DIXIÈME PARTIE
(Voir dans l'Atlas la planche de la France administrative et la planche de la population.)
363. I>e dénombrement. — Il y a cent cinquante ans, on évaluait la population de la France à 20 millions d'individus ; à l'époque de la révolution de 1789, à 25 millions environ. En 1831, elle était de 32 millions et demi ; en 1866, d'après le recensement qui a eu lieu tous les cinq ans, on comptait 38 millions d'habitants. Aujourd'hui, par suite des pertes territoriales occasionnées par la guerre de 1870-71 et de la diminution de la population dans les autres parties de notre pays, elle est réduite à 36 millions d'habitants (exactement 36,102,000).
L'accroissement de la population est plus lent en France que dans les autres États de l'Europe ; la France n'est aujourd'hui, par le chiffre de ses habitants, que le troisième état de l'Europe.
Comparée à la superficie du territoire, notre population est, en moyenne, de 68,3 habitants par kilomètre carré. Trente départements dépassent cette moyenne.
Les principaux groupes de population dense (voir la fig. 163) sont : le groupe de Paris, avec le département de la Seine, qui, ayant une population de 2,220,000 âmes sur 47o kilomètres carrés, a plus de 68 fois la densité moyenne, avec Seine-et-Oise qui doit son rang élevé au voisinage de la capitale ; le groupe du Nord, avec les nombreuses manufactures des départements du Nord, du Pas-de-Calais, de la Somme et de l'Aisne ; le groupe de la Normandie, à la fois agricole, ma-
nufacturier et maritime, et celui de la Bretagne, agricole i maritime, avec l'Anjou et le Maine; le groupe de l'Es
Fig. 163.
groupe manufacturier, dont les événements de 1870-71 ne noi ont plus laissé que des fragments ; le groupe de Lyon et d Saint-Etienne, qui est très-manufueturier et qui étend se influence sur les départements voisins; le groupe du Mie avec l'industrie de la soie, une riche culture et le grand con merce de Marseille (Bouches-du-Rhône); dans le sud-ouest, 1( deux groupes de Toulouse (Haute-Garonne) et de Bordeai (Gironde).
A ces 36 millions d'individus, il faut ajouter la population d( colonies, à savoir 800, 0')0 Européens et4,200,0"0 indigènes, c sorte que le total des individus vivant sous la loi française o sous le protectorat français est d'environ 41 millions.
Parmi les 30 millions d'habitants de la France, les étrangei
e figurent que dans une très-minime proportion, et la grande îajorité des Français résident dans le département même où s sont nés (voir la figure 1(»3 représentant la répartition de la
g. 164. — 1. Français nés dans le département où ils ont été recensés. — Français nés hors du département où ils ont été recensés. — 3. Étrangers domiciliés en France.
opulation française en 1872 d'après le lieu de naissance, 1 milmètre carré représentant 50,000 individus). Sur ce nombre d'habitants 17,982,000 environ sont du sexe jasculin et 18,120,000 du sexe féminin, c'est-à-dire que sur ,000 individus on en compte environ 494 du sexe masculin et 36 du sexe féminin. La différence est surtout sensible dans nos .épartements du Nord-Ouest où l'on trouve jusqu'à 100 peronnes du sexe féminin pour 92 du sexe masculin, i Dans les colonies, la disproportion est encore beaucoup plus
Fi g. -165.