Les terrains tertiaires. — Les traits principaux de la
configuration actuelle de la France étaient déjà arrêtés (Voir
fig. 6 la carte de la France à l'époque éocène, c'est-à-dire à la
première époque de la période tertiaire). Durant la période
tertiaire, c'est-à-dire pendant que la mer battait les rivages
émergés à la fin de la période crétacée, que les golfes, devenus
pluâ étroits, se fermaient de temps à autre et se transformaien
en lacs d'eau douce, puis que la digue cédait de nouveau et qu(
le lac, comme le Zuiderzée de nos jours, redevenait un golfe, d<
nouveaux dépôts, tantôt marins, tantôt lacustres, plus divers e
généralement moins étendus que les précédents, se formèrent
ce sont les terrains tertiaires, qui occupent plus du quart d\
territoire français (env. 150,000 kil. c). Aussi durant cette pé
riode, la flore et la faune se rapprochaient-elles déjà sensible
ment des espèces de la période contemporaine ; dans les forêts
le noyer poussait à côté des pins ; des mammifères, le paiéotlu
rium ressemblant à notre tapir, le dinothérium muni d
défenses comme l' éléphant, habitaient les terres.
Les terrains tertiaires se sont déposés au centre des trois grands bassins, créant, dans le bassin parisien, Y Ile-de-France, avec le pays Chartrain formé de dépôts lacustres, la Beauce, une grande partie de la Touraine et de Y Orléanais, la Puisaye; un large détroit, limité à l'est par l'extrémité de l'Ardenne et à l'ouest par le promontoire de l'Artois uni alors à l'Angleterre ac-
tuelle, faisait complètement communiquer ce bassin avec le bassin du Nord où se déposaient, au nord, les terrains de la Flandre et de la Basse - Belgique ; ces terrains ayant formé, avec la vallée centrale de la Seine, le fond d'une même mer, n'en devaient être séparés par aucun accident physique bien saillant et n'imposer par suite à la division politique aucune limite bien déterminée. Dans le bassin aquitanique, s'est déposée presque toute la riche plaine de la Guyenne et de la Gascogne avec les Landes; dans le bassin méditerranéen, la plaine non moins fertile de la Bresse, le Viennois, une notable partie §e la Provence et du Bas- Languedoc. V Alsace et le duché de Bade
étaient un vaste lac bordé par les Vosges et le Schwarzwald. En outre, durant certaines parties de la période, les golfes maritimes pénétraient fort avant dans la région alpestre; les petite? plaines de la limayne, du Forez, de Digne étaient occupées pat des lacs ; un détroit, qui est un col aujourd'hui, unissait le bassin aquitanique au bassin méditerranéen.
L'emplacement et l'étendue des mers et des lacs de la période tertiaire ontbeaucoup varié ; la carte ci-jointe (fig. 6) indique ton l'espace qu'ils paraissent avoir successivement couvert, tantô ici et tantôt là, ramenant alternativement sur certains points l'eau douce et l'eau salée et formant une série nombreuse d( couches, comme on peut le voir par la coupe du mont Valériei
Terrain tertiaire.
Meulières de la Beauce
Sables de Fontainebleau.
Glaises vertes
Couches aller, de marne et di Passage du chemin de fer....
Travertin de Saint-Ouen
Sables de Beaueharap
Marnes blanches
Calcaire grossier
;ypse.
Argiles plastiques et sables inférieurs ÉfsgSB
Tbrrain crétacé pQ
Fisr. 7,
Coupe géologique du moût Valérieu.
\voir la fig. 7) (1). C'est dans ces couches que Paris, situé a centre d'un bassin tertiaire, a trouvé les principaux mate riaux de ses constructions, l'argile de ses briques, le cal caire grossier de ses pierres de taille, le plâtre ou gvps formé dans l'eau saumâtre, le sable et la meulière, roche pai ticulièrement intéressante pour le géologue et formée par u précipité de la silice tenue en suspension dans l'eau ; elle s'es tantôt moulée sur les coquillages dont elle prenait la plac< tantôt boursouflée sous l'action des gaz.
(i) Cette figure donne, avec leur hauteur proportionnelle, la série d< couches tertiaires jusqu'aux meulières de la Beauce, qui appartienne! aux terrains miocènes, c'est-à-dire à l'âge moyen de la période te: tiaire.