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L'AMÉRIQUE FRANÇAISE

(Voir dans l'Atlas la planche des Colonies.)

282. La Guyane. — Dans le voisinage de l'équateur, sur la côte nord-est de lAmérique du Sud, entre l'embouchure de l'Orénoque et l'embouchure du fleuve des Amazones, s'étend une vaste contrée arrosée par un grand nombre de cours d'eau. Elle comprend : 1° sur la côte, jusqu'à une soixantaine de kilomètres dans l'intérieur, les terres basses, terres d'alluvion, le plus souvent marécageuses, avec des côtes couvertes de palétuviers et des savanes noyées ; 2° à partir des premières cataractes des rivières, les terres hautes, commençant par une rangée de collines de 2 à 300 mètres coupées de ravins, couvertes d'immenses forêts vierges, cèdres noirs, bagasses, ébéniers, acajous. A cette première ligne de collines succède un plateau marécageux, puis une seconde ligne de collines boisées au delà de laquelle se sont rarement aventurés les explorateurs. Cette contrée est la Guyane.

La partie qui s'étend du fleuve Maroni à YOi/apok est la Guyane française. Le reste appartient aux Hollandais, aux Anglais, aux Brésiliens.

De décembre a juillet, régnent les vents de nord-est et d'est et la saison des pluies qu'interrompent d'ordinaire quelques semaines de beau temps en mars : c'est l'hivernage. Il tombe pendant cette saison plus de 3 mètres d'eau, donnant naissance à de grands cours d'eau dont la source est inconnue et dont les embouchures sont ensablées : le Maroni sur la frontière de la Guyane française et de la Guyane hollandaise, le Mana, le Sinnamari, le Kourou, la rivière de Cayenne ou Oyak, YAp-

prouage, YOyapok. La partie située entre cette dernière rivière et celle qui débouche en face de l'île de Maraca a été contestée, depuis le traité d'Utrecht, entre la France et le Brésil, grâce au nom de Vincent Pinçon qui est donné à l'un et à l'autre cours d'eau; il n'existe aucun établissement sur cette partie.

La superficie de ce territoire est d'environ 90,000 kil. carrés ; mais les quatorze quartiers habités de la colonie, situés aux embouchures des principales rivières, n'ont guère que 12,000 kil. carrés, dont 70 en culture; la population est de 20,000 individus environ, dont une partie est formée par des Indiens entièrement sauvages, une partie par l'administration et la garnison, une partie par les forçats arabes et noirs qu'on y transporte ; la population blanche librement fixée dans le pays n'excède pas un millier d'individus. Le climat est funeste aux {Européens; on y avait transporté les forçats des bagnes de France pour les établir sur les bords du Maroni, mais on a dû y renoncer à cause de la grande mortalité.

Le chef-lieu de la colonie et du quartier de Cayenne, le plus important de tous, est la ville de Cayenne (8,000 hab.), située dans l'île et à l'embouchure de la rivière du même nom ; les constructions y occupent à peine un espace de 1 00 hectares; [quatre autres quartiers sont à l'embouchure de la même rimère. Au nord de l'embouchure du Kourou, sont les trois îles \du Salut, où se trouvent les deux principaux pénitenciers.

Après le riz, le mais, l'igname et le manioc, qui nourrissent Iles habitants, les principales cultures sont le rocouyer, grand [arbrisseau dont la graine fournit une substance tinctoriale Irouge, dite rocou ou roucou, que l'on extrait de la- graine par ébullition et que l'on expédie en pains, le caféier, lu canne à hucre, le giroflier et le cacaoyer, qui donne de médiocres produits. La culture du rocouyer a été en partie abandonnée par [[suite des bas prix du rocou. On commence à exploiter le bois rides forêts qui a des qualités supérieures (angélique, balato, cèdre noir, etc.), et l'écorce à tan du palétuvier.

On a trouvé de l'or dans les sables d'alluvion de la plupart ides rivières, et on l'exploite sur l'A pprouage etsurleSinnamari; lion suppose qu'il est abondant dans les roches quartzeuses de l'intérieur.

La colonie importe principalement des vivres et exporte de l'or, du rocou, des clous de girofle, les plus estimés après ceux des Moluques, un peu de sucre, du cacao et du bois; le total atteint à peine 9 millions de francs dont 7 à l'importation.

283. £-a Martinique. — Au nord de la Guyane, commence une longue bande d'îles orientées du sud au nord et désignées sous le nom de Petites Antilles ou Iles du vent. La Martinique est une de ces îles et occupe à peu près le milieu du groupe ; sa superficie est de 987 kil. carrés, dont le tiers seulement est cultivé. L'île a la forme d'une ellipse très-irrégulièrement découpée, inclinée vers le nord-ouest et terminée par le cap Saint-Martin au nord, et la pointe des Salines au sud.

La côte, à l'est, bordée de récifs madréporiques, est peu hospitalière ; à l'ouest, elle est rocheuse, abritée du vent et creusée de baies qui fournissent de bons abris : la baie du Marin au sud, la rade de Saint-Pierre au nord, la baie de Fort- de -France au centre, la meilleure rade de toutes les Antilles.

C'est un sol volcanique dont le centre est occupé par des pitons coniques, dans lesquels s'ouvraient autrefois des cratères (Voir la fig. 154) : au nord, lu montagne Pelée (1,350 m.) et vers le centre, les pitons du Carbet (1,207 m. . font partie d'un même massif et sonl les principales élévations de l'île ; dan:le massif du sud sont le Yauclin et k Marin, et les terres argileuses dominent. Des forêts impénétrables ceignent ces hauteurs et occupent à peu près le quart de la superficie totale. Par les ravins qui en sillonnent les flancs, descendent des torrents presque à sec durant la saison sèche, impétueux durant la saison pluvieuse qui versent une hauteur déplus de 2 mètres d'eau; deux rivières seulemei t. la rivière Pilote et la rivière Salée, sont navigables. Ce n'esl que vers 200 mètres au-dessus du niveau de la mer que commencent les cultures.

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