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Les bassins secondaires «le la Hanche

1° L'étendue. — Les bassins dépendant de la Seine ou bassins secondaires de la Manche ont une superficie de 39,000 kilomètres carrés. Les bassins de la rive gauche ont pour limites les monts de Bretagne, les collines de Normandie, et se divisent en trois régions naturelles, basse Normandie, Coteutin et Bretagne. Les bassins de la rive droite ont pour limites lu partie centrale du plateau de Caux, la ligne des coteaux du No/jonnais et du Vermandois et le plateau d'Artois.

2° Les cours d'eau de gauche jusqu'au Cotent in. — Entre l'estuaire delà Seine et la presqu'île du Cotentin, les cours d'eaft qui sont en grand nombre sous ce climat pluvieux, ont leur direction générale vers le nord, conformément à la pente donnée par les collines de Normandie; ils sont en général encaissés el leurs vallées ne sont, pour ainsi dire, que de longs tapis d'herbe.

La Touques (109 kil., dont 45 navigables) prend sa source près du Champ-Haut, coule sur un fond d'argile, dans une fertile vallée encaissée de 50 à 100 mètres dans le plateai du pays d'Auge, arrose Lisieux et Pont-l'Êvêque et se jette dans la mer à Trouville.

La Dives (100 kil.) borde le pied occidental des coteaux du payj d'Auge qu'elle contourne en inclinant au nord-ouest et qui lu envoient quelques ruisseaux, entre autres la Vie ; elle arrosi dans la vallée d'Auge les plus beaux herbages de cette région s riche en prairies et se jette dans la mer au milieu de dune; qu'elle contourne. C'est à l'embouchure de la Dives qu< Guillaume le Bâtard avait réuni, en 1006, la flotte avec laquell il partit pour conquérir l'Angleterre; une colonne dressée su la falaise voisine, rappelle cet événement.

L'Orne (158 kil., dont 18 navigables par le canal de Cae à la mer), le principal fleuve de cette côte, prend sa sourc à 200 mètres environ d'altitude dans le terrain jurassique, prè de Séez, coule vers le nord-ouest entre les lignes parallèles de collines de Normandie, arrose Argentan, passe en serpentar sur une bande du terrain granitique et recueille les eaux c1

plusieurs petites rivières, la Rouvre, le Noireau, etc., avant de tarai erser lu ligne des terrains de transition, au fond de la gorge étroit"1 et pittoresque de Thury-Harcourt dans laquelle il est encaissé de plus de 150 mètres ; il débouche ensuite dans la plaine calcaire de Caen, au-dessous de laquelle il coule entre deux bordures de riants coteaux et où il reçoit la Laize et FOdon, puis il se jette dans la mer au milieu d'une vaste plage.

La Seulles (62 kil.) naît sur la dernière ligne des collines de Normandie et arrose de belles campagnes.

La Vire (132 kil., dont 45 navigables) prend sa source dans le terrain granitique, non loin de la Sée, arrose Vire, traverse, comme l'Orne, en serpentant dans une gorge pittoresque, a bande des collines du terrain de transition qui dominent son (uns de plus de 100 mètres, arrose Saint-Lô, les plantureux herbages du Bessin, et se jette sur une vaste grève à l'extrémité le laquelle elle confond ses eaux avec celles de la Taute. Le plus considérable de ses affluents est YAure qui, après s'être grossie île la Dromme, se perd dans une suite de crevasses qu'on appelle fosses du Soucy et reparaît, en partie sur la grève de Port-en-Besnn où elle se perd directement dans la mer, en partie dans Aure inférieure qui commence un kilomètre plus loin; à l'époque des crues, l'Aure supérieure coule par-dessus les fosses usquedans l'Aure inférieure.

3° Les cours d'eau du Cotentin. — La Taute prend sa source l.ni- le- collines du Cotentin, coule, ainsi que la Douve et ses lutres affluents, dans une plaine couverte de belles prairies et >arsemée çà et là de tourbières et de marais, et arrose Carenan ; -mi bassin occupe presque toute la partie orientale du Cotentin.

Le Cotentin, dans sa partie septentrionale, n'a que.de trèsictit- cours d'eau, comme la Sinope et la Divctte qui arrose % rbourg.

Ceux de la cote occidentale, sont : l'Ay ; la Sienne qui prend a Bource dans la forêt de Saint-Sever, court dans une fertile et licite vallée, >«• grossit delà Soulle qui passe au pied de Couances,el se jette dans la mer au havre de Uegneville; la Sée, lont la source est voisine de celle de la Vire et qui, coulant de esl a l'ouest entre deu.v ligues de collines granitiques dans un

pli de terrain verdoyant ci pittoresque, se jette au fond de la baie du mont Saint-Michel après avoir passe au pied d'Avranches; la Sé/une qui a un cours à peu près parallèle à celui de la Sée, quoique moins direct; elle reçoit l'Airon, le Beuvron, coule dans un fond de prairies encaissées entre les collines dont son bassin est tout ondulé et confond ses eaux avec celles de la Sée sur la grève du mont Saint-Michel.

4° Les cours d'eau du versant septentrional de la Bretagne. — A 12 kilomètres au sud-est de Fougères et à une altitude d'environ 150 mètres, le Couesnon prend sa source dans les collines du Maine, descend vers l'ouest en suivant la pente générale de cette partie du Maine, se replie vers le nord devant l'obstacle que lui oppose le plateau granitique de la Bretagne, coule ai milieu de prairies dans un encaissement étroit et profond d'unt cinquantaine de mètres, et, après avoir traversé la plaine dit* marais de Dol, se perd dans la mer sur les grèves du mon Saint-Michel; un canal a facilité l'accès de son embouchure en sablée, mais la navigation y est presque nulle.

Dans un vallon du Mené, à 250 mètres environ au-dessus di niveau de la mer, est la fontaine d'où sort la Rance. Le petî fleuve coule vers l'est, comme le Couesnon vers l'ouest, au m.) lieu de prairies encaissées et il semble devoir se réunir à lui mais le plateau granitique de la Bretagne orientale l'arrête. ) s'enfonce alors dans une gorge pittoresque ouverte vers le nor et se termine par un vaste estuaire. C'est, au point de vue del navigation et de l'étendue (110 kil.), le cours d'eau le plu important du versant septentrional delà Bretagne; un can* l'unit à la Vilaine.

Les autres cours d'eau sont de très-médiocre importance ils coulent dans une direction à peu près parallèle vers le nor( en faisant cependant de nombreux et brusques crochets pou contourner les roches granitiques entre lesquelles ils soi profondément encaissés, et ils n'ont qu'une navigation mari, time, depuis le port bâti à l'origine de leur estuaire jusqu'à î mer; leurs rives offrent presque partout des sites pittoresque^ Ce sont : YArguenon, le Gouessan qui arrose Lamballe, 1 Gouet qui arrose Saint-Brieuc, le Trieux qui arrose Guinijan, et reçoit le Leff, le Jaudy qui arrose Tréguier, le Guer qi

rrose Lannion, la rivière de Morlaix formée de la réunion do eux petits cours d'eau. L'Aber-Vrac'h et l'Abcr-Benoit sont es ruisseaux débouchant dans des estuaires navigables. 5° Les cours d'eau à droite de la Seine. — Les cours d'eau à roite de la Seine, jusqu'au cap d'Alprech, ont la direction du ord-ouest et coulent encaissés dans de vertes vallées au-desous de la surface sèche des plateaux.

La Saane coule dans une vallée pittoresque et très-peuplée. UArques (52 kil.) est désignée sous le nom de Varenne dans on cours supérieur; près du château d'Arqués, où elle devient lavigable, deux rivières aussi fortes qu'elle, la Béthune qui oigne Neuf'châlel et l'Eaulne, lui apportent leur tribut. C'est . l'embouchure de l'Arques qu'est Dieppe, et c'est près du hàteau d'Arqués qu'Henri IV, en 1589, repoussa par une série ie combats l'armée des Ligueurs commandée par Mayenne.

La Bresle (72 kil.) formée de deux ruisseaux qui ont leur ource dans la partie la plus élevée du pays de Caux, coule ur la limite de la Picardie et de la Normandie et arrose le beau arc du château d'Eu. Sur les bords de la Bresle, à Aumale, enri IV remporta, en 1592, un avantage signalé sur le prince exandre Farnèse venu de Belgique au secours delà Ligue, a Somme (245 kil., dont 6 navigables) prend sa source à kilomètres au nord-est de Saint- Quentin, ville dont le nom est achéà deux batailles, celle de 1557 où les Espagnols triomlèrenl des Français, celle de 1871 où le général Faidherbe resta à l'armée allemande. Elle descend au sud-ouest enarromt cette ville et en mêlant ses eaux à celles du ca nul qui la lit dans presque tout son cours, se recourbe vers le nordlesl devant les collines de terrain tertiaire qui bordent la vale tic l'Oise, arrose Péronne, coule sur un fond crayeux où la urbe abonde, se grossit à droite de la rivière d'Encre, à uche deYAvre, arrose Amiens où elle reçoit encore la Celle, lis Abbeville qu'un large canal rend accessible à la navigation ritime, et débouche dans une haie vaseuse et tout endiguée. I.a vallée de la Somme qui forme une seconde ligne de dense de la France eu arrière i\(^ forteresses de la Flandre a été uvent un champ de bataille. Là se trouvent Saint-Quentin >i7-187l), Tcstnj, témoin delà grande défaite des Neustriens

par les Austrasiens, en 087, le gué de Blanquetaque, franchi par les Anglais avant la bataille de Crécy (1346), Corbie que prirent les Espagnols, en 1630 « l'année de Corbie'», Noyelles (1871).

VAuthie (100 kïl.), dont la vallée est toute peuplée de fabriques, coule, comme la suivante, sur un fond tourbeux, ci baigne Doullens.

La Canche (95 kil., dont 16 navigables), dont la vallée n'est pas moins riche, reçoit la Ternoise qui passe à Saint-Pol cl arrose elle-même Montreuil-sur-mer.

Au nord du cap d'Alprech, le principal cours d'eau du Boulonnais est la Liane (48 kil.), formée par la réunion de plusieurs ruisseaux et coulant jusqu'à Boulogne, à travers un sol ondulé, dans une charmante vallée.

44. I/Escaut. — 1° Le bassin. — Le bassin de l'Escaut a pour limites au sud le plateau de l'Artois, la haute plaine entre l'Artois et l'Ardenne, l'Ardenne et le dos de pays où esl la Hesbaie. A l'ouest et à l'est, il n'y a que des plaines entre le bassin de l'Escaut et les bassins voisins.

Ce bassin, qui faisait partie de la Gaule et qui a été le séjoui des Francs Saliens jusqu'au temps de Clovis, a été partagé entré la France neustrienne et l'empire de Lothaire au traité de Verdun. La Flandre relevait du royaume de France et Philippe 1( Bel y établit sa domination directe; mais c'est seulement, sou.1 Louis XIV, et durant la guerre de dévolution .et la guerre d( Hollande, que la France acquit définitivement la Flandre, lt Cambrésis et le Hainaut français.

La partie française du bassin de l'Escaut, en y comprenanl celle des petits fleuves côtiers (Aa, Yser), mesure 8,700 kilomètres carrés.

2° Le fleuve. — L'Escaut (400 kil.) prend sa source sur un so crayeux, à 90 mètres d'altitude, dans l'ancienne abbaye d( Saint-Martin près du Catelet ; il est alimenté dès sa naissand par le canal des Torrents qui lui amène l'eau des pluies tom bées sur le versant occidental de la forêt de Bohain. A quelque kilomètres au-dessous du Catelet, débouche le canal de Sainl Quentin qui sort de son long souterrain, et l'Escaut devien ainsi, presque à son origine, une ligne de navigation impor tante. Il descend vers le nord, et, jusqu'à Noyelles, il est bord

de coteaux doucement inclinés dont les sommets ne dominent guère ses prairies que d'une cinquantaine de mètres.

Il coule ensuite dans une plaine où il forme, avec ses prairies coupées de petits canaux, la principale défense de la frontière française et où on a dû multiplier les forteresses : Cambrai, Valenciennes, Condé; néanmoins la guerre a maintes fois passé par cette plaine, pris ces places et livré des batailles, entre autres Tlle de Denain, en 1712, et celles du camp de Famars en 1793. ,e cours de l'Escaut, en France, est de 120 kilomètres, dont 63 aavigables. Hors de France, dans la plaine de Flandre, il arrose e un grand nombre de lieux célèbres dans l'histoire miitaire : Fotitenoy (1745), Tournai, Audenarde (1708), et la grande •ité de Gand. Il prend, à partir du confluent de la Lys à Gand, a direction de l'est, contourne le pays de Waes en dessinant le nombreux replis et baigne le port d'Anvers, bâti sur sa rive troite, un des meilleurs ports du continent européen; puis, au nilieu d'un terrain sans relief, il s'élargit. Parvenu dans la Zélande, il coule vers l'ouest, au sud de l'archipel, et prend le tom d'Escaut occidental ou Hont; à marée haute, c'est un éritable bras de mer; à marée basse ce sont des bas-fonds ivec un chenal étroit et de longues plages qui, à l'œil, se conbndent presque avec les polders des îles de la Zélande. Au lord, un autre bras beaucoup plus étroit, le Kreekerak, conduisit naguère à Bergen-op-Zoom, et là se subdivisait en Escaut I. parallèle au Hont, et en Cendragd qui se perdait par pluieurs t tranches dans la bouche la plus méridionale de la Meuse. )epuis qu'on a construit le barrage du chemin de fer, qui reie l'île Sud-Beveland à La terre ferme, la communication avec 'Escaut oriental ne se fait plus que par un petit canal à travers é Sud-Beveland et le fond de l'Escaut oriental est ensablé.

3° Les affluents de la rive droite. — La Haisne coule encaissée lans le terrain houiller; c'est en quelque sorte un retranchement naturel qui défend la Belgique et dont les abords ont été iouvent disputés les armes à la main, à Mous, plusieurs fois issiégée, à Jemmapes en 1792, à Malplaquet en 1709.

La Dender (69 kil.), dont le bassin supérieur est voisin de la laisne, rappelle aussi «les souvenirs militaires, Leuze (1691). La fiupcl, qui mesure à peine 15 kilomètres de cours, se

forme par la réunion de trois cours d'eau disposés en éventail: la Serine qui passe à Bruxelles, la Dyle qui arrose Louvain et qui reçoit la Demcr grossie elle-même de la Geete, la Nethe formée delà réunion de la grande Nethe et de la petite Nethe. Les eu-. teaux qui séparent ces cours d'eau de la Meuse sont, comme ceux qui bordent la Haisne, fameux par plus d'une bataille : Seneffe (1674), Steenkerque (1692), Fleurus (1690-1794), Lawfeld (1747), Kamillies (1706), et dans l'intérieur du bassin, entre la Dyle et la Senne, le champ de bataille de Waterloo (1813).

4° Les affluents de la rive gauche. — La Sensée, dont la source esl quelque peu au nord de Bapaume (combat en 1871), donne presque toute son eau au canal de la Sensée.

La Scarpe (112 kil., dont 67 navigables) coule au milieu de prairies marécageuses vers le nord-est, passe devant les fossé^ d'Arras, et arrose Douai.

La Lys (205 kil., dont 159 navigables) a sa source non loii de l'Aa, dans le plateau de l'Artois; elle traverse ou reçci plusieurs canaux dans la plaine de Flandre, entre autres cela de la basse Deule, sert de frontière à la France entre Armen tières etMenin, baigne Courtrai et rejoint l'Escaut à Gand.

Dans ces campagnes se sont souvent heurtées les armées à Mons-en-Pevelle (1304), à Bouvines (1214), à Courtrai (130 et 1794), à Lens (1648), à Roosebeke (1382).

45. Les bassins secondaires de la nier du ftonl — La plaine de Flandre, entre le plateau de l'Artois et 1< bassin de l'Escaut, n'a que deux petits fleuves qui vaillent 1 peine d'être nommés ; le premier n'appartient même à France que par son cours supérieur.

VYser (33 kil. en France) coule dans un pays plat, coupé digues et de canaux de dessèchement ou de navigation, reço l'Yperlée qui arrose Ypres, souvent prise par les armées fra çaises, et traverse la marécageuse région des Moères.

L'Aa (80 kil. dont 29 navigables) prend naissance sur le ve sant oriental des collines du Boulonnais, descend jusqu'à San Orner à travers une riante vallée dont il fait mouvoir les usine puis coule dans une plaine où il reçoit l'Hem ; il distribue s< eaux à plusieurs canaux et reçoit lui-même les waierings c canaux de dessèchement de la marécageuse contrée qu'il tri

verse avant du déboucher dans la mer à GravPl.W ""*«*• "*■ le. Français furent atû e ' 58 pt it Espagnols, et sur les bords d'un des canaux Voisins à Hn >

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ren, en 1 ,93, une victoire sur les Anglais. Cette plaine de la Flandre est peut-être, avec la plaine du Pô « ǰnù-ee m a été le théâtre déplus de combats. " °'

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nière jusqu'à celui du Chiers, sur une longueur de plus de 200 kilomètres, elle coule au nord-ouest, comme plusieurs autres rivières, dans la direction môme des zones du terrain jurassique, profondément encaissée entre les marnes et les argiles de son lit et les calcaires qui bordent sa rive gauche, et qui constituent son bassin; elle n'y recueille pas un seul affluent digne d'être nommé, mais sa vallée s'élargit quelque peu et devient fertile depuis Dun et surtout de Mouzon à Sedan; elle reçoit alors deux de ses principaux affluents, le Chiers et la Semoy. A partir de Mézières et Charleville, elle s'engage elle-même, comme ces deux affluents, dans une gorge étroite 100 à 150 mètres) et profonde où ses eaux font maint brusque epli entre les arêtes des rocs dénudés qui surplombent de 200 't même de plus de 300 mètres.

. La Meuse sort de France au-dessous de Givet et du fort de

lharlemont qui, du haut de son rocher, domine de plus de

100 mètres les eaux du fleuve. Elle traverse ainsi le plateau ar-

Lennais et descend en longeant la Famenne et le Condroz,

usqu'au pied septentrional du plateau dans le creux formé par

B terrain houiller; elle y reçoit la Sambre, à Namur, où son

ltilude n'est plus que de 74 mètres (voir fig. 61) (1).

A partir de .Namur, elle se dirige droit au nord-ouest en sui-

mt jusqu'au delà de Liège le fossé du terrain carbonifère,

utre le plateau ardennais à droite et le dos de terrain de la

esbaie à gauche; c'est une région tout industrielle. Au delà

e Liàje, la Meuse prend son cours vers le nord, quitte les ter-

lins anciens et accidentés pour les plaines quaternaires, la

clgique pour la Hollande, et baigne la ville forte de Maestricht

[aastricht, le passage de la Meuse), qui est la clef de la basse

euse el que domine le pittoresque plateau delà montagne de

kint-Pierre.

La Meuse, Maas en hollandais, coule vers le nord dans cette iiine uniforme, avec quelques rangées de coteaux à droite,

l La Bgure Gl est un fac-similé de la carte de l'État-major belge, livéc ù l'échelle du 4(1,000% avec le relief du sol représenté par des

irbes du niveau. Cette cane, commencée en 18G5 et inachevée, sera ■ "ri feuilles. La Belgique publie aussi au 20,000e, en chromo-lithojiphie, depuis 1 8GG, les cartes-minutos dressées par les officiers.

mais à gaucho avec un horizon de landes sans fin dans la Campine,. puis de marécages (le Peel); elle baigne Venlo, se replie lentement et par de nombreux méandres vers l'ouest, communique une première fois avec le Waal, près de Boemel,par un canal aujourd'hui obstrué, puis confond ses eaux avec les siennes près de Gorkum. De ce confluent jusqu'à Dordrecht, le cours d'eau a le nom de Mervede. Mais il ne porte pas jusqu'à cette ville tout le tribut du Waal et de la Meuse : un bras se détache vers le sud et va se jeter dans le Biesbosch, c'est-àdire la Forèt-de-Joncs, vaste archipel composé de polders, quelque peu boisé et formé en 1421, à la suite d'une rupture des digues, par une invasion de la mer, qui engloutit 100,000 habitants ; le large estuaire par lequel se déversent les eaux du Biesbosch s'appelle le Hollandsch-Diep et se partage, pour se rendre a la mer, en deux branches, le Haring-Vliet au nord et le Krammcrausud, qui enveloppent l'île d'Overflakkee. Le Mervede perd son nom à Dordrecht et se divise en deux branches, la Vieille- Meuse qui coule à l'ouest, et le Xoord-Diep qui va au nord rejoindre le Lcck ; le double courant (Leck et Noqrd-Diep) prend le nom de Nouvelle- Meuse, reçoit l'Yssel (I), baigne Rotterdam, puis se réunit à la Vieille-Meuse et se jette à la mer au sud du cap nommé Hoek von Holland.

' 3° Les affluents en France. — Après avoir reçu non loin de sa source le Mouzon et la Vaire venues des Faucilles et débouchant par conséquent sur sa rive droite, la Meuse, prisonnière dans son étroite vallée jurassique, ne se grossit que de petits ruisseau* qui ne méritent pas d'être nommés.

Parvenue au pied de L'Ardenne et près de la frontière de France, elle commence à avoir des affluents considérables ('' reçoit son principal tributaire, la Sambre, au débouché de FArdenne, en Belgique.

Ces affluents sont :

La Bar (60 kil.) dont la source verse une partie de son eau

(l) Les Hollandais écrivent Ijsset, conservant, pour représenter la lettre //, notre mode du dernier siècle. C'est ainsi qu'ils écrivent Leijde, Itijn pour Leyde, Ryn. Malgré cela, nous avons cru devoir adopter l'y' qui représente l'orthographe véritable des mots de ce genre.

dans un affluent de l'Aire (bassin de la Seine) et qui alimente le canal des Ardennes.

La Sormonne (40 kil.) qui naît au pied du plateau de Rocroi.

Le Véronin (68 kil.) formé de deux cours d'eau nés dans le pays de Rocroi et de Chimai : FEau-Xoire et l'Eau-Blanche qui baigne la forteresse autrefois française de Mariembourg ; il ne nous appartient aujourd'hui que par son confluent avec la Meuse et par la source de l'Eaù-Noire.

Le Chiers (160 kil.), dont la source est en Belgique, près d'Arlon, et qui coule de l'est à l'ouest dans une vallée étroite, encaissée de plus de 100 mètres sur divers points, reçoit par FOthain, la Thonne et le Loison les eaux des dernières terrasses jurassiques, s'étend au pied des Ardennes et tombe dans la Meuse près de Sed<m, par 160 mètres d'altitude.

La Semoy (165 kil. dont 18 navigables), qui prend sa source non loin du Chiers, dans le terrain jurassique, et qui aun cours à peu près parallèle au sien, coule beaucoup plus encaissée encore au fond des roches cristallines de l'Ardenne qui la dominent sur quelques points de plus de 230 mètres ; peu de rivières ont des eaux aussi limpides et une vallée plus pittoresque et plus profonde ; aucune n'a été contrainte par les fractures du sol à se replier en sinuosités plus tortueuses. Elle n'appartient à la France que par l'extrémité de son cours inférieur.

La Sambre (180 kil. et 148 navigables dont 34 en France) prend sa source dans une foret au nord de la Thiérache, à une altitude de 210 mètres, est rendue navigable presque en naissant par le canal de la Sambre à l'Oise, qui absorbe toute son eau, quitte le canal à Landrecies pour s'engager vers le nord- , ouest dans le fossé tracé par la nature au pied de la pente septentrionale de l'Ardenne, serpente au milieu du terrain houiller, arrose Charleroi et se jette dans la Meuse à Namur, au point où le fleuve tombe lui-même dans le fossé du terrain houiller de sorte que la Meuse semble être la continuation de la Sambre (voir fig. 61). Les affluents de la Sambre viennent du plateau ardennais ; les principaux sont : la Petite-Helpe et la Grande-Helpe (34 kil.) qui baigne Aves?ies, qui sont des rivières presque entièrement françaises, l'Heure qui est belge.

LE SOL. 19o

4° Les affluents hors de France. — De Namur à Maestricht,

dans le pays belge, la Meuse est bordée, sur la rive gauche,

par un dos de pays qui ne lui permet pas de recevoir d'af-

i lluenls considérables. La Mehaigne et plus loin le Geer qui vien-

| nont de la Hesbaie, ne sont que de très-petites rivières. Sur

; la rive droite, au contraire, elle reçoit de l'Ardenne YOurthe (13;>

! kil.), civière importante, qui, formée de la réunion des deux

i Ourthe, coule dans un profond encaissement et recueille,

par ses deux branches et par ses affluents, l'Amblève, la Ves-

f drc, etc., une grande partie des eaux du plateau ; c'est au con-

fluent de l'Ourthe qu'est bâtie Liège.

Dans la plaine des Pays-Bas, la Meuse reçoit la Roer (108 kil.) qui descend de l'Eifel, en serpentant vers le nord-ouest, et li Niers; à gauche, elle ne se grossit d'abord que de quelques ruisseaux sortis du grand marais du Peel ; puis, quand elle s'est repliée vers l'ouest et le nord, elle reçoit la Dommel (70 kil.), qui prend sa source dans la Campinc, qui coule vers le nord, reçoit elle-même, dans la monotone plaine du Brabant septentrional, de nombreux affluents, entre autres ceux qui viennent de la partie occidentale du marais du Peel, et arrose Bois-le-Duc ('s Hertogenbosch); plus loin la Meuse s'accroît de la Mark qui arrose Breda.

47. I,e Rliin. — 1° Le bassin. — Le bassin du Rhin est, après le bassin du Danube, le plus grand de l'Europe centrale (1); il mesure 258,000 kilomètres carrés. Il est borné : 1" au sud, par les Alpes (ligne de faîte des Alpes algaviennes, Alp«§ des Grisons, Alpes lépontiennes, partie des Alpes bernoises, avec le dos de pays où est situé le Jorat) ; 2° à l'ouest, par le Jura central (2), par une partie du Jura septentrional, par la trouée de Belfort, les Faucilles, le plateau de Lorraine; à l'©»1 de la Meuse, par bipartie centrale de l'Ardenne et une partie dé l'Eifel, par le plateau entre la Roer et l'Erft, puis par la plaine; 3° à l'est, par le plateau situé au nord du lac de

(1)11 y a dans l'Europe orientale, c'est-à-dire en Russie, plusieurs bassins plus considérables.

(2 II faut remarquer que la ligne de partage des eaux entre le bassin du Illiùne et le bassin du Rhin est quelque peu à l'ouest de la ligne de faîte. °

Constance, par les Alpes de Souabe, par une partie de la terrasse de Franconie et par le Jura franconien, par le Fichtelgebirge, le Fronkenwald, le Rhôn, le Vogelsberg, le Rothaargebirge, le plateau de Brilon, YEggegebirge, les hauteurs du pays de Munster et la plaine des Pays-Bas.

Le Rhin partage en deux parties inégales ce vaste bassin, ou pour parler plus exactement, cette suite de bassins, d'aspects très-divers, auquel il sert d'écoulement. La partie orientale ou rive droite, la plus étendue, est entièrement suisse ou allemande. La partie occidentale ou rive gauche a été disputée et partagée, depuis le commencement du moyen Age, entre plusieurs nations. Elle était comprise dans l'ancienne Gaule, dont le Rhin formait la limite, et elle a été le théâtre d'un grand nombre de luttes et de conquêtes alternatives de la France et de l'Allemagne. Elle se rattache par la direction de ses eaux, comme par les événements de l'histoire, à la géographie de la France.

Là fut le centre de l'Austrasie et de l'empire de Charlcmagne, entre la France neustrienne et la Germanie. Là fut l'empire de Lothaire et la Lorraine disputée par les rois carlovingiens aux rois de Germanie. Là fut aussi le royaume de Bourgogne, à cheval sur les deux versants du Jura. En 1552, la soumission de Metz porta la monarchie française au bord de la Moselle, et, en 1648, les traités de Westphalic consacrèrent la possession de l'Alsace jusqu'au Rhin; en 1766,1a Lorraine tout entière devint française. Sous la République, les traités de Baie, de Campo-Formio, de Lunéville assignèrent comme frontière à la France le Rhin au-delà duquel l'empire déborda si imprudemment. Les traités de 1814 et de 1815 nous laissèrent les bords du Rhin de Huningue à la Lauter. La funeste guerre de 1870-71, en nous ravissant l'Alsace (moins Belfort) et une partie de la Lorraine, nous a enlevé notre frontière du Rhin avec les rivières alsaciennes, la Sarre, presque toute la Seille et une partie du cours de la Moselle.

2° Le fleuve. — Dans une haute et sauvage vallée, se trouve le petit lac Toma, situé à 2,344 mètres d'altitude, dominé par les crêtes du Six-Madun-Badus et alimenté par trois petits ruisseaux : c'est la source du Rhin antérieur (vorder Rhein). Le

torrent qui en sort roule vers le nord-est ses eaux, vertes et écumantes, dans une gorge profonde, dite vallée de Tavetsch, entre deux rangées de glaciers; des montagnes de quartz serrent sa rive gauche de leurs pentes presque abruptes ; sur sa rive droite s'ouvrent ça et là de petits vallons qui lui envoient leurs torrents, nommés pour la plupart Rhin, entre autres le Rhin du milieu (Mittel Rhein), ou Rhin de Medels, qui prend naissance près du Luckmanier. A Reichenau, où il n'a plus qu'une altitude de 586 mètres, il se réunit avec le Rhin postérieur (Hinter Rhein) qui descend des glaciers du mont Adula, en suivant une étroite et sauvage vallée, et qui est grossi de i'Albula et de plusieurs autres torrents aux eaux limoneuses. Le Rhin est désormais un fleuve, mais encore un fleuve torrentueux. Les masses du Hochwang et du Rhœticon qui se dressent sur sa rive droite le contraignent à se recourber vers le nord sans cesser de lui envoyer leurs torrents. C'est au point où cette courbe se dessine et où la vallée s'élargit quelque peu, que Coire (Chur) a été bâtie au pied des montagnes et que le fleuve devient navigable. Sur sa rive gauche est le massif calcaire du Calenda.

Parvenu à la hauteur du Rhœticon, le fleuve semble avoir le choix entre deux vallées, celle de l'ouest par Sargans et celle du nord par Waduz ; dans les temps antéhistoriques, quand il roulait une masse d'eau plus considérable, il a pris celle de l'ouest pour cheminer par les lacs de Walen et de Zurich (1). Il coule aujourd'hui par celle du nord, entre des montagnes de 2,000 à i,.i00 mètres d'altitude, qui s'écartent pour faire place à une plaine large de 7 kilomètres et plus, formée et nivelée par ses alluvions, sillonnée à son extrémité septentrionale de canaux d'irrigation. Ses débordements subits sont encore trèsredoutables, et les villes, telles que Coire, Sargans, Waduz, ont été construites à quelque distance de sa rive. Au nord de cette vallée, le Rhin est à une altitude de 18 mètres et il entre dans les terrains tertiaires dont les

(I) Cette direction paraît avoir encore existé à l'époque dont Ptolémée nous a transmis la géographie. Ce fut du reste la limite extrême de la Gaule de ce côté, même après le changement de direction (observation communiquée par M. Dufresne).

plus grandes hauteurs ne dominent son cours que de 3 à 400 mètres. Là se rencontrait une dépression du sol, profonde, large de 10 kilomètres en moyenne, longue de plus de 70 kilomètres et mesurant une superficie de 478 kilomètres carrés; il l'a remplie et il a formé ainsi le lac de Constance (Boden see), le plus grand des lacs de la Suisse et le plus bas des lacs du versant septentrional des Alpes helvétiques. C'est un beau lac, aux eaux vertes, où le Rhin se dépouille de son limon. Il reçoit un grand nombre de torrents qui portent le nom de Aacli (aquœ?). La fonte des neiges élève, en été, son niveau de plus de deux mètres ; en hiver, il a gelé plusieurs fois depuis les temps historiques. Quelques ports, Bregenz, Friedrichshafen, Lindau, Constance, font communiquer les contrées qu'il sépare.

A son extrémité occidentale, le lac se divise en deux branches, le lac d'Uberlingen au nord, et le lac de Zell au sud. Le Rhin, après avoir baigné Constance, pénètre dans la branche méridionale ou lac inférieur, où se trouve la belle île de Reichenau, et en sort pour se heurter bientôt contre la base des plateaux calcaires du Jura de Souabe. Dans cette partie de son cours, il ne saurait avoir d'affluent important à droite; mais, à gauche, il recueille la plus grande partie des eaux de la Suisse qui, comme lui, ont suivi la pente générale des Alpes vers le nord, et qui, arrêtées comme lui à l'extrémité du plateau helvétique par le bourrelet du Jura de Souabe, viennent se perdre dans la rigole commune. Le Rhin contourne ce bourrelet en se repliant vers le sud, et, un peu en aval de Schaffouse, il franchit une barre de roc en faisant une chute de do à 20 mètres, qui est une des beautés les plus pittoresques de la Suisse.

Presque à l'extrémité méridionale des calcaires triasiques du Schwarzwald, s'ouvre une étroite faille dans laquelle le Rhin se précipite en courant de rapide en rapide : c'est par cette issue qu'il quitte la Suisse. Ce défilé, où il descend rapidement de 312 à 248 mètres, est la seule communication naturelle entre la région du haut Danube et de la Suisse, d'une part, et. d'autre part, la plaine d'Alsace et la vallée de la Saône; k moyen âge y avait établi ses forteresses, Waldshut, Laufenburg. Sœckingen, Rheinfelden ; en 1638, le duc de Saxe-Weimai

hall il à Uheinfelden les Impériaux; on 1800, l'armée française conduite par Moreau pénétra par là dans la vallée du Danube, et c'est par là aussi que débouchèrent en 1814 une partie des troupes autrichiennes qui envahissaient la France.

L'Aare et le Rhin vont à la rencontre l'un de l'autre et se rejoignent à l'extrémité nord-ouest et dans la partie la plus basse du plateau helvétique, par 312 mètres d'altitude : c'est là que s'ouvre la faille par laquelle s'échappe le Rhin emportant, avec l'Aare et ses autres affluents, toutes les eaux du plateau helvétique et la plus grande partie des eaux du versant septentrional des Alpes centrales ; il débite en moyenne, à Bàle, 1,000 mètres cubes d'eau par seconde.

Au sortir de la gorge, le fleuve entre dans son bassin moyen. Ai. point où la navigation du Rhin commence à devenir régulière, quoique difficile encore, est la première de ses grandes villes de commerce : Bâle. Le Rhin coulait vers l'ouest; les derniers contre-forts du dernier sommet du Jura, le mont Terrible, le forcent à s'incliner au nord et l'obstacle bien plus considérable que lui opposent les Vosges achève de déterminer son cours dans cette direction. Il y coulait peut-être d'abord au pied même de la chaîne, dans le lit actuel de l'Ill ; mais les sables qu'il amoncelait l'ont peu à peu forcé à reculer vers le Schwarzwald en laissant, entre l'Ill et lui, des sables recouverts de maigres forêts (forêt de la Harth). Il y étale ses eaux, abondantes et rapides jusqu'à Strasbourg, plus lentes en aval de cette ville jusqu'à la Lauter, et enveloppe de ses bras une multitude d'îles basses qu'incessamment il ronge ou modifie par de nouvelles alluvions ; au delà de la Lauter, il se roule en anneaux qu'il forme et abandonne, comme la plupart des grands fleuves coulant sur un sol d'alluvion. On a corrigé son cours capricieux en lui traçant dans son lit même un chenal artificiel. Il est là dans son second bassin, le plus fertile sans con- I redit et le plus riche des quatre. Ce bassin n'est pas d'ailleurs borne aux murailles montagneuses qu'on voit de ses rives : les eaux qui coulent sur le versant opposé lui reviendront, celles du Schwarzwald et de toute la Franconie dans le bassin même, celle des Vosges dans le bassin suivant.

Au confluent du Main, en face duquel est bâtie, sur la rive

gauche du fleuve, la forte ville de Mayence (Mainz), le Rhin se heurte contre les dernières pentes du Taunus, qui l'obligent à se replier brusquement à l'ouest, et il s'élargit (o à 700 mètres de largeur). Bientôt il rencontre, entre l'extrémité du Taunus et la masse du Hunsrùck, une gorge étroite, longue faille tortueuse ouverte par les convulsions du sol dans ces vieilles roches cristallines. A Bingen, il s'y engage d'un cours rapide, creusant son lit (23 mètres au rocher de Lurlei), grondant sur les rocs et dominé par de sombres crêtes, que couronnent les ruines des châteaux forts du moyen Age. Coblenz est dans une petite plaine de cette gorge, au confluent de la Moselle ; la citadelle d'Ehrenbreitstein est en face sur la rive droite du fleuve (voir fig. 62).

Au delà du Siebengebirge et de Bonn, les hauteurs s'écartent et s'abaissent. Le Rhin entre dans la plaine tertiaire où doit se terminer son cours : c'est son quatrième et dernier bassin. Il coule au nord-ouest en dessinant d'assez nombreux méandres et baigne la ville de Cologne (Kôln), située, comme la plupart des grandes villes, sur sa rive gauche (la rive romaine), puis Dusseldorf et Wesel, sur sa rive droite.

Près de quitter la terre allemande pour les Pays-Bas, le Rhin se recourbe définitivement vers l'ouest, sert quelque temps de frontière aux États, et se partage, presque immédiatement après son entrée dans les Pays-Bas, en deux branches que sépare le Betuwe : le Waal qui continue son cours vers l'ouest, qui arrose Nimègue, ville forte de sa rive gauche, et va se confondre à Gorkum avec la Meuse, et le canal de Pannerden, qui coule vers le nord-ouest, depuis le village de Panncrden jusqu'à celui de Westervoort, où il se subdivise luimême en deux branches, au milieu d'une contrée basse et composée en partie de podlers. Sa branche septentrionale rejoint à Doesborg l'ancien Yssel (Ijssel), se confond avec lui et, après avoir baigné Zutphen, Deventer et Zwolle, débouche dans le Zuiderzée. La branche occidentale baigne Arnhem et coule, sous le nom de Rhin, au pied des collines stériles de la Gueldre. A Wyk, nouveau partage des eaux : le'bras le moins important, le Kromme Ryn, se dirige au nord-ouest et, à Utrecht, se subdivise en plusieurs bras : le Vecht qui tombe dans le Zuiderzée à

.Miii.den, el le vieux Rhin qui, iprès avoir arrosé Leyde (Leijden) et le Rynland renommé pour ses pâturages, se jette à Katwyk dans la mer du Nord, à laquelle il n'apporte qu'un mince filet d'eau. Pendant près de mille ans (depuis l'an 839), cette eau, arrêtée par les dunes, s'est perdue au milieu des marécages ; depuis 1860, un canal à écluses lui a rendu son débouché maritime. Le plus important des deux bras qui se détachent à Wyk est le Leck qui, depuis l'an 860, à la suite de l'obstruction du vieux Rhin, est devenu le principal débouché des eaux du fleuve, et qui continue à couler vers l'ouest ; à Krimpen, il rencontre le Noord-diep et se confond avec la Meuse.

3° Les affluents de la rive gauche dans le bassin supérieur. — Le premier qui soit digne d'être nommé est la Tamina, torrent qui coule au nord du Galenda, et qu'a rendu célèbre la gorge sauvage dans laquelle il s'est frayé un passage à demi-souterrain.

Au sortir du lac de Constance, le Rhin, qui coule en travers des Alpes, reçoit, comme nous l'avons dit, tous les cours d'eau qui ont arrosé la Suisse, en suivant, comme lui, la pente générale des Alpes : la Thur, qui naît au Churfirsten, arrose le ïniiMenburget les plaines verdoyantes de la Thurgovie ; la Toss et la Cdatt, torrents sans importance.

1/Aare est un cours d'eau considérable, qui, au confluent, apporte plus d'eau que le Rhin lui-môme (environ 1/3 en plus). Elle est formée par les eaux réunies des trois grands glaciers orientaux de YOberland bernois, dont le plus élevé, le glacier supérieur de l'Aare, a 2,260 mètres d'altitude à sa partie la plus basse. Elle descend, en grondant au fond d'un ravin, la vallée dite Hasli supérieur et forme, à la Handeck, une chute qui ésl une des beautés de la Suisse. Elle coule d'abord vers le nord, mais rencontre bientôt au sortir des terrains cristallins, iprès de Meiringen, une longue et profonde déchirure des roches d» aires, dirigée dans le sens de l'est à l'ouest; c'est le chemin qu'elle a pris, comblant une partie de ce creux et créant la charmante plaine du Hasli inférieur, remplissant de ses eaux l'autre partie et créant le foc de Brienz et le lac deThun, que répare la langue de terre alluviale apportée par la Lutschine, -on affluent; c'est là, entre les deux lacs, qu'est la petite ville

d'Interlaken, fréquentée par les touristes. Sortie du lac de ïhun, et grossie des torrents de l'Oberland, l'Aare coule vers le nord-ouest, arrose Berne, qu'elle enveloppe de ses replis, et reçoit son premier affluent, la Sarine (Saane en allemand), qui lui amène les eaux de la partie occidentale des Alpes bernoises et qui arrose Gruyères et toute une contrée renommée par ses pâturages et par ses fromages. La Sarine coule vers le nord-est, parallèlement à la direction du Jura et des couches de terrain calcaire soulevées par les Alpes. Après le confluent de la Sarine, l'Aare prend la direction de cet affluent, dont elle semble être la continuation, et reçoit bientôt, par la Zihl, les eaux des lacs de la région jurassique, qui ont coulé sur deux lignes également parallèles à la chaîne, du sud-ouest au nordest. La première ligne est celle de l'Orbe qui naît en France, au pied du Noirmont, forme le lac des Rousses, à 1,075 mètres d'altitude, puis, hors de France, le lac de Jouœ, se perd dans l'entonnoir de l'Orbe, sous une roche calcaire, et se jette dans le lac de Neuchâtel. Ce grand lac, dont la superficie est de 240 kilomètres carrés, a pour débouché la Thièle, qui porte le trop plein de ses eaux dans le lac de Bienne et celui-ci s'écoule à son tour par la Zihl dans l'Aare. La seconde ligne est celle de la Broyé, qu'une légère rangée de collines tertiaires sépare de la précédente et qui, après avoir formé le lac de Morat, se jette dans le lac de Neuchâtel, au milieu d'une contrée marécageuse. Cette partie du bassin est célèbre dans l'histoire par les bataille^ que perdit à Granson et à Morat, en 1476, le puissant duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, qui avait franchi le Jura pour soumettre les Suisses.

L'Aare, qui rase le pied du Jura, n'en reçoit plus que d petits ruisseaux ; mais, coulant vers le nord-est, elle croise e recueille à l'extrémité du plateau helvétique, toutes les rivière* dirigées vers le nord-ouest, suivant la pente générale : 1; grande Emme, dont les pâturages ne sont pas moins renommé (Emmenthal) que ceux de la Sarine et dont le confluent est ir peu au-dessous de Soleure (Solothurn), la Wigger, la Suhr qui sort du lac de Sempach et dont le confluent est au-dessou d'Aarau, la Reuss et la Limmat.

La source de la Reuss est dans le Saint-Gothard, toute voisin

de celle du Rhin; le torrent court vers le nord dans une vallée surnage presque parallèle à celle de l'Aare, et, comme cette rivière, se perd au pied des terrains cristallins, dans une profonde fissure des roches calcaires; cette fissure, aux parois abruptes, bizarrement découpées, est le lac des Quatre-Cantons (Vierwaldstâttér see). La Reuss sort de ce lac à Lucane, et reçoit la petite Emme née, comme la grande, sur les flancs du Rothiiorn de Bricnz, puis la Lorzc qui sort du lac jEgeri et traverse le lac de Zug.

Les glaciers du Tœdi forment la Linth qui recueille, au passage, l'eau du lac Wallen (ou lac de Wallenstadt),et qui, par un lit creusé de main d'homme, se rend dans le lac de Zurich, allongé du sud-est au nord-ouest comme presque tous les lacs et les cours d'eau de cette région. Le cours d'eau qui sort de ce lac s'appelle la Limmat, reçoit la Sihl et rejoint l'Aare près du •confluent de la Reuss.

La partie orientale du bassin de l'Aare renferme des lieux historiques chers à la mémoire des Suisses : Sempach, Nœf'eK Morgarten, petite colline sur le bord du lac ^Egeri, victoires remportées en 1386, en 138S et en 1315, sur les Autrichiens qui voulaient les replacer sous leur domination. Les Français y ont fait aussi la guerre, lorsque Masséna y prit position entre les armées ennemies de l'Italie et de l'Allemagne ; par une série d'habiles combats dans les hautes montagnes, le long de l'Aare et de la Reuss, dans la région des collines, aux environs de Zurich et sur les bords de la Limmat, ce général désorganisa l'armée austro-russe (1799).

4° Les affluents de la rive gauche du bassin moyen. — La Bus

I descend du Jura et tombe dans le Rhin près de Bàle, faisant pour ainsi dire le pendant de la Wiese.

LUI (205 kil.) est la seule rivière importante de l'Alsace; elle lui a donné son nom (111, en latin Alsa). Elle prend sa source au pied du Glassberg, sur les dernières pentes du jlura, se perd sous terre et reparaît peu après dans le terrain tertiaire, près de Lingsdorf, à une altitude de 480 mètres envi- Ton, contourne le dernier massif de terrain jurassique et descend à travers une contrée tout ondulée de collines, en se Urigeant, au nord-ouest jusqu'à Altkirch, puis au nord-est jus-

qu'à Mulhouse ; après avoir reçu la Largue, petit ruisseau qui coule sur la limite du bassin du Rhin et du bassin de la Saône, elle entre dans la grande plaine d'Alsace avec une altitude de 240 mètres. Elle y coule mollement, au milieu des prairies, des cultures et des bois, en se divisant sur plusieurs points en divers canaux et en recueillant, sur sa rive gauche, les torrents des belles vallées vosgiennes : la Thur, aux eaux limpides, la Lauch, la Fecht, la Bruche, qui parcourt la plus longue vallée longitudinale de la chaîne.

La Moder est grossie delà Zorn, qui prend sa source sur le revers occidental des Vosges, près de la source de la Sarre ; la Zorn coule dans une gorge profonde et, parvenue à la longue fracture, dite col de Saverne, elle y coule vers l'est pour déboucher dans la plaine d'Alsace.

La Lauter qui, avant les funestes événements de 1870-71, formait la limite de la France et de l'Allemagne, est ensuite le seul cours d'eau digne d'être cité ; ceux qui, situés plus au nord, descendent du Haardt, comme la Queich et la Selz, sont de simples torrents.

La Nahe (110 kil.) est, au contraire, assez importante : coulant au pied du Hunsrûck, sur un terrain carbonifère, elle reçoit tous les petits cours d'eau qui naissent entre ce plateau et le plateau vosgien ; elle a son confluent à Bingen, au lieu même où le Rhin quitte son deuxième bassin pour s'engager dans le défilé des roches cristallines.

5° Les affluents de la rive gauche du troisième bassin. — La Moselle (505 kil. et 356 navigables dont 120 en France) est le principal cours d'eau de la Lorraine et le récipient de presque toutes les eaux du versant occidental des Vosges et du Haardt (1). Elle a sa source au col de Bussang, à 735 mètres d'altitude, devient en partie souterraine sur une longueur d'un kilomètre, puis reçoit, à Saint Maurice, un petit torrent descendu du Cresson et portant aussi le nom de Moselle. Elle coule vers le nord-ouest, encaissée d'abord entre les contre forts des Vosges jusqu'à Remiremont, où elle reçoit, à une al-

(1) Elle serait le récipient de toutes les eaux de ce versant, si quelque; petits cours d'eau ne traversaient pas la ligne de faîte pour se rendn dans le Rhin.

tirade de 396 mètres, la Moselotto, renommée par l'abondance de sa principale source et par la beauté de ses cascades ; ensuite elle court dans une étroite vallée creusée à travers le plateau de Lorraine, dont les coteaux boisés dominent ses prairies de 50 à 60 mètres; dans cette partie de son cours, elle arrose Épinal et ne reçoit que de petites rivières, comme le Madon venu des monts Faucilles et la Vologne descendue des Vosges par une série de chutes, en emportant avec elle les eaux des lacs pittoresques de Retournemer, de Longemer, de Gérardmer. A Toul, elle n'est séparée de la Meuse que par un espace de 11 kilomètres; la Meuse, qui coule à 248 mètres d'altitude, aurait pu venir se jeter dans son lit, qui n'a plus qu'une altitude de 204 mètres; mais le léger bourrelet des collines de l'oolithe moyen a maintenu la séparation. A partir de ce point, qui est la tète de route entre les deux vallées, et par suite une position militaire importante, qui a été le théâtre de batailles (61 1 , 1815-1870), les deux cours d'eau divergent. La Moselle contourne la forêt de Haye et reçoit la Meurthe. La Meurthe 161 kil., dont 12 navigables), formée de deux ruisseaux près du col de la Schlucht, a un cours parallèle à celui de la Moselle, se grossit de la Mortagne et de la Vezouse, arrose Nancy et, à 8on confluent à Frouard, roule presque autant d'eau que la Moselle. Celle-ci coule presque directement au nord, à travers l'oolithe et le lias, reçoit, sur sa rive gauche le Rupt de Mad, sur sa rive droite la Seille qui limitent aujourd'hui, dans une partie de leur cours, la France amoindrie et dont le confluent est à Metz ; puis, sur sa rive gauche, Y Orne qui, venue les collines de la Meuse, arrose la plaine des Woèvres. A riiionville, elle n'a plus qu'une altitude de 148 mètres. Elle acline dès lors vers le nord-est et s'engage, en serpentant i travers les roches triasiques et cristallines, dans une étroite nais fertile vallée ; là, elle reçoit, sur sa rive gauche, la hre (Sauer en allemand) qui, par ses nombreux affluents Alzette, arrosant le Luxembourg, Our, etc.), lui amène ine partie des eaux de l'Ardenne et de l'Eiffel ; sur sa rive Iroite, la Sarre venue, des Vosges avec la Blies, du plateau le Lorraine avec la Nied, rivière formée par la réunion de la vie»! française el de la .Nied allemande. La Sarre, dont une

LA . I. '. .i i . 12

Fig. 62. — Confluent de la Moselle et du Rhin. Extrait de la carte d'Etat-maj

prussienne.^

partie était naguère française et qui aujourd'hui coule tout entière dans les possessions allemandes, arrose Trrves et ne reçoit plus dans la gorge étroite où elle coule, entre l'Eifel et le Hunspûck, que des ruisseaux sans importance venus du Hunsrûck et surtout de l'Eifel, comme la Kyll et la Salm. Lorsque la Moselle se jette dans le Rhin, à Koblenz (voir la fig. 62) (1), le niveau de ses eaux est à 58 mètres au-dessus du niveau de la mer.

L'A/»' (60 kil.), torrent qui vient des hauteurs de l'Eifel et qui coule dans une gorge d'une soixantaine de mètres de profondeur, coupée presque à pic, boisée et sauvage à son origine, fertile dans sa partie inférieure, et l'Erft qui coule en plaine sur le champ de bataille de Tolbiac, sont les derniers affluents à mentionner de ce côté.

48. l»es cours fl*eau de la Corse. — La Corse n'a pas de cours d'eau navigables, mais des torrents capricieux, dans lesquels débouchent d'autres torrents plus petits et desséchés pendant une partie de l'année.

L'Aliso débouche dans le golfe de Saint-Florent.

L'Ostriconi n'est qu'un ruisseau, ainsi que la Ficarella, le Fango et le Sagone.

Le Liamone (40 kil.) qui a sa source au Monte Rotondo, le Gravone (45 kil.) et lePrunelli qui se jettent dans le golfe d'Ajaccio, le Taravo et le Rizzanèse qui tombent dans le golfe de Valinco, n'ont pas beaucoup plus d'importance.

La côte orientale n'a également que de petits torrents dans la partie méridionale, le Stabiacco, le Solenzara, le Taravo, le Fium' Orbo. Dans sa partie centrale elle renferme les deux principaux cours d'eau de l'île.

Le Tavignano (75 kil.) qui a sa source par 1,743 mètres d'altitude au lac de Nino,dans la foret de Valdo Niello,et qui arrose Corte.

Le Golo (82 kil.) qui reçoit l'Asco.

(1) La figure 62 est un fac-similé de la carte d'État-major prussienne des provinces rhénanes, dressée à l'échelle du 80,000e, commencée en 1841, et composée de 72 feuilles. La carte topographique de la partie orientale de la monarchie prussienne est à l'échelle de 100,000e, en ^.lî) feuilles.

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