‹ La France avec ses colonies;Chapitre 29 sur 147 · VAL DARAN ET SOURCES DE LA GARONNE · texte numérisé non relu

VAL DARAN ET SOURCES DE LA GARONNE

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Fig. 54. - («).

àéfilés pyrénéens, à Montrejeau (400 m. environ d'altitude),

(i) Cette figure a été dressée conformément à notre texte par M. Prudent capi lame du génie, à l'échelle de la carte de France que public le Dépôt des fortifications cette carte, étant en chromolithographie, n'a pu être reproduite ici que par un facsnmle. La source principale do la Garonne a été représentée, d'après les études récentes et la carte de M. Vallon, membre du club Ramond, non à la cote 187* près.

e U source de la Noguera, mais beaucoup plus au nord-nord-ouest, au pied du !"«• de Mau henné. r

par le plateau de Lannemezan, la Garonne se replie vers l'est décrit une grande courbe en longeant le faisceau des collines d'Armagnac, devient navigable au confluent du Salât et entre dans une plaine d'alluvion, monotone mais riche, où elle arrose Muret et où s'est livrée, en 1213, entre Pierre d'Aragon et Simon de Montfort, la bataille qui décida du sort du comté de Toulouse. Elle vient ensuite se heurter contre les dernières pentes douces des Cévennes qui dirigent toutes les eaux de cette région vers le nord-ouest; elle suit la même direction, et coule dans une longue et fertile plaine d'alluvion qu'on nomme « la Rivière ». C'est au lieu où elle se recourbe ainsi et en face du col de Naurouse qu'a été bâtie dans l'antiquité Toulouse (132 m. d'altitude), entrepôt naturel du commerce de la Garonne et de la Méditerranée ; c'est là aussi que débouche le canal du Midi (57 m. d'altitude), et c'est sur les coteaux au nord de la ville que le maréchal Soult livra la bataille de 1814. Au confluent du Tarn, les pentes du Massif Central, qui dirigent toutes les eaux à l'ouest et au sud-ouest, forcent la Garonne à s'incliner davantage vers l'occident. Elle coule à pleins bords, ondulant entre deux lignes de coteaux et inondant quelquefois sa riche vallée sur de vastes espaces ; elle arrose Agen, Marmande, la Réole, bâties comme Toulouse, sur sa rive droite. Puis, bordée d'un côté par la plaine stérile des Landes, de l'autre par une ligne, de coteaux garnis de vignobles, elle arrose Bordeaux. La Garonne est déjà un fleuve profond et large d'environ 600 mètres dans lequel la marée montante et descendante se fait sentir ; c'est pourquoi on a bâti là le grand port maritime de l'Aquitaine, à 98 kilomètres de la mer. Vingttrois kilomètres au-dessous, au bec d'Ambês, la Garonne s'unit à la Dordogne et prend le nom de Gironde (voir fîg. 55) : c'est dès lors un estuaire, large de 4 à 13 kilomètres, sur la rive droite duquel est Blaye et qui débouche dans la mer entre la pointe de Grave au sud et la pointe de la Coubre au nord, au milieu de grands bancs de sable entre lesquels le phare de la tour de Cordouan aide les marins à se diriger.

3° Les affluents de droite. — Les deux premiers affluents importants de la rive droite de la Garonne viennent des Pyrénées et coulent du sud au nord ; les autres viennent des Cévennes et du Massif Central et ont une direction générale vers l'occident, mais

en convergeant comme les rayons d'un cercle dont le centre serait à peu près le confluent du Lot.

Le Salât (78 kil.) est un torrent formé par la réunion de plusieurs petits torrents nés sur la frontière ; il se grossit du Garbet et de FArac à droite, de la Lez à gauche, franchit plusieurs défilés sauvages et arrose une étroite mais fertile vallée i\ iint de se jeter dans la Garonne.

L'Ariége (157 kil. dont 42 navigables) prend sa source à plus de 2,000 mètres d'altitude dans le pic Nègre, sert pendant les 9 premiers kilomètres de frontière entre la France et l'Est

Fig. b.ï. — Confluent de la Garonne et de la Dordognc. (Extrait de la carte de l'État-major au 80,000e.)

pagne, descend d'abord vers le nord-ouest en torrent rapide terré entre deux crêtes sauvages, reçoit, entre autres torrents, celui de Vicdessos, se dirige ensuite vers le nord à travers une percée des montagnes de granit, arrose Foix, traverse la double ligne du Plantaurel et débouche dans une belle plaine d'alluvion ou elle a prose Pamiers et à l'extrémité de laquelle elle reçoit YHers (120 kil.), par 197 mètres d'altitude. Dans son cours inférieur, i Ariége est dominée sur sa rive droite par les dernières collines

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des Corbières ; à son confluent, elle n'est plus qu'à 139 mètres au-dessus du niveau de la mer.

VHers (108 kil.), qu'on nomme aussi Hers mort à cause delà lenteur de son cours, naît dans le voisinage du col de Naurouse et, grossi du Girou, se jette dans la Garonne au-dessous de Toulouse ; le canal du Midi suit sa vallée.

Le Tarn (375 kil. dont 147 navigables) est un des trois affluents que la Garonne reçoit duMassif Central. Il a sa source par 1,600 mètres environ d'altitude, sur le flanc méridional du mont Lozère qui lui envoie plusieurs torrents, pendant que le Tarnon, qui a baigné Florac, lui apporte les eaux de l'Aigoual; il pénètre dans le terrain calcaire et y coule au-dessous de la surface des Causses, étranglé dans une gorge qui est profonde de 580 mètres et dont l'ouverture au sommet a 1,500 mètres à peine. Il s'y grossit de sources abondantes qui filtrent à travers le calcaire et qui sourdent dans son lit même, et il reçoit en même temps sur sa rive gauche des affluents qui se sont creusé, comme lui, des lits encaissés dans le calcaire jurassique, la Jonte, la Dourbie dont le confluent est à Millau, le Cernon ; il est un peu moins profondément encaissé dans son cours à travers les terrains primaires, où il reçoit le Rancé et le Dourdou. Après avoir formé la belle chute du Saut-de-Sabo, haute de 19 mètres, il débouche dans une plaine d'alluvion, au commencement de laquelle est bâtie Albi, reçoit YAgout (180 kil.), qui vient de la montagne de l'Espinouse et dont les chutes ont donné naissance à l'industrieuse cité de Castres , puis, faisant un coude vers le nord-ouest, il débouche dans la plus large partie de la belle plaine de la Garonne : c'est là qu'il arrose Montauban et quun peu plus bas il reçoit l'Aveyron. Ensuite il se replie de nouveau vers l'ouest, devant les coteaux du Quercy, arrose Moissac et se rend en serpentant dans la Garonne. L'Aveyron (240 kil.) naît près de Séverac, dans la région des Causses, dans laquelle il est profondément encaissé, passe au pied de Rodez, arrose Vûlefranche, reçoit le Viaur et le Cérou, et, de Villefranche à Bruniquel, avant de reprendre sa course vers l'ouest, il traverse dans le trias et le calcaire jurassique des gorges rocheuses d'une beauté majestueuse :> le chemin de fèi de Capdenac à Toulouse suit cette vallée.

Le Lot (481 kil. dont 303 navigables) prend sa source par !.:i<io mètres environ d'altitude dans la montagne du Goulet, coule vers l'ouest, encaissé entre cette montagne et celle de la Lozère, passe au pied de Mende, par 750 mètres d'altitude, reçeil la Colagne qui passe à Marvejols, puis arrose Espalion, en longeant au sud la base granitique des montagnes d'Aubrac que contourne par le nord son affluent, la Trueyre (175 kil.), ri- \iere pittoresque grossie du Bès et des. ruisseaux nés entre la ftfargeride, le Cantal et les monts d'Aubrac; ensuite il passe au pied du promontoire de Capdenac, traverse le causse du Oiieicx en décrivant une suite ininterrompue de méandres qui semblent témoigner de la difficulté avec laquelle il a frayé sa route, reçoit le Celé qui baigne Figeac, arrose Cahors par 160 mètres d'altitude, débouche enfin dans une plaine d'allu- \ion où est VUleneuve-sur- Lot et se perd dans le fleuve par -,':{ mètres d'altitude.

La Dordogne (496 kil. dont 392 navigables) est presque l'égale de la Garonne par la longueur de son cours et par l'abondance de ses eaux. Près de la base 'du Puy de Sancy, par 1,694 mètres d'altitude, naît le petit torrent de la Dore, qui reçoit au pied de la montagne, un ruisseau venu du val d'Enfer, et désigné quelquefois sous le nom de Dogne. Ces deux torrents reunis forment la Dordogne, qui n'est elle-même qu'un petit torrent courant vers le nord dans la vallée centrale du mont Dore; elle décline vers l'ouest, se double par le confluent du Chavanon .ci kil.), venu des monts de la Marche sur la limite «In Limousin et de l'Auvergne, coule dans une vallée étroite semée de beaux rochers basaltiques comme les Orgues de Bort '•I reçoit, en face des Orgues, la Rhue (65 kil.) torrent pittoresque descendu de la chaîne du Cantal et connu par la cascade du Sam4 delà Saule. La Dordogne continue son cours, resserrée entre le- roches «le- terrains primaires ; les monts du Limousin lui envoient l;i Diège et la Luzège a droite, la chaine du Cantal, l;i .Maronne et la Cère a gauche. Elle est déjà descendue dans le terrain crétacé lorsqu'elle se grossit du Céou, puis de la Veïère par is mètres d'altitude. La Vezére{id2 kil. dont 65 navigables prend sa source au plateau des Millevaches, parcourt une des vallées de France des plus pittoresques par ses gorges ro-

cheuses, ses bois, ses chutes, reçoit la Loyre, et, par 99 mètres d'altitude, la Corrèze (85 kil.). Celle-ci coule profondément encaissée, baigne Tulle et arrose à Brive une plaine assez large et très-fertile. La Dordogne, continuant son cours vers l'ouest, traverse le défilé des Porcherons et serpente entre deux lignes de coteaux couronnés de vignes dans la plaine d'alluvion qu'elle a créée et à l'entrée de laquelle est Bergerac; c'est dans cette plaine, à Castillon, que les Anglais furent battus en 1451. Elle y reçoit le Caudau, la Lidoire et enfin l'Isle.

Llsle (235 kil. dont 143 navigables) descend de la partie occidentale des monts du Limousin, double de volume au confluent de la Haute-Vézère (90 kil.) dont le cours rapide fait mouvoir de nombreuses usines, arrose Périgueux, double de nouveau de volume à Contras (bataille de 1587) par le confluent de la Dronne (178 kil.) qui arrose Ribérac de ses belles eaux limpides et qui se grossit elle-même de la Lisonne et de la Tude, reçoit encore le Lary et débouche dans la Dordogne, à Libourne, le port maritime du Périgord : car la marée remonte jusque-là et même plus loin.

Au-dessous de Libourne, la Dordogne rejoint la Garonne au bec d'Ambez.

4° Les affluents de gauche. — Les affluents de la rive gauche de la Garonne n'ont qu'une médiocre importance ; ils descendent presque tous, disposés en éventail, du plateau de Lannemezan et des collines d'Armagnac.

La Pique (38 kil.) dont la vallée est renommée pour ses sites pittoresques et la Neste (75 kil.) viennent des Pyrénées.

La Louge (108 kil.), la Touch (75 kil.), la Save (148 kil.), la Gimone (136 kil.), l'Arrats (135 kil.), malgré la longueur de leur cours, ne sont en été que de très-minces filets d'eau bourbeuse, quelquefois des flaques d'eau stagnante.

Le Gers (150 kil.), qui passe au pied d'Auch et de Lectoure n'est guère plus important et, sans le canal de Lannemezan qui lui verse une partie des eaux empruntées à la Neste, il serait à sec une partie de l'été.

La Baïse (180 kil.), malgré ses affluents, est aussi pauvre en eau que les précédentes rivières ; comme elles, elle ne doit de couler en été qu'à la dérivation de la Neste par le canal de Lanneme-

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zan. Elle coule au pied de Mirande et passe à Condom et Nérac. Le Ciron (90 kil.), quoique né en plaine et ne «traversant que des landes, est plus régulier et plus abondant.

40. Les bassins secondaires du golfe de Gascogne. — 1° L 'étendue. — Les bassins dépendants de la Garonne m bassins secondaires du golfe de Gascogne, en donnant à la ôte de ce golfe toute l'étendue qu'avait entre les granits pyrétéens et les granits de la Vendée l'ancien golfe aquitanique, >ccupent une superficie de 43,000 kilomètres carrés. Les ►assins de la rive gauche ont pour limites les Pyrénées avec e contre-fort occidental qui s'étend jusqu'à la pointe du Figuier et le contre-fort oriental qui commence au pic d'Arbi- :on, le plateau de Lannemezan et une des rangées des collines F Armagnac, puis la plaine des Landes et du Médoc. Les bassins de la rive droite ont pour limites les collines de la Sainonge, les monts du Limousin, la trouée du Poitou et la partie Méridionale du Bocage vendéen.

2° Les fleuves côtiers à gauche de la Garonne. — La Leyre 84 kil. dont 6 navigables) est une rivière de plaine, qui naît lans la lande de Luglon, coule d'un cours limpide vers le lord-ouest à travers les bruyères et les forêts de pins et se 3tte au fond du bassin d'Arcachon, qui lui-même débouche [ans le golfe de Gascogne au delà de la barrière des dunes.

Cette barrière arrête tous les petits ruisseaux de la lande [ue la pente insensible du terrain dirige vers l'ouest et forme e long des dunes un long chapelet d'étangs bordés de roseaux, généralement plus profonds à l'ouest qu'à l'est et élevés d'une ingtaine de mètres au-dessus du niveau de la mer : Y étang l'IIourtins et Carcans (53 kil. carrés) ; l'étang de Lacanau 2 kil. carrés) qui n'esl séparé du précédent que par un fiarais <■(. qui se déverse dans le bassin d'Arcachon; Y étang de ''iz'iii et Sanguinet (65 kil. carrés) dont les rives sont boisées t qui -f (lé\ei'se dans le bassin d'Arcachon; L 'étang de Bisca- 65 kil. car.) qui communique au nord avec le précédent t au sud avec, l'étang d'Âureilhan et la mer. Plus au sud, les tangs de Saint-Julien et de Lit, de Léon, de Soustous sontplus «•lits t-i communiquent isolément avec la mer, ce dernier par estuaire du vieux Boucan qui est navigable (7 kil.) et qui, à

la suite d'une tempête en 1260, est devenu et est resté jusqu'en 1579 remboucjmre de l'Adour.

L'Adour (335 kil. dont 133 navigables) (1) a sa source an Tourmalet dans les Pyrénées, par 1,931 mètres d'altitude, descend en torrent rapide dans la vallée de Campan où l'on admire sa grande cascade , passe à Bagnères-de-Bigorre , [par 556 mètres d'altitude, et sort de la région montagneuse pour arroser la ville de Tarbes (302 mètres) et ses verdoyantes prairies. Il coule vers le nord jusqu'à Riscle ; puis il tourne brusquement à l'ouest devant l'obstacle que l'épanouissement des collines d'Armagnac lui oppose et bientôt, après avoir côtoyé sui sa rive gauche la Chalosse, il s'engage dans la monotone ré gion des Landes, au milieu des pinadas (forêts de pins) et des bruyères. Il passe au pied de Saint-Sever, de Dax, se replie ei serpentant vers le sud-ouest, sur la limite des Landes, et devien un fleuve facilement navigable, après avoir reçu les gaves réuv nis de Pau et d'Oloron. A Bayo?ine, il porte des navires et il s> jette dans le golfe de Gascogne par une embouchure qui souvent varié et qui, malgré de grands travaux d'endiguement est toujours embarrassée par une barre dangereuse. A Texte rieur du grand arc de cercle qu'il décrit, l'Adour ne reçoit qu de maigres cours d'eau venus des collines d'Armagnac et d la lande ; le principal est la Midouze (155 kil. depuis la sourc de la Douze) formée à Mont-de-Marsan par la réunion de 1 Midou et de la Douze. A l'intérieur de l'arc de cercle, l'Adou se grossit de tous les torrents qui descendent des Pyrénéc dans la direction du nord ou du nord-ouest et qui pour la pli part sont désignés sous le nom de gave : le Lées (55 kil.) ; 1 Gabas (107 kil.) ; le Luy (141 kil.) qui, formé de la réunion cl Luy de France et du Luy de Béarn, roule peu d'eau, mais qv cependant convertit toute sa plaine inférieure en marais dan ses débordements ; le gave de Pau (175 kil.), qui prend sa sourc dans les glaciers voisins de la brèche de Roland, par une ait] tude de 2,330 mètres, tombe au fond du cirque de Gavarni

(1) Le nom d'Adour se retrouve dans un grand nombre de coui d'eau de la, région que les Ibères paraissent avoir habitée, Douro, Doi dogne, Dore, Dorou, Dora, etc. Cependant, pour l'Adour, cette étym( logie est contestée.

>ar une chute de 422 mètres, court en bouillonnant et en fornant plusieurs cascades dans une suite de gorges pittoresques lepuis Qfeyarnie jusqu'à Lourdes, puis tourne à l'ouest en loneant le pied des montagnes, baigne Pau, Orthez, Peyreho- •ade ou ii devient navigable, se grossit du gave d'Oloron prespi'ausai fort que lui et apporte à l'Adou» plus d'eau que n'en •ouïe le fleuve lui-même ; la Nive qui arrose le pays basque et lontle confluent est à Bayonne.

La Nivelle (45 kil.) a ses sources en Espagne et débouche au ****d de la belle rade de Saint-Jean-de-Luz.

La Bidassoa (70 kil.) a sa source et la plus grande partie de -ou cours en Espagne dans la verte vallée de Bastan; dans >on cours inférieur, sur une longueur d'environ 16 kilomètres. îlle forme la limite de la France et de l'Espagne. Elle enveloppe, plusieurs îles, entre autres l'île des Faisans et la petite le de la Conférence où fut signé en 1559 le traité des Pyrélées; elle se termine par un estuaire ayant sur ses bords la tille espagnole de Fontarabie, plusieurs fois assiégée par nos trmée9, et le village français d'Hendaye,

3° .Les fleuves côtiers à droite de la Garonne.

La Seudre (85 kil. dont 22 navigables) coule vers le nordmest dans le terrain crétacé, se perd sous terre sur une longueur d'environ 2 kilomètres et forme un long et large estuaire dont l'embouchure est ensablée.

La Charente (355 kil. dont 188 navigables) est le fleuve le plus important de cette région. Elle prend sa source à l'extrémité des h. mit- granitiques du Limousin, roule vers le nord-ouest ses eaui limpides jusqu'au point où une rangée des collines urassiques du Poitou la force à se replier en serpentant vers le iud. Apeine a-t-elle franchi ce seuil et reçu la Tardoire qu'une seconde rangée L'arrête et la force de nouveau à couler en serpentant vers le sud ; c'est seulement lorsqu'elle est entrée dans le terrain crétacé qu'elle peut, en longeant le pied des terrains jurassiques, suivre paisiblement son cours vers l'ouest dans une vallée tapissée de prairies. Angoulême est bâtie précisément au >oint on elle débouche dans la craie. Son principal affluent de la rive droite est la Boutonne (90 kil.). Les affluents delà rive gauche sonl tous dirige-, comme elle-même dans son cours su-

périeur, vers le nord-ouest, conformément à la direction générale des couches géologiques ; le plus important est la Tar doive qui a aussi sa source dans les granits du Limousin, mais qui, parvenue dans les calcaires jurassiques, a un régime bizarre : la rivière qui devrait être son principal affluent, le Bandiat, rencontre au pied de la foret de la Braconne une suite de gouffres, phénomènes fréquents dans les roches calcaires, et s'y perd complètement, n'amenant que dans les grosses eaux son tribut à la Tardoire ; un peu plus loin, la Tardoire elle-même subitle môme sort et ne porte guère à la Charente que l'eau de son dernier affluent, le Bonnieure. Mais ces deux rivières ne sont pas perdues pour la Charente : elles reparaissent à 10 et 20 kilomètres d( distance, à l'ouest de Bois-Blanc, par deux sources magnifiques qui forment immédiatement une grosse rivière de 10 kilomètres de longueur, la Touvre qui se jette dans la Charente. Les autres affluents sont deux rivières coulant entièrement dans le terrain ■crétacé ; le Né (70 Ml.) et la Seugne (78 kil.).

Le Curé débouche dans la mer au milieu d'immenses marais

La Sèvre Niortaise (165 kil. dont 71 navigables) prend source dans un plateau jurassique à une altitude d'une ce] taine de mètres, se perd bientôt dans un gouffre entre Brieui et Bagnaux, reparaît un demi-kilomètre plus loin, rencontrii l'extrémité méridionale des granits du Bocage et les longe ei se repliant vers l'ouest et en coulant au milieu d'un terra jurassique qui fait partie du grand bassin géologique de la Ga ronne ; dans son cours inférieur, elle traverse les marais où si perd le Curé; l'Autise et la Vendée (75 kil.) qui descendent di Bocage, sont ses principaux affluents.

Le Lay (104 kil.) est formé par la réunion du grand et di petit Lay et se grossit de l'Yon.

41. I>a Ivoire. — 1° Le bassin. — Le bassin de la Loire mesur 116,600 kilomètres carrés. Il forme ainsi plus du cinquième d la France dont il occupe le centre ; tout le versant septentrion;) du Massif Central et une partie des plaines de l'ancien bassin p; risien lui appartiennent. Poussée par la pente du Massif Central la Loire s'en éloigne autant qu'elle peut ; elle descend d'aboi' dans la plus orientale de ses grandes vallées et le contourne a nord en décrivant autour de lui un grand arc de cercle; il e

suite que ses principaux affluents lui viennent du sud et que, en que son cours ait environ 1,000 kilomètres, il n'y a, de sa urce à son embouchure, que 565 kilomètres en ligne droite. Le bassin de la Loire est borné : au sud-ouest et au sud, par le Dcage vendéen et la Gâtinc, par la Trouée du Poitou, par les onts du Limousin, par une partie des monts d'Auvergne et la argeride, qui le séparent du bassinde la (^ronne et des petits issins de sa rive droite ; à l'est, par les Cévennes septenionales, par les monts du Morvan et les collines du Niveris; au nord, par le plateau de la Beauce, par les collines i Perche, les collines de Normandie et la partie occidenle des collines du Maine.

2° Le fleuve. —La Loire (980 kil., dont 825 navigables et l flottables) est le plus long fleuve de France et le seul de nos •ands fleuves dont le bassin tout entier appartienne au terriire français. Elle prend sa source par 1,408 mètres d'altitude ms une fissure du granit, au pied d'un des cônes volcaniques nus du Vivarais, le Gerbier de Jonc (1,551 mètres), descend î torrent vers le sud (voir la fig. 56) et, trois kilomètres plus in, n'est plus qu'à une altitude de 1,234 mètres, après avoir îçu un torrent plus long qu'elle venu de la Ooix-de-Monuse. A 12 kilomètres de là, elle est repoussée vers l'ouest, ns vers le nord, par les monts du Vivarais et elle s'engage dans ne gorge profonde où elle se tord entre les rochers. Elle est à )0 mètres d'altitude, à la hauteur du lac d'Issarlès, et à 600 niées, lorsqu'elle rencontre pour la première fois une petite aine tertiaire que la ville du Pw/ domine du haut de son roui. Elle reçoit les torrents du Vivarais et du haut Forez, transe par deux chutes la gorge de Saint- Victor entre les rocs des onts du Forez et des monts du Lyonnais qui la dominent de us de M)0 mètres, débouche près de Saint-llambert dans la aine du Fore/, encore parsemée de trop nombreux étangs, uis traverse de nouveau une gorge étroite, le Saut de Pinay, et ntre définitivement en plaine par 275 mètres d'altitude. C'est qu'est Roanne et que la navigation commence en réalité avec canal latéral à la Loire, bien que-nominalement le fleuve soit Lvigable depuis le pont de la Noirie. Sa pente moyenne, depuis i source jusqu'à Roanne, est de 4m,50 par kilomètre. Les pc-

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Fig. 56. - Source de la Loire. (Eltrait de la carte de l'État-major au 80,000*.)

Ikesplainea allongées que la Loire traverse dans son cours supérieur formaient, comme celles de l'Allier, un chapelet de lacs dans l'âge géologique précédent. La chaîne du Forez et celle des- Gévennes, que le fleuve serre de plus près, continuent à diriger son cours vers le nord ; mais, à Digoin, les dernières pentes du massif granitique et métamorphique du Morvan l'arrêtent brusquement et l'obligent à se courber vers le nord-ouest, de Diqoin jusqu'à Nevers, en rasant le pied des derniers coteaux du Massif, sans qu'elle soit nulle part emprisonnée dans une gorge Un peu au delà de Nevers, après le confluent de l'Allier (voir la

Kg. 57. - Confluent do la Loire et de l'Allier. (Extrait de la carte de 1 Etat-major au 80,000e.)

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de digues, souvent imposantes, empêchent .seules

;::;",;|K;^"-,",-1 - A l'étiage, c'est-à-dire aux

«es- aux, la Loire ne déMte, au-dessous du confluent de

l'Allier, que 30 mètres cubes d'eau par seconde ; dans la grande crue de 1856, elle en débitait 9,000.

La Loire, dans son cours supérieur, coulant en grande partie, ainsi que l'Allier, sur des terrains imperméables et à grande pente entre des berges étroites, dont toute l'eau, glissant à la surface du sol ou pénétrant dans l'intérieur, est promptemem ramenée dans le thalweg, est le plus variable de nos grand* fleuves. A Orléans, dans un lit deux fois large comme celui d( la Seine à Paris, elle ne débite guère à l'étiage que le tiers d< l'eau qui passe sous les ponts de Paris en été.

Dans la seconde partie de son cours, la Loire arrose Sancern Cosiie, Gien et Orléans. Elle sépare la France du nord de 1 France du midi, et ses rives ont été plus d'une fois le théâtre d combats dans les guerres civiles et dans les guerres étrangères il suffit de rappeler le siège d'Orléans en 1428, et, à quelqu •distance de là, la victoire de Jeanne d'Arc à Patay ; le siège d Sancerre en 1575 durant les guerres de religion; la prise d'Oi iéans en 1870 par les Allemands et, aux environs, les batailles c ■Coulmiers et d'Artenay.

A la hauteur d'Orléans, la Loire est à 93 mètres au-dessus c niveau de la mer ; elle rencontre les calcaires du plateau de Bcauce qui la dominent de 30 à 60 mètres et elle se replie poi prendre la direction sud-ouest, qni est celle de tous ses affluen <le droite dans cette région, Sarthe, Loir, etc., formant avec ei •et avec les collines du Perche, cause de cette inflexion, une sér d'arcs de cercle concentriques. C'est au changement de dire tion et par conséquent au point le plus septentrional de course et le plus propice au commerce avec le bassin de Seine qu'Orléans est bâtie ; c'est aussi le commencement < bassin inférieur de la Loire.

Le fleuve coule dans une vallée qu'il s'est creusée en fouilln le sol tertiaire jusqu'à la profondeur des couches de la craie qu'il ne remplit pas dans toute sa largeur ; le plus souvent l longe les coteaux de sa rive droite qui sont l'obstacle et qui ! rejettent parfois sur les coteaux moins élevés de la rive gaucl ; c'est sur la rive droite que sont les, villes de Beaugency, 3 Blois et les plus nombreux vignobles de cette contrée riche i vins. Tours est dans la plaine où se réunissent le Cher et i

Loire par une altitude de 40 mètres. Au moyen Age, la Loire passait à Bourgueil au pied des terrains crétacés, là où sont aujourd'hui les prairies de l'Authion; elle s'est légèrement déplacée vers le sud et, de Candes à Saumur, elle occupe l'ancien lit de la Vienne. Le fleuve rencontre à Candes un nouvel obstacle, celui des terrains qui s'appuient sur le massif granitique de la (i.Uine, et il dévie vers le nord-ouest jusqu'au confluent de la Vlainc qui est par une altitude de 14 mètres. Un peu avant ce confluent, sont les Ponts-de-Cé, position militaire importante, :ar c'est la route d'Angers en Vendée; on s'y est battu en 1793, insi que sur divers autres points de la basse Loire, à Saumur, à >avenay, etc. Le fleuve passe ensuite entre les micaschistes iu sud et les terrains siluriens au nord, contourne ceux-ci et es traverse en formant un arc de cercle jusqu'à Nantes; là, le leuve, plus régulier dans son régime depuis qu'il coule entre es plaines, débite au moins 300 mètres cubes d'eau à la seconde t n'en fournit jamais plus de 6,1 15. Par une dernière courbe, il agne l'océan Atlantique, où il débouche entre la pointe de Chéaoulin et la pointe de Saint-Gildas, distantes de 12 kilomètres. Depuis Orléans, et surtout depuis Blois, sa vallée est partout iante et fertile, encadrée de deux lignes de coteaux et de longues angées de peupliers, d'un aspect cependant peu varié. Les rois e France y ont fréquemment séjourné au quinzième et au seiième siècle, à Amboise, à Plessis-les-Tours, etc., et ils y ont onstniit les plus gracieux châteaux de la Renaissance, Chamord, Plois. Le cours du fleuve est semé d'une multitude d'îles t de bancs de sable formés de la poussière des roches qu'il bnge dans son cours supérieur. Ces bancs, qui font varier le lenal, contribuent, avec les eaux tantôt trop hautes et tantôt op 1>;i— .'-. avec les vents souvent contraires, à rendre la irrigation toujours difficile, et les bâtiments même d'un toilage moyen, ne peuvent remonter jusqu'à Nantes. En amont du influent de la Vienne, la navigation est presque nulle; en aval leest un peu plus considérable, mais elle diminue devant la ►ncurrence du chemin de fer. C'est pour éviter les inconvéents du port de Nantes qu'on a construit récemment à l'em- W hure le port de Saint-Nazaire, mieux situé que l'ancien »rt de Pahnbœuf.

3° Les affluents de droite du bassin supérieur. — Durant la première partie de son cours, la Loire est serrée dans un bassin trop étroit pour recevoir de grands affluents ; un seul cours d'eau qui est presque son frère jumeau, l'Allier, fait exception.

Les premiers affluents de la rive droite viennent de la chaîne des Cévennes : le Lignon (84 kil.) roulant au fond d'un sombre ra vin, le Rhin ou Rabin (56 kil.) dont le confluent est près de Roanne le Sornin (54 kil.), la Reconce (70 kil.) qui fait un brusque détoui avant de se jeter dans la Loire. Les autres affluents viennent à\ massif du Morvan et du Nivernais : YArroux (120 kil.) qui recoi la Bourbince (90 kil.), sortie d'un des étangs du Charollais et ser vant à alimenter le canal du Centre depuis son bief de partage YAron (75 kil.) qui, comme un bras du Beuvron, affluent d l'Yonne, sort de l'étang d'Aron et sert à alimenter le c; nal du Nivernais; la Nièvre (53 kil.) dont l'étroite vallée couroi née de forêts est pittoresque.

4° Les affluents de gauche du bassin supérieur. — Les affluent de la rive gauche de la Loire sont : la Borne (48 kil.) qui, formé de la réunion de deux torrents, parcourt une des parties les pli pittoresques du Vélay et qui rejoint la Loire.au pied du Pir l'Arzon (43 kil.) et l'Ance (66 kil.) qui, venus des monts du Fore coulent encaissés dans d'étroits ravins ; le Lignon (52 kil.) q arrose la plaine du Forez et dont les gracieux paysages ont é célébrés dans l'Astrée, le roman de d'Urfé ; l'Aise (50 kil.) q vient des montagnes delà Madeleine et arrose aussi le Fore la Besbre (408 kil.) qui vient du puy de Montoncel et qui coule d rectement vers le nord dans une belle vallée ; l'Acolin (50 kil. l'Aubois (52 kil.) qui prête ses eaux au canal du Berri et Vauvise (56 kil.) parallèle à la Loire.

Entre l'Acolin et l'Aubois, à l'extrémité occidentale du cou que le massif du Morvan fait décrire à la Loire, par 172 mèti d'altitude, est le confluent de l'Allier. L'Allier (375 kil. de 248 navigables) prend sa source par 1,426 mètres d'altitude ( viron (1), dans un ravin de la forêt de Mercoire, et décrit vers' sud, puis vers l'est et enfin vers le nord une courbe syntrique à celle de la Loire; près de Langogne, après 42 ki-

(1) 1,458 mètres, d'après Krantz.

LE SOL. t6o

nètres de cours, son altitude n'est plus que de 900 mètres. A tartir de cette ville jusqu'à Brioude, il serpente étroitement erré entre la montagne de la Marger-ide et les monts du Velay Laas un ra\in boisé, sauvage, profond de 300 à 500 mètres; il Lébouche près de Brioude, par 426 mètres d'altitude, dans labelle laine de la Limagne et du Bourbonnais, arrose, par 210 mètres altitude, Moulins, seule ville importante bâtie sur sa rive et rotégée contre ses débordements par une digue. C'est d'ailleurs ne rivière capricieuse, sujette à des crues non moins redoutales que celles de la Loire et bien médiocrement navigable. L'Alar reçoit à droite la Senouire (56 kil.) et la Dore (130 kil. dont 5 navigables) ; celle-ci coule du sud au nord dans un pays accienté, passcprès (YAmbert et reçoitla Durolle (25 kil.) qui arrose ^hiers et dont les chutes font la beauté pittoresque et l'impormce manufacturière. Il reçoit à gauche YAlagnon (86 kil.) qui rend sa source au Plomb du Cantal et dont le chemin de fer de lermont à Aurillac remonte la belle et sauvage vallée, et il s'acroît de plusieurs torrents venus des monts Dore et des monts >ôme, la Morges (66 kil.), la Sioule (160 kil.) qui prend sa source ans les monts Dore et qui, grossie du Sioulet et de la Bouble, »nie resserrée dans une vallée profonde et pittoresque.

5° Les affluents de droite du bassin inférieur. — Dans la se- Dnde partie de son cours, la Loire ne reçoit d'abord sur sa rive roite, où tes coteaux la serrent de près, que de petits ruisseaux, omme la Cisse (80 kil.) et YAuthion (105 kil. dont 50 nominaleicnt navigables), qui, après avoir coulé dans les ravins du pla-

iii, débouchent dans la vallée du fleuve et la suivent quelque ■iiips a\antde se confondre avec lui. Dans les crues de la Loire, is eaiu «lu fleuve refluent dans l'Authion et semblent remon- T vers leur source.

A l'endroit où le fleuve quitte les terrains tertiaires etcréicés pour s'engager dans les terrains de transition, il re- )it la Maine qui n'a pas 12 kilomètres de cours, mais qui lui )portc les eaux de trois importantes rivières descendues des )llines de Normandie, du Perche et du Maine et formant en îelque sorte l'éventail : la Sarthe, grossie du Loir, et la ayenne.

La Sarthe (286 kil. dont 132 na\igables) prend sa source dans

les collines du Perche, par 300 mètres d'altitude environ, baign< Alençon (par \ 36 mètres d'altitude), traverse à Saint-Céneri mu gorge pittoresque creusée dans un massif de granit, descend ver: le sud, arrose le Mans, célèbre dans les annales militaires pu la défaite des Vendéens en 1793 et par la bataille malheureus; livrée aux Allemands en 1871 , et reçoit au-dessous de cette ville par une altitude de 45 mètres, son premier affluent important YHuisne (192 kil.) dont le cours tout bordé de charmantes prai ries forme exactement le pendant du sien ; puis la rivièr prend en serpentant la direction du sud-ouest qu'avait suivi l'Huisne, recueille sur sa rive droite les petites rivières qi viennent de la chaîne des Coëvrons, la Vègre etl'Erve, et reço le Loir, 5 kilomètres avant de se réunir à la Mayenne, au miliei de prairies qui s'étendent presque à perte de vue.

Le Loir (310 kil. dont 115 navigables), plus long que la Sarthi prend sa source vers le plateau du Perche et souvent les pn miers kilomètres de son lit sont à sec. Il s'enfonce bientôt dai le plaleau et coule entre deux lignes de coteaux, serpentant ( i l'une à l'autre et creusant çà et là sur cette double muraille d cirques d'érosion, comme tous les cours d'eau placés dans 1< mêmes conditions. Il n'y reçoit que des ruisseaux : sur sa ri1 gauche, la Conie marécageuse ; sur sa rive droite, l'Ozann la rivière d'Yerre et la Braye venues des collines du Perch

La Mayenne (204 kil. dont 134 navigables en y cfomprena la Maine) prend sa source par 300 mètres environ d'altitude, { pied de la forêt de Multonne, un des points culminants de France occidentale, traverse dans des encaissements profon< et souvent pittoresques les terrains granitiques situés au no] et au sud de Mayenne et désignés sous le nom de collines c Maine, coule toujours encaissée dans des terrains de traitf tion qui recèlent l'anthracite, arrose Laval, Château- G ontier, i grossie de nombreux petits tributaires, la Varenne venue d collines de Normandie, l'Ernée et l'Oudon venus des collines ■ Maine, la Jouanne venue de la chaîne des Coëvrons, elle cbouche dans les prairies où elle se joint par deux bras i i Sarthe. La Mayenne, est avec la Maine, la rivière de ce groupe M la navigation est le plus active. Le plus grand de ses affluei; esiYOudon (navigable sur 18 kil.) remarquable par le parai-

isme des ruisseaux qui s'y jettent et qui indiquent, ainsi que les .ffluents de la rive gauche de la Vilaine, la direction générale les plissements du sol dans cette région. Apres la Maine, le seul affluent de la Loire digne d'être cité de e côté est YErdre (105 kil. dont 7 navigables) qui, avant de déloucher à Nantes par une coupure du terrain granitique, s'étale [ans le terrain tertiaire en formant un long chapelet d'étangs et e gracieux paysages.

0° Les affluents de gauche du bassin inférieur. — Sur sa rive

auche, la Loire reçoit dans la seconde partie de son cours plu-

ieurs grands affluents qui descendent vers le nord sur la pente

eptentrionale du Massif Central et qui, parvenus dans la plaine

e la Loire, se replient vers l'ouest avant de se confondre avec

lie.

Le Loiret (12 kil.) naît dans un parc de deux sources toutes

oisines et renommées pour leur abondance ; môme dans les-

lus basses eaux, elles fournissent près d'un hectolitre par se-

econde. 11 est probable qu'elles sont produites par des infiltra-

ons de la Loire elle-même, dont une partie des eaux se perdrait

dus le sol au coude de Sandillon et reparaîtrait 7 kilomètres

lus loin, à l'extrémité de la vallée d'alluvion et au pied des

3teaux du terrain tertiaire ; le Loiret, grossi de quelques ruis-

iaux, suit la ligne de ces coteaux jusqu'à son confluent.

Le Beuvron (125 kil.), rivière de plaine, coule au milieu des

tangs et des landes stériles de la Sologne, reçoit ïe Néant

« kil.) et une partie des eaux du Cosson (100 kil.) qui versejli-

setement l'autre partie dans le fleuve dont il suit quelque

;mps la vallée.

Le Cher (320 kil. (1), dont 93 na\igables), redoutable par îs débordements , prend sa source dans les monts de la arche par 654 mètres d'altitude, coule vers le nord dans ne \ allée granitique et étroite, reçoit la Tardes (62 kil.) aux >pges pittoresques et commence à Montluqon (202 mètres d'altide a se former une vallée d'alluvion, encore étroite, mais mis Laquelle cependant passe le chemin de fer et un embranlement du canal du Berri; il reçoit l'Aumance (52 kil.), et, à

1(1) 3G5 Delesse.

Saint-Amand, la Marmande (50 kil.) qui alimente un embranchement du canal; il prend dans la plaine tertiaire la direction du nord-ouest en inclinant de plus en plus vers l'ouest, comme tous les cours d'eau de la région, reçoit à Vierzon le canal du Berri et YYèvre (80 kil.) qui l'alimente et qui reçoit lui-même YAuron (80 kil.) ; Bourges est au confluent de l'Auron et de l'Yèvre. Le Cher reçoit encore la grande Sauldre (162 kil.) qui se . grossit de la petite Sauldre (70 kil.) avec laquelle elle arrose la Sologne et qui sert à alimenter le canal de la Sauldre. Il débouche, à 8 kilomètres à l'est de Tours, dans la vallée de la Loire qu'il longe pendant 24 kilomètres et dont de fortes digues le séparent, puis il se confond avec le fleuve en face de Cinq-Mars-la- \ Pile par 42 mètres d'altitude ; il prolongeait autrefois son cour:! vers l'ouest, dans la môme vallée, jusqu'au confluent actuel de l'Indre à laquelle il envoie encore un de ses bras ; la naviga i tion y est peu active.

L'Indre (245 kil.) (1), naît au fond du massif granitique d< la Marche , par 436 mètres d'altitude, coule à pleins bord vers le nord-ouest, au milieu de prairies encadrées de gra J cieux paysages , fait mouvoir un grand nombre d'usines arrose Châteauroux et Loches, et entre, au-dessous d'Azay-le Rideau, dans la vallée de la Loire où un de ses bras longe 1 fleuve pendant 12 kilomètres avant de se confondre avec lui : elle n'a pour affluent que des ruisseaux dont le plus gran est l'Indroye.

La Vienne (372 kil. (2), dont 74 navigables) prend sa sourc sur le flanc occidental du mont Odouze, par 858 mètres d'al titude, coule vers le nord-ouest dans une vallée profond et pittoresque, où elle est sujette à de grandes crues et où ell se grossit des torrents descendus des plateaux du Limousii A Saint-Priest, elle rencontre le massif où est le puy de Sai vagnac, se recourbe vers le sud-ouest après avoir reçu Thorion qui a déjà longé le môme massif dans une sauv; vallée, baigne Limoges et reprend sa course vers le nor ouest après avoir reçu la Briance dont elle semble alo continuer le cours. Presqu'à l'extrémité des terrains granitiqiu

(1) 281 Delesse.

(2) 353 Delesse.

*'l!e rencontre une faille ouverte vers le nord, s ■'y engage en changeant brusquement de direction, arrose Confolens, et, après avoir formé une longue suite de sites pittoresques, elle débouche dans les terrains jurassiques, puis crétacés du Poitou où elle baigne Chatellerault, Chinon et reçoit ses deux principaux affluents, à droite la Creuse, à gauche le Clain. La Creuse (235 kil:) , qui prend sa source au nord du mont Odouze, coule vers le nord-ouest, d'abord dans une gorge étroite, puis dans une creuse et pittoresque vallée, arrose Aubusson, reçoit la petite Creuse, la Bouzanne, puis, par 56 mètres d'altitude, la Gartempe (170 kil ) grossie de l'Anglin et renommée pour ses beaux sites, et se réunit à la Vienne par 37 mètres d'altitude après un cours assez paisible. Le Clain 128 kil. . au cours sinueux et lent, mais parfois aussi pittoresque, a sa source à 200 mètres environ d'altitude, sur la lisière du terrain granitique, arrose avec ses petits affluents, Vomie, Clouère, etc., toute la trouée du Poitou et passe au pied de Poitiers, non loin des coteaux où le roi Jean fut vaincu par les Anglais en 1356. La Vienne se jette dans la Loire i Candes, au pied de la forêt de Fontcvrault, par 32 mètres l'altitude ; autrefois, quand la Loire coulait dans la vallée de 'Authion, c'était plus à l'ouest, vers Saumur, que se trouvait e confluent.

• Le Thouet (133 kil. dont 18 navigables, ou 30 kil. en y comprenant le canal de Dive et Thouet) prend sa source dans la Gâne, près de la Sèvre Nantaise, coule en serpentant vers le ord sur le flanc occidental du terrain granitique, arrose Par- > nay, reçoit le Thouaret et l'Argenton venus comme lui de la âtine, [m i s la Dive venue de la plaine du Poitou et sur les Mrds de laquelle a été livrée dans les guerres de religion la baille de Moncontour (1569) ; il se jette dans la Loire à Saumur. Le Layon (90 kil. dont 58 navigables) descend d'abord vers le ord-esl sur la pente des schistes du Bocage ; mais il rencontre Jntôt un bourrelet de terrain tertiaire qui le sépare de la >ire cl il tourne brusquement au nord-ouest, coulant au mi- •u de terrains carbonifères et recueillant au passage tous les stita ruisseaux qui ont la même direction que lui dans son ►ups supérieur,

LA m.W I . JQ

le

L'Evre (70 kil.) coule au milieu des schistes du Bocage vendéen.

La Sèvre Nantaise (138 kil. dont 21 navigables) naît dans un étang à 215 mètres au-dessus du niveau de la mer, coule vers le nord-ouest au milieu d'une étroite bande de prairies, sur le sol granitique et pittoresque du Bocage, et reçoit le Moine et la petite Maine (4 kil. navigables). Dans le bassin de ce cours d'eau de nombreux combats ont été livrés durant la guerre de Vendée, à Chatillon, à Torfou, à Cholet.

VAcheneau (82 kil. avec la Boulogne, dont 24 navigables) coule dans un terrain d'alluvion au milieu de vastes prairies, reçoit le Tenu (19 kil. navigables) et sert de déversoir au lac de Grand-Lieu (70 kil. car.). Ce lac situé presqu'au niveau de la mer et bordé de marécages, paraît avoir été formé par une invasion de l'Océan au vie siècle ; il a été question de le dessécher. La Boulogne et l'Oignon (5 kil. navigables) l'alimentent.

42. Les bassins secondaires de l'océan Atlantique. — 1° L'étendue. — Les bassins dépendant de la Loire, ou bassins secondaires de l'océan Atlantique proprement dit, depuis les granits de la Vendée jusqu'à l'extrémité occidentale de la Bretagne, occupent une superficie de 18,000 kilomètres carrés. Les bassins de la rive gauche ont pour limite le Bocage vendéen. Les bassins de la rive droite ont pour limites la partie occidentale des collines du Maine et les monts de Bretagne.

2° Les fleuves côtiers de la rive gauche. — Entre la baie de Bourgneuf et le pertuis Breton, l'océan Atlantique reçoit plusieurs petits cours d'eau qui descendent du Bocage vendéen ou qui ont leur source dans la plaine et qui, comme les rivières coulant sur des terrains granitiques, sont encaissés, sinueux et grossis d'une multitude de ruisseaux ; la plupart se terminent au milieu des marais salants. Les principaux sont :

Le Falleron, qui entoure l'île de Bouin de ses bras (Étier du Sud et Étier du Dain).

La Vie (54 kil. dont 3 navigables), qui reçoit le Jaunay ; l'Ausance.

3° Les fleuves côtiers de la rive droite. — La Vilaine (220 kil. dont 96 navigables) est le fleuve le plus important de la Bre tagne. Elle prend sa source près du village de Juvigné, dan?

les collines du Maine, à 153 mètres au-dessus du niveau de la mer, forme un vaste étang, contourne la colline d'où elle est sorlic, coule vers l'ouest entre des rives tantôt élevées et tantôt plates, recueille en amont ou en aval de Rennes toutes les eaux du versant sud-ouest des collines du Maine, comme le Couesnon recueille celles du versant nord-ouest ; la Seiche, le Semnon, la Chère (5 kil. navigables), le Bon (8 kil. navigables), l'Isac sont les principaux affluents qui lui viennent de cette direction.

Sur sa rive droite, la Vilaine reçoit Ville, petit cours d'eau qui sort d'un des étangs du plateau granitique et qui alimente le canal d'Ille-et-Rance. Arrêtée par les dernières pentes des collines de Bretagne, la Vilaine se replie vers le sud à partir du confluent de Tille, qui est à une altitude de 23 mètres seulement au-dessus du niveau de la mer. C'est là qu'a été bâtie la ville de Rennes, à un point qui peut être comparé, en petit, au confluent de la Saône et du Rhône, où a été bâtie Lyon. Des collines granitiques de Bretagne lui viennent la Meu, descendue du Mené, et VOust, qui lui-même reçoit de nombreux affluents, coulant les uns du Mené et de la forêt de Paimpont vers le sud (Aff, 8 kil. navigables), les autres vers l'est entre les plateaux inférieurs (Claie, Arz, 15 kil. navigables, etc.). Vers son extrémité, la Vilaine se recourbe vers l'ouest et se rend à la mer par un large estuaire, après avoir coulé sous le beau pont suspendu de la Roche-Bernard.

Entre la Vilaine et le Blavet, il n'y a que des. ruisseaux sans importance, comme le ruisseau du pont du Loc, parce que les plateaux inférieurs font dévier les cours d'eau vers l'un ou l'autre de ces deux fleuves. Quelques estuaires, comme la Marie qui passe à Vannes et la rivière d'Auray, sont navigables à marée haute.

Le Blavet (115 kil.) prend sa source à une altitude d'environ 280 mètres, descend vers le sud à travers un terrain ondule s'engage à Goarec dans un étroit défilé que domine de plus de 100 mètres la forêt de Quenecan et dans lequel il s'avance en serpentant vers l'est, puis coule de nouveau vers le sud en dessinant de nombreux et brusques crochets et en contournant, dans son cours inférieur, la pointe occidentale de la lande de Lan-

vaux. Il reçoit l'Evel sur sa rive gauche ; le Scorff (70 kil.) débouche sur la rive droite de son estuaire vaseux, dans lequel on a pu cependant construire un de nos grands ports militaires, Lorient.

VEllé, qui passe à Quimperlé et qui reçoit l'Isole, l'Aven, YOdet qui passe à Quimper et le Goyen qui débouche à Audierne descendent des ravins des Montagnes Noires avec les ruisseaux qui les grossissent. Le versant tout granitique de la pointe occidentale de la Bretagne n'a que deux cours d'eau dignes d'être cités et qui tous deux débouchent dans la rade de Brest : YElorn, ou rivière de Landerneau, qui longe le versant septentrional de la montagne d'Arrée et V Aulne qui prend sa source au pied de la forêt de Beffou, se grossit de l'Aven et arrose Chateaulin ; le bassin de cette dernière rivière comprend, avec la rivière de Daoulas qui n'est qu'un estuaire, tout l'espace situé entre les montagnes d'Arrée et les montagnes Noires.

43. L«a Seine. — 1° Le bassin. Le bassin de la Seine a une superficie de 78,000 kilomètres carrés, dont 92 dépendent de la Belgique, à la source de l'Oise. Ce n'est pas le plus grand des bassins français, mais c'est le plus régulièrement disposé et le plus important, parce qu'au centre se trouve Paris, la capitale.

Le fleuve forme à peu près le diamètre du grand cercle dit bassin parisien; les grands affluents Yonne, Marne, Oise (1) figurent en quelque sorte des rayons de ce cercle et Paris, dont diverses raisons ont contribué à faire une grande ville, occupe le centre. Le bassin n'est nulle part protégé par de hautes montagnes, et les principaux affluents sont des routes qui, de divers côtés, peuvent conduire un ennemi sous les murs de la capitale. La faiblesse et le danger de cette situation ont été considérablement accrus depuis que les Prussiens sont maîtres de la crête des Vosges et de Metz.

A un autre point de vue, ce bassin est celui qui possède le plus de riches plaines cultivées et qui a offert le plus de facilités pour multiplier les routes. Sur une grande étendue, il se compose de terres perméables qui boivent l'eau des pluies, en régularisent

(1) L'Eure même et ses affluents, si elle ne se repliait vers le nord dans son cours moyen.

c débit et rendent les grandes inondations très-rares. La Seine esl à ce titre un fleuve qui facilite les œuvres de la civilisation : à Paris, il ne débite jamais moins de 44 mètres cubes d'eau; souvent il ne descend pas au-dessous de 75 mètres cubes à l'é- ' liage et la moyenne est d'environ 50 mètres. Dans les plus grandes crues, il ne donne jamais plus de 2,000 mètres cubes d'eau et 250 mètres cubes constituent son débit moyen.

Le bassin de la Seine est limité au sud par les collines du Perche, le plateau de la Beauce, les collines du Nivernais, les monts du Morvan qui le séparent du bassin de la Loire ; à l'est par la Côte-d'Or et le plateau de Langres qui le séparent du bassin du Rhône, et par le bourrelet de collines jurassiques qui s'étend à l'ouest de la Meuse ; au nord, par les dernières pentes de l'Ardenne, par la ligne à peine sensible des hauteurs du Vermandois et du Noyonnais et par la partie centrale du plateau de Caux.

2° Le fleuve. — La Seine (776 kil. dont 656 navigables) a sa triple source à une altitude d'environ 471 mètres, dans un petit vallon boisé dit Combe de la Douix, dépendant de la commune de Saint-Germain-Source-Seine (voir fîg. 58) (1). A la première source, la ville de Paris a fait élever un monument, en 1867 : une nymphe, l'urne en main, y verse l'eau naissante, fia Seine se grossit tout d'abord de quelques sources importantes, coule rapidement vers le nord-nord-ouest dans un étroit vallon que le plateau domine de près de 100 mètres, passe au pied de Chanceaux, disparaît dans les sables pour reparaître dans le pré de La Chapelle, près de Billy, fait ensuite mouvoir des moulins et des usines et reçoit sur sa rive droite des ruisseaux sortis comme elle des vallons de la Côte-dOr. Au confluent du Brevon, elle n'est plus qu'à une altitude de 2(io mètres; à Chàtillon-sur-Seine, son lit, qu'un terrain calcaire trop poreux a appauvri, se remplit de nouveau par l'abondante source de la Douix (2), et le fleuve débouche dans la plaine,

(1) La carte de l'Etat-major, gravée depuis longtemps, indique le village de Saint-Germain-la-Feuille, nom que portait il y a peu d'années encore le village de Saint-Germain-Source-Seine.

(2) C'est la seconde Douix; la première est située en amont à Duesmes.

Fig. 58. — Source de la Seine. (Extrait de la carte d'État-major au 80,000'.)

ivec une altitude de 220 mètres. La Seine rencontre bientôt la

umdedes terrains jurassiques moyens et la traverse dans une

îorge dont les hauteurs, en partie boisées, la dominent de plus

e 100 mètres. C'est au sortir de ce défilé qu'elle reçoit ses pre-

niers affluents notables et arrose Bar-sur-Seine; elle est alors à

me altitude de 150 mètres et commence à être navigable àl'aide

u canal de la Haute-Seine. Elle prend la direction nord-ouest,

ntre ensuite dans le terrain crétacé, serpente en se divisant

n plusieurs canaux, au milieu des prairies, dans la grande

laine de la Champagne où est bâti Troyes et où elle n'est plus

u'à une altitude de 100 mètres. A l'extrémité de cette plaine

lie rencontre un obstacle, la ligne des hauteurs de la Brie, et

on cours ralenti devient marécageux. Elle se recourbe vers

ouest-sud-ouest et reçoit à Marcilly l'Aube arrêtée par le

îème obstacle.

De Xogent-sur-Seine jusqu'au delà de Montereau, sur une lonueur de plus de 50 kilomètres, la Seine coule en serpentant sur n fond de craie et en longeant le pied méridional des coteaux .Ttiaires de la Brie ; elle ne reçoit que de petits ruisseaux. [ontereau est bâtie au confluent de l'Yonne, le plus grand fluent de la rive gauche de la Seine qui a là une altitude de » mètres et qui commence à être véritablement un grand coins eau très-propre à la navigation.

Le cours de la Seine, de Troyes à Montereau, a été le théâtre i maints combats livrés daus la campagne de 1814 par Napoon eontre les Autrichiens qui marchaient sur Paris par la dlée de ce fleuve : combats à Troyes, à Nogent-sur-Seine, itaillede Montereau sur les hauteurs de la rive droite. A la hauteur de Moret, la Seine dirige sa marche sinueuse jps le nord-ouest, dans une percée du terrain tertiaire, coule ms une vallée fertile, occupant un lit de 100 à 150 mètres ■ Largeur entre deux rangées de coteaux, et baigne Melun et vrbeil. De Villeneuve-Saint-Georges à Argenteuil, cette vallée, i grande partie nivelée par les terrains de transport du diluum, s'élargit : c'est la qu'est bâti Paris. La ville a subi plusieurs . mais aucun n'a été plus cruel que celui de 1870-1871, ridant lequel ont été livrés plusieurs combats ou batailles, à latillon au sud de la \illc, à Champigm sur les bords de la

Marne à l'est, au Bourget au nord-est, à Buzenval à Voues La basse Seine commence à Paris, où l'altitude du fleuve l'étiage du Pont-Royal, à l'époque des plus basses eaux, est d 24m,o0. De là à la mer, son cours, qui est de 360 kilomètres, es lent et sinueux. La vallée, dont le fond d'alluvion repose presqï partout sur la craie, a été coupée, à l'époque du diluvium, dai une plaine de terrain tertiaire qui la domine de 100 mètres m plus ; une longue suite de gracieux coteaux, limés et arrond par les eaux, forme des deux côtés la descente. Le fleuve y d roule son ruban sinueux et tout parsemé de longues îles, rebo dissant en quelque sorte d'une ligne de coteaux à l'autre bordant ainsi les hauteurs de la rive extérieure de ses méa dres, tandis que la rive intérieure enveloppe une plaine bas et souvent boisée.

Dans cette partie de son cours, il touche de sa rive droi

Saint-Denis, où les protestai] et les catholiques se so livré bataille en 1567 et qi les Allemands ont bombar< en 1871, de sa rive gaucl Saint-Germain et Poissy,ent lesquels est le confluent l'Oise (voir fîg. 59), pi Mantes et Elbœuf.

Au sommet d'une de courbes les plus arquées est la ville de Rouen, où, co mence la navigation maritime ; la marée se fait sei môme au delà, jusqu'à Pont-de-F Arche : c'est ce qui a fait Rouen le grand port de la Seine, lorsque les chemins de ' n'existaient pas et que le commerce employait des bâtim* d'un faible tonnage. De Rouen à l'embouchure, les méandit continuent, le fleuve devient plus large et plus profond et paysage est d'une beauté plus imposante. Un peu au-dessous s Caudebec, la Seine mesure plus d'un kilomètre de largeur, à Qi lebœuf près de 2 kilomètres et demi, et au sud-ouest s'étend II outre le vaste marais Vernier ; mais des bancs de sable m vants obstruaient son cours et, à marée basse, ne lui h saient pas 1 mètre de profondeur ; cet obstacle, joint à la ba e

Fig. 59. Confluent de la Seine et de l'Oise.

li, à marée haute, remonte avec furie jusqu'au delà de Juiège, nuisait à la navigation ; on y a remédié par de grands diguements qui ont approfondi le chenal et fixé les grèves Quillebœuf, qu'on rend peu à peu à la culture. Au delà de la inte de Tancarville commence l'estuaire de la Seine, qui a e largeur de 10 kilomètres en face de Honfleur. A l'extréité de la rive droite de l'estuaire est le Havre, dont le port uvre sur la mer.

3° Les affluents de. la rive droite de la haute Seine, — Ces luents ont tous leur direction générale au nord-ouest et mnent des mômes plateaux que le fleuve. L'Ource (85 kil.) qui descend précisément du même plateau

i e la Seine se grossit de l'Arce, presque à son confluent. La Barse recueille, sur un sol imperméable, les eaux de noni-

1 eux étangs et les porte à Troyes.

L'Aube (226 kil. dont 45 navigables) prend sa source au mont ule ; a partir de la foret de Formont, dans la Côte-d'Or, elle nie parallèlement à la Seine, vers le nord-ouest, comme tous cours d'eau de ce versant du plateau, arrose Bar-sur- Aube et cis-sur-Aubc, reçoit l'Aujon, la Voire et l'Auzon qui viennent la région des étangs ; contrainte de se replier comme la Seine vant le même obstacle, elle se réunit à elle à Marcilly, par

I mètres d'altitude. L'Aube est une des routes qui conduisent s bords du Rhin, par le plateau de Langres, à Paris ; plusieurs (inbatsyont été livrés dans la campagne de 1814, à Bar-suri be, à Brienne, à Arcis.

La Youlzie passe près de Provins.

I l.'Yères (88 kil.) naît dans les terrains de la Brie et coule vers luest, en serpentant sans cesse dans une creuse et charimte vaUé( : mais, malgré le tribut de sources abondantes, ,«e n'a pas beaucoup d'eau, parce qu'elle en perd une grande rtie dans les terrains poreux qu'elle traverse. La Marne (494 kil. dont 314 navigables avec le canal latéral) le plus grand affluent de la Seine. Elle prend sa source au l-est de Langres, à la fontaine de Marnotte,parune altitude de i^ de 38i t mètres, coule vers le nord, passe au pied de la colline Langres dans une creuse vallée que suit le chemin de fer et débouchent plusieurs ruisseaux. Au-dessous de Chaumont,

au confluent de la Suize, dont le chemin de fer franchit la vallée par un long et beau viaduc, elle est encore à 253 mètre? d'altitude. Parvenue au bourrelet que forme à sa limite le terrain crétacé, elle s'infléchit vers l'ouest, de Saint-Dizier à Vitry-le-François, où elle reçoit la Sauîx (95 kil.) grossie de YOrnain (120 kil.) qui arrose Bar-le-Duc. Déjà se sont réunis à elle le Rognon et la Biaise qui passe à Vassy ; tous ces cour* d'eau font mouvoir des forges et des usines. De Vitry-lc-Fran cois à Epernay, la Marne arrose Ghâlons, et coule au nordouest à travers la plaine monotone et nue de la Champagne la Somme-Soude y est son principal affluent. D'Épernay i Meaux, elle traverse la Brie et, de Meaux à son confluent, elk en longe le versant septentrional ; sur ce parcours, elle arrose Château-Thierry, souvent assiégée par les armées qui ont envahi la France, et elle se dirige, par une suite ininterrompue de méandres, vers l'ouest-sud-ouest. Sur sa gauche, elle reçoi le Surmelin, le Petit Morin (58 kil.), près duquel ont ét( livrées en 1814 les batailles de Champaubert et de Montmirail et le Grand Morin (118 kil.) qui tous deux naissent sur le ter rain crétacé de la Champagne, dans une région où croupissen en marécages les eaux qui, arrêtées par les coteaux de la Bri< champenoise, traversent ensuite, comme la Marne, dans d( creuses et humides vallées, ce plateau semé de nombreux étangs. Sur sa droite, elle reçoit YOurcq (80 kil. dont 1 1 navi gables), qui naît dans la forêt de Riz-en- Tardenois et qui (loi son importance à son canal. A Saint-Maur, près de son cou fluent, la Marne roule à l'étiage 15 mètres cubes et 1,500 dam les grandes crues. Elle forme là un dernier méandre, di boucle de Marne, dont un canal souterrain épargne le détour ; la navigation (1) ; c'est dans la boucle de Marne que les Bn gaudes, au temps des Romains, s'étaient réfugiés et qu il furent écrasés par l'empereur Maximien ; c'est en face de cett boucle que sont les hauteurs de Champigny, rendues célèbre par la bataille livrée aux Allemands, en décembre 1870, pen

(1) Il y a sur le cours de la Marne 8 petits canaux ou dérivatior d'une longueur totale de 29 kilomètres, destinés à faciliter la navig; tion, sans compter le canal latéral d'une longueur de 137 kilomètres.

lant le siéL>e de Paris. La Marne débouche dans la Seine à ^harenton.

4° Les affluents de la rive droite de la basse Seine. — La direcion générale de leur cours est vers le sud-ouest.

Le Crould, qui débouche à Saint-Denis, apporte le tribut de plusieurs ruisseaux.

L'Oise (302 kil. dont 138 navigables) prend sa source en Bel- <ique, au sud de Chimay et au pied du terrain des Ardennes, sntre bientôt en France en traversant la forêt de Saint-Michel, •eçoit, à sa gauche, le Gland qui lui apporte l'eau de quelques •uisseaux de Belgique, le Thon, la Serre, grossie elle-même de ilusieurs ruisseaux dont un passe à Vervins, et la Lette. Elle ouïe vers le sud-ouest, arrêtée et bordée sur sa rive droite >ar un dos de pays (Vermandois, Noyonnais) qui ne lui permet abord de recevoir de ce côté aucun affluent digne d'être lommé ; les collines s'écartent ensuite légèrement et lui enoient rAronde, qui débouche un peu en amont de Compiègne et a Brèche qui passe au pied de Clermont; puis, delà haute vallée ite pays de Bray, descend le Thérain (93 kil.) qui arrose Beaurais. Au sud du pays de Bray, elle ne recueille plus que des uisseaux, comme la Viosne, dont le confluent est à Pontoise. A auche au contraire, son bassin s'étend jusqu'à l'Argonne, au ;ord du bassin de la Marne, et tous les cours d'eau qui cou- ;nt vers l'ouest viennent tomber dans son lit, au pied des auteurs du Vermandois, du Noyonnais et du Beauvoisis ; lie reçoit, au sud des rivières déjà énumérées, son plus imortan'i. tributaire, l'Aisne.

L'Aisne (279 kil. dont 144 navigables) prend sa source au haicau de Sommaisne, au sud de l'Argonne, serpente vers le nord, rrose Sainte- M enehould, ville près de laquelle Dumouriez livra n 1792 la bataille de Valmy, reçoit la Biesme et longe le flanc ccidental de la forêt de l'Argonne jusqu'au confluent de Y Aire ui vient des terrains jurassiques et qui longe le flanc oriental ela même forêt. L'Aisne arrose Vouziers, Rethel, se replie vers ouest pour traverser la plaine unie de la Champagne, d'où lui rrivent la Retourne et la Suippe ; puis elle pénètre dans le oissonnais par une vallée pittoresque où elle reçoit la Vesle -'■') kil.) qui passe à Reims et où elle arrose Soissons, position

militaire importante où Clovis, venant du nord, battit Syagriu.* en 486, et dont les Prussiens, venant du nord-est, s'emparèren en 1814 et en 1870. L'Aisne se jette ensuite dans l'Oise, un pei en amont de Compiègne.

Après l'Aisne, l'Oise ne reçoit plus, jusqu'à son confluent à Conflans-Sainte-Honorine, que des ruisseaux, la Nonette e la Thève qui a sa source dans les étangs de Morlefontaine.

VEpte (102 kil.), coquette rivière qui naît aussi sur les h au leurs du pays de Bray, reçoit la Troësne à Gisors.

VAndelle (60 kil.), dont la source est très-voisine de cela de l'Epte, coule dans une vallée plus coquette encore et plu; animée par les fabriques, et se réunit à la Seine au pied de 1< côte des Deux- Amants.

Les deux ruisseaux qui se jettent dans la Seine à Rouen Robec et ruisseau de Cailly, n'ont d'importance que par fes manufactures bâties sur leurs rivés.

5° Les affluents de la rive gauche de la haute Seine. — La Laignei naît sur le même plateau que la Seine, se perd bientôt dans ur gouffre, mais reparaît 20 kilomètres plus loin, par une belle source.

L'Hozain vient de la région des étangs.

L'Ardusson et l'Orvin sont des ruisseaux sans importance.

L'Yonne (273 kil. dont 112 navigables) est la plus importante rivière de la rive gauche. Elle a sa source dans les étangs de Belle-Perche, au pied du mont Préneley, dans les terrains paléozoïques du Morvan, passe au pied de Château-Chinon, reçoit un grand nombre de petits ruisseaux qui glissent sur h roc imperméable et descend rapidement jusqu'à Clamecy, oi elle reçoit le Beuvron. Plus bas, près de Vermanton, est le confluent de la Cure, qui recueille un nombre plus grand encore d( petits ruisseaux. L'Yonne baigne Auxerre, se grossit du Sereù (155 kilomètres) et de YArmançon (204 kil.) qui, sorti du mon Moresol et grossi lui-même de la Brenne, près de laquell» sont le mont Auxois et Alise célèbres par la défense de Vercin gétorix contre César, coule dans une gracieuse vallée bordée dt vignobles, arrose Tonnerre et conflue à la Roche; l'Yonne passe ensuite à Joigny, à Sens, où est le confluent de la Vanne, et s< rend dans la Seine à Montereau, au milieu d'une plaine unie e

fertile, apportant plus d'eau que la Seine elle-même et bien plus sujette qu'elle à des crues rapides à cause du sol imperméable et boisé dans lequel elle naît ainsi que ses premiers affluents. Le Loing(lG0 kil.) prend sa source dans les hauteurs de la Puisaye, passe à Bléneau, lieu célèbre par la victoire de Turenne sur Coudé en 1652, reçoit l'Ouanne (85 kil.) dans le bassin de laquelle est Fontanet, théâtre de la bataille de 841 entre les fils de Louis le Débonnaire, baigne Montargis, reçoit a\eclaBézonde l'eau du canal d'Orléans, se grossit encore du Fusain et du Lunain et débouche dans la Seine un peu au-dessous de Moret, à Saint-Mammès.

L'Essonne (60 kil.), grossie de laJuine (40 kil.) qui arrose Êtampes, a son confluent à Corbeil.

\SOrge (60 kil.), grossie de l'Yvette, a son confluent à Unis.

Lu Bièvre (40 kil.), qui coule d'abord dans une coquette reliée, se termine à Paris en manière d'égout.

6° Les affluents de la rive gauche de la basse Seine. — La Vaucoueurs (27 kil.) et la Mauldre (37 kil.) coulent encaissées dans le verdoyantes vallées.

L'Eure (226 kil., dont 15 navigables) est formée dans la fort de Longny par la réunion des eaux de plusieurs étangs, ouïe d'abord, ainsi que ses principaux affluents, au sud-est sur a pente des collines du Perche, se replie devant l'obstacle du ilateau de la Beaucc, coule dans une vallée qui a, comme tous es plis du terrain de ce côté, la direction nord-ouest, baigne Chartres, reçoit, à gauche, la Biaise (50 kil.) qui passe à )reux et YAvre (75 kil.) ; à droite, la Vègre, puis Ylton (140 il.) qui traverse presque à sa naissance l'étang de la Trappe, e perd au milieu des sables, reparaît 15 kilomètres plus )in et arrose Évreux. L'Eure baigne ensuite Louviers et se éunit à la Seine près de Pont-de-1'Arche. Elle n'est réellement ropre à la navigation que depuis Louviers, c'est-à-dire 15 kiimètres avant son confluent. Des batailles ont été livrées dans m bassin durant nos guerres civiles: à Cocherel en 1364, à reui en 1562, à Ivry en 1590.

I Mlle (1 »-8 kil., dont 15 navigables) a sa source voisine de Ue de l'Orne, mais coule d'abord dans un sens tout opposé

LA fpURCB. 1 1

en arrosant une fraîche et verdoyante vallée ; elle reçoit la Charentonne, baigne Pont-Audemer et se jette dans l'estuaire du fleuve en aval de Quillebœuf.

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