C.Laujeil
j.6' 35 S.gr.
Cficgro
Fig. 65. — Le cap Cerbère. (Extrait des cartes de la marine.,
termine le§ Pyrénées, hérisse la côte de promontoires dont le plus important est le cap Béar,. et d'anses étroites abritant de petits ports : sur le flanc méridional du cap Béar, Banyulssur-mer, qui ne peut recevoir que de petits bateaux de pèche et de cabotage ; sur le flanc septentrional, Port-Vendres, dans une anse étroite que d'importants travaux ont rendue accessible aux plus grands bâtiments et qui pourrait rendre d'importants services à la marine de l'État et à la marine du commerce, puis le petit port de Collioure. De la mer qu'éclairent les feux croisés du cap de Creux et du cap Béar (sur une éminence de 214 met. avec 40 kil. de portée), on voit s'élever les unes au-dessus des autres les crêtes des Albères que domine à l'horizon la masse du Canigou. A deux kilomètres à l'ouest de Collioure, la montagne cesse brusquement; la côte orientée vers le nord n'est qu'une plage basse, uniforme, à peine interrompue par les graus ou débouchés des étangs de Saint-Nazaire et de Leucate et par les embouchures, sensibles seulement après les pluies, du Tech, delà Tôt et de la Gly. Le cap Leucate, quoique élevé de 60 mètres à peine, tranche seul sur la monotonie du paysage. Du cap Leucate, la côte incline au nord-est en dessinant un arc de cercle et en continuant à présenter le même aspect mono tone ; on y trouve Yétang de Sigean au débouché duquel est le port de la Nouvelle, et, ça et là, quelques éminences comme les collines de la Chape, la montagne volcanique (126 mètres) et le cap d'Agde, en avant, sur un îlot, le fort Brescou, au sud de la digue bâtie par ordre de Richelieu et aujourd'hui ruinée, puis la montagne au pied de laquelle est le port de Cette communiquant d'un côté avec la mer, de l'autre avec Yétang de Thau dans lequel aboutit le canal du Midi.
L'Orb, l'Aude et l'Hérault canalisé jusqu'au port d'Agde se jettent sur cette côte ; le beau phare de Saint-Loup, placé sur la montagne d'Agde projette son feu à éclipses à une distance de io kilomètres et éclaire la plus grande partie du golfe. Au delà de Cette, une bande étroite de sable sépare la mer des étangs de Maguelonne, de Pérols et de Mauguio, et conduit dans le golfe d'Aiguë h -M or le s ; au fond de ce golfe est le canal conduisant à Aiguës-Mortes, dont la distance à la mer ne paraît pas avoir varié d'une manière sensible depuis les temps histo-
riques. La pointe orientale du golfe d'Aigues-Mortes, ou pointe de l'Eyriguette, éclairée par un feu à éclats, marque l'extrémité occidentale de la côte formée par les alluvions du Rhône.
A l'est du petit Rhône, qui avait autrefois plus d'importance qu'aujourd'hui, cette côte forme le golfe des Saintes-Mariés, ou golfe de Beauduc, qui pourrait être utilement fréquenté par les bâtiments si le mouillage était éclairé par un phare.
On donne le nom de Camargue àl'île basse, marécageuse (étang de Valcarès, etc.), malsaine, formée par les alluvions du Rhône, en grande partie depuis les temps historiques ; elle tend à s'accroître sans cesse, principalement à sa pointe est, par les apports du grand Rhône, aujourd'hui endigué. On peut évaluera 14 kilomètres l'avancement du littoral de la Camargue vers le sud depuis le iv° siècle de l'ère chrétienne. De 1841 à 1872, l'embouchure du grand Rhône s'est avancée vers le sud-est de près de 2 kilomètres, resserrant ainsi l'entrée du golfe de Fos (1) ; là se sont formés de nouveaux graus ou débouchés et de nouveaux theys, îles basses composées de vase accumulée parfois autour des épaves d'un navire échoué, comme le they de Roustan. Le beau phare de Far aman (33 kil. de portée), menacé d'une ruine prochaine par les eaux de la mer, éclaire seul le littoral de la Camargue, théâtre de nombreux sinistres maritimes.
C'est dans le golfe de Fos que débouche le canal Saint- Louis, à peine achevé, qui relie le Rhône à Yanse du Repos, et que débouchait autrefois le canal dit Fosses-Mariennes, qu( Marius avait creusé et dont il avait fait don aux Marseillais. Précisément en face s'ouvre le Port de Bouc, relié à Arles par un étroit canal creusé par ordre de Napoléon Ier, et communiquant par le canal maritime de Martigues avec le vaste étang de Berre dont on a songé à faire une rade de refuge ; la profondeur de cet étang ne dépasse pas 10 mètres; Martigues, Saint-Cftamas et Berre en sont les principales localités.
La côte, depuis le cap de Creux jusqu'au cap Croisette, au-delà de l'étang Berre, est bordée par le golfe du Lion, reçoit les eaux vaseuses du Rhône; ce golfe est particulièrement redouté
(l) Voir Y Aperçu historique sur les embouchures du Rhône par M. Ernest Desjardins, ainsi que le rapport et les cartes comparatives de M. A. Germain, ingénieur hydrographe de la marine.
des marins à cause des difficultés qu'offrent à la navigation la violence des vents du large et l'absence, dans toute la portion occidentale, d'un port de refuge facilement accessible, sur une côte basse, peu visible, souvent cachée par la brume qu'amènent les vents du large.
2° Côte de Provence et de Nice. — Au sud de Bouc le paysage change; la côte est généralement rocheuse, découpée, dominée par des montagnes qui vont, en s'élevant vers l'est, rejoindre la grande chaîne des Alpes.
Entre le cap Couronne, extrémité orientale du golfe de Fos, et le cap Croisette, s'ouvre la vaste baie de Marseille'que signale au navigateur venant du large le beau phare de Planier élevé sur un rocher isolé et bas, à près de 8 kilomètres dans l'ouest du cap Croisette. Dans l'intérieur de la baie, les îles de Pomêyue et de Ratoneau qui ferment le port de Frioul réservé aux bâtin ici ils en quarantaine, Yilot d'If couronné par un château célèbre, abritent de la mer du large la rade et les beaux ports de Marseille. Le vieux port est un havre creusé par la nature, qui, se trouvant à proximité du grand fleuve de la Gaule méridionale, a fait la fortune de la ville ; les nouveaux ports, beaucoup plus vastes, sont entièrement l'œuvre des hommes.
Au delà du cap Croisette qu'entourent plusieurs îlots arides et déchiquetés, île de Maïré, île de Riou, etc., la côte élevée et rocheuse, dominée par des montagnes au profil nettement dé- 'oupé, comme la Sainte-Baume, court à l'est en formant les baies de Cassis et de la Ciotat, séparées par les escarpements lu cap Canaille que termine le Bec de l'Aigle.
C'est à la Ciotat que les Messageries maritimes ont établi [eurs chantiers de construction et de réparation,
La baie de Bandol, celle de Saint-Nazaire que limitent au sud les îles des Embiez dont l'une, le Grand-Rouveau, est surmontée l'un phare, précèdent la rade de Toulon ; elles en sont séparées par la presqu'île élevée que termine le cap Sicié (360 m; de hauteur) (voir fig. 66). Cette pointe avancée se prolonge à l'est par la presqu'île du cap Sêpet, au nord duquel s'ouvrent la grande rade, puis la petite rade de Toulon mieux abritée des vents l'esl et dominée par les escarpements du Farcw (546 m.) aux ro- :hea nues et rougeâtres, C'est dans la partie nord de la petite
rade que sont les ports militaires ou darses ; le port de la Seyne ou s'est établie la Compagnie des forges et chantiers de la Méditerranée, s'ouvre à l'extrémité ouest.
La presqu'île de Giens, la pointe la plus avancée vers le sud de la côte de Provence, reliée à la terre par la plage basse et plate des Pesquiers, sépare la grande rade de Toulon de la rade i' Ht/ères, qui emprunte son nom à la pittoresque ville d'Hyères, célèbre par la douceur de son climat et bâtie en amphithéâtre, i 5 kilomètres de la mer. Au sud de la rade d'Hyères s'étendent les îles d'Hyères, au nombre de quatre: Porquerolles, [a plus grande, présentant au sud des rocs escarpés et desl'iidaiit en pentes douces vers le nord, Bagaud, Port-Cros et '/7e du Levant ou du Titan; elles sont à peine habitées et peu fertiles ; on peut dire qu'elles ne servent qu'à éclairer et qu'à Iffundrc la cote de Provence et principalement la rade d'Hyères îélèbre par l'étendue et la sûreté de son mouillage.
Le cap Bénat sépare la rade d'Hyères de la rade de Bormes lu du Lavandou. La côte, qui forme le pied de montagnes bien boisées, a la direction générale du nord-est; elle est presque partout rocheuse, et coupée de caps avancés séparés par des liages sur lesquelles il est bien difficile de débarquer par une aer houleuse; aussi est-elle' peu fréquentée ainsi que la baie le Cavalairequi s'ouvre au sud.
Au delà du cap Lardier et du cap Camarat qui porte un phare [ont le feu tournant, élevé de 130 mètres, est visible à plus de 10 kilomètres, la côte court d'abord au nord, puis à l'ouest pour foriher le golfe de Saint-Tropez qui s'ouvre à l'est entre le cap de frint-Tropez ou de la Moutte et la pointe des Issambres. C'est" sur a côte sud de ce golfe, partout dominé par des collines bien iioisées ef liantes, plus élevées au nord que dans le sud, que Ipnt situés la ville et le petit port de Saint-Tropez.
Kn continuant a courir vers le nord-est, la côte forme le /o//< de Fréjus au fond duquel s'étend la plaine de ce nom, .•litre les dernières montagnes des Maures, à l'ouest, et le massif ■Oageâtre de l'Estérel à l'est ; Fréjus, autrefois sur le bord de la ner, en est aujourd'hui séparée par une plage de sable et de
Lse d'un kilomètre et demi, formée en grande partie par les lépôts du petit fleuve Argens; le petit port de Saint-Raphaël est
loin d'avoir l'importance que possédait l'antique cité romaine, patrie d'Agricola.
Après la rade d'Agay, petite, mais sûre, le cap Roux, aux formes bizarres et tourmentées, annonce au navigateur le voisinage du golfe de la Napoule au fond duquel est bâtie la ville de Cannes avec ses collines verdoyantes et ses élégantes villas. C'est au golfe de la Napoule que commencent les paysages si vantés de la côte de Provence avec leur luxuriante verdure de pins parasols, d'orangers, de citronniers et d'oliviers et, en arrière-plan, les montagnes dont les lignes sévères se découpent nettement sur un ciel presque toujours bleu. Plus on s'avance vers l'est, plus l'arrière-plan s'élève par une suite de crêtes étagées dont les cimes sont souvent blanches de neige, et quelquefois la perspective s'étend jusqu'au mont Viso.
Devant la pointe Croisette qui sépare le golfe de la Napoule du golfe Jouait où débarqua Napoléon au retour de l'île d'Elbe, s'élèvent les deux îles Lérins, basses, mais couvertes de végétation ; Sainte-Marguerite, la plus grande, plusieurs fois prison d'État; Sainl-Honorat, où est l'ancienne abbaye de Lérins.
Le promontoire de la Garoupe, dont le sommet porte un phare élevé de 108 mètres au-dessus de la mer, limite à l'est le golfe Jouan. Sur le flanc oriental de cette pointe avancée, s'ouvre le petit port d'Antibes, puis la plage de sable et gravier court au nord en s'infléchissant vers l'est pour former l'embouchure du Var. Ce fleuve, souvent à sec, mais véritable torrent après les pluies, descend des premiers sommets des Alpes maritimes dont le rideau borde au nord la plaine accidentée' qui s'étend a l'ouest de Nice ; il servait de frontière à la France avant l'annexion du comté de Nice.
La ville de Nice qui, depuis sa réunion à la France, n'a pas cessé de s'accroître et de s'embellir, s'étend aujourd'hui sur les deux rives du Paillon dont on a dit avec raison qu'il servait aux habitants de Nice pour faire sécher leur linge. Le petit port est à la partie orientale de la vieille ville, au pied du mont Boron qui domine a la fois Nice et Ville franche dont la baie offre la meilleure rade de toute cette côte, depuis le golfe Jouan jusqu'à Gênes. La presqu'île de Villefranche, qui limite cette baie a l'est, porte à sa pointe sud un phare, le dernier de notre littoral.
lont le feu tournant, visible à 37 kilomètres, est, la nuit, le >rincipal et souvent le seul point de reconnaissance pour les na rins.
En continuant à courir vers l'est, la côte rocheuse et bien lécoupée est formée par le pied de montagnes s'élevant rapidenent en étages successifs jusqu'aux sommets neigeux; des Alpes. "andis que le chemin de fer la borde sur presque toute la longueur, la route pittoresque de la Corniche serpente en ligne danche à mi-hauteur des montagnes du premier pian, et donine Monaco bâti sur un rocher avancé, taillé à pic et couvert e la végétation des tropiques qui contribue, avec la douceur u climat et la pureté du ciel, à faire de ce petit rocher le séour le plus enchanteur. La petite ville de Monaco et les nouelles constructions de Monte-Carlo, élevées de l'autre côté du ►etit port naturel que le rocher de Monaco abrite 'au sud, instituent aujourd'hui le petit État de Monaco.
Au delà du cap Martin, Menton est la dernière commune rançaise et, grâce à sa plage ravissante et à son climat, une ies plus charmantes stations d'hiver.
Le pont Saint-Louis, jeté sur un ravin à 2 kilomètres de Menon, marque la frontière française du côté de l'Italie.
3° La côte italienne. — Sur le territoire italien, la côte, qui ontinue à être bordée par le chemin de fer et à être dominée ar la route de la Corniche, conserve le môme aspect et la lême direction; on y rencontre d'abord Vintimiglia, San Remo t Porto Maurizio. Du cap délie Mêle, à l'ouest, presque jusqu'au ;olfe de la Spezia, à l'est, la côte s'enfonce et forme un arc de ercle au fond duquel est Gènes et qui enceintle golfe de Gênes ; i côte occidentale est dite rivière du Ponant, c'est-à-dire située u couchant de Gènes ; la côte orientale, rivière du Levant. Sur ette dernière côte, on remarque deux longs promontoires, ceîi que termine la Pointe de Portifino et celui qui limite à l'est ; golfe de la Spezia et que termine l'île de Palmaria.
4° La côte de Corse. — A 170 kilomètres au sud-est du cap
artin esl la grande île de Corse (8,747 kilomètres carrés) dont
- côtes ont un développement de 480 kilomètres. Elle présente nord un long promontoire Ircs-inontagneux, le cap Corse
jnt la Longueur, depuis Bastia et Saint-Florent, est d'environ
30 kilomètres, et à l'extrémité septentrionale duquel sont l'îlot et le phare de la Giraglia, visible à 45 kilomètres.
La côte occidentale de l'île est presque partout rocheuse, escarpée, bordée de hautes montagnes, hérissée d'innombrables' pointes, et la profondeur est considérable à petite distance du rivage. A l'ouest du cap Corse, la côte a d'abord une direction générale vers l'ouest ; elle borde le golfe de Saint-Florent, et présente les îles Rousses et la 'pointe Revellata dont le phare (37 kil. de portée) , annonce l'approche du port de Calvi; elle se dirige ensuite vers le sud et présente successivement le cap la Morsetta, l'île de Gargalo, le golfe de Porto, le cap Rosso. le golfe de Sagone, le cap de Feno, la pointe de Parata à l'extré mité de laquelle le phare des îles Sanguinaires indique l'entréé|F du golfe d'Ajaccio. Le cap Mwo ferme au sud ce golfe et h sépare du golfe de Valinco. Plus au sud, les montagnes et le* escarpements de la côte s'abaissent : on rencontre le cap Senetoso, le port de Bonifacio tet le cap Pertusato, qui forme 1ï pointe méridionale de l'île.
Le détroit des bouches de Bonifacio que de nombreu: écueils rendent d'une navigation difficile sépare la Corse de L Sardaigne.
La côte orientale est toute différente delà précédente. Dans s partie méridionale elle est encore accidentée : pointe Capicciolc golfe de Santa-Manza, golfe de Porto-Vecchio, rade vaste etsûr( avec un phare puissant, élevé sur la pointe Délia Chiapa ; dar toute la partie centrale, elle est unie, basse, bordée de plage sablonneuses et d'étangs ; le phare d'Alistro, visible de 40 k lomètres, l'éclairé.
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