‹ La France (avec ses colonies) (volume 2)Chapitre 79 sur 87 · Les rapports avec l’agriculture. — Le premier · texte numérisé non relu

Les rapports avec l’agriculture. — Le premier

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LA F lt AN CE.

besoin de l’homme est de se nourrir : de là l’importance de l’agriculture. C’est pourquoi la majorité de la population est fixée dans les campagnes , et s’occupe en grande partie des travaux agricoles qui exigent toujours beaucoup de bras ; cependant, à mesure que l’industrie grandit et que l’agriculture emploie plus de procédés mécaniques, la masse de la population agricole tend à diminuer relativement; aujourd’hui on compte plus de 26 millions d’individus habitant les campagnes, autrement dit les villages et bourgs de moins de 2,000 âmes, et près de 19 millions vivant par le travail agricole, c’est-à-dire 19 millions de cultivateurs, femmes, enfants de cultivateurs et ouvriers employés par des cultivateurs.

367. Les rappoi'ts avec l’industrie, le commerce et les colonies. — La population dite urbaine, c’est-à-dire habitant des localités de plus de 1,000 âmes, est de plus de 10 millions d’habitants. Elle comprend la majeure partie des individus vivant des professions libérales, de l’industrie et du commerce ; cependant on exerce le commerce et l’industrie, et l’on pratique des professions libérales (prêtres, instituteurs, etc.) dans les campagnes. C’est pourquoi le nombre des individus composant les familles qui vivent de ces occupations peut être estimé à 18 millions pour l’industrie, et à 2 millions pour le commerce.

(V. Tabl. de Stat. n. 82.)

Les industries des tissus , du bâtiment , de V habillement et delà toilette , employant chacune près de 1 million d’individus, soit, en tout, près de la moitié du total, sont au premier rang : au second, celles de Y alimentation, des transports , des mines et carrières , des objets en métal . (V. 7 abt. de Slat. n. 83.)

Mais l’alimentation (1/2 million) prend le premier rangdans le commerce; l’habillement et la toilette, le second.

L 'industrie et le commerce tendent à concentrer les populations sur un certain nombre de points favorisés , soit par un débouché facile, comme un port, un conlluent, soitpar

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une force motriçe, comme un cours d’eau, soit par la présence de la matière première, comme une mine de houille. Aussi la plupart des départements dont la population est le plus dense et des dix départements dont la population a le plus augmenté depuis trente ans, doivent-ils cette faveur à la présence d’une grande industrie ou d’un grand commerce, à savoir: Seine , Bouches-du-Rhône, Rhône, Loire , Nord, Loire-lnfêrieure , Gironde, Var. La Vendée et la Corse doivent leur accroissement à d'autres causes.

C’est aussi dans ces départements que le plus souvent ia population urbaine est le plus considérable. Ainsi, dans la Seine , la population urbaine représente 97 p. 100 de la population totale; dans les Bouches-du-Rhône, le Rhône , le Var , YHérault , le Vaucluse , elle dépasse 50 p. 100. Dans le Nord, les Alpes-Maritimes , le Gard , elle dépasse 38 p. 100.

C’est encore pour les mômes raisons que l’on compte dans ces départements le plus de constructions par kilomètre carré. La Seine, le Nord, la Seine-inférieure, le Rhône occupent les premiers rangs à cet égard ; viennent ensuite des départements industriels et des départements agricoles : Manche, Somme, Pas-de-Calais, Calvados, Côtes-du- Nord.

Si l’on examine les villes, on ne trouve, comme nous l'avons dit, que 42 villes comptant plus de 30,000 habitants ; et ces 42 villes ont gagné 300.000 habitants dans l’espace seulement des trente dernières années. Cet excédantest dû beaucoup moins à l’augmentation réelle de la population qu’à l’émigration des campagnes et particulièrement des départements montagneux qui se dépeuplent, vers les villes. Parmi ces 42 villes, celles qui ont le plus prolité depuis 30 ans, sont : Paris , Lyon , le Havre, Lille, Marseille ; puis, au-dessous des villes de 30,000 âmes, le Creusot, Clichy, Montluçon, Saint-Nazaire.

C’est aussi le commerce et l’industrie qui avaient attiré principalement les 500,000 étrangers (en premier lieu des Belges, puis des Allemands, des Italiens, des Espagnols,

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des Suisses, des Anglais, etc.) qui comptaient alors dans le contingent de notre population.

C ,’ es ‘ aussi ,. le commerce qui, après avoir attiré vers les ports des individus, les porte, en général, à émigrer soit dans nos colonies, soit dans les pays étrangers, où l’on “7 f "“ viro " 320 >°00 Français établis : aux États-Unis É&me, ete Ur n ' eS de 19 Plf " a (S0 ’° 00 >’ en Suisse, en

.168. Les rapports de la population avec la richesse.

“ P p d “ 1 t t h SOnl /^ éS P3r 1CS hommes et Pour les hom- “•' f. 1 " évident que plus les hommes déploient

activité intelligente, plus les produits sont nombreux et que plus les produits sont nombreux, plus chacun a de Chances pour en obtenir une somme’ plus considérable

dans la répartition générale qui se fait chaque jour sous forme de salaires, de profits, d’intérêts 4 J us

'!. •>’ acln,: I' ,anle ans, l’agriculture donnait moitié moins de ble et ne donnait pas môme moitié de viande - elle don " na.t a peu prés autant de seigle; mais la réc’ohe ce la pomme de terre, celle de la betterave, etc., étalent près que nul es ; a cuilure maraîchère élait peu avancé^ et a Quantité de substances alimentaires o n nr ’ ment du xix” siècle, comparée à ce qu’elle est autour" * l‘d T Cenamemmt ^ proportion inferieure J celle

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ce qu’elle est aujourd’hui, était dans la proportion , pour le moins , de 1 à 4.

Le commerce extérieur, n’ayant pas encore la vapeur à . sa disposition, parcourait moins facilement le monde, et n’ayant pas, d’une part, autant de richesses nationales à échanger, d’autre part, des pays aussi riches qu’aujourd’liui comme l’Angleterre, les autres États de l’Europe, l’Égypte, les États-Unis, l’Amérique du sud, l’Australie, était bien moindre et, comparé au commerce de nos jours, atteignait à peine la proportion de 1 à 6. Plusieurs des produits qu’il fournit et qui sont passés dans l’usage journalier de la vie, le coton, le sucre, le café, le cacao, le thé, étaient en beaucoup plus petite quantité, et, il y a deux siècles, n'étaient pour ainsi dire pas.

Or, comme depuis le commencement du siècle, la population de la France n’a pas augmenté tout à fait dans la proportion de 1 à 1 4/3, il est évident que, tonte proportion gardée, la part de chacun a plus que doublé, que chacun possède plus de ce que l’homme cherche à se procurer par son travail, c’est-à-dire plus de bien-être. De là, une santé meilleure, moins de morts prématurées et partant un accroissement de la durée moyenne de la vie en France , laquelle était de 28 ans vers 1789, et est aujourd’hui de 37 ans.

C’est dans les départements du Nord et du Nord-Est que l’activité industrielle est la plus grande; c’est là qu’on trouve le plus grand nombre de forges, d’usines, de filatures, de tissages, etc. : il suffit de jeter un coup d’œil sur les cartes industrielles (voir les cartes n os ïi, 15, 16, 17) pour s’en rendre compte. C’est aussi dans les départements du Nord et du Nord-Est que Von trouve les hommes les plus robustes ; contrairement à certains préjugés, les hautes tailles et les bonnes constitutions sont surtout le propre de ces régions; et cela pour diverses raisons, au nombre desquels il faut placer, à côté de l’influence de la race, celle de la richesse qui répand la santé avec le bien-être.

Les departements dans lesquels le nombre des jeunes gens exemptés pour infirmités ou faiblesse de constitution ne dépasse pas ! sur 25 jeunes gens examinés par le côn se.l de révision sont : Pas-de-Calais, Oise, Aisne, Ardennes

use Aube Haute-Marne, Haute-Saône, Côte-d’Or’ Doubs, Jura, Ain, Orne. Ur ’

L es départements où l’on rencontre les plus haufp« tailles, sont: Nord, Pas-de-Calais, Somme Ai' ne n, Seine-et-O.se Seine-et-AIarne, Marne, Loiret, Yonne Côte’ d °r, Haute-Marne, Doubs, Jura, Meuse, Meurlhe Ain

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Maritimes, Corse, Seine paip h-o 1 : ,d 4 üab ‘)> A1 Pes-

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départements agricoles et des départements manufacturiers ; on rencontre surtout dans la catégorie des plus infectés les départements où sont les plus grandes villes : ce qui veut dire, non pas que la population des grandes villes soit moins morale dans l'ensemble, mais que les grandes villes excitent davantage les passions cupides, qu’elles attirent, par l’appât de la richesse à prendre, et recèlent, par leur étendue, les malfaiteurs de toutes les régions.

Le nombre des personnes accusées de délits, c’està-dire de fautes justiciables des tribunaux correctionnels (Voir § 320), est de 170,000, et les arrondissements où l’on en compte le plus sont : Paris (13,500 prévenus), Lyon, Marseille, Lille, Bordeaux, Nantes, Toulouse, Saint-Étienne, Rouen, le Havre, Foix, Laon, Lure, Boulogne, Avesnes, Nancy.

Ce sont naturellement les plus peuplés et les plus riches qui fournissent la plus ample matière aux tribunaux correctionnels .

La justice civile se prononce sur des faits d’un autre ordre (Voir § 326), et le grand nombre des affaires conduit à porter un jugement, moins sur la moralité des habitants que sur la multiplicité des transactions. Les arrondissements qui comptent le plus d’aflàires de ce genre à juger sont : Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Saint-Étienne, Grenoble, Rouen, Valence, Toulouse, Nantes, Chambéry, Nice, Montpellier, Sarlat, Clermont, le Havre, le Puy, Caen, Limoges, Versailles.

On en peut dire autant de la justice commerciale, dont le nombre des affaires, par tribunal, mesure non l’esprit processif, mais l’activité industrielle des habitants. Les tribunaux de commerce qui ont le plus d’affaires commerciales à juger sont: Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Toulouse, Rouen, Lille, Saint-Étienne, Versailles, Nice, Angouléme, Caen, Besançon, Nantes, le Havre, Rennes, Grenoble, Angers, Limoges.

Une cause plus efficace que le bien-être, mais non toute-

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puissante, cependant, pour combattre le crime, c'est l’instruction (Voir § 334 et suiv.). Mais rinstruclion populaire, dont la préoccupation est relativement récente, est coûteuse : elle peut être plus facilement donnée dans les régions riches, et c’est aussi dans les régions industrielles que les hommes en sentent plus le besoin et le prix.

On peut classer, sous le rapport de l’instruction, les départements de la France en trois catégories (Voir la carte n. 26):

4 ° Les départements dans lesquels le nombre des adultes, de 20 à 30 ans, ne sachant ni lire ni écrire, ne dépassait pas 10 pour 100 : à savoir, tous les départements de la Région Nord-Est, Meuse, Meurthe , Vosges, Haute- Marne, Doubs , Haute-Saône, Jura, Côte-d'Or, Aube, Marne, Ardennes, auxquels il faut ajouter la Seine, Scine-et-Oise , le Rhône , départements industriels ; le Calvados , la Manche et les Hautes-Alpes, départements agricoles ; de ce nombre étaient les deux départements de l’Alsace et la Moselle.

2° Les 49 départements dans lesquels le nombre des adultes, de 20 à 30 ans, illettrés, varie entre 10 et 50 pour 100 : h savoir, presque toute la région du Nord-Ouest , Nord, Pas-de-Calais, Aisne, Somme, Oise, Seine-Inférieure, Seine-et-Marne, Eure, Yonne, Loiret, Eure-et-Loir, Orne, Loir-et-Cher, Sarthe, Mayenne, Ille-et-Vilaine, Loire- Inférieure, Maine-et-Loire, Indre-et-Loire ; une partie de la région du Sud-Ouest, Deux-Sèvres, Charente-Inférieure, Gironde, Lot-et-Garonne, Gers, Basses-Pyrénées, Haute- Alpes, Haute-Garonne; et presque toute la région du Sud- Est, Aude, Hérault, Gard, Aveyron, Lozère, Cantal, Puyde-Dôme, Creuse, Loire, Saône-et-Loire, Ain, Ilaute-Savoie, Savoie, Isère, Haute-Loire, Ardèche, Drôme, Vaucluse, Bouches-du-Rhône, Var, Basses-Alpes, Alpes Maritimes.

3° Les 20 départements dans lesquels le nombre des adultes, de 20 à 30 ans, illettrés, dépasse 50 pour 100, et qui sont en général des pays pauvres et montagneux : à savoir, la Basse-Bretagne, avec trois départements, Finistère, Côtes-du-Nord et Morbihan ; la Vendée, une portion du

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Massif central, Nièvre, Allier, Cher, Indre, Vienne, Charente, Haute-Vienne, Corrèze, Dordogne, Lot, Tarn-et- Garonne, Tarn ; les Landes et une portion des Pyrénées, Ariége, Pyrénées-Orientales et Corse.

Le sentiment des devoirs de l’homme envers lui-même et envers Dieu, quand il est profondément gravé dans le cœur, est la plus puissante- cause de moralité : la religion l’enseigne.

En France, on ne compte qu’un petit nombre à* Israélite* (50,000), qui habitent surtout la Lorraine , et le département de la Seine ; ou en trouve aussi un certain nombre à Bordeaux et à Marseille.

On compte 600,000 protestants dont la majorité appartient au calvinisme. Les parties ou ils sont le plus nombreux, sont la Franche-Comté où domine l’Église luthérienne ; le Midi , Languedoc, Dauphiné, Savoie et Guyenne (124,000 dans le département du Gard), où domine la confession calviniste; les Deux-Sèvres , la Charente- Inférieure^ la Seine, où l’on trouve les deux communions.

On compte un peu moi né' de 36 millions de catholiques, de sorte que la masse de la pcmulation est catholique, et que, sur 1 ,000 Français, on compte en moyenne 976 catholiques, 22 protestants et 2 juifs.

370. La conclusion. — Sur un territoire plus grand que celui de la France actuelle,, une dizaine de millions de Gaulois, au plus, vivaient assez pauvrement il y a vingt siècles, et, ne trouvant pas à se nourrir, émigraient fréquemment ; il suffit à César de 80,000 hommes pour les conquérir malgré leur bravoure. Aujourd’hui, sur un espace de 53 millions d’hectares, formant une partie du même territoire et ayant par conséquent les mêmes qualités naturelles , 36 millions et demi d’habitants vivent dans

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