‹ La France avec ses colonies;Chapitre 120 sur 147 · E — ° VU · texte numérisé non relu

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Fig. 154. — Coupe de la Martinique de l'E. à 10.

La population est de \ 56,000 individus, dont plus de 100, oOO sont noirs ou mulâtres ; pour suppléer au travail des esclaves, on a introduit à la Martinique, comme à la Réunion et à la Guadeloupe, des travailleurs africains, indiens et chinois, engagés temporairement, lesquels forment aujourd'hui à ipeu prés le dixième de la population.

La Martinique compte 25 communes, dont quatre sont de Étos bourgs, mais dont deux seulement, les chefs-lieux des deux arrondissements, sont des villes : Saint-Pierre (23,000 h.), le principal port de commerce, et Fort- de- France (14,000 h.), Bége du gouvernement, dont l'importance commerciale augmente depuis que son port est le point de relâche des paquebots [transatlantiques français du Mexique; le Marin, petit port, est dans l'arrondissement de Fort-de-France.

Après les vivres (manioc, banane, igname, patnte, etc.) que 111e produit en quantité, [insuffisante, la principale culture est celle de la canne , qui occupe près des 2/3 du sol arable ; le café, le cacao, le coton ont peu d'importance (Voir Tab. de stat.

nos (»3 et 64).

Les cacaoyers (Voir la Ifig. 155, représentant une brandie de cacaoyer, et un fruit \a) coupé en (deux) sont des arbrisseaux de diverses espèces, dont les fruits, désignés sous le nom de cabosses, sont des baies contenant une quarantaine de graines ; ces graines, détachées des baies, séchées dans des fosses, avec un léger commencement de fermentation, constituent le 'cacao.

L'exportation (29 millions) consiste principalement dans les woduits de la canne, sucre brut, rhum et tafia ou eau-de-vie

Fig. lbb. — Branche de cacaoyer.

Hauteur : 0m,35.

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de mélasse, dont la fabrication s'est notablement améliorée (1), confitures, mélasse; il faut y ajouter le cacao de qualité secondaire, et la casse, fruit ou gousse du canéficier, un peu de coton et de bois de campêche.

L'importation (33 millions] consiste en denrées alimentaires i farines, riz, viandes et poissons salés, beurre, en vins, en tabac, en tissus et vêtements, en ouvrages en peau et en cuir, en meubles et, pour alimenter l'industrie sucrière, en machines ei en houille.

L'ensemble du commerce, qui est d'environ 62 millions, don 40 avec la France, se fait principalement avec le Havre, Mar seille et Saint-Nazaire.

284. La Guadeloupe et ses dépendances. — I 100 kilomètres au nord, séparée de la Mar Unique par l'île anglaise de la Dominique est la Guadeloupe. La Guadeloupe se com pose de deux îles, séparées par un petit dé troit, la Rivière Salée, qui n'a pas ei moyenne plus de 60 mètres de largeur 1° La Guadeloupe proprement dite, à l'ouesl haute terre montagneuse (Voir la fig. Io6] très-boisée, renferme un remarquable vol can, la Soufrière (1,484 mètres), qui est en core en activité. La Guadeloupe est exposé à de fréquents tremblements de terre formée d'un sol léger, elle est très-chaud et malsaine sur les côtes, mais arrosée pa de très-nombreux ruisseaux, la Grande Ri vière à goyaves, la Lézarde, etc. 2° La Grandi Terre, à l'est, dont le sol est bas, sans ri vières, sans bois, est une terre grasse partout labourable. La superficie des deux îles est de 1 ,400 ki] carrés.

(1) A proprement parler, le rhum est la liqueur tirée directement di jus de la canne ou vesou, avec lequel on fait le sucre, le tafia est la li' queur, de qualité inférieure, tirée de la mélasse, c'est-à-dire du ré sidu du vesou qui n'a pas pu cristalliser. Cette distinction tend à s'el facer.

Fig. 1 56. — Coupe de là Guadeloupe de l'E. à l'O.

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Dépendant de la Guadeloupe, sont quelques îlots et plusieurs les : ,

1° A 10 kilomètres à l'est de la pointe des Châteaux, la Désiflde(27 kil. carrés), île rocheuse et peu productive; 2" Au sud-est, Marie- Galante (env. 150 kil. carrés), dont le ol est fertile et le centre boisé, avec Grand-Bourg pour chefieu et pour principal mouillage ;

3° A 12 kilomètres au sud de la pointe à Launay, les Saintes 4 kil. carrés), composées de cinq îlots d'un sol montueux, îais où se trouve un bon mouillage, très-fortifié, pour les aisseaux de guerre;

4° A environ 200 kilomètres au nord, l'île Saint-Martin, dont la irtie méridionale est hollandaise, et la partie septentrionale, *ec l'îlot de Tintamare (env. 50 kil. carrés), formant les 2/3 de le est française; le sol est très-montagneux et peu fertile; le arigot est le chef-lieu et le principal mouillage de cette irtie.

La Guadeloupe, avec ses dépendances (1,645 kil. carrés), a îe population de 150,000 habitants et forme trois arrondisseents : 1° celui de la Basse-Terre qui comprend Saint-Martin et s Saintes, avec la ville de la Basse-Terre, sur la côte sud-ouest ! la Guadeloupe proprement dite, siège du gouvernement ; celui de la Pointe-à-Pitre, qui comprend la Désirade et s'énd sur une partie de la Guadeloupe propre, avec laPointe-àtre sur la côte sud-ouest de Grande-Terre, près de l'embouure de la Rivière Salée, excellente rade et principale place commerce de la colonie, et le Moule, le seul abri de toute côte orientale ; 3° celui de Marie-Galante comprenant l'île de nom.

omme à la Martinique, la canne est la culture dominante, second lieu, viennent les denrées alimentaires et principaent le manioc et Y arbre à pain; en troisième lieu, le café, sur - terrains d'élévation moyenne où la canne ne réussit plus; is, le coton, le cacao, le rocou. Les forêts, dans les terrains plus élevés, donnent du bois de campôche. ■Le caféier (Voir la fig. 157, représentant un caféier et un p| lit (6) à moitié coupé) est un beau et grand arbrisseau tous vert, qui donne un fruit semblable à la cerise, non

comestible, dont le noyau contient deux graines ou fèves acco lées par leur surface plate; chacune de ces graines est un grai* de café que l'on détache ordinairement à l'aide d'un moulin

Fig. 157. — Caféier. Hauteur : 3 mètres.

décortiquer et qu'on laisse ensuite sécher au soleil. Il a j longtemps la principale culture des Antilles ; on y revient. F Le commerce avec une valeur de 53 millions (1872) dont*

imm la France, consiste (Voir Tab. de stat. n° 66) à l'importation (28 millions) : en denrées alimentaires, farines que fournissent la France et les États-Unis, morues venant de jrerre-Neuve, bestiaux et viandes salées, etc., huile; en tissus M surtout en tissus de coton, en ouvrages en peau et en cuir, l;n machines pour sucreries; à l'exportation (25 millions), en jucre brut, rhum et tafia, mélasse, confitures, en café, qui est endu sous le nom de café de la Martinique; en rocou, quelque leu en coton et cacao, etc.

285. Saint- Pierre et Miquelon. — Au sud de l'île de l'erre -Neuve, possession anglaise depuis 1713, à 16 kilomètres Ile la pointe de Lameline et à plus de 6,600 kilomètres de Brest, ,ont deux îles et plusieurs îlots appartenant à la France; la superficie totale ne dépasse pas 210 kil. carrés et la population, ,,000 individus.

Saint-Pierre, la plus petite, n'est qu'un rocher stérile, d'orijine volcanique, renfermant seulement quelques jardins auprès |u bourg Saint-Pierre ; c'est cependant le seul point habité de jile et le chef-lieu de la colonie, avec une bonne rade qu'arite l'îlot aux Chiens.

Miquelon, également rocheuse et peu cultivable, est divisée en <eux portions que réunit depuis un siècle environ une étroite Lngue de sable : au nord, la grande Miquelon où est le bourg e Miquelon, et, au sud, la petite Miquelon ou Langlade, loi nourrit quelques centaines de bestiaux dans ses pâtujiges.

La seule industrie de cette colonie est la pêche de la morue,

n a lieu d'avril en octobre. Elle s'exerce en partie dans les

tux voisines de Saint-Pierre et de Miquelon, en partie sur la

►te de Terre-Neuve, en partie sur le grand banc de Terre-

i iuve. Elle est précédée d'une opération préalable, la pêche du

! ireng et du capelan, qui servent d'amorce ordinaire pour les

I orues. Elle se fait, soit par les bateaux de la colonie, soit par

js navires qui viennent chaque printemps de France, expédiés

incipalement de Saint-Malo, de Granville, de Fécamp et de

Bppe, et dont les équipages doublent pendant ce temps la

•pulation de la colonie. Elle se fait avec ou sans sôcherie.

1 pèche sans sécherie a lieu sur le grand banc de Terre-

Neuve et consiste presque exclusivement en morues vertes que l'on sale seulement après les avoir désossées et qui ne peuven se conserver longtemps. Les morues sèches exigent une vast( plage et un établissement sur le littoral, pour préparer, nettoyer, saler et étendre le poisson qui sèche à l'air ; sont affectées à cet usage : 1° les grèves de Saint-Pierre et de Miqueloi qui portent des établissements, en partie fixes, devenus au jourd'hui des propriétés privées ; 2° une partie des grève de Terre-Neuve, sur lesquelles les Français ont, en vertu de traités, le droit, exclusif ou partagé avec les Anglais, de pè cher et de faire des établissements, dits chaufauds, non per manents (1).

L'usage de ces dernières grèves est attribué temporairemen! par tirage au sort, aux armateurs de France qui y envoier leurs navires ; les barques font la pêche côtière avec la sein ou la flotte, et l'équipage travaille dans le chaufaud, pendar que le navire reste désarmé ou va lui-même pêcher à la lign de fond sur le grand banc. Avec la morue, il faut compte: comme produits accessoires, Yhuile de foie de morue, la rogu œufs de morue salés qui servent d'appât, et la pêche du sai mon.

Cette industrie est une bonne école pour former les marin: mais c'est un rude métier, et, depuis vingt ans, le nombre d< hommes qui s'y livrent diminue : malgré les primes d arnu ments et de produits, on en compte moins de 10,000. La m; jeure partie fait la pêche avec sécherie sur la côte orientale < l'île de Terre-Neuve. Le produit total est d'environ 3o millioi de kilogrammes, représentant une valeur de 12 millions de franc Un tiers seulement de cette somme figure dans le compte de colonie de Saint-Pierre et Miquelon qui expédie ses produi partie en France, partie à la Guadeloupe, la Martinique et

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(1) A savoir, droit exclusif de pêche et de sécherie sur la côte noi du cap Saint-Jean au cap Normand, et dans cinq havres de la côte ( cidentale ; droit exclusif de sécherie du cap Normand au cap Roc droit partagé de pêche et de sécherie dans le détroit de Belle-Ile (h de Belle) et sur la côte du Labrador; droit partagé de pêche du <> Normand au cap Rock ; droit partagé de pêche sans sécherie, du o Normand au cap Raye.

Réunion, et reçoit des États-Unis, des Antilles et de France presque tous ses objets de consommation. Son commerce, à l'importation et a l'exportation, atteint presque 8 millions. 280. l.e résumé «les force» coloniales. — L'Algérie estime possession à la fois agricole et militaire. Située dans la région chaude des climats tempérés, elle en a les productions diverses : le blé, le tabac, la viande et la laine, et, en outre, les productions des steppes et du Sahara, l'alfa, les dattes et les plumes d'Autruche; aussi contribue-t-elle par ses exportations II nourrir la population de la France.

A part l'Algérie, qui a un rôle particulier et une administration distincte, et Saint-Pierre et Miquelon, simple station de pêche à la morue, toutes les colonies françaises sont situées lans la région tropicale, à savoir :

En Afrique, le Sénégal, les établissements de la côte de Guinée, Mayotle et dépendances, Sainte-Marie, la Réunion :

En Asie, les établissements de l'Inde et la Basse-Gochinj;hine :

En Océanie, la Nouvelle-Calédonie, les établissements deVOcèa- \rie ; En Amérique, la Guyane, la Martinique, la Guadeloupe et épendances.

Aussi les cultures faites en vue du commerce d'exportation ont-elles celles des climats chauds : la canne à sucre (Jui occupe •lus de la moitié du sol cultivé ; le caféier, qui occupe environ a trentième partie; les arbres à épices, cannelle, girofles, vaille, muscade, qui occupent environ la centième partie ; le acaoyer, le tabac et le cotonnier, qui, réunis, n'en occupent pas avantage ; le rocouyer. Le reste du sol cultivé est employé à la roduction, presque partout insuffisante à la population, des enrées alimentaires (Voir Tab. de stat. nos 63 et 64). A ces cultures il faut ajouter le produit des forêts, bois de îinture, d'ébénisterie ou de construction, la gomme et les lantes oléagineuses, sésame, arachide, coco, récoltées jusqu'ici ar les indigènes plus que par les colons. Lu superficie totale de nos colonies (avec l'Algérie, Saint-Pierre t Miquelon) et des pays soumis à notre protectorat est d'envi- :>n 900,000 kilomètres carrés (sans i'Annam), près de deux

fois l'étendue de la France ; ce territoire est inégalement ré parti entre les quatre parties du monde où elles se troiwen (Voir la fig. 138).

France

Aj£evie

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