L’INSTRUCTION
(Voir la carte no 25.)
339. Les divers genres. — On distingue, d’une part, Venseignement public qui est donné par la commune, le dépar-
des particuliers : d’autre part, V enseignement primaire qui comprend la lecture, l’écriture, le calcul, les éléments de
(1) La Cour de cassation est saisie par an d’environ 800 pourvois en matière criminelle; elle en admet environ 20 à 25 p. 100, c’est-à-dire qu’elle casse environ 20 à 25 jugements sur 100.
la langue française, du dessin, de la géographie et de l’histoire; Y enseignement secondaire qui se divise en enseigne - 7nent secondaire classique, comprenant l’élude grammaticale et littéraire du latin, du grec, du français, l’histoire, la géographie, le dessin et les sciences, et en enseignement industriel ou « enseignement secondaire spécial » (quelquefois classé aussi comme enseignement primaire supérieur), moins complet, moins approfondi, portant un caractère d’application pratique plus immédiate, quelquefois môme un caractère technique, et se bornant à l’étude des langues vivantes sans y comprendre celle des langues mortes; Y enseignement supérieur , qui initie des jeunes gens aux hautes études et à la pratique des professions libérales.
340. L’enseignement primaire. — L’enseignement primaire public est donné dans les écoles communales, dirigées par des instituteurs et des institutrices laïques ou congréganistes, dont la nomination appartient encore (1871) aux préfets et la surveillance aux inspecteurs de l’instruction publique. Chaque commune de 500 âmes est tenue d’avoir une école de garçons et une école de filles (1).
Les cours d'adultes servent à suppléer à l’insuffisance des premières notions pour les uns, et, pour les autres, à acquérir certaines connaissances spéciales (2).
A côté de ces établissements publics, entretenus par la rétribution scolaire, là où elle est perçue, par le budget de la commune, et, en cas d’insuffisance, par celui du département ou de l’État, il existe de nombreux établissements libres.
Les salles d'asile préparent aux écoles primaires les
(1) En 18G6, le recensement accusait plus de 4 millions d’écoliers répartis entre :
38,629 écoles publiques de garçons.
3,289 — libres —
14,721 — publiques de filles.
13,057 — libres —
(2) On compte aujourd’hui près de 30,000 cours d’adultes.
l'administration.
jeunes enfants qui n’ont pas atteint leur septième année et leur donnent un commencement d’éducation.
Chaque département doit, seul ou réuni à un autre déparlement, entretenir une école normale 'primaire pour former ses instituteurs (1). Les instituteurs et institutrices subissent un examen pour obtenir leur brevet de capacité.
341. L’enseignement industriel. — Cet enseignement, consacré par la loi de 1863 sous le nom d "enseignement secondaire spécial , est donné par l’État dans la plupart des lycées, par l’État et les communes dans des collèges et des établissements spéciaux. Il est pratiqué aussi dans un grand nombre de pensionnats et d’externats privés (2).
L’État, pour former les professeurs de cet enseignement, a créé Y École normale spéciale de Cluny.
342. L’enseignement secondaire classique. — Il est donné par l’Etat dans les lycées, par l’État et les communes dans les collèges communaux (3), par le clergé dans les petits séminaires , par le clergé et par les laïques dans des établissements libres (4). Il y a un lycée dans Ja plupart des chefs-lieux de département (5). Paris possède cinq lycées, un collège communal, et un collège libre assimilé, à certains égards, aux lycées. Les deux divisions des études
(1) Il existe 81 écoles normales primaires de garçons et 11 de filles.
(2) En 1861, une enquête constatait que 32,000 enfants recevaient, en dehors des lycées et des collèges, cet enseignement. Quelques-uns des types les plus connus de ce genre d’enseignement sont, à Paris, le collège Chaplal, qui tient à la fois de l’enseignement classique et de l’enseignement spécial, l’école Turgot, l'école Colbert, les écoles de commerce ; à Lyon, l’école Lamartinière ; à Castres, le collège communal ; à Montde-Marsan, le premier lycée spécialement créé en vertu de la loi de 1865; à Alais, un lycée commercial; à Pontivy, un collège agricole; à Cognac, un collège spécial.
(3) Il y a environ 250 collèges communaux (France et Algérie), et 25,000 élèves.
(4) Les établissements libres, qui sont au nombre d’environ 1,000, comptent près de 65,000 élèves.
(5) Il y a 75 lycées (dont 1 à Alger) renfermant plus de 20,000 élèves.
classiques ont leur sanction dans les diplômes de bachelier ès lettres et de bachelier ès sciences que délivre le ministre après examen fait par les Facultés.
L Ecole normale supérieure, à Paris, forme des professeurs destinés à donner l’enseignement classique dans les élablissements publics.
343. L’enseignement supérieur. — Il est donné, au nom de l’Etat, par les Facultés qui ont d’ordinaire leur siège au chef-lieu d’Académie. Il y a, en France, 13 facultés des lettres et 13 des sciences , 10 de droit , 7 de théologie , 3 de médecine (1). Les Facultés, indépendamment des cours que font les professeurs, sont chargées de faire subir aux candidats, chacun dans leur ordre, les examens qui confèrent les grades de bachelier, de licencié et de docteur.
Le Collège de France et le Muséum dé histoire naturelle établissements de 1 État, représentent les hautes études indépendantes. Un certain nombre de cours libres et de conférences peuvent être rangés dans la même catégorie
Le Conservatoire des arts et métiers , à Paris, est, en quelque sorte, la Faculté de l'industrie.
344 Les écoles spéciales. — Indépendamment des écoles militaires et autres déjà mentionnées (§§ 304 et 310 } il faut dter : 1° à Paris, Y Ecole polytechnique qui fournit des officiers à 1 armée et des ingénieurs aux services publics 1 Ecole centrale des arts et manufactures qui prépare des
(1) taeüUes de s lettres : Paris, Aix, Besançon, Bordeaux, Caen Cler “es" Toulouse ’ ° ble ’ Ly °“' M °' ltI>ellier > Nanc y. ^«ers,’ Rcn- Facullés des sciences : Paris, Besançon, Bordeaux, Caen Clermont
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Poül^liett'Vourôû:; AIX ’ Cae "’ Dij ° n ' D0Uai ’ Nancy,
Facultés de théologie : r Catholiques : Paris, Aix Bordeaux t,„„
Rouen, Toulouse; 2" protestante : Montauban eaux, Lyon,
Mompemer ’ Nancy *»>•
l’administration.
ingénieurs civils ; Y Ecole des chartes qui forme des archivistes-paléographes ; Y École des beaux-arts qui forme des peintres, des sculpteurs, des architectes; le Conservatoire de musique et de déclamation qui forme des artistes dramatiques et des musiciens; Y Ecole des langues orientales vivantes; 2° hors de Paris, 3 écoles d'arts et métiers (t); 3 écoles d'agriculture (2); 3 écoles vétérinaires (3) ; Y École des mineurs de Saint-Étienne; Y École des maîtres ouvriers mineurs d’AIais.
Il existe aussi en ce genre divers établissements privés ou communaux, entre autres, des cours de dessin pratique ou des écoles, telles que l’École centrale lyonnaise, l’École d'horlogerie de Besançon, les Écoles supérieures de commerce à Rouen, au Havre, etc.
343. L’Administration académique. — L’instruction publique est régie par la loi du 15 mars 1850, amendée ou développée par les lois du 14 juin 1834, du 21 juin 1865 et du 11 avril 1867.
L’administration de chacune des 16 académies ou circonscriptions territoriales de l’instruction publique est confiée ù un recteur assisté d’un conseil académique . Ce recteur a sous ses ordres, dans chaque département, un inspecteur d'académie , et, dans la plupart des arrondissements, un inspecteur de l’instruction primaire . L’inspecteur d’académie fait partie du conseil départemental que préside le préfet.
Les 16 académies sont :
1° Au nord-ouest :
Douai , Caen , Pans ;
Rennes ;
2° Au nord-est :
Nancy , Besançon , Dijon;
(1) A Châlons-sur-Marne, à Angers, à Aix.
(2) A Grand-Jouan (Loire-Inf.), à Grignon (S.-et-Oise), à la Saulsaie (Ain).
(3) A Àlfort (Stiae), à Lyon, à Toulouse.
3° Au sud -est :
Lyon , Aix,
Chambéry , Grenoble ,
Montpellier ;
4° Au sud-ouest :
Bordeaux , Poitiers ;
5° Au centre :
Toulouse
C 1er mont.
346. Les colonies. — L’Algérie forme un académie particulière ; l’île de la Réunion a un lycée ; Pondichéry et Cayenne ont un collège; la Martinique et la Guadeloupe ont des établissements libres.
347. Les sociétés savantes et l’Institut. — L’instruction est facilitée, d’une part, par les bibliothèques elles musées (§ 214), où sont rassemblés les chefs-d’œuvre de la pensée et de l’art, d’autre part, par les corps savants qui font ou qui stimulent les travaux littéraires et Snip.nflfîrrnPQ ni rn>nn
L ADMINISTRATION
académie (1) (l’Académie des sciences seule en a 66), sont élus par leurs confrères.
9 e section.