‹ La France avec ses colonies;Chapitre 6 sur 147 · JLes derniers soulèvements et los terrains · texte numérisé non relu

JLes derniers soulèvements et los terrains

quaternaires. — Les couches formées par l'accumulation successive de la vase, des grains de sable, des débris de coquilles ne conservent pas partout leur parallélisme et leur horizontalité. Les soulèvements, les affaissements, les déchirements de la croûte terrestre les ont en maint endroit rompues, disloquées, relevées, comme le montre la figure ci-jointe (V. la fig. 8). Les terrains tertiaires n'ont pas été à l'abri de ces révolutions ; les

Fig. 8. — Plissements et fractures des terrains stratifiés.

rois derniers grands soulèvements sont : celui des Pyrénées, [ui, vers le commencement de la période, a fait saillir à 3,000 , nètres et plus la longue crête de la chaîne, qui a percé en pluieurs points les couches sédimentaires par des jets de roches porthyriques ou basaltiques, qui a porté le terrain nummulitique •resque sur les sommets, et façonné en quelque "sorte le relief le la France du sud-ouest. Les torrents impétueux qui s'échapiaient de ses flancs rongeaient ses vallées et projetaient, en étalant en éventail, le lœss pyrénéen clans la vallée de la baronne, créant ainsi le plateau de Lannemezan et les collines ie l'Armagnac. Celui des Alpes occidentales, dirigé vers le jOrd-nord-est et dont la chaîne de Belledone fait partie, et ,lus tard celui des Alpes centrales dirigé vers l'est-nord-est, î plus important de tous ceux qui ont donné à la Franco et c l'Europe centrale leur configuration actuelle. Le dernier iDulcvement alpestre a redressé en longues crêtes, séparées ^ir de profondes vallées, les terrains jurassiques, crétacés •Hu. tertiaires de la Savoie, de la Provence et du Dauphiné, et "jrté le terrain nummulitique à 3,150 mètres de hauteur, au uid de Barcelonnette ; il a, probablement aussi par sa poussée,

plissé le Jura en lignes parallèles, redressé vigoureusement le bord oriental de la Côte d'Or et du plateau de Langres, et il a contribué peut-être à faire saillir dans le bassin parisien la série des coteaux disposés en arcs de cercle concentriques qui marquent la limite de chacune des couches et qui forment autant de bourrelets relevés dans le sens contraire à la pente générale du bassin (voir

Au commencement de l'époque

quaternaire, la France avait un climat très-froid. Des glaces polaires venaient probablement jusque sur les rivages qui sont devenus la bordure septentrionale du plateau de l'Ardenne et de l'Artois.

De vastes glaciers couvraient, creusaient profondément et nivelaient les longues vallées des Vosges et des Alpes ; le Valais .tout entier, avec le lac de Genève, paraît avoir été le lit du plus grand de ces glaciers. La précession des équinoxes, qui donne lieu à une période astronomique de 20,000 ans et en vertu de laquelle l'hiver de notre hémisphère a été, il y a plus de 6,000 ans, ce qu'il est dans l'hémisphère austral aujourd'hui, peut en partie expliquer cette température. Le changement qui s'est produit à mesure que notre hémisphère s'est réchauffé peut être, ainsi que la fonte de ces glaces,

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ibué à l'apparition du « Gulf-stream » (Voir la IIe partie ce volume) et à celle du « sirocco » et du « fœhn » qui ont nmencé à souffler après que le Sahara, à l'époque tertiaire ît-être, fut sorti du fond des eaux. De puissants courants sont formés, ont ici creusé, là comblé les vallées de leurs dais, ont sillonné les terrains secondaires et tertiaires de ies profondes, dans lesquelles coulent aujourd'hui les rires et qui sont dirigées vers le nord-ouest, conformément la pente générale donnée par le soulèvement alpestre, tout dans le bassin parisien et dans la plaine de Flandre et i Pays-Bas. Le Rhône créait son delta et remaniait les 'S de la Médïterrajiée ; Y Alsace se couvrait des sables et du lin apportés des Alpes par le Rhin. La plupart des cours au charriaient aussi des sables, des cailloux, de l'argile, posant ainsi en maint endroit un lœss fertile, mince épinme recouvrant des terrains plus anciens. )urant la même période , le Massif Central, que des éruptions caniques (Mont-Dore, Puy-de-Dôme) avaient déjà couvert de baltes et de trachytes avant la période tertiaire , redevenait le sâtre de nouvelles éruptions, dont les cratères sont encore, it la plupart, visibles aujourd'hui (Puy de Pariou, etc.) et le rain se relevait à plus de 1,800 mètres, .e sol de la France avait son relief actuel. L'homme exist à cette époque. On retrouve enfouis dans le terrain aternaire ses outils, des haches de pierre, des haches de 3nze ou même de fer et d'autres ustensiles ; de grands rs habitaient alors les cavernes et le renne hantait les dnes.

7. Les rapports de la géologie avec l'histoire , la géographie. — Bien des points de l'histoire géolocme de notre sol sont encore obscurs ou hypothétiques (1). lis l'existence des divers terrains, dans les provinces où us les avons signalés, et leur âge relatif sont des faits cométement acquis à la science et ayant une importance

;1) Nous nous sommes appuyé principalement sur la carte gcologie de la France d'Elie de Beaumont, sur la lithologie du fond des mers l* M. Delesse, sur la géologie de la France, par M. A. Burat, et sur les imtnts de géologie de M. Raulin.

considérable au point de vue de la géographie et de l'histoire.

Ils expliquent le relief actuel du sol qui en est la conséquence directe ; ils aident à comprendre le régime des eaux courantes, qui, dans les terrains imperméables et surtout dans les terrains granitiques, glissent à la surface en nombreux torrents d'un débit rapidement variable ; qui, dans les terrains calcaires, se creusent d'ordinaire de profondes vallées et se perdent quelquefois par des infiltrations ; qui, dans les terrains perméables, sont plus rares en général, mais forment des rivières plus considérables et d'un débit plus régulier ; ils déterminent presque toujours le mode de culture et expliquent le secret des richesses minérales.

En donnant au sol de la France ses formes et ses qualités, ils ont influé jusque sur ses destinées. Le Massif Central présente une série d'anneaux concentriques disposés en forme de cône et ayant au sommet les terrains les plus anciens : c'est une région pauvre, d'où, avec les eaux, s'écoulent en quelque sorteles hommes pour aller chercher du travail dans la plaine, et qui, comme les montagnes en général, a servi de refuge aux plus anciennes populations de la Gaule foulées par les invasions : c'est ce que Elie de Beaumont nomme « le pôle répulsif de la France ». Le bassin parisien présente une série d'anneaux concentriques disposés en forme de cuvette, avec Paris et les terrains les plus récents au centre (voir la fig. 9) : là confluent les eaux ; là s'est développée surtout la richesse; là se sont passés les plus grands événements de notre histoire et a grandi la ville qui était naturellement désignée pour être la capitale. C'est « le pôle attractif de la France. »

Ce ne sont pas les seuls groupes naturels : la Bretagne, vieille terre comme le Massif Central, a été, comme lui, le refuge de la vieille race celtique, et ce n'est qu'à la fin du quinzième siècle qu'elle a commencé à confondre ses destinées avec celles de la France. Les bassins aquitanique et méditerranéen ont eu longtemps, comme le bassin parisien, une histoire séparée : dans l'un, les Ibères, le royaume des Wisigoths, le duché d'Aquitaine, avec la Marche située précisément sur le flanc des terrains anciens du Massif Central, au point de rencontre du bassin parisien et du bassin aquitanique ; dans l'au-

les Romains, les Burgondes, les royaumes de Bourgogne, pendant un temps l'Empire germanique, lais ces trois bassins n'étaient pas isolés. Par le détroit du tou, l'influence parisienne pénétrait dans le bassin aquitaue : c'est là que se sont livrées les batailles de Voulon, de tiers, de Chizé. Par le plateau de Langres et la Côte d'Or, bassins parisien et méditerranéen communiquaient largent : c'est ici qu'a eu lieu la bataille de l'Ouche ; le duché de irgogne occupait les deux revers des bassins, et c'est par là ont passé les invasions de 1814, de 1815 et de 1870. Le basparisien communiquait de même au nord avec le bassin du 'd, et l'ancien détroit, situé dans la région où sont aujourui les sources de la Somme et de l'Escaut, a uni les peuples et maintes fois le choc des armées, depuis les victoires de ssons et de Bouvines jusqu'à celle de Saint-Quentin et aux srres de Louis XIV et de la République.

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