FLEUVES DE LA CORSE
Asco.
section.
(Voir la carte physique.)
51. E-es frontière» maritimes. — Sur trois des côtés de l'hexagone dans lequel elle est inscrite, la France est baignée par la mer. Ses côtes ont, sans compter les îles, un développement total de 2,710 kilomètres, savoir : 1,223 kilomètres de la frontière du nord, à Audierne, 862 kilomètres d'Audierne à la Bidassoa; 625 kilomètres du cap Cerbère au pont Saint-Louis.
52. Le côté nord-ouest. — 1° La côte de la mer du Nord. — Sur une plage sablonneuse et plate, orientée du nord-est au sud-ouest, bordée de petites dunes que forment les sables apportés par les vents et qui mesurent 10 a 20 mètres de hauteur, commence la frontière de France, sans qu'aucun accident naturel distingue la terre française de la terre belge ; la tour de Zuulcoote (1), surmontée d'une sphère blanche, marque seule l'entrée de la France. De la bouche méridionale de l'Escaut, dite le Hont, jusqu'à Dunkerque, règne l'uniformité: c'est un sol d'alluvion et une ligne de sables, basse et monotone, percée çà et là de canaux, sur laquelle tranchent à peine, en Belgique, les jetées et les digues de Blankenbergue et d'Ostende et le chenal de Nieuport tout voisin de l'embouchure de l'Yser. C'est aux embouchures des canaux et des petits fleuves que sont les ports de cette région.
Les dunes de Dunkerque sont célèbres dans l'histoire par la victoire de Turenne sur les Espagnols (1658). Dunkerque, dont le nom signifie l'église des Dunes (Dun Kirke), acheté par Louis XIV, fortifie par Vauban, a longtemps porté ombrage à l'Angleterre, parce que c'était notre port militaire de la mer du Nord et qu'il pouvait menacer Londres ; il projette au loin sa longue jetée et les feui à éclipses de son beau phare (portée de S \ milles ou 43 kilomètres) ; le port peut recevoir des navires ca-
(i) Zuydcoote est, sur le bord de la mer, le village le plus voisin de la frontière, mais le territoire de la commune de Ghyveide forme la limite vie la France et de la Belgique sur la côte.
lant 5 mètres et même 5 mètres 1/2 dans les grandes marées. Puis on découvre le canal qui conduit au petit port de Gravelmes situé à l'embouchure de l'Aa que la canalisation a déplacée, et ensuite, tout enveloppée de ses fortifications, Calais, dont la population manufacturière déborde dans le faubourg de Saint-Pierre ; le port, signalé par une double jetée en charpente et un phare à feu blanc visible de 27 kilomètres, peut recevoir aux grandes marées des navires calant 6 mètres. Sur plusieurs points, il a fallu construire des digues pour défendre contre l'invasion de la mer la côte trop basse et sans cesse rongée par le flot.
La mer, qui est la continuation de ce sol sans pente, est sans profondeur; on rencontre une série de bancs parallèles qui, à 20 kilomètres et plus de la côte, n'ont pas 4 mètres d'eau ; entre Calais et la frontière on en compte onze. L'église Notre* Du nie de Paris, plongée au milieu de cette mer du Nord à égale distance entre la Belgique et l'Angleterre, s'élèverait encore au-dessus du niveau des flots de toute la hauteur de ses tours. La navigation, à cause du peu de relief des côtes et de la fréquence des brouillards, est difficile sur la mer du Nord.
2° Le Pas-de-Calais. — Le détroit du Pas-de-Calais, (voir fig. 63) (1), un peu plus profond dans sa partie médiane (de 55
(1) Les cartes des côtes et des mers, nommées cartes hydrographiques ou cartes marines, sont dressées et publiées au Dépôt de la marine d'après le système connu sous le nom de projection de Mercator. Dans ce système, les méridiens et les parallèles sont figurés par des lignes droites se coupant à angles droits, les méridiens également espacés, les parallèles avec un écartement croissant de l'équateur aux pôles. Cette projection est la seule qui permette aux marins de tracer facilement et avec exactitude leur route sur une carte à l'aide de la boussole. Les cartes hydrographiques se lèvent, comme les cartes terrestres, à l'aide d'une triangulation appuyée sur des observations astronomiques et complétée par un levé topographique de la côte et en général de tout ce qui peut, se voir de la mer. Quant aux sondes, c'est-à-dire aux profondeurs du fond de la mer au-dessous de son niveau, elles se déterminent dans des canots, en observant à l'aide d'un sextant ou d'un cercle à réflexion les distances angulaires de plusieurs points de la côte au moment môme où l'on mesure la profondeur avec une ligne de sonde, corde divisée en mètres et décimètres munie à son extrémité d'une e de plomb enduite de suif. On inscrit sur la carte, autrefois en brasses, aujourd'hui en mètres, la profondeur trouvée, en la rappor-
à 62 mètres) n'a que 32 kilomètres de largeur ; il s'étend entre le cap South Foreland en Angleterre et deux caps en France, le Blanc-Nez (petit Blanc-Nez 60 m., grand Bianc-Nez 10o m.) dominé en arrière par des falaises (l) et le Gris-Nez (51 m.). De la haute falaise de ce dernier cap sans cesse rongé par la mer, ou du mont Couple situé a 120 mètres d'altitude, on distingue la côte de Douvres dont les falaises, par la similitude des couches, témoignent de la révolution géologique, relativement récente, qui a séparé la Grande-Bretagne du continent. De toutes parts, des voiles nombreuses et des traînées de fumée apparaissent dans ce passage, un des plus fréquentés du monde ; le pilote, qui doit éviter à l'entrée les bancs du Colbart et du Varne (ou rouge banc), à cause des remous et des vagues qu'ils occasionnent, et qui doit craindre partout les courants de «narée, est guidé la nuit par une suite ininterrompue de feux : il y a entre le cap d'Alprech et Beachy-Head au sud, Dunkerque et North-Foreland au nord, vingt- cinq phares ou feux de port. Celui du cap Gris-Nez, élevé de 69 mètres au-dessus du niveau de la haute mer, est visible à 40 kilomètres. Le flot des ma-, rées dans le Pas-de-Calais vient de la Manche et se fait sentir jusqu'au South-Foreland et à Calais où il rencontre un autre flot venu dans un sens contraire, à travers la mer du Nord.
3° La côte de la Manche jusqu'à la Seine. — Au delà du cap
tant au niveau des plus basses mers afin d'indiquer le minimum de profondeur. Le suif fait adhérer au plomb une partie du fond dont on inscrit la nature à côté de la cote trouvée. Quand celle-ci est surmontée d'une barre horizontale, cela signifie qu'on ne trouve pas le fond à la profondeur indiquée. Dans l'intérêt de la navigation, la marine révise fréquemment ses cartes d'après ses propres travaux, ou d'après les travaux des marines étrangères ; tantôt elle en supprime parce qu'elles sont trop erronées, tantôt elle en dresse de nouvelles dont le besoin se fait sentir; aussi leur nombre est indéterminé. Ces cartes, qui se vendent en général deux francs chaque, sont à diverses échelles : il y a des cartes générales à petite échelle, comme celles que nous donnons ici et des cartes d'atterrissement à grande échelle pour les ports et pour certaines côtes très-fréquentées.
(1) Nez est le mot anglais ness, cap ; l'étymologie de gris-nez pourrait être craig-ness, cap des rochers. Les géologues disent avec plus de vraisemblance, le cap Blanc formé de craie blanche et le cap Gris composé de rochers jurassiques plus sombres.
Blanc-Nez, la cote incline plus vers le sud, puis elle s'étend directement au sud à partir du cap Gris-Nez ; c'est la côte du Boulonnais, montueuse et bordée de falaises jurassiques ; là sont le petit port d'Ambleteuse, à l'embouchure de la Slack, et, à l'embouchure de la Liane, le grand port de Boulogne où la marée monte plus haut que dans les autres ports de la môme côte ; le cap d'Alprech termine cette première région de la Manche.
La Manche est un bras de mer que ferment au sud la côte de France, au nord la côte d'Angleterre ; elle mesure environ 83,000 kilomètres carrés. Ouverte largement à l'ouest sur l'océan Atlantique, se rétrécissant en forme d'entonnoir vers l'est jusqu'au Pas-de-Calais, elle est sujette à de hautes et violentes marées, parce que le flot qui vient de l'ouest, emprisonné entre des rivages de plus en plus rapprochés, se gonfle et s'irrite. Au milieu de la Manche, le courant renverse suivant que la marée monte ou descend ; sur certains points, comme entre le Havre et l'île de Wightj le renversement est immédiat, et le courant passe de l'est à l'ouest ; sur d'autres points, il dévie peu à peu en tournant, tantôt dans le sens opposé à celui d'une aiguille d'horloge, comme entre le cap de la Hague et Start-Point, tantôt dans le môme sens, comme à l'est de Start-Point. Près de la côte de France, comme près de la côte d'Angleterre, les courants quoique alternant aussi, sont plus réguliers et se dirigent presque toujours de l'ouest à l'est ou du sud au nord ; un des plus violents est celui du raz Blanchard qui, pendant la marée montante, porte au nord-est, et, pendant l,i marée descendante, au sud-ouest, et qui atteint une vitesse de 8 nœuds (14,800 m.) et plus à l'heure. Les brouillards sont fréquents sur la Manche. Les vents d'ouest, que les marins de la Manche nomment vents d'aval, et principalement les vents de sud-ouest, qui soufflent pendant les deux tiers de l'année, surtout de novembre à mars, amènent souvent des tempêtes et augmentent la force de la marée
Au sud du cap d'Alprech jusqu'au-delà de l'embouchure de la Somme, la côte est de nouveau basse, parsemée de dunes et, çà et la, de marécages. La Canche, sur laquelle est le port dttaples, YAutkie qui se termine par une baie vaseuse, la
Somme sur laquelle est le port de St-Valéry, et dont la baie, plus grande et plus vaseuse encore, est presque à sec à marée basse, y débouchent. C'est dans les petits ports de ces cours d'eau, que Napoléon préparait, en 1804, la flottille à l'aide de laquelle il comptait envahir l'Angleterre.
Plusieurs bancs de sable, dont quelques-uns portent des huîtrières (la Bassure de Bass, les bancs de la Somme), bordent cette côte que la mer peu profonde rend très-peu hospitalière aux navires, surtout quand régnent les vents de sud-ouest et de nord-ouest.
4° La côte de la Manche, de la Somme à la Seine. — A 20 kilomètres au sud de l'embouchure de la Somme, les marais et les dunes cessent. Au village d'Ault, la côte s'élève brusquement en falaise; elle prend la direction du sud-ouest en dessinant une très-légère courbe et oppose partout à la mer une grande muraille de craie blanche ou jaunâtre, haute de 100 mètres et plus : c'est la falaise du pays de Caux, dans laquelle les cours d'eau ont creusé çà et là de profondes et verdoyantes échancrures. Dans chaque échancrure est un petit port ou un bain de mer, le Tréport sur la Bresle, Dieppe sur la rivière d'Arqués, Sai nt -Valéry -en- C aux, Étrétat avec ses falaises bizarrement découpées par les flots. Le phare à éclipses de la pointe d'Ailly, d'une portée de 50 kilomètres, et le phare moins important de Fécamp éclairent cette côte. Au cap d'Antifer (100 m.), la côte tourne au sud-sud-ouest, formant une muraille de falaises uniformes jusqu'au cap de la Hève, qui se dresse à pic à 105 mètres au-dessus de la mer et dont la base est jonchée des débris de la falaise, sans cesse rongée par les flots. Le cap de la Hève, surmonté d'un phare élevé de 121 mètres au-dessus de la mer et faisant voir à 56 kilomètres son double feu électrique, est à l'embouchure môme de la Seine ; en descendant de la falaise vers le sud-ouest, on atteint bientôt, par le village coquet de Saint-Adresse, le plus grand port marchand de la France sur l'Atlantique, le Havre, et l'estuaire de la Seine dans lequel la marée s'engouffre en formant une barre redoutable. De nombreux bancs de sable, les uns mobiles, les autres fixes, comme l'Amfard et le Ratier, gênent encore la navigation de ce côté, malgré les nombreux travaux exécutés jusqu'à ce
jour. A l'est de la ligne qui réunit le Havre à l'embouchure de la Dives, on ne trouve nulle part, aux basses mers, plus de 5 mètres d'eau.
, La côte de la baie de la Seine, — Entre le cap d'Antifer et la pointe de Barfleur, la baie de la Seine s'étend sur une largeur de 103 kilomètres ; le courant de flot, dirigé en général vers l'est, et le courant de jusant, dirigé vers l'ouest, s'y font sentir avec force; la mer n'y atteint nulle part 40 mètres de profondeur. Trois phares suffisent à l'éclairer ; à l'est celui du cap de la Hève, à l'ouest celui de la pointe de Barfleur, feu à éclipses visible de 40 kilomètres, au centre celui de Ver. A l'ouest de l'embouchure de la Seine, la côte s'incline vers lé sud-ouest, offrant presque partout une belle plage de sable que dominent et qu'interrompent, sur quelques points, les falaises crétacées du pays d'Auge et quelques roches, comme les roches Noires ; là sont les embouchures de la Touques et de la Dives. Les \illages coquets hantés par les baigneurs durant l'été se pressenl les uns à côté des autres, Trouville, Yillers, Houlgate, Mves, où Guillaume le Conquérant s'embarqua pour l'Angleterre, Gabourg, etc.; entre la Dives et l'Orne, les dunes remplacent les falaises. Au delà de Yembouchure vaseuse de l'Orne, où se trouve le petit port d'Ouistreham, la côte prend la direction ouest-nord-ouest ; on \ trouve encore la plage de sable et les bains de mer, Lion, Langrune, Courseulles, Arromanches, mais il n'\ a plus de falaises du côté de la terre, et, du côté de la haute mer, la plage est bordée d'un cordon déroches basses et dangereuses : les roches de Lion, les îles de Bernières, le plateau du Calvados, banc de roches qui découvre en partie et qui ii reçu son nom, au xvic siècle, d'un des navires de l'invincible Armada, échoué sur ses brisants. A l'ouest du Calvados, la côte est -en. •paiement peu élevée ; elle présente une succession de plages sablonneuses, de dunes, de collines cultivées et de petite- falaises jusqu'à la pointe de laPercée, à l'ouest de laquelle ,,t, trouve une falaise élevée, puis une cote très-basse et, en avant, les longs et bas rochers de Grand-Camp. Ces rochers bordent une baû raseuse large de 7 kilomètres 1/2, dite le Grand qui découvre presque entièrement à mer basse en laissant a sec le- hancs de la Ravine et de Grand Vey : c'est au
fond de cette baie que se jettent la Vire et la Taute, et que sont les ports iYlsigny et de Carentan.
6° La côte orientale du Colentin. — A l'ouest de cette baie, commence la côte du Cotentin qui se dirige en ondulant vers le nord-nord-ouest ; c'est une grève de sable bordée de dunes jusqu'à la Hougue, avec une rangée de coteaux plus loin, danl'intérieur des terres ; à 6 kilomètres en mer s'allongent deux bancs de sable qui supportent les deux îlots de Saint-Marcouf. Le fort de la Hougue, bâti sur des rochers et réuni par une chaussée à la terre, abrite la rade de la Hougue, le seul bon abri que dans les gros temps les navires puissent trouver sur la côte occidentale de la baie de la Seine ; c'est là qu'après le glorieux combat naval livré par Trouville, en 1692, aux Anglais bien supérieurs en nombre, douze vaisseaux français vinrent chercher un refuge et furent brûlés par l'ennemi. De Saint- Vaast et de la petite île fortifiée de Tatihou qui, à mer basse, est réunie au continent, jusqu'à la pointe de Saire s'étend une petite baie sablonneuse ; puis une côte granitique, basse, semée de roches dangereuses, dominée en arrière par quelques coteaux, conduit de la pointe de Saire au port et à la pointe de Barfleur, formée de roches basses qui couvrent et découvrent et sur lesquelles s'élèvent deux tours avec le phare haut de 71 mètres : c'est sur ces roches que se produit le raz de Barfleur que redoutent les marins et qui est à l'extrémité nord-est du Cotentin.
Après la pointe de Barfleur, la côte tourne brusquement à l'ouest et décrit un arc de cercle jusqu'au cap de la Hague, promontoire de syénite s'abaissant en pente bien douce jusqu'au niveau des flots qui le battent avec fureur; entre la pointe de Barfleur et ce cap, le rivage, tout composé de roches granitiques ou cambriennes, défie l'effort des vagues et présente successivement à la mer le cap Lévi, l'île Pelée et la pointe de Querqueville, entre lesquelles est la digue gigantesque du port de Cherbourg.
7° La cote occidentale da Cotentin. — A l'ouest du cap de la Hague, la côte tourne de nouveau brusquement et se dirige vers le sud.
Entre le nez de Jobourg et le nez de Flamanville, une plage
de sable recourbée en arc de cercle forme l'anse de Vauville; à quelque distance en arrière de cette plage, s'élèvent les coteaux du plateau dont le nez de Jobourgetle nez de Flaman- >ille sont les pointes proéminentes; plus] au sud, règne encore une plage de sable et de dunes fermée par une ligne de coteaux et interrompue seulement par la pointe du Rosel, le c<ip Carteret et 1 es embouchures ensablées de Port-Bail, de Saint-Germain-sur-Ay et de Regnèville. Le roc proéminent de Granville marque la fin de cette partie de la cote qui est parsemée de roches basses, et où l'eau a d'autant moins de profondeur qu'on s'avance davantage vers le sud.
En face de cette côte sont les îles anglo-normandes qui taisaient partie de l'ancien duché de Normandie et qui, depuis Guillaume le Conquérant, sont restées attachées à la couronne d'Angleterre ; elles rappellent par leur verdure et leurs paysages !.i basse Normandie. Ce sont, à la hauteur du cap de la Hague, Auriyny, Alderney en anglais, puis le passage du Singe, puis l'île Burhou, le passage d'Ortach et les desquels, rochers dont le triple feu, visible de Guernesey jusque vers la Hague, éclaire les approches de ces passages redoutés; la verdoyante Guernesey, Guernsey en anglais (65 kil. c), descendant en pente douce vers le nord, présentant au sud des côtes escarpées, avec la pointe de Pleinmont et le phare du Hanois au sud-ouest, la pointe de Saint-Martin et l'obélisque de Jerbourg (94 mètres au pied de l'obélisque) au sud-est ; puis à l'est, des rochers isolés dans h mer et trois petites îles escarpées, Herms, Jethou et Sercq (91 m. au point culminant); la plus méridionale et la plus grande des îles anglo-normandes est Jersey (116 kil. c), dont la pente, opposée à celle de Guernesey, est inclinée vers le sud, et qui présente à la mer sur sa côte septentrionale un front de falaises et de rochers ; elle est presque entièrement enveloppée de récifs dont les plus étendus sont les Écréhou au ttord-ouest; le Gros-nez au nord-est, la pointe de la Corbière au sud-esl , en sont les principales pointes. Les dangers qu'occasionnent les écueils et les courants sont compensés par l'abri commode qu'offrent au sud la baie de Saint-Aubin et Le poil de Saint-Hélier, capitale de l'île. Au sud de Jersey esl le plateau des Minquiers qui a près de 30 kilomètres de Ion-
gueur, et qui ne laisse entre ses innombrables rochers aucun chenal accessible à un navire de moyen tonnage ; au sud-ouest, sont les iles Ghausey, groupe d'îlots et de rochers avec un phare. Entre toutes ces îles, les courants sont changeants, dangereux, et la mer est mauvaise. Le passage le plus redouté, entre la Hague et Aurigny, est le raz Blanchart, dont le courant violent change avec la marée montante ou descendante ; celui de la Déroute, qui s'étend du nez de Flamanville à Regiièville parallèlement à la côte, est plus navigable,
De Granville, la côte, bordée de dunes, se dirige droit au sud jusqu'à la pointe de Champeaux. Entre cette pointe et la pointe du Grouin s'enfonce la baie du Mont Saint-Michel, qui a une ouverture de 20 kilomètres et une superficie d'environ 250 kilomètres carrés. La pointe de Champeaux, le village de Carolles, et la hauteur sur laquelle est bâtie Avranches sont les extrémités des collines de Normandie, qui dominent la baie et tombent en hautes falaises sur la grève ; Tombelaine et le rocher granitique du mont Saint-Michel, qui, à chaque marée montante, deviennent des îles, sont en quelque sorte la continuation de ces hauteurs. Dans cet enfoncement la marée monte à une hauteur de 15 mètres, et se retire à une distance de 15 kilomètres; la Sée, la Sélune et le Couesnon s'y jettent. La violence et la rapidité du flot rongent ce terrain et creusent cette baie, comme toute la côte occidentale du Cotentin, dont une portion paraît avoir été encore couverte de forets au commencement de l'ère chrétienne (foret de Scisey). La baie et la côte septentrionale de la Bretagne abondent en poissons, en crustacés et possèdent des bancs d'huîtres.
8° La côte septentrionale de la Bretagne. — La côte de la Bretagne est la plus rocheuse et la plus découpée de France. Elle commence à l'embouchure du Couesnon, en face du mont Saint-Michel, par la grève basse et sablonneuse qui occupe tout le fond de la baie du mont Saint-Michel et qui fait partie du fertile marais de Dol ; une digue la garantit contre les invasions du flot.
Dans la partie occidentale de la baie, la côte se relève ; le granit commence à apparaître et la plage, que couvre et dé couvre la marée, se rétrécit ; cette plage disparaît au nord du
petit port de Cancale et fait place à une côte de rochers, dans la bonne rade de Cancale, où l'on péchait naguère en abondance des huîtres renommées; la pointe da Grouin forme l'extrémité septentrionale de cette rade.
A partir de cette pointe, la côte, hérissée de roches granitiques entre lesquelles sont enfermées quelques petites anses, comme le havre de Roteneuf, et semée de dangereux écueils que bal une mer presque toujours furieuse, se dirige au sudouest ; les derniers rochers de cette partie sont ceux qui couvrent le port de Saint-Malo, et dont l'un contient le tombeau de Chateaubriand. Saint-Malo, bâti à l'embouchure de la Rance, ians une presqu'île qui n'a pour isthme qu'une étroite chaussée est, avec Saint-Servan, sa sœur cadette, plus peuplée auourd'hui que l'aînée, le principal port de la côte septentrionale; >on nom rappelle de glorieux souvenirs militaires et l'énergie ommerciale de ses marins.
De l'autre côté de la Rance, que ferme presque complément un long chapelet de rochers, est le port de Dinard ; i l'ouest, la côte continue à présenter à la mer des pointes granitiques, escarpées, plus profondément découpées encore, ît forme de vastes grèves que la marée basse laisse à sec, on une l'anse de l'Arguenon, l'anse de Saint-Cast, célèbre w la tentative infructueuse de descente des Anglais en 1758, a baie de la Frenay; la plus avancée de ces pointes est le cap Frehel, situé à l'extrémité d'une étroite presqu'île de roc, lominant les flots d'une hauteur de 72 mètres et éclairant par son phare toute cette partie de la mer jusque par delà les Minrniers, à une distance de 44 kilomètres.
A l'ouest du cap Frehel, sont le chenal et le cap d'Erquy ; puis, lu cap d'Erquy aux roches de Saint-Quay se développe, en lemi-cercle, la baie de Saint-Brieuc, avec ses vastes grèves parsemées de rochers; au fond du demi-cercle, se trouvent l'anse l'Yfliniae et l'embouchure du Gouet, près de laquelle est le Légué, port de Saint-Brieuc.
La côte, toujours rocheuse, coupée presque à pic et dentelée, se prolonge vers le nord-ouest ; on ) trouve l'anse de Paimpol, L'estuaire de la Trieux, quelques bons petits ports de pêche, puis, à l'extrémité, une longue grève toute mouchetée d'îlots
et d'écueils, qui semblent être des débris de la péninsule sans
cesse battue par une mer en courroux; le plus important estl'i/e Bréhat, dont le port peut abriter des vaisseaux de guerre; les plus septentrionaux sont les Héaux de Bréhat, rochers dont les sommets restent toujours d'une dizaine de mètres au-dessus des plus hautes mers, et dont le phare, croisant ses feux avec celui des roches Douvres élevé au milieu des flots à 35 kilomètres de la côte, complète l'éclairage du dangereux golfe de la Manche qui s'étend de la Hague aux Héaux. La marine ne donne pas à ce golfe un nom officiel ; il est naturel de le désigner, au moins dans la partie au sud de Jersey, sous le nom de golfe de Saint Malo.
Toute cette partie de la Manche a une médiocre profondeur qui semble indiquer qu'il y a là une conquête récente de l'Océan. De cette pointe au cap de la Hague règne un plateau sous-marin qui supporte les îles anglo-normandes et sur lequel la mer n'a pas plus de 50 mètres de profondeur ; entre Jersey et le fond de la baie du mont Saint-Michel, la profondeur n'excède même nulle part 1 0 mètres.
Au sud des Héaux de Bréhat est le sillon de Talber, chaussée naturelle de cailloux qui forme la pointe la plus septentrionale de la Bretagne. A l'est et à l'ouest, toute la cote, granitique, haute, hérissée de rocs, bordée de grèves, dont la plus grande est celle de Saint-Michel-en-grève, forme une sorte de presqu'île avancée et découpée par les estuaires du Trieux, du Jaudy, du Légué qui abritent de petits ports. Devant la côte sont de nombreux écueils dont quelques-uns ne couvrent jamais dans les plus hautes marées, l'île Tome et l'île Grande, plus loin en mer, les Sept-Iles et le Triagoz avec leurs phares. De violents courants de marée, variables suivant les heures, contribuent avec les écueils à rendre ces parages dangereux.
9° La côte da Finistère. — Les terrains de transition bordent les deux côtés de l'estuaire au fond duquel est le joli port de Morlaix; mais, à l'ouest, le granit reparaît à la pointe de Bloscon qui abrite le port de Roscoff et dans Vile de Bas dont le feu tournant se voit à 44 kilomètres. Là commence la presqu'île de Léon et d'Armor, également semée d'îlots et de récifs, débris du continent que paraît avoir séparés la violence des flots.
,a côte qui, au delà de l'anse de Goulven, à la pointe Pontusval, ît plus encore au delà de l'île Vierge, de l'étroit bras de mer îommé Abervrac'h, et de l'estuaire de l'Aberbenoît, inclinait léjà vers le sud-ouest, tourne décidément au sud au rocher du four. De ce rocher à la paintede Penmarc'h, sur une étenluc de 84 kilomètres, s'étend le front de la grande digue breonne qui sépare la Manche de l'Atlantique. Les vagues, toujours oui Toucées et poussées par le vent du sud-ouest, battent incesamment ce front; au nord, elles ont détaché l'île granitique l'Ouessant, célèbre par les batailles navales de 1778 et de 794, et la chaîne des îlots et des roches, île de Molène, île de léniguet, chaussée des Pierres-Noires, etc., qui marquent îiicorc la ligne de faîte de cette pointe écroulée du contiîent et que traversent aujourd'hui des détroits dangereux à :ause de la violence des courants, le passage du Fromveur, sntre Ouessant et les îlots, le passage du Four, entre les îlots \i la côte; sur la côte sont les rochers de Porsal, la pointe de Horsen, avec son sémaphore, la partie la plus occidentale du •outillent, et la pointe de Saint-Mathieu (voir fig. 64), la ifus connue des navigateurs, avec son feu qui s'éclipse et repaaît de 30 en 30 secondes. A l'extrémité occidentale de l'île ['Ouessant est le phare de Créac'h, qui, portant à 44 kilomètres, (claire toute la côte occidentale et signale le premier la terre de h m nce aux navires venus de l'Atlantique.
•7.!. Le côté ouest. — 1° Suite de la côte du Finistère. Au sud de a pointe de Saint-Mathieu, la côte de Léon, toujours rocheuse, oui-ne brusquement à l'est et forme un enfoncement profond le plus de !» kilomètres : c'est la rade de Brest. On y entre par me passe large d'environ 2 kilomètres, serrée entre la côte de Léon et la presqu'île de Quélern et embarrassée par plusieurs pèches à fleur d'eau. La rade elle-même qui pourrait donner ilei à toute la marine militaire de l'Europe est divisée en deux parties : la rade de Brest proprement dite, au nord, avec le port militaire de Brest sur la Pcnfeld et l'embouchure de la rivière le Landerneau; la ririèrede Chdleaulin ou deuxième rade, au sud. Unepresqu'île escarpée, terminée par trois pointes, la presqu'île de Quélern (ou Kélern) au nord, la pointe deïoulinguet à l'est, la presqu'île schisteuse de Crozon et le cap de la Chèvre au sud,
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sépare la rade de Brest de la baie de Douarnenez dont l'enrée est beaucoup plus facile que celle de la rade, malgré le roc le la Vieille qui est au milieu de la passe ; c'est au nord-est de la )aie que sont les belles grottes de Morgat. Au sud, la baie est ermée par une ligne de hauteurs rocheuses qui font suite aux nontagnes Noires et que termine la. pointe du Raz, presqu'aussi tvancée dans l'ouest que la pointe Saint-Mathieu. Vile de Sein et es roches désignées sous le nom de chaussée de Sein prolongent à plus de 25 kilomètres en mer cette pointe dont les feux lu Raz et de Sein éclairent les approches ; les fureurs de 'Océan ont rongé et minent sans cesse cette digue et donnent à ;es parages un sinistre renom ; les druidesses avaient fait de 'île de Sein un de leurs sanctuaires ; cependant, malgré ses mirants et ses roches, le raz de Sein est très-fréquenté par les saboteurs et les bateaux de pèche. Entre la chaussée desPierressoires et la chaussée de Sein, s'étend YIroise, golfe où l'eau est >rofonde et où le marin a moins à redouter les courants et les icueils.
De la pointe du Raz à la pointe de Penmarc'h, ou pointe saint-Pierre, la côte basse et très-inhospitalière se développe ;n arc de cercle, et des roches isolées sont semées aux abords de ^enmarc'h : c'est la baie d'Audierne. Nulle part peut-être la ner ne déferle avec plus de furie ; à la pointe de Taliferne et à a Torche elle brise avec un tel fracas qu'on l'entend du village le Pont-1'Abbé, à 13 kilomètres de distance.
2° La côte méridionale de Bretagne. — A partir de la pointe de 3enmarc'h, la côte tourne brusquement à l'est : c'est le versant méridional de la Bretagne. Les terrains granitiques régnent encore sur une longueur d'environ 180 kilomètres en ligne droite. De la pointe de Penmarc'h à la pointe de Chemoulin, la côte est médiocrement élevée, mais en général taillée en escarpe avec une plage de sable qui découvre et de nombreuses roches basses ii une certaine distance du rivage. Il n'y a, la Vilaine exceptée, que de petits cours d'eau sur ce littoral; mais il y a des baies et de longs estuaires que la mer a fouillés, et qu'elle a en partie envasés avec les débris des roches : Y anse de Bénodet dont l'entrée est hérissée de roches et où se jettent la rivière de Pont-l'Àbbè et l'Odet ou rivière de Quimper, la baie de la Forest
et le port de Concarneau, l'estuaire du Blavet que ferme à l'est la pointe de Gavre et où l'on remarque, à l'entrée, Fort-Louis et sa citadelle, au fond, sur le Scorff, Lorient et son port militaire. En avant de la baie de la Forest sont les Glénans, composés de huit îlots enveloppés de roches, et, en avant du Blavet, l'île do Groix, peu haute (46 mètres), mais coupée de toutes parts en falaises escarpées, et éclairant la mer de plusieurs feux dont le principal, celui du nord, porte à 33 kilomètres. Après la pointe de Gavre, la côte, basse, sablonneuse, bordée de dunes, a la direction du sud-ouest jusqu'à l'étroite presqu'île de Quiberon, qui se relève à une altitude d'une vingtaine de mètres. Cette presqu'île, rendue célèbre par la défaite des émigrés en 1795, se termine au sud par le petit port Maria, mais se continue vers le sud-ouest par un plateau sous-marin sur lequel émergent les îles de Houat et d'Hœdic, souvent fréquentées par les escadre durant les guerres de la République ; directement au sud de la presqu'île est Belle- Ile, la principale île de cette région, pré sentant à la mer une muraille de falaises terminées au nord par la pointe des Poulains, mais offrant aux marins un excel lent abri contre les redoutables vents d'ouest dans le port du Palais et éclairant l'Océan à une distance de 50 kilomètres c'est, ainsi que la plupart des îles voisines, une région très fréquentée par les pécheurs de sardines.
La presqu'île de Quiberon abrite contre les vents d'ouest h baie de Quiberon, sur les bords de laquelle sont les nombreu: monuments druidiques de Carnac et de Locmariaker; l'estuair» de la rivière de Crac'h avec son bon mouillage, et le Morbihai y débouchent. Le Morbihan, mer petite dans la langue bre tonne, est un bras de mer de 20 kilomètres de longueur, presque entièrement fermé, découpé à l'intérieur par de nombreux es tuaires, celui d'Auray, celui de Vannes, celui de Xavalo, sem de roches, d'îlots et de bas- fonds vaseux, découvrant en grand partie à mer basse et présentant des difficultés particulière de navigation à cause de la rapidité des courants de marée. L presqu'île de Rais, dont les points les plus remarquables de 1 pleine mer sont le clocher de Saint-Gildas et le Grand-Mou ferme au sud le Morbihan ; la côte, composée de falaises, s continue vers l'est par la rade et la rivière de Vtnerf jusqu'
Yestuaire de la Vilaine. La côte se dirige ensuite vers le sud; ou y rencontre la grève de Mesquer, la pointe de Piriac, le Croisic, bain de mer fréquenté, avec une bonne rade, et la pointe du Croisic ; en avant, dans la mer, la petite île Dumet, et le roc du Four qui semble continuer le plateau sous-marin d'Haedic.
A la pointe du Croisic, la côte reprendla direction de l'est, forme la baie du Pouliguen, qui est fermée par quelques roches et où viennent souvent s'abriter les navires qui entrent dans la Loire ou qui en sortent, puis la pointe de Chemoulin, qui, avec la pointe d'Eve, sa voisine, signale l'entrée de la Loire ; le port de Saint- Nazaire est à G kilomètres plus à l'est, faisant face au fort Mindin ; Paimbœuf et Nantes se trouvent en remontant le fleuve. Un feu fixe placé au milieu de la mer, sur une roche d'un plateau sous-marin, la Banché, indique l'approche du fleuve en se croisant avec les feux des phares du Four et du Pilier, et en marquant la séparation du chenal du nord et du chenal du sud.
3° La côte de la Loire à la Gironde. — La pointe de Saint-Gildas, formée déroches basses, séparel'embouchure delà Loire de la baie vaseuse deBourg)ieaf, où les navires entrant en Loire vont quelquefois chercher un abri, etoù sontles petits ports de Pornic et de Noirmoutier. A l'est, la côte est toute coupée de canaux désignés sous le nom d'étier et semée d'étangs ; Vile de Bauin n'est séparée elle-même de la terre ferme que parl'étier du Dain. Une longue plage réunit cette côte avec l'île de Noirmoutier qui ferme la baie à l'est et à laquelle on peut se rendre à pied sec par le passage du Goa, route longue de 4 kilomètres, pendant que la mer est basse. Au sud du détroit de Fromentine qui sépare du continent la pointe méridionale de Noirmoutier, la côte se dirige au sud-sud-est, en présentant une succession de plages et de dunes, avec quelques petits ports à l'embouchure des rivières ; puis de la pointe de l'Aiguille et de son fort, qui abritent la rade des Sables- d'Olunne, et du phare des Marges, qui l'éclairé, jusqu'à la pointe de l'Aiguillon, elle court vers le sud-est.
Au sud-ouest de Fromentine, à 18 kilomètres de la côte, unie à elle par un plateau sous-marin, dit Pont-d'Yeu, est la petite île d'Yeu (22 kil. c), rocheuse, pittoresque, éclairée par un feu fixe, à éclats rouges. A l'ouest de la pointe de l'Aiguillon s'ou- \ vo la baie de l'Aiguillon dans laquelle se jette la Sèvre Mortaise
et qui est presque toute remplie d'une vase molle et profonde sur laquelle les navires échouent sans danger. Au sud de cette côte et séparée d'elle par le pertuis Breton, l'île de Ré (73 k. c), s'allonge dans la direction du sud-ouest ; presque coupée en deux par le Fiers d'Ars, elle présente, au nord-ouest, la pointe des Baleines, dont le phare a une portée de 43 kilomètres, au sud-est, le phare de Chauveau et la pointe de Sablanceau; le pertuis d'Antioche sépare l'île de Ré de l'île d'Oléron (153 kil. car.), plus inclinée au sud et riche par ses vignobles et ses marais salants.
Ces îles forment une digue que bat la mer, mais dont la partie nord-est a des anses commodes et qui abrite elle-même sur lacôte du continent l'embouchure de la Charente, celle de la Seudre e t quelques-uns des meilleurs ports de France, la Rochelle, Rochefort, Tonnay-Charente, Marennes; sous Charles Vet sous Richelieu, les flottes françaises triomphèrent des Anglais dans ces parages; mais, en 1809, les Anglais détruisirent une flotte française près de l'île d'Aix. Par malheur, ces ports s'ensablent peu à peu, moins par les alluvions des fleuves que par les débris des roches granitiques de Bretagne que les courants y portent. La mer, déferlant avec violence dans ces parages, ronge plus aisément un sol moins résistant que le granit ; à ;>o kilomètres à l'est de la pointe des Baleines est le plateau sous-marin de Rochebonne, où la vague est dure et dangereuse, et que signalent deux feux allumés sur un ponton ; de savants hydrographes regardent ce plateau comme les débris d'une pointe qui, dans l'antiquité, aurait fait partie de la terre ferme. Lacôte est occupée par des marais salants; les basses roches de la plage, qui découvrent au loin, abondent en huîtres et plus encore en moules. Un passage étroit et dangereux, le pertuis de Maumusson, sépare l'île d'Oléron de la côte d'Arvert. Au fond du pertuis d'Antioche, des deux côtés de l'embouchure de la Charente, sont les petites îles rocheuses d'Aix (1) et de Madame. Au sud du pertuis de Maumusson, la côte d'Arvert, bordée de dunes et boisée de pins, s'étend jus-
(1) L'île d'Aix faisait autrefois partie du continent; à la place du bras de mer qui l'en sépare, se trouvait une plage avec les deux villes de Montmeillan etdeLhâtelaillon. Cette dernière n'a disparu que depuis 1709.
l'a la pointe de la Coubre qui marque avec son phare, Fériée de l'estuaire delà Gironde. Les bancs d'huîtres sont ►mbreux sur cette côte et sont une partie de la richesse des ibitants. De la pointe de la Coubre à la pointe de Grave, dont phare s'élève au milieu d'une forêt de pins, la distance est environ 19 kilomètres. C'est l'entrée de la Gironde, dans lalelle on peut pénétrer par trois passes, et au milieu de laquelle t le plateau sous-marin de Cordouan, avec la tour et le phare Cordouan, éclairant la mer à 50 kilomètres de distance. 4° De la Gironde à la Bidassoa. — Au sud de l'estuaire de la ronde, la côte, dirigée presque directement au sud avec une jère inclinaison vers l'ouest, est droite, uniforme, inhospitare, battue par les vents et par les vagues houleuses du golfe ne qui y ont amoncelé en longues lignes parallèles
• rangées de dunes sur une longueur de 240 kilomètres.
Le golfe de Gascogne, qui commence aux sables d'Olonne, ec la fin des terrains granitiques, baigne cette côte. C'est une rtie de mer dangereuse par ses tempêtes. Près du rivage gne un courant qui contourne le golfe et porte à l'est suc la te d'Espagne, au nord sur la côte de France ; mais les counts secondaires que produit la marée sont variables et font esque tout le tour du compas, en tournant dans le même ns que les aiguilles d'une horloge. La mer y a en général une ande profondeur et, au large, les lames de fond ont une grande îplitudeet fatiguent peu les navires; mais elles ne se brisent avec plu- de violence lorsqu'elles rencontrent tout à coup
• bas-fonds de la côte. Dans la fosse du cap Breton (ou le
-ouffre), suivant l'expression des gens du pays), sorte de Liée sous-marine, la profondeur reste de 300 mètres et plus îqu'à la côte; aussi la boule y est-elle comparativement ains forte qu'ailleurs, mais les brisants qui bordent cette ise -ont redoutables;
Pm un pori d'abri ; les dunes ne s'ouvrent que pour laisser sser les chétifs canaux par lesquels se déversent les étangs rmés derrière la barrière des sables. Un seul a un chenal intime : c'est le bassin d'Arcachon, dont la passe, au sud i cap Ferret, est difficile, mais qui, à l'intérieur, a, pour nsi dire, l'aspect d'un lac à demi desséché à marée basse, et
offre le joli port d'Arcachon, habité par des pêcheurs et fréquenté par de nombreux baigneurs durant la belle saison.
Au sud de l'embouchure de l'Adour que les dunes enveloppent encore, la côte, relevée par les dernières ondulations des Pyrénées, change d'aspect : elle est haute et présente des pointes : la pointe de Biarritz et ses rochers pittoresques, la pointe de Sainte-Barbe, marquant l'entrée de la gracieuse baie de Saint-Jean-de-Luz au fond de laquelle se jette la Nivelle. Les phares d'Hourtin, d'Arcachon, de Contis (44 kil.), de Biarritz, éclairent cette côte.
La côte, depuis la Bretagne jusqu'à la frontière espagnole, paraît s'affaisser par un mouvement séculaire et presque insensible. Cependant à Arcachon et à Saint-Jean-de-Luz les effets de cet affaissement sont assez prononcés pour inquiéter les habitants.
5° La côte espagnole du golfe de Gascogne. — La Bidassoa, avec sa large grève, forme la frontière de la France et de l'Espagne. Sur sa rive gauche se trouvent Fontarabie (Fuenterrabia) et la pointe du Figuier qui est sur le territoire espagnol. Depuis ce point, la côte prend la direction de l'occident, en présentant aux flots du golfe de Gascogne une ligne légèrement ondulée et hérissée de promontoires que projettent es Pyrénées cantabriques le cap Machichaco, la pointe de la Atalaya, le cap Ajo sont le; plus importants. Derrière ces pointes, à l'arrière-plan, se dres senties crêtes boisées de la chaîne pyrénéenne, et, au bord del; mer, on trouve quelques estuaires avec des ports, comme Saint Sébastien, à l'embouchure de l'Uruméa, et Bilbao, sur le Nervion
o4. lie côté sud-est. — 1° La côte du Languedoc. - Le côté sud-est est baigné par la Méditerranée sur mu longueur de 625 kilomètres, depuis le cap Cerbère à l'oues jusqu'au pont saint Louis à l'est. La Méditerranée a un as pect tout différent de celui de l'Océan : elle n'a pas de marée ou du moins la marée ne s'y élève guère sur la côte de Franc que de 30 centimètres en moyenne ; on y voit beaucoup moin que dans l'Océan les grandes lames de fond déroulant leur vastes ondulations et leurs teintes souvent sombres, mais de vagues courtes, saccadées, se brisant vite et fatiguant davan tage les navires; quand la Méditerranée est calme, rien n'égal
la magnificence de ses eaux azurées resplendissant sous un ciel sans nuages.
Les courants sont très-variables sur la côte de France ; on a longtemps cru à l'existence d'un courant littoral se dirigeant de l'est à l'ouest depuis le golfe de Gênes jusqu'au delà de la frontière d'Espagne ; mais, en réalité, ce courant n'a jamais pu être observé d'une façon précise en dehors de l'action des vents du large, et le mouvement des eaux dans ce sens peut leur être attribué. Les deux grandes directions des vents qui soufflent sur notre côte sont celles du nord-ouest et du sud-est, la première variant de l'ouest au nord, la seconde du sud à l'est. Près de la côte, les premiers, connus sous le nom de mistral, quoique très-violents, sont peu dangereux pour le navigateur parce qu'ils ne rendent jamais la mer très-grosse ; les seconds, au contraire, sonttrès-redoutés des marins parce qu'ils rendent la mer démontée en peu d'heures, et repoussent vers les côtes basses du Languedoc et delà Camargue, souvent cachées par la brume, le bâtiment dont le capitaine n'a pas su prévoir l'arrivée du mauvais temps. Ce sont eux qui poussent les eaux vers l'ouest et influent le plus sur les marées et les courants. Les vents de sud-ouest, variables du sud à l'ouest, soufflent aussi avec une grande violence et sont principalement dangereux près des côtes de Provence, mais ils durent peu. L'été, les vents soufflent rarement avec violence; ceux de sud-est reprennent ver- Le mois de septembre, alternant presque sans interruption avec ceux de nord-ouest qui sont plus froids, mais plus secs.
Au sud de la frontière française, la côte de Catalogne,généralement haute et découpée, forme plusieurs baies dont les plus importantes, au point de vue du commerce, sont le golfe deRosas bordé por une plage sablonneuse et dominé par les montagnes de Cadaquès, la baie de Santa Cruz de la Selva ; elle présente plusieurs caps peu proéminents, cap Saint-Sébastien éclairé par un pare, capBagur, cap Estarois. La pointe la plus avancée et la [.lu- escarpée est le cap de Creux (cap de la Croix), que prolonge lllol de Masa de Oro et qui porte, à 85 mètres au-dessus de la mer, 11,1 feu a éclal \ isible jusqu'à 27 kilomètres. A 19 kilomètres au nord-ouest du cap de Creux est le cap Cerbère (voir fig. 65), limite de l'Espagne et de la France ; la chaîne des Albères, qui
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