 compagnies de discipline;
1 régiment étranger ;
2 compagnies de vétérans.
4° De la cavalerie (60,000 hommes), comprenant :
10 régiments de cavalerie de réserve (cuirassiers); chaque régiment compte environ 1,000 hommes et est divisé en 6 escadrons ;
20 régiments de cavalerie de ligne (12 de dragons et 8 de lanciers) ;
23 régiments de cavalerie légère (12 de chasseurs, 8 de hussards, 3 de chasseurs d’Afrique);
3 régiments de spahis ;
10 compagnies de remonte, dont les officiers, à poste fixe dans diverses régions de France et d’Algérie, sont chargés de l’achat des chevaux.
5° De Yartillerie (40,000 hommes) comprenant :
L’état-major particulier de l’artillerie, dans lequel sont compris les officiers des diverses circonscriptions territoriales de l’artillerie et ceux des écoles et services spéciaux ;
20 régiments d’artillerie, à savoir : 5 à pied, chaque régiment divisé en trois escadrons et subdivisé en 12 batteries (chaque batterie compte 6 bouches à feu) ; 10 montés (de 9 batteries chaque); 4 à cheval (de 7 batteries chaque); 1 régiment de pontonniers :
16 compagnies d’ouvriers, de canonniers artificiers, d’armuriers ;
6 escadrons du train d’artillerie.
L’ADMINISTRATION
6° du génie (7,000 hommes) comprenant :
L’état-major, composé du corps des officiers et des gardes :
3 régiments ;
1 compagnie d’ouvriers.
7° Des hommes (environ 15,000) employés aux services administratifs , à savoir :
Les troupes d’administration (4 compagnies d’ouvriers et 5 escadrons du train) :
Le service de santé (inspecteurs, médecins principaux, majors et aides-majors, pharmaciens);
Les officiers d’administration.
En tout, 400,000 hommes environ sur le pied de paix* On s’occupe en ce moment de changements dans l’organisation militaire de la France, conséquence nécessaire des tristes événements de l’année 1870-71.
308. Les services administratifs. — Les services administratifs dont les employés forment la septième catégorie du paragraphe précédent, sont sous la direction de l’intendance, qui est comptée dans l’état-major. Ils consistent principalement dans l’administration : 1° des hôpitaux militaires, 2° des subsistances (vivres et fourrages), 3° de l’habillement et du campement.
Une armée de 400,000 hommes avec un budget de près de 400 millions, consommant beaucoup en vivres, étoffes, chaussures, etc., et la plupart des achats étant faits par l’intendance, a de très-importantes relations avec l’industrie et le commerce.
On compte 92 établissements du service des subsistances en France, 29 établissements du service de l’habillement et du campement en France et en Algérie. On compte, comme dépendances de l’artillerie, 4 poudreries (le Bouchet, Constantine, le Ripault, Saint-Chamas) ; 2 fonderies (Bourges, Douai) ; 3 manufactures d’armes (Châtellerault, Saint-Étienne, Tulle) : 1 capsulerie (Paris avec l’annexe de Montreuil); 6 inspections des forges; comme dépendances
LA FRANGE
de l’intendance, 3 parcs de construction (Vernon, Châteauroux, Alger, etc.).
309. La justice militaire. — Les militaires, les individus assimilés aux militaires (et les citoyens accusés de crimes contre la sûreté de l’État dans les places mises en état de siège) sont justiciables des conseils de guerre , composés de 7 juges militaires en activité de service, d’un commissaire de la république, d"un rapporteur et d’un greffier. Les jugements rendus par les conseils de guerre peuvent être jugés en appel par un des cinq conseils de révision (2 pour la France, 3 pour l’Algérie).
Les militaires condamnés sont envoyés aux ateliers de condamnés aux travaux publics (au nombre de 6 en Algérie), ou aux pénitenciers militaires (au nombre de 7, dont 3 en Algérie).
310. Les écoles. — Les écoles militaires sont, indépendamment de l’École polytechnique, qui a le double caractère civil et militaire, le Prytanée militaire: de la Flèche , où des fils d’officiers et de sous-officiers reçoivent Pinstruction secondaire; P É cole spéciale militaire de Saint- Cyr. où des jeunes gens âgés de 17 à 20 ans et des militaires âgés de moins de 25 ans sont admis tous les ans à la suite d’un concours, et sortent, après deux années d’études et un examen, comme sous-lieutenants dans l’armée; l’École de cavalerie à Saurnur, où sont admis des officiers et sous-officiers de cavalerie et des volontaires pour apprendre la théorie et la pratique du maniement du cheval de guerre;
1 Ecole d application cV état-major à Paris , ou des sous-lieutenants sont admis par concours et formés par deux années d’études au service d’étal-major; P École d 3 application de l artillerie et du génie naguère à Metz (aujourd’hui à Fontainebleau), composée d’élèves sortis de l’École polytechnique et ayant déjà rang de sous-lieutenants; Y È cole de médecine et de pharmacie militaire, établie au Val-de-Grâce à
Paris; 1 École normale de gymnastique (près de Vincennes), etc.
l’administration.
311. Les divisions militaires. Les divisions militaires sont an nombre de 25, dont 22 en France et 3 en Algérie. A chaque division sont préposés un général de division chargé du commandement et un intendant chargé des services administratifs ; chaque département forme une subdivision, ayant à sa tête un général de brigade et un sous-intendant. Les divisions étaient disposées en spirale , dont le point de départ est Paris (l re div.), et dont la portion touchant ia frontière s’étend de la 2 e div. (Rouen) à la 16 e (Rennes), et la portion intérieure de la 18 e (Tours) à la 21 e (Limoges). En dehors de la spirale est la 17 e (Bastia), division frontière, et la 22 e (Grenoble) formée depuis Fannexion de la Savoie. La perte des divisions de Metz et de Strasbourg a achevé de troubler cet ordre.
divisions.