l«vs bassins secondaires de la Méditerranée
- 1° L'étendue. — Les bassins dépendant du Rhône ou bassins
secondaires de laMéditerranée occupent une superficie de 28,400
kilomètres carrés. Ils ont pour bornes les Alpes Liguriennes, une
lartie des Alpes de Provence, les Cévennes méridionales et une
)artie des Pyrénées Orientales. Ils s'étendent sur la côte de la
tlcditerranée à Lest, c'est-à-dire à gauche du Rhône, jusqu'à
iciies, et à l'ouest ou à droite. du Rhône jusqu'au cap de Creus.
, 2° Les fleuves côtiers à gauche du Rhône. — L'étang de Berre
I la Touloubre (68 kil.), qui est en partie alimentée par le
anal le Craponne et qui traverse une gorge pittoresque avant
c déboucher dans l'étang, et l'Arc (85 kil.), qui coule vers
'ouest et qui irrigue par des saignées les campagnes qu'il ravage
■elquefois par se- débordements. L'Huveaune (55 kil.), qui se
ctte dans la mer au sud de Marseille, a la même direction.
Le Gapeau 54 kil. , qui se jette dans la rade d'Hy ères au sud Les montagnes des Maures, a la direction du sud-est. L'Argens KH kil.), le principal fleuve côticr de cette région, a la même lirection ; il naît dune belle et forte source, et se grossit de pluieurs sources non moins abondantes et très-nombreuses sur plateaux calcaires où les eaux se perdent dans des gouffres
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dits embues, puis reparaissent plus loin; il s'accroît aussi de plusieurs torrents, entre autres du Nartuby qui passe à Draguignan, et il se jette dans le golfe de Fréjus. La Siagne (50 kil.) n'a de remarquable que la beauté de sa source.
LeVar(135 kil.) sort, à une altitude d'environ 1,800 mètres, d'une source abondante située à l'est du lac d'Allos, dont les in- ■" iiltrations, dit-on, l'alimentent; c'est un torrent redoutable, étroitement serré dans des gorges sauvages. Il coule d'abord du nord au sud, puis, arrêté par un des nombreux chaînons orientés de l'ouest à l'est, il prend cette direction, arrose Puget- Théniers, par 400 mètres d'altitude, reçoit sur sa rive gauche la Tinèe (75 kil.) qui descend directement du Nord dans une vallée plus étroite et plus sauvage encore que la sienne, puis la Vésubie (50 kil.) non moins pittoresque, et sur sa rive droite, l'Estéron (65 kil.). Il débouche ensuite dans la plaine où il s'étend sur un large lit qu'il a pavé de galets arrachés aux montagnes et qu'il ne remplit qu'à l'époque des hautes eaux, 'époque où il verse dans la mer 4,000 mètres cubes d'eau, tandis qu'il en porte 30 à peine dans les basses eaux.
A l'est du Var sont une suite de torrents qui ont un régime aussi capricieux et qui sont d'autant moins importants que la crête des Alpes se rapproche plus de la mer : le Paillon qui passe à Nice et qui souvent est presque à sec, la Roya (60 kil.) qu naît au pied du col de Tende sur le territoire italien, et qui, entrée en France par une gorge très-étroite, 'y coule l'espace de 20 kilomètres et en sort pour se jeter dans la Méditerranée sui la côte italienne ; la Taggia, la Genta, petits torrents au delà desquels on ne trouve plus, sur la côte du golfe de Gênes, que des torrents plus petits encore jusqu'à la Magra qui débouche ù l'est du golfe de la Spezia.
3° Les fleuves càtiers à droite du Rhône. — La Vistre (68 kil. n'est qu'un maigre cours d'eau qui descend des Garrigues di la plaine de Nîmes, reçoit les eaux de la fontaine de Nîmes ei se perd dans un canal.
Le Vidourle (100 kil.) qui descend des montagnes sauvage^ des Cévennes est aussi un maigre cours d'eau ; mais les ora ges le transforment quelquefois en un torrent très-large e terrible par ses ravages.
Le Lez (29 kil.), dont la source abondante est remarquable, passe au pied de la citadelle de Montpellier.
L'Hérault (164 kiL dont 11 navigables) prend sa source sur les flancs de l'Aigoual dans les Cévennes, descend rapidement vers le sud dans des gorges étroites, particulièrement à Saint- Guilhem-le-Désert, reçoit des monts Garrigues plusieurs affluents dont le principal est la Vis, débouche ensuite dans la plaine du bas-Languedoc, passe près de Pézenas et se jette dans la mer à l'ouest d'Agde.
VOrb (144 kil. dont 3 navigables) a sa source à l'ouest du plateau des Garrigues et coule d'un cours tourmenté avant de descendre dans la plaine où il arrose Béziers.
L'Aude (208 kil.) naît dans un petit lac au pied du roc d'Aude, coule l'espace de plus de 30 kilomètres au fond d'une gorge taillée à pic, dans laquelle elle est comme perdue à une profondeur de plusieurs centaines de mètres, et reste ensuite encaissée jusqu'à Limoux, mais du moins dans une vallée qui, depuis Axât, laisse place à une route ; à partir de Limoux, elle continue à couler vers le nord, à l'ouest du massif des Corbières, jusqu'à ce qu'elle rencontre les dernières pentes de la montagne Noire des Cévennes; elle se recourbe alors vers l'est, comme au même contact la Garonne se replie à l'ouest, et elle reçoit, par si mètres d'altitude, la Fresquel venue du col de Naurouse ; la Garcassonne a été bâtie, comme Toulouse, au débouché de la route naturelle qui joint la côte de la Méditerranée au bassin de la Garonne ; depuis ce point, l'Aude coule dans la belle et chaude plaine du bas-Languedoc, où elle reçoit l'Orbieu, et se jette en partie directement dans la mer, en partie dans l'étang de Sijean par la Robine de Narbonne.
L'Agi] 7.) kil.), petit cours d'eau qui descend du pic de Bugaimch, fertilise par des irrigations la plaine du Roussillon.
La Têt I2.'j kil.), qui prend sa source au pic Prigue et qui arrose Montlouis, Prades et le pied de Perpignan, est un torrent qui tantôt s'élargit en manière d'étang, tantôt descend par une suite de rapides entre les rochers qui l'étranglent; il fertilise aussi la campagne du Roussillon.
Le Tech (82 kil.) coule d'abord dans une gorge étroite et pitaque, arrose Céret et le Vallespir, puis la plaine du Rous-
sillon, en suivant, comme tous les cours d'eau du Roussillon, la direction est-nord-est qui est la direction générale des lignes de montagnes dans cette contrée.
39. 1*» Ciaronne. — 1 ° Le bassin. — Le bassin de la Garonne mesure 81,800 kilomètres carrés, dont 2,500 environ (val d'Aran) appartiennent à l'Espagne. Il occupe toute la partie sud-ouest de notre territoire ; sa partie centrale est le bassin aquitanique des périodes géologiques précédentes. Il est borné : 1° sur le versant sud-est, par les Cévennes méridionales qui le séparent du bassin du Rhône ; 2° sur le versant septentrional, par la Margeride, les monts d'Auvergne, les monts du Limousin et les collines de Saintonge ; 3° sur le versant méridional par les Pyrénées ; 4° sur le versant occidental, par le contre-fort des Pyrénées qui se détache au pic d'Arbizon, le plateau de Lanne m ezan, une des rangées des collines d' Armagnac et la plaine des Landes et du Médoc.
2° Le fleuve. — La Garonne (605 kil. dont 471 navigables et 86 flottables) prend sa source dans le val d'Aran, en Espagne (voir fig. 54). A peu de distance de la source de la Noguera naît par 1,872 mètres d'altitude un petit torrent qui est généralement regardé comme la source du fleuve ; il se joint bientôt à un torrent plus considérable, descendu d'une altitude d'environ 2,000 mètres, près du port de la Hourquette, et qui peut être plus justement considéré comme l'origine de la Garonne ou tout au moins de la Garonne orientale. La Garonne occidentale, plus forte mais moins longue, naît par une altitude de plus de 1 ,400 mètres de plusieurs sources dites Oueil de Jouéou, (Œil de Jupiter) ; très-abondantes à l'époque de la fonte des neiges, ces sources paraissent alimentées par les glaciers de la Maladetta, dont le torrent, à 4 kilomètres de là, derrière la montagne, se perd avec fracas dans le trou de Toro. Le fleuve, grossi de plusieurs autres torrents du val d'Aran, s'abîme en partie dans le gouffre de Clédes (par 730 m. d'altitude) et entre en France par l'étroite gorge du Pont-du-Roi (590 m.), ainsi nommée parce qu'un pont y traverse le fleuve naissant dont le lit est à plus de 1,000 mètres au-dessous des sommets qui l'encaissent ; c'est là qu'il devient flottable. Il coule rapide et pur vers le nord entre les contre-forts de la chaîne qui le serrent
étroitement aux gorges de Saint-Béat. Arrêtée au sortir des