LES VÉGÉTAUX
Noir dans le grand atlas la Franco économique ; Agriculture; planche l.)
100. I^es assolements. — La culture des terres labourais est un art particulier; elle a pour objet de faire rendre •haque terrain la plus grande somme de produits possible, et e emploie des moyens variables selon la nature du sol. On itteindrait pas le but si Ton semait toujours la môme graine; r on épuiserait promptement la terre, et on serait de plus lige de la laisser souvent en friche, l'ensemencement ne încidanl pas avec la récolte. Il est donc indispensable de mer des cultures diverses ; cette combinaison s'appelle assoient.
Les peuples à demi civilisés et les colons, devant lesquels tend un territoire pour ainsi dire illimité, pratiquent la 'ture nomade, c'est-à-dire ensemencent un champ, et, après
récolte, l'abandonnent pendant de longues années pour semencer l'année suivante un autre champ. Ce système n'est
itieable que dans les pays peu habités, et n'est pratiqué en
ince que dans quelques rares régions de landes et de pàtis. I /assolement suppose, au contraire, la culture continue.
se t'ait avec ou sans jachère, c'est-à-dire en laissant ou
en ne laissant pas la terre se reposer improductive durant une année.
Avec jachère, il est dit biennal , lorsqu'on fait succéder régulièrement une année de jachère à une année de céréales, ce. qui a lieu généralement encore dans le midi et dans l'ouest de la France ; il est dit triennal, lorsqu'à l'année de jachères on fait succéder une année de froment, puis une année d'avoine, ce qui a lieu encore généralement dans la Brie, la Beauce, et dans la majeure partie de la région des céréales.
Sans jachère, il se prête à des combinaisons beaucoup plus diverses, mais toujours associées à la production de fourrages, et comporte une rotation de trois ans à dix ans et plus. On peut donner, comme exemple, l'assolement dit de Norfolk, qui consiste en : lre année, racines (navets, betteraves, etc.), avec fumure ; 2e année, céréales de printemps ; 3e année, trèfle : 4e année, céréales d'hiver.
On exploite la terre par grande, moyenne et petite culture. La petite culture domine en France, et la moyenne de? exploitations rurales est de 10 hectares 1/2. Les pays de mon t agnes (Vosges, Alpes, Pyrénées, Cévennes) sont ceux qui comp tent le plus de petites exploitations ; le centre de la France, 1< Poitou, les Landes, l'Aisne, l'Eure- et Loir, le plus de grandes (Voirie Tabl. de stat., n° 21.)
On distingue divers modes de culture : culture alterne, dan: laquelle on fait alterner les céréales et les plantes sarclées oi fourragères qui nettoient le sol et fournissent des aliments pou entretenir un nombreux bétail; culture industrielle, dans laquelL l'alternat permet d'introduire des plantes propres à lïndustri< (betterave, etc.) ; culture intensive, ainsi dite parce qu'à force d travail et de capital elle obtient une production plus intense c'est-à dire plus abondante sur une surface donnée. Aus< est-ce la culture propre aux pays riches : elle est surtout pri tiquée dans l'Ile-de-France, dans la Picardie, dans la Flandn La culture avec jachère, qui domine dans le centre delaFrarci est désignée, par opposition, sous le nom de culture extensive.
De toutes les cultures, la plus intensive est la culture mara chère qui, à force d'eau et de fumier, transforme la terre e un jardin potager produisant, sans interruption, les divers lég-
L'AGHICLLTUKE. 3^3
mes de l'année. Elle n'est possible que dans le voisinage des grandes villes et dans quelques lieux privilégiés par le climat 01. le* céréale.. - Les céréales sont le principal promut des terres de labour. On comprend sous ce nom diverse gramwees: le blé, l'orge, l'avoine, le m„ts,ti mille, ; il faut v ajouter le sarrasin qui n'est pas une graminée, et le riz qu'on je culuve plus. Elles occupent plus de 15 millions d'kectTesZ donnent 280 millions MvcMilres de grains en moyenne. (V. Tab, testât., nos 10 et II.) ' 1 »••«««.
I.a plus importante de tontes, le blé, est une graminée qui..
'» «ne tige mince ou paille, de I à 2 mètres, porte un épi
l^-P-^l-on^breux grains dont les enveloppa constitua
eso„ e grain redu.t enfariné, forme, à l'état de pain, le
ond de lanoumture des Français. Le blé comprend trois g'en-
«r:e|r • * le ■*■ est un méiange
J£ a"JZmT'- 7 Le froment est la rei»e ««s cé-
emënt dan « l ^ ****• leS b!és durs culti«« »eu-
'•" nt da„s q„clques ,errains du
■ol gramfaque ; considérés d'après l'époque de la cultu e le
" ,u?SP:l0bre(°Un0Vem,J,'e' et e» »*?™4>'oa
. c, 1 , e" marS ; on Ies dist!"g«e quelquefois
'ussi en blés barbus et en blés sans barbe!
,;,:" tt frTent> ïui d0»»« l'aident végétal le plu.
•u moyenne m, „ fluu(ref<»s, et chaque hectare rend
n mo en ,, plus grand nombre d'hectolitres : ainsi 4 mil- OT8 1/2 ,1 hedares étaient ensemencés en 1815 et rendaie t » millions d hectolitre* <mii a i,„ 1 1; , 'enaaient
l'hni ti millions tT^?'* heetoUtr^ Par hectare : aujour-
ittidic. (i«6/. tfc sta£., n°« 9 et 13 )
< neto, le. («w «Jaawiow, et, surtout pour les blés ten- «M plu. convenables u cette céréale; aussi se plaît-elle
principalement dans les riches fermes du Nord, dans les terraim tertiaires du bassin parisien, du bassin de la Bresse, du bassin aquitanique et sous le climat de la basse Loire.
On peut suivre sur la figure ci-jointe (fig. 77) le mouvemenl •des récoltes de froment depuis 1815; à travers les variations <;onsidérables qui se produisent d'une année à l'autre et qui
.Armée*
^5 C2 rft ***
Fis. 7'
Courbe des récoltes du froment depuis 181b.
sont dues aux influences atmosphériques, on distingue aise ment le progrès général qui est dû aux efforts plus intelligent -et aux capitaux plus abondants des agriculteurs.
La partie la mieux partagée est la région du nord et du nord ouest (V, fig. 78) (1), où sont les départements duNord.ordina rement le plus productif de tous et rendant en moyenne 23 hect< litres à l'hectare, de la Somme, du Pas-de-Calais, de l'Aisne, d YOise, de Seine-et-Marne (Brie), de Seine-et-Oise, à'Eure-et-Lo
(1) Toutes les cartes agricoles ont été dressées par nous. Les élémer de ces cartes ont été tirés de la Statistique agricole de 1862, publiée 1868 par le bureau de la Statistique générale, de l'Enquête agricole, d primes d'honneur, publication de la direction de l'Agriculture a\ notices de M. Heuzé, de l'album publié par la môme direction à la su •de l'exposition de Vienne, de recherches personnelles et de documei inédits communiqués par le Ministère de l'Agriculture et du Gommer tels que l'état annuel de la récolte par département, la production f arrondissement de certaines denrées, froment, avoine, etc. La comparson de ces éléments a amené des corrections et par suite des différen » entre ces cartes et les statistiques officielles publiées jusqu'à ce jo •
(Beauce), de l'Ew-e, de la Seine-Inférieure (pays de Caux) Puis -nt .a région d*; la basse-Loire avec les départements d Jame-el-^re, de la loire-hiférieure et de la Vendée, et, enfin les départements de Saone-et-Urre, de V Alliera du Gers Dans chacun d eux, on récolte de 2 à 3 millions ,/2 d'hectolitres
La reg.on la moins bien partagée rappelle la nature ingrate .1« sol, .cramt, montagnes, etc. , et du climat ; c'est celle du Massif
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des aZo, J l USe' k m°inS produclif de tûus; «elle Hm,i„ u pïrenees, départements de la Savoie des
' «!<-A pes, des Alpes-Maritimes, des Hau.es-Pvrénée Da„
C,,n, deuï> °" récolte moins de 300,000 hectolitres ef en
-oral, mmns de ,00,000 par arrondissement. (Si' 2
*2iïïÎZ"Îr ~ L'épeautre «< ^ variété de blé qui tague des autres espèces parce que la balle adhérente au
Li HtlMCB.
grain ne s'en sépare pas au battage et doit être enlevée par une opération particulière ; c'est pourquoi on l'appelle blé vêtu. Il est moins commode pour la mouture et est cultivé, en petite quantité, dans le nord et le nord-est de la France, parce qu'il craint moins que le froment ordinaire le froid et surtout les gelées de printemps.
104. liC seigle. — Le seigle est le blé des terres légères, sablonneuses ou calcaires, et des contrées froides et pauvres ; .c'est pourquoi sa culture recule devant le froment, à mesure que la richesse augmente et que des marnages modifient le sol. Aussi les départements qui en produisent le plus sont-ils en général les moins riches : ceux du Massif Central au sol granitique, Haule-Loire, Puy-de-Dôme, Allier, Haute-Vienne, Creuse, Corrèze, ceux de la Bretagne, surtout le Morbihan (sol granitique), ceux de la Champagne Pouilleuse, Marne et Aube. (V. Tabl. de stat., n° 12.) .
Le seigle occupe près de 2 millions d'hectares et rend en moyenne de 25 à '30 millions d'hectolitres.
Souvent on sème et on récolte un mélange de froment et de seigle que l'on nomme méteil. Cette culture occupe environ 1/2 million d'hectares et rend de 5 à 9 millions d'hectolitres ; elle est pratiquée dans la Somme, la Sarthe, Y Oise, la Charente, etc., mais elle diminue devant le progrès du froment ; c'est dans la région la plus fertile en froment, depuis l'Artois jusqu'aux bords de la Loire, qu'on fait le plus de méteil. On en fait beaucoup aussi dans la basse-Bretagne, dans le Poitou, dans l'Auvergne, dans la Bresse, l'Alsace et le Jura, ainsi que dans les Hautes-Pyrénées.
103. L'orge'. — L'orge, qui comprend diverses espèces, est une graminée plus courte en paille et plus petite en épi que le blé. L'orge vient dans les mômes terres que le froment ; mais elle se plaît surtout sur un sol de consistance moyenne, argilosiliceux, par exemple. Elle se sème d'ordinaire au printemps et mûrit vite, ce qui lui permet de pousser sous une latitude trèsseptentrionale ; elle donne en général une récolte abondante, mais a des qualités alimentaires bien inférieures au blé : aussi l'emploie-t-on en grande partie pour la fabrication de h' bière. (V. Tabl. de stat., n" 12.)
L'orge occupe environ I million d'hectares, rendant 20 million- d'hectolitres ; elle est cultivée surtout dans la Bretagne, la Normandie, le Maine, le Poitou, la Beauce, la Champagne, la Flandre, Y Artois, la Cète-d'Or, Y Alsace. Elle est peu cultivée au
sud du irOe degré
100. L'avoine. — L'avoine, céréale rustique qui a longlemps servi à nourrir les hommes dans nos contrées, qui les
Reivlcmoiil ili-l'Avoin^C-." , r^^f"-^"' ' ■
1 tiUsÀ'i/onu'cre carre Je ((Ji-itcirxipar arrond 5313 de R5o à ioo , §H~I~ tL too à zoo Je too à iSo de. iSo a loo ! iT.T. , de ioo a .5o | l i de Se a q:
Fis:. 79.
nourrit encore dans certaines contrées septentrionales, n'est plus guère consommée en France, aujourd'hui, que par les chevaux, le bétail et la volaille; c'esl cependant de l'avoine, qu'on tire le gruau. File vient, même sans fumier, dans un sol médiocre; l'avoine d'hiver craint l'excès d'humidité; par contre, l'avoine de printemps, la plus cultivée, craint beaucoup un U nain et un climat sers, surtout au temps où se forme l'épi. C'est pourquoi on peut partager la France en deux grandes régions n cet égard : celle du sud où elle est bien peu
cultivée, celle du nord où elle l'est beaucoup, particulièrement dans les parties du nord qui, de la Flandre à la Beauce, donnent aussi le plus de froment, départements du Pas-de- Calais, de la Somme, du Nord, de Y Aisne, de l'Oise, de Seine-et-Marne (Brie), de Seine-et-Oise et d'Eure-et-Loir (Beauce)r et dans le nord-est, Ardennes, Meuse, Marne et Aube (Champagne) (V. fîg. 79).
L'avoine, surtout l'avoine d'hiver qu'on sème dans l'ouest, peut donner plus de 40 hectolitres à l'hectare. (V. Tabl. de stat., n° 12.) Mais la moyenne n'est guère que de 20 à 25, et la production totale est de 75 à 85 millions d'hectolitres sur une surface de près de 3 millions 1/2 d'hectares. Cette culture, comme celle du froment, fait de grands progrès depuis le commencement du siècle.
107. Le maïs. — Le maïs diffère beaucoup, comme aspect, des précédentes céréales. C'est une forte tige surmontée, à l'époque de la fructification, d'une hampe portant le bouquet des fleurs mâles, et garnie de larges feuilles épanouies, aux aisselles desquelles apparaissent les épis dont les grains trèsnombreux et très-serrés sont symétriquement disposés sur un axe charnu. C'est une céréale de printemps qui exige, comme toutes les plantes sarclées, une grande main-d'œuvre et dont la récolte n'a lieu qu'en octobre. Le maïs exige pour mûrir une plus grande quantité de chaleur que le blé, et le développement de la plante doit se faire dans un espace de 130 à 155 jours; delà, la limite septentrionale de sa zone qui, sans monter sur les granits de la Vendée, pénètre cependant dans le doux climat de la basse-Loire, contourne au sud le Massif Central, enveloppe toute la vallée du Rhône, entre les Cévennes, les Alpes et le Jura, et s'avance, avec les longs automnes chauds du climat vosgien, jusque dans la plaine d'Alsace. Mais, comme le maïs aime aussi beaucoup l'humidité, il fuit presque autant la sèche Provence que les bruineuses régions de la Manche ; il aime d'ailleurs les mêmes terres que le froment. Il est presque exclusivement cultivé dans la région du sud-ouest, ou vallée de Lia Garonne, Basses-Pyrénées, Hautes- Pyrénées , Landes, etc.. et dans une partie de la région de l'Est, Bourgogne et Franche- Comté (V. tig. 80). Il sert à la nourriture des hommes qui en
font des pains non levés on de lu bouillie, connue sous le nom de gaude, et à la nourriture des volailles et des bestiaux auxquels ses feuilles fournissent un abondant fourrage. (V. Tabl. de3tat.,n" 12.)
Les surfaces ensemencées, y compris le millet avec lequel 'on le réunit et même on le confond à tort quelquefois, mais qui est très-peu cultivé (Morbihan, Landes, etc.), ne dépassent pas
Rendement du Maïs
«i< Kilomètre carre de territoire purarrond.
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Fis:'. 80.
700,000 hectares; elles produisent un peu plus de 10 millions d'hectolitres.
108. t*e sarrasin. — Le sarrasin, que l'on nomme aussi blé noir, se présente avec un aspect particulier : tige herbacée
et rameuse, portant des feuilles triangulaires, de l'aisselle desquelles parte ni «le- faisceaux de petites fleurs roses et blanches, puis des fruits noirs. Il exige tiés-peu de main-d'œuvre et il esl généralement cultivé dans les terrains les plus pauvres ; mais il redoute les grands froids, ta sécheresse, les brusques varia-
tions de température, et il se plaît dans les sols légers, terra siliceuses ou granitiques et sous les climats humides ; c'est pourquoi il réussit surtout eu Bretagne, dans la basse-Normandie dans la partie occidentale du Massif Central, Marche el Limousin, la plus arrosée par les pluies (V. fig. 81), dans la Bresse et dans les départements voisins (Saône-et-Loire et Ain.
Fig. 81.
Rhône et Isère). Dans les contrées riches, on le réserve exclusivement aux animaux ou bien on l'enfouit comme engrais en vert ; dans les contrées pauvres, on en fait une sorte de pain ou des galettes. (Y. Tabl. de stat,„ n° 12.)
La production est de 10 millions d'hectolitres sur près (te 700,000 hectares.
109. Lia pomme de terre. — Après les céréale^, un depremiers produits de l'agriculture à mentionner est la pomme déterre qui les remplace souvent et que l'on nomme à juste titre « le pain tout fait » des pauvres. C'est, après le froment, le
l'agriculture.
produit végétal qui Occupe la plus grande place dans l'alimentation française. C'est un tubercule originaire d'Amérique qui, Longtemps dédaigné en France, excepté dans les Vosges où il était cultivé dés la fin du xvne siècle, doit surtout aux efforts de Parmentier d'avoir été enfin apprécié en France au commencement du xixe siècle. Elle occupe aujourd'hui environ 250,000
hectares, et sa récolte, très-variable d'une année à l'autre, dépasse le plus souvent 100 millions d'hectolitres et quelquefois m millions. Elle se plaît surtout dans les terres sablonneuses et *ous les climat* tempérés, froids; elle est cultivée dans tous les lépartements Y. fig. 82 , mais nulle part autant que dans la ^égion du nord-est (Ardennes, Lorraine, Saône- et-Loire), dans a région du nord, depuis la Flandre qui en récolte beaucoup isqu'à la Beaucequi approvisionne Paris, dans la région de la im-Loire, dans le Massif Central [Puy-de-Dôme, Aveyron, Arèche, etc.), et dans lu vallée du Rhône, où les départements
do Y A in et de l'Isère approvisionnent Lyon. (V. Tabl. <!<■ $tat.r n" 12.)
110. Les légumes. — Les légumes sont, au point de vue de la vente, de deux genres très-distincts: 1° les légumes secs, haricots, qui aiment les terres sablonneuses et profondes et qui sont cultivés surtout dans les environs de Paris, de Sois-
sons, d'Orléans, de Lille, dans le nord, le nord-ouest et le sudouest ; lentilles, qui veulent un sol bim sec et sablonneux et qu'on trouve dans Test et dans le midi, à Avignon, etc. ; fèves, qui si plaisent sur Y argile et qu'on trouve dans le nord et le nord-esl Vendée, Gers, etc.; les légumes secs ont seuls été pendan longtemps l'objet d'un commerce important et lointain ; '2° le légumes frais, pois, choux, carottes, oignons, navets, salades asperges, artichauts, melons, etc., qui, devant être consommé peu de temps après la récolte, étaient pour la plupart produit
dans le voisinage du marché et avaient donné naissance à la culture maraîchère près des grandes cille* (1). Aujourd'hui, les chemins de fer permettent de cultiver ces derniers au loin V. îig. 83). La Flandre, l'Artois, la Picardie, avec Roye, Amiens, etc., Ylle-de- France, avec Soissons, Senlis, Compiègne. cl h irtout Paris, la Touraine, et plus particulièrement Orléans. Nantes, etc., en fournissent beaucoup ; les primeurs du Midi, de Niort, de Bordeaux, de Montauban, d'Avignon, de l'Algérie, etc.. et quelques légumes des maraîchers de Bretagne (Roscoff. etc. approvisionnent Paris. (Y. Tabl.de stat., nos 14 et io.) lit. La liellerave. — Les plantes industrielles, nous
Fig. 8-4.
tvons déjà dit, sont le cachet dune culture perfectionnée: est pourquoi elles se rencontrent surtout dans nos départeient8 du Nord. (Tabl. de st., t.. ir ni.)
l) On compte environ 1.300 maraîchers dans Paris et la banlieue.
En première ligne vient la betterave qui, comme la pomme de terre, n'est entrée que depuis le commencement de notre siècle dans les habitudes de l'agriculture ; elle veut une terre riche, une humidité suffisante. Elle est destinée, soit à la nourriture du bétail, et à ce titre on la cultive un peu partout, soit à la fabrication du sucre, et à ce titre on la cultive en très-grande quantité dans les départements du Nord, de l'Aisne, du Pasde-Calais, de la Somme, de l'Oise, et plus récemment dans ceux de Seine-et-Marne] et de Seine-et-Oise (V. fig. 84) ; elle s'est propagée aussi dans la Seine-Inférieure et l'Eure, dans certaines parties de la Bretagne, dans la Côte-d'Or et Saône-et-Loire et dans la Dordogne ; mais elle se plaît mieux dans le nord que dans le midi où elle est moins sucrée, et elle demande un sol riche. Elle fait chaque année des progrès :ien 1840, elle n'occupait que 58,000 hectares, elle en occupe aujourd'hui environ 340,000 et rend près de 12 millions de tonnes. C'est une excellente culture qui permet, à l'aide des résidus et des feuilles, dt nourrir un nombreux bétail, et, par conséquent, d'avoir ui fumier abondant qui féconde les terres à blé. Dans Larron dissement de Valenciennes, où la betterave est le plus cultivée le blé donne 27 hectolitres à l'hectare.
112. Les plantes textiles. — Les plantes textiles, ci Fiance, sont le chanvre et le lin. Elles occupent environ 200,00' hectares, et rendent plus de 90,000 tonnes dont les 6/10 enviro sont aujourd'hui au chanvre. L'étendue consacrée à cette cul ture a plutôt diminué qu'augmenté depuis quarante ans.
Le chanvreest une plante d'une hauteur de 2 mètres enviro qui se sème au printemps et se récolte trois ou quatre nao après ; il vient dans les terrains riches, profonds et frais, bit fumés; c'est une véritable culture jardinière. Il est cultivé dai presque toutes les provinces, surtout dans l'ouest de la Fraiu (V. fig. 85); l'Anjou, le Maine, la Touraine, la Bretagne, Perche et le Cotentin sont au premier rang ; le Poitou et 1 Charentes en fournissent beaucoup, ainsi que la Picardie dont chanvre est particulièrement estimé ; en première ligne vie encore le Graisivaudan (Isère), puis en seconde ligne la Lorrav la Bourgogne, le Berri, laLimagne (Puy-de-Dôme), le Rouergi le Quercy et. la vallée de la Garonne (Aveyron, Lot, Tarn et/.
et-Garonne). 11 donne deux produits, lu graine ou chènevis dont on fait de l'huile, et la tige dont les fibres fournissent la filasse. Ce dernier produit, que l'on obtient par diverses manipulations, rouissage, billage ou broyage et peignage, est de beaucoup le plus important ; il fournit à la filature et à la corderie, en moyenne, 600 à 700,000 quintaux de filasse. Le lin n'a guère que 00 centimètres de hauteur ; il donne
Fig. 85.
,i graine de Lin dont on use en médecine et avec laquelle on ait de l'huile, et une filasse, plus fine que celle du chanvre, qu'on oumel aux mômes préparations. Il veut une terre riche, bi^.n réparée et il préfère les climats humides. Aussi est-il cultivé intout dans la partie occidentale et septentrionale de la ruine (V. fig. 80). C'est dans la région du Nord, Flandre, fa le lin de la vallée du la Lys jouit d'une très-ancienne rei immée, Artois, Picardie, que cette culture donne les prpluitë les plus abondants ; on la pratique aussi avec succès dan-
les environs de Paris où le lin a quelquefois remplace le colza (Seine-et-Marne et Seine-et-Oise). dans l'Eure (arrondissement deBernay et de Pont-Audemer), dans la Bretagne (Finistère Côtes-du-Nord, Loire-Inférieure), dans Y Anjou, la Vendée, la
Fi-. 86.
Saintonge et dans toute la région des Pyrénées et de la Garonne. ^V. Tabl. de st., n° 16.)
113. L,es graines oléagineuses. — Les graines oléa gineuses, en France, sont fournies, indépendamment du chan vre et du lin, parle colza, la navette et l'œillette (1) ; leur cul ture occupe près de :'00,000 hectares qui rendent plus de 3 mil lions d'hectolitres. Le colza est une sorte de chou monté, don les fruits ou siliques renferment de petites graines rondes noires ou rougeàtres ; c'est une plante sarclée, qui aime le
(i) Il faut ajouter la cameline et la moutarde, qui n'ont qu'une im portance secondaire.
terres riches, les climats légèrement humides et qui exige beaucoup de main-d'œuvre. Il y a un colza d'hiver et un colza d'été : le premier est le plus productif. L'huile qu'on en tire est emploi ce principalement pour les lampes.
(lotte culture, qui tend à diminuer, est surtout pratiquée dans les provinces du nord et du nord-ouest (voir fig. 87), Flandre, Artois, Picardie avec le département de VAisne,
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Normandie, et surtout le Calvados, un des deux départements
qui produisent le plus de colza; dans l'ouest, la région de la basse-Loire, de la Vendée et de la Charente-Inférieure; dans le >\\(], la vallée de la Garonne ; dans l'est, la Lorraine, la plaine de Champagne et la Bourgogne (départements de Saône-ct-Loire, de 1' Un, etc.) eu fournissent une grande quantité.
La na\ > tu . plante assez semblable au colza et fournissant une
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huile qui n'est pas beaucoup plus comestible, n'est guère cultivée que dans l'Est, surtout en Bourgogne.
L'œillette, au contraire, donne une huile comestible dite huile blanche. C'est le pavot noir, dont la culture ne s'est développée que vers la fin du xvinc siècle, quand on eut démontré que l'huile qu'il fournit ne renferme aucun principe narcotique. Elle est pratiquée exclusivement dans le Nord, Flandre, Artois, Picardie. (V. Tabl. de stat., n° 16.)
Le pavot blanc, dont la tête et la graine servent en médecine, est particulièrement cultivé dans la plaine des Vertus (Seine).
i 14. Les plantes tinctoriales. — Les principales plantes tinctoriales sont la garance, le safran, la gaude, le pastel.
La racine de garance, que l'on cultive principalement dans les riches alluvions bien irriguées du Vaucluse, des Bouches-du- Rhàne, du Gard et de la Brome, donne une teinture rouge particulière. L'Alsace en cultive aussi.
Les stigmates du crocus, que l'on cultive surtout dans le Gàtinais (Loiret et Seine-et-Marne), et dans le département du Vaucluse, constituent le safran, belle couleur d'un jaune vif ; le safran est employé aussi en médecine.
La gaude est une sorte de réséda qu'on cultive dans le Doubs l'Eure, l'Hérault, et dont la tige desséchée fournit une couleui jaune.
Le pastel ou guède, un peu cultivé dans le Gers, etc., donni par ses feuilles une couleur bleue aujourd'hui presque totale ment abandonnée.
115. JLe tabac. — Le tabac peut réussir en France sous tou les climats ; mais l'administration des tabacs n'en a autorisé 1 culture que dans un petit nombre de départements : dans la valU de la Garonne, Lot-et-Garonne, Dordogne, etc., dans la Provenc et la Savoie, dans la. région du Nord-Est, dans les départemenl du Nord et du Pas-de-Calais et dans celui d'Ille-etVilaine. Gif que cultivateur doit obtenir une permission, et, à moins d'e: porter, ne peut vendre sa récolte qu'à la régie. Le produ atteint presque à 20,000 quintaux métriques. (V. Tabl. de Stai n°16.)
116. Des prairies artificielles. — Les prairies so indispensables à l'économie agricole, non-seulement par
qu'elles nourrissent les bestiaux dont l'homme se nourrit à son tour, et qu'elles sont, pour ainsi dire, les ateliers où se fabrique la viande, mais parce qu'elles procurent, par ces mêmes animaux, le fumier qui féconde la terre. On distingue trois genres de prairies : i ° prairies artificielles ; 2° prairies naturelles ; 3° pâturages. (V. Tabl. de stat., n° 11.)
Dans la plupart des terres de labour, les prairies naturelles réussissent imparfaitement, faute d'humidité, ou sont peu goûtées, parce qu'elles se prêtent mal à l'alternat. On y a suppléé en introduisant, par la culture, dans l'assolement des terres la-
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bourables, la prairie artificielle qui est d'une immense utilité pour le progrès agricole, puisqu'elle permet de multiplier à volonté le bétail et l'engrais; c'est l'avantage que nous avons déjà constaté à propos de la betterave. Dans la région où la prairie artificielle entre le plus dans l'assolement, l'hectare de fro-
wo la France.
trient rend en moyenne 19 hectolitres, et i() seulement clans In région où elle est le moins usitée.
C'est dans les riches cultures de la Beauce, trop sèche pour avoir beaucoup de prairies naturelles (Eure-et-Loir, Loiret, Seine-et-Oise), dans la Brie (Seine-et-Marne) et la Champagne (Marne, Aisne, Ardennes), dans la Bourgogne et principalement dans l'Yonne, dans le bassin de la basse-Loire, dans la Normandie, la Picardie, l'Artois et en général toute l'Ile-de- France qu'on consacre le plus de terrain aux prairies artificielles (voir fig. 88). Pour apprécier cette culture, on peut partager la France en deux régions par une ligne allant du Jura septentrional à l'embouchure de la Charente ; la région du Nord est riche en prairies artificielles, la région du Sud est pauvre, sauf sur quelques points isolés, comme le Viennois, le Graisivaudan (Isère), le Toulousain (Haute-Garonne), etc. Les prairies artificielles occupent environ 2,200,000 hectares.
1 17. ke» prairies naturelles. — Les prairies naturelles ne font pas partie des terres de labour. Ce sont des terres cultivées en herbe. Cette herbe, composée d'un grand nombre de plantes et surtout de graminées, est tantôt mangée sur pied par le bétail, tantôt fauchée, en première coupe d'abord, puis en regain, et consommée sèche sous le nom de foin. Les prairies naturelles coûtent peu de main-d'œuvre et donnent, sur une terre bien ameublie, un riche produit. On estime approximativement que nos 4,200,000 hectares de prairies naturelles rendent de 130 à 200 millions de quintaux de foin.
Pour en établir avec succès, il faut, soit une plaine riveraine d'un cours d'eau, soit la pente d'une colline sur laquelle on puisse ménager des irrigations, soit un climat humide et brumeux qui entretienne constamment la fraîcheur du sol : c'est pourquoi les prairies naturelles se trouvent principalement dans le fond des vallées, dans les régions montagneuses et dans le voisinage des côtes baignées par l'océan Atlantique.
Sur la pente des montagnes où l'eau est en abondance, on arrose en général par des rigoles qui épandent pour ainsi dire l'eau en gerbe, ou par des rigoles transversales et parallèles qui la font en quelque sorte descendre en cascade lente. Dans les plaines, on emploie d'autres moyens; le plus usité eM i'immer-
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sion. Pour le pratiquer, il l'uni établir, dans un cours d'eau naturel ou dans un canal*, une prise d'eau à un niveau supérieur et une rigole de décharge à un niveau inférieur : on ouvre et on ferme avec des vannes. Le rendement moyen d'un hectare, qui est de 2,800 kil. de foin, peut doubler par l'irrigation.
11 est donc très-important d'avoir de l'eau. Sur divers points, on en a amené de loin par des canaux, soit pour les prairies,
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Fig. 89,
soit pour les terres arables : en Provence, par le £•«««/ cfe C/wpo?w.' qui existe depuis le xvie siècle et qui a divers embranchements, par le canal du Yerdon, par le canal du Lrac, parle canal de la Durance, dont l'eau sert principalement à la ville de Marseille et qui a nécessité la construction du magnifique aqueduc de Roquefavour ; dans la Haute-Garonne, par les canaux de \&Neste et de Saint-Mat tory; dans le Forez, par le canal du Forez; en Sologne, par le canal de /.a Sauldrc, dans le Rous- -illon et la Cerdagne par les canaux de Coût ode, de Perpignan,
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de Palau-del-Vidre et autres dérivés de l'Agly, de la Tôt, du Tech ou de la Sègre. La plupart sont inachevés, et il n'v a guère encore que 2/5 de nos prairies qui soient irrigués. « C'est un tort envers la Providence, disait un savant jurisconsulte, et presque un crime envers la société, de laisser s'écouler à la mer une seule goutte sans l'avoir utilisée au profit de l'agriculture ou des arts. » Nous sommes encore loin d'avoir à cet égard usé de toutes les richesses dont la Providence a doté notre pays.
La partie de la France la plus riche en prairies, et en belles prairies, est celle de l'ouest comprenant YAunis, la Vendée, la Bretagne, Y Anjou, le Maine, le Perche et la basse-Normandie. (voir fig. 89.) Les marais de la Saintonge, de l'Aunis et de la Vendée, assainis par des canaux dont les premiers furent creusés par des Hollandais sous le règne de Henri IV, constituent de grasses prairies qu'on désigne sous le nom de maraisgâts. Les terres d'alluvion de la Loire ont aussi des prairies irriguées très-productives. Le Finistère, tout enveloppé des brumes de l'Océan, est à cet égard dans une condition très-favorable : aussi nourrit-il plus de gros bétail qu'aucun autre département. La basse Normandie est la terre classique des beaux herbages ; là se trouvent les herbages du Cotentin entourés d'une haie vive souvent double et dominée par de grands arbres qui entretiennent la fraîcheur et abritent le troupeau de leur ombre. Dans la dépression où aboutissent la Taute, la Vire et d'autres rivières, le sous-sol imperméable constitue des « terres mouillantes », comme on les nomme dans le pays ; là sont les immenses prairies du Bessin et du pays de Carentan dont une partie a été conquise sur les eaux au xvnie siècle. Plus à l'est, le Bocage normand, puis le bas pays d'Auge, au fond des vallées de la Dives et des autres petits cours d'eau du pays d'Auge qui coulent sur un sol imperméable, enfin le Perche.
Après l'Ouest, la partie la plus riche en prairies est le Centre: il comprend surtout le Limousin et la Marche dont les prairies et pâturages reposent sur le granit, le Cantal, les monts il'Aubrac et les creuses vallées de l'Aveyron, le Vélay, les monts d'Auvergne, le Bourbonnais et le Cher; un peu plus loin, le Charoilais et le Morvan.
Dans l'Est, la région du Jura, celle des Vosges, et les Alpes de Savoie et du Dauphiné ont en grande quantité aussi des pâturages et des prairies. Dans le Nord, la Flandre, sur le bord de des rivières, est riche également en prairies.
Le Sud-Ouest a les prairies de la Charente, du Périgord, des Pyrénées et de Y Armagnac.
Le Sud-Est, sous le climat sec et chaud de la Méditerranée, est la région de la France la plus pauvre en prairies, et par suite en gros bétail.
Les plantes fourragères les plus cultivées sont, par ordre d'importance : 1° le trèfle, trèfle des prés, très-employé, trèfle incarnat ou farouche, qui tous deux se sèment sur une céréale, etc. C'est une plante herbacée qui se distingue aisément à ses fleurs en forme de fraise et à sa feuille trifoliée, d'où le nom latin de « trifolium. » 2° La luzerne, qui comprend aussi plusieurs espèces et se reconnaît à ses feuilles veinées et à ses grappes de fleurs \ iolettés. 3° Le sainfoin, dont les petites feuilles rappellent la disposition symétrique des folioles de l'acacia. Ces trois plantes appartiennent à la famille des légumineuses, si facile à reconnaître parla forme caractéristique de ses fleurs. Les deux dernières durent plusieurs années, donnant coupes et regains ; on peut laisser quelquefois une luzerne, quand le terrain est propice, sept ans et plus. Le trèfle aime les terrains frais cl friables ; c'est pourquoi il domine dans la région du nord-ouest. ndant, dans le Midi, un sol purement argileux, mais bien divisé, lui convient, de môme que, dans le Nord, un sol silico argileux. La luzerne, plus exigeante, veut, pour développer ses longues racines, un sol profond et riche ; mais, comme elle va chercher plus profondément l'humidité, elle peut pousser sous limats secs ; bien irriguée, elle donne jusqu'à six et sept coupes dans le Midi. Le sainfoin, la plus accommodante des trois, se contente des terres sèches et calcaires.
En seconde ligne, il faut noter les fourrages consommés en vert, tels que la vesce, le pois, la féverole qui contribuent aussi à nourrir le bétail. (V. Tabl. de stat., n° H.)
Il 8. Les pâturages. — Il y a, dans les terrains maigres, star des pentes non arrosées, au milieu des bois, des espaces couverts «lune herbe trop peu drue pour être fauchée : ce sont
îles pâturages un L'on t-moie les animaux. Quelquefois, au lieu de gazon, il ne pousse guère que du trèfle rampant, des genêts, des ajoncs, des bruyères : ce sont despûtis ou des landes. On les trouve surtout dans les régions montagneuses des Pyrénées, des Cévennes, des Alpes, dans les Landes et la Bretagne: en tout 6 millions 1/2 d'hectares ; mauvaises terres et mauvais produits. Plus de science dans la distribution des eaux et des amendements, plus de capital appliqué à l'agriculture, en ont déjà transformé depuis 30 ans quelques centaines d'hectares en prairies, en bois ou en champs labourés. ( V. Tabl. de stat. , n° 1 \ .) Plus de la moitié des pâtis, des landes et des terres incultes (2,700,000 hectares) sont des propriétés communales ; la loi de 1857 sur l'assainissement des landes a été rendue pour en hâter la transformation. (Y. Tabl. de stat.. n° lî.)
119. £ie» culture» arborescentes. — Les cultures herbacées, qui pour la plupart sont annuelles, occupent la majeure partie de nos terres ; l'autre partie, encore très-importante (environ 13 millions d'hectares), appartient aux cultures arborescentes qu'on divise en trois grandes catégories : 1° vignes; 2° autres arbres à fruits ; 3° bois et forêts.
120. S.es vignobles (1). — La vigne est une des richesses caractéristiques du sol français ; elle était cultivée dès le commencement de l'ère chrétienne, dans le midi de la Gaule ; elle s'est propagée de là en Bourgogne et sur les bords de la Moselle et de la Garonne pendant la période romaine. Elle occupait à la fin du xvme siècle un peu plus de 1 million 1/2 d'hectares ; elle en occupe aujourd'hui près de 2 millions 1/2, répartis très-inégalement entre 77 départements, et donne des vins d'une saveur toute particulière, qui sont recherchés dans le monde entier. Cette culture, malgré les accidents fréquents que l'intempérie des saisons lui fait éprouver, et malgré l'oïdium et le phylloxéra qui l'ont attaquée, s'est beaucoup développée. On estime la récolte moyenne à 25 hectolitres 1/2 par hectare, et en totalité à 60 millions d'hectolitres environ, valant chez le propriétaire environ 2 milliards de francs ; plus du tiers en est
(1) Les noms de province et de lieu en caractères gras désignent les principaux crus ; tes noms de départements en italiques sont, ceux qui produisent plus de 1 million d'hectolitres.
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exporté, principalement en Russie, dans les Pays-Bas, en Angleterre et en Allemagne. Les sept principaux groupes de production sont : la Bourgogne, la Champagne, le Bordelais, la Charente, le Midi, le Rhône, le Centre. (V. Tabl. de stat., n0* H et 17 et la carte n° 10.)
121. Ii^s vin» de Bourgogne. — Les terrains les plus propres à la vigne en Bourgogne sont ceux où dominent le cal-
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■tire et lu silice, terrains pierreux, souvent colorés en rouge par xyde de fer. Ils sont situes, en général, sur le flanc de collines posées au midi ou au soleil levant ; les plus justement renomlés -ont ceux qui se trouvent au-dessous des sommets demies et des bois, sur la pente des Cèvennes et de la Côte-d'Or, is<[ii'ù la plaine <!<■ ht Saône, depuis Lyon jusqu'au plateau de ires (voir liii. 90). Ou mélange d'ordinaire dans les plants ■ noirien,qui donne le meilleur \iu et dont le pineau est la va-
riété la plus connue, et le gamay, plus productif; depuis un certain nombre d'années, le désir d'avoir des récoltes abondantes a beaucoup multiplié le gamay et accru la fumure du sol au détriment de la qualité du vin. Les bons vignobles sont trèschers, et la culture en est très-dispendieuse. Une vigne ne rapporte qu'au bout de quatre ans, sur un terrain déjà longuement préparé, et, chaque année, il faut biner ou labourer plusieurs fois, tailler, provigner, échalasser, souvent soufrer, puis vendanger, et faire le vin, c'est-à-dire encuver, fouler, conduire la fermentation, enlever les rafles, décuver et mettre en fût. Le produit, très-variable en quantité et en valeur, ne paye pas les frais tous les ans, mais donne quelquefois un produit considérable.
Dans la longue série des vignobles qui s'étendent sur trois départements (Côte-d'Or, Saône-et-Loire, Rhône), le premier rang appartient aux vins dits ordinairement de Haute-Bourgogne (1 ), qui sont fort estimés et dont plusieurs crus sont trèscélèbres : on récolte ces vins sur le flanc oriental du massif calcaire, qui s'étend de l'Ouche au canal du Centre, et qu'on appelle Côte d'Or, à cause de ses riches vignobles. Le sommet du plateau et les pentes supérieures sont boisés ; la vigne pousse au-dessous, d'abord les troisièmes et les secondes cuvées, puis vers l'altitude de 280 mètres jusqu'à l'altitude de 230 mètres, sur les marnes oxfordiennes, on récolte les premières cuvées ou grands vins de Bourgogne; au-dessous de 230 mètres jusque dans la plaine, il y a encore des vignobles, mais de seconde et de troisième cuvée.
Au-dessus de Beaune , de Savigny à Meursault, en passan par Pommard et Volnay, est une suite ininterrompue de grands crus ; au nord sont plusieurs autres groupes moins étendus : celui du clos Chambertin qui n'a que 1 3 hectares et qui est au sut) de la commune de Gevrev-Chambertin, ceux de la Rornanée
(1) On désignait autrefois sous le nom de Haute-Bourgogne la Franche Comté, et sous celui de Basse-Bourgogne tout le duché de Bourgogne Les négociants en vins donnent le plus souvent aujourd'hui le nom d' Basse-Bourgogne aux vignobles de la vallée de la Seine, et celui d> Haute-Bourgogne aux vignobles de la vallée de la Saône.
Conti, des Richebourgs (1), celui du clos Vouyeot qui est le plus grand vignoble de la Bourgogne, celui de Nuits, situé au sud de la commune et celui d'Aloxe-Corton ; au sud du groupe de Beaune s'étend un groupe, de Meursault à Santenay. Dans les premiers crus de vins blancs, il faut ranger Meursault, Chassagne, Puligny, Montrachet. Au second rang, pour les vins rouges, le Maçonnais, avec Thorins, Moulins-à-Vent, etc., et le Beaujolais.
Dans la partie dite aujourd'hui Basse-Bourgogne, c'est-àdire au nord-ouest des Cévennes. les départements de YYonne et de Y Aube produisent une grande quantité de vins qui ont moins de bouquet que ceux de la Haute-Bourgogne, mais dont plusieurs cependant sont très-recherchés. Les principaux crus sont, pour les vins rouges, les Uiceys, la côte des Olivotes, Tonnerre, Epineuil, Joigny, et, pour les vins blancs, Chablis.
Ce groupe a à peu près 172,000 hectares de vignes donnant plus cie 3 millions 1/2 d'hectolitres. Au groupe Bourguignon, on i attache les groupes secondaires :
1° Du Jura ( quatre départements : Ain, Doubs, Jura, Haute- Saône), dont les crus principaux, alignés le long des derniers coteaux de la chaîne, sont ceux de Seyssel, d'Arbois, de Lons-le- Saunier, dePoligny, de Salins; 2° delà Lorraine (Meurthe-et- Moselle), dont les vins sont agréables et légers, mais sans réputation.
V Alsace, avec ses vins de Guebwiller, de Ribeauvillé, etc., formait un de ces groupes.
122. L*e& viimdeChnmpagne. — Le groupe delà Champagne, quoique très-important, ne compte guère que 16,000 hectares, en \ comprenant même, outre le département de la Marn>. les vignobles de l'Aisne; il produit presque 1/2 million d'hectolitres. Sur la lisière des deux formations jurassique et [crétacée, si >nt des coteaux crayeux, dont le sol est composé pour les i/o de carbonate de chaux, pour 1/5 de silice et d'argile et qui s'étendenl Voir le carton de la carte n° 20), d'une part sur les deux rives de la Marne, en regardant le soleil du midi ou
1 La Romanée, la Romanée-Conti, les Richebourgs-Romanée-Saint- Vivant sont trois clos contigus dans la commune de Vosne.
le soleil levant, depuis Cornières jusqu'à Vertus, avec Ay, la Côte d'Épernay, la Côte d'Avize ; d'autre part, sur les flancs de la montagne de Reims, depuis la Marne jusqu'à l'Aisne, avec Bouzy, Sillery, etc., etc. Les vins rouges et. blancs que produisent ces coteaux sont tous soumis à de longues préparations qui ont pour but, par l'addition de sucre, de différentes matières alcooliques, et par la mise en bouteille avant que la fermentation soit complète, de développer l'acide carbonique qui les rend mousseux et de leur donner un bouquet particulier. Reims et Épernay sont les principaux centres du commerce de ces vins, qui, à cause de leurs nombreuses manutentions, nécessitent des caves immenses, objet de curiosité pour les visiteurs.
123. JLes vins tlu Sud-Ouest, —Le vin de Bourgogne a pour rival le vin de Bordeaux, moins capiteux, mais ayant plus de bouquet et de finesse. Le département de la Gironde, dans lequel. les plants et la culture diffèrent quelque peu des usages de Bourgogne, renferme plusieurs terroirs (Voir le carton delà carte n° 20) : le Médoc qui possède les premiers crus de vins rouges, Château-Lafltte et Çhâteau-Latour fort rares dans le commerce et fort chers, situés tous deux dans la commune df Pauillac, ainsi que Mouton, Longueville, très-estimés aussi Margaux avec Château- Margaux, un desj crus de premier ordre Branne, Lascombe, St-Estéphe avec le cru de Montrose, St-Juliei avec les crus de Léoviile, puis Cantenac, Arsac ; les Graves terre de gravier formant la campagne de Bordeaux, et produi sant le Haut-Brion (commune de Pessac) et dans sa partie méri dionale (canton de Langon) les premiers crus de vins blancs Sauternes avec les crus de Çhâtêau-d'Yquem, d'Arche, etc. ; Bom mes avec la Tour-Blanche, Preignac, Barsac. Au second rang sont les vins de la Palud et de Y Entre-deux-mers entre Dordogn et Garonne, les vins du Libournais, avec St-Emilion qui s'est élev presque au rang des premiers vins, et ceux du Fronsadais.
A ce groupe principal se rattachent des groupes secondaires dont les plus voisins de Bordeaux sont souvent désignés sou le nom de vins des côtes.
La Bordogne, dont les bons vins blancs et rouges, légers < clairs, sont connus sous le nom de vins de Bergerac ; le Que m dont les vins se vendent principalement à Cahots.
L'Albigeois, dont le cru le plus connu pour les mélange- est relui de Gaillac.
Le Toulousain et la région des coteaux située au pied des Pyrénées, qui donnent des vins épais, expédiés en général sur Bordeaux où ils sont employés à divers coupages.
VArmagnac, s étendant sur les départements du Gers et du Lot-et-Garonne, dont les vignes sont plantées sur les nombreuses rangées de coteaux pierreux de la contrée, et dont les vins sont pour la plupart convertis en eaux-de-vie.
Le dépariement des Landes qui donne aussi, surtout dans la Chalosse, des vins que l'on convertit en eau-de-vie ; le Béarn qui produit des vins paillets et où le cru de Jurançon doit en partie à Henri IV son ancienne renommée.
Les treize départements dont l'ensemble forme la région vitiicoie du bassin de la Garonne (voir fig. 90), comptent environ 620,000 hectares et récoltent près de 13 milions 1/2 d'hectolitres. I ..i production a augmenté déplus des deux tiers depuis trente ans.
Le groupe de la Charente, qui comprend seulement deux départements, Charente-Inférieure et Charente, compte aujourd'hui 270,000 hectares et rend environ 8 millions d'hectoli- Ires de vin destinés, pour la plus grande partie, à être distillés et \ fiidus sous le nom d'eaux- de-vie de Cognac: Le cru le plus renomme est celui de la Champagne, située au sud de Cognac, entre ia Charente, la Seugne et la route d'Angoulème à Bordeaux et comprenant elle-même la grande Champagne, dont Segonzac es! It centre, et la petite Champagne qui l'enveloppe ; autour de la Champagne, au nord et au sud de la Charente, sont les crus dits premiers et deuxièmes bois. Angoulême, Cognac, Rouillât*. Jarnac, Aigre, Pons, Surgères, la Rochelle, Saint-Jean-d'Angélj -on! le- principaux centres de ce commerce. Tonnay-Charente cm est un des entrepôts.
124. Les vin» du llidl. — Le Midi, dont le climat est favorable à la vigne, et dont la production s'est considérablement accrue depuis que les chemina de fer lui ont ouvert des débouchés, fournit des genres très-distincts : \ins ordinaires de table, \insile liqueur, \ ins de coupage et vins pour la distillation. On \ iliitingue quatre groupe- : le Uoussillon, le Languedoc la Provence el la Corse.
Le Roussillon [Pyrénées-Orientales), dans les terrains pierreux qui a voisinent Collioure, Banyuls et Rivesaltes, donne ces trois genres ; ses eaux-de-vie et ses gros vins pour coupage, forts et colorés, sont recherchés. Le département de Y Aude, avec les vins de Lézignan, de Ginestas, etc., se rattache à ce groupe; le commerce y est concentré à Carcassonne, à Narbonne, à Limoux qui donne une blanquette estimée.
Le Languedoc, dénomination sous laquelle nous ne comprenons ici que deux départements, l'Hérault, le plus productif de tous les départements, et le Gard, produit plus de 12 millions d'hectolitres sur 375,000 hectares. Une grande partie est destinée à la consommation directe ou aux coupages ; une petite partie à la fabrication de Yeau-de-vie de Montpellier ; une notable partie à celle de l'alcool, dit trois-six, dont les principaux marchés sont à Montpellier, à Mèze, à Béziei'S, à Pézenas, à Capestang, à Saint-Chinian et à Cette; une partie notable aux fabriques de Cette, où l'on fait, à l'aide du vin du pays, devins importés, d'alcool et de quelques aromates, toute espèce de vins de liqueur, quelques-uns des vins ordinaires de l'Hérault et celui de St-Georges par exemple. Parmi les vins de liqueur naturels il faut citer Picardan (côte entre Marseilhan et Pomerols), Frontignan et Lunel.
La Provence (surtout le département du Var) donne au commerce des trois-six et des muscats ; elle produit les vins de Lamalgue et exporte souvent des vins cuits provenant des vignobles de St-Tropez, de la Gaude, etc. ; le progrès de la culture a été très-rapide dans le Var.
Les vins de la Corse servent à fabriquer des vins de liqueur ; le vin blanc du cap Corse est estimé.
125. Les Tins du Rhône. — Au nord d'Avignon, sur la rive droite du Rhône (département du Gard), se trouve une série de coteaux donnant les vins de la côte du Rhône, vins rouges et blancs, dont les plus célèbres sont ceux de Tavel et de Roquemaure, centre de ce commerce. De l'autre côté du fleuve (département du Vaucluse), sont les crus de Chdteau-JSeuf-du-Pape, de Sorgues, de Sérignan.
En remontant le fleuve, on trouve, de distance en distance, des vignobles dont les uns ne fournissent qu a la consommation
du pays et dont les autres ont une réputation lointaine, comme celui de Saint-Pcray (département de l'Ardèche) avec ses vins blancs ayant, au goût, un certain parfum de violette, et, en face, celui de Y Ermitage (commune de Tain, Drôme), qui rivalise avec les plus grands crus de Bourgogne et de Bordeaux ; puis ceux de la Côte-St-André (département de l'Isère), et, en face, ceux qui donnent les vins de Renaison (département de la Loire), celui de Condrieu avec ses vins blancs, et celui de Côte- Rôtie avec ses vins rouges (département du Rhône).
126. Les vin* du Centre. — Le Centre n'a pas de crus très-renommés, mais ses vins sont achetés en grande quantité pour les coupages et pour la consommation journalière ; ils sont produits pour la plupart sur les coteaux qui bordent la Loire et ses affluents. On les désigne, d'après les principaux lieux de production, sous les noms de vins d' Auvergne, provenant des coteaux de la Limagne, vins blancs de Pouilly provenant des collines du Nivernais et du Sancerrois, vins du Cher provenant des deux départements de l'ancien Berri et du Loir-et-Cher, vins du Loiret ou vins d'Orléans et de Beaugency dont une grande partie est transformée en vinaigre d'Orléans, vins de Touraine parmi lesquels on estime les vins blancs mousseux de Vouvray, ceux de St-Avertin et de Bourgueil,vins d'Anjou ou de Saumur (coulée de Serrant, etc.) dont quelques vignobles s'étendent jusque dans le Maine et le Vendomois, vins de la basse Loire et delà Vienne qui s'étendent de la Haute-Vienne jusque dans le Morbihan ; dans ces derniers groupes on récolte plus devin blanc que de vin rouge.
Les environs de Paris (Seine, Seine-et-Oise et Seine-et-Marne) produisent une grande quantité de vins pour la consommation • le La capitale, Argenteuil et Suresnes surtout, et les vignobles disséminés çà et là dans la vallée de la basse Seine s'étendent au nord, jusqu'à Béarnais et àLaon.
127. Le raisin de tu Me. — On cultive aussi le raisin eu treilles, comme fruit de table ; le plus renommé est le chasselas de Fontainebleau, que l'on produit à Thomery et, aujouril lui. dans beaucoup d'autres localités : en second lieu viennent les raisins noirs des environs de Paris, les raisins du Midi dont le commerce se fait principalement à Montauban, les muscats et les raisins secs de Provence.
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128. JLe cidre. — Dans la région du Nord-Ouest et dans une grande partie de celle du Nord et du Centre, la vigne ne vient pas, et la boisson ordinaire des habitants est le cidre. On cultive à cet effet une grande quantité de pommiers qui bordent les routes ou sont espacés au milieu des terres de labour et des prés, et qui donnent des pommes douces, acides ou âpres. Quelque temps après la récolte, lorsque la fermentation a commencé, on broie, puis on presse ces pommes, et le jus constitue d'abord le cidre doux, puis bientôt le cidre ordinaire.
La Normandie, principalement la Seine-Inférieure, est la contrée qui en produit le plus : on évalue sa récolte moyenne à plus de 4 millions d'hectolitres ; on estime particulièrement le. cidre du pays d'Auge et du Bessin. La Bretagne occupe le second rang ; puis la Picardie et l'Artois. La Vendée, le Poitou, les provinces du Centre et du Nord-Est ne viennent qu'en quatrième ligne, sous le rapport de la quantité comme de la qualité.
Dans les mêmes contrées, des poiriers fournissent, par les mêmes procédés, une boisson dite poiré, moins usitée et moins estimée que le cidre.
Du cidre et du poiré distillés on extrait une eau-de-vie de qualité inférieure.
129. Ija bière. — Dans la région du Nord, où le pommier vient mal et où la vigne ne vient pas, la boisson ordinaire est la bière, que l'on fabrique avec de Veau, de Yorge fermentée et du houblon ; aussi le houblon, dont la récolte atteint presque 6,000 tonnes, est-il cultivé dans les régions du Nord et du Nord- Est, surtout dans la Flandre, en Lorraine, à l'est des Vosges, en en Alsace, et jusqu'en Bourgogne. (V. Tabl destat., n° 16.)
Cette fabrication est surtout importante dans les départements suivants : la Flandre, qui vient en première ligne avec ses bières légères, dites de Lille, de Douai, de Cambrai, de Dunkerque, etc. ; le Pas-de-Calais, la Somme, Y Aisne, les Ardennes, la Lorraine, la Seine, où l'on fabrique pour Paris toute espèce de bière ; le Rhône, connu pas sa bière de Lyon. V Alsace et Strasbourg, perdues en 1871, sont au nombre des principaux centres de la fabrication delà bière.
La statistique évalue la valeur du cidre produit en France à 90 millions de francs, celle de la bière à 180 millions et celle
sanx-de-vie et alcools à 100 millions ; en tout 370 million-. c'est-à-dire environ le cinquième de la valeur du vin.
130. Les fruits. — Les arbres qu'on cultive exclusivement ou principalement pour leurs fruits sont de divers genres : les uns produisent pour la table des fruits frais ou des fruits secs; les autres produisent pour des emplois industriels (voir la carte n° 11).
Parmi les fruits frais, il faut citer, en première ligne, les pommes et les poires que cultivent beaucoup les départements voisins de Paris, ainsi que la Bretagne, la Normandie, le Perche. le Maine, Y Anjou, la Limagne, et qui affluent sur le marché de Paris pour la consommation intérieure, dans les ports de Normandie et de Bretagne pour l'exportation ; les orange <. les citrons et les grenades du département du Var et des environs de Nice, lesquels cependant ne parviennent à fournir qu'une très-petite partie de la consommation française; les pèches, que donnent, en qualité supérieure, Montreuil et les environs de Paris, en qualité secondaire, le Midi; les abricots, qui viennent du Bow- \bonnais, de ['Auvergne, de YAgénoiset du Lyonnais; les cerises des environs de Paris et du littoral de la Manche, les fraises et les groseilles des environs de Paris et les câpres du Midi.
Parmi les fruits secs, outre les raisins, il faut citer les poires ht pommes tapées de ChMellerault et. de Saumur, le* pâtes d'abrilots d'Auvergne dont le commerce se fait à Clermont; les |>/-m//cn d'Agen que fournissent les départements voisins de cette ille; le- prunes (te Provence, qui viennent principalement des Lnvirons de Castellane; celles de Tours, qui viennent des enlirons de Ghinon; les figues marseillaises que l'on recolle dans i ProMMicc et dans le Comtat; les amandes de Provence et de anguedoc, le- unes araères, destinées a l'industrie, les autres ouces, «lue Ion \t>n<l fraîches ou sèches, et qui sont destinées l.i table : production capricieuse, qui manque souvent, mais ii dans les lionnes années est une véritable richesse pour le i\> ; les noisettes ou avelines dont les plus renommées viennent ssi de la Provence et du Languedoc.
La production de la plupart de ces fruits n'est pas circonsite «la ns les provinces que nous venons d'énumérer. Elle est voriaée en -ancrai par une température modérée et par un
terrain qui ne souffre pas des excès de sécheresse ou d'humidité, comme on en rencontre dans les vallées de la Seine et de la Loire; mais elle a lieu, pour ainsi dire, partout où il y a des jardins, et donne lieu, dans le voisinage de toutes les grandes villes, à une industrie, quelquefois importante et trèsvariée. La création des chemins de fer a été particulièrement favorable à la production des fruits frais, en étendant le rayon d'approvisionnement des grands marchés.
Sur certains points, comme Angers, les environs de Paris, Dijon, cette production a aussi donné naissance à l'industrie des pépiniéristes qui élèvent de jeunes plants pour peupler les jardins.
131. l<es arbres Industriels divers. — Parmi les arbres qui servent à des emplois industriels, les plus importants sont :
1° Le noyer, qui craint à la fois la grande humidité et la grande sécheresse et qui pousse volontiers au grand air sur les pentes d'éboulement des montagnes. Il fournit un bois d'ébénisterie, et donne un fruit comestible, avant maturité, comme cerneaux, à maturité, comme noix fraîches ou sèches ; ce fruit sert aussi à fabriquer de l'huile. On en trouve partout, mais la plus grande quantité pousse dans le Centre et l'Est, surtout dans la Dordogne, dans le Jura, le Cher, la Drônie et la Sarthe.
2° L 'olivier, dont le fruit est servi sur les tables et fournit h meilleure huile comestible (env. 2 millions et demi d'hectoli très), pousse en général au milieu d'autres cultures qu'il abrite tantôt taillé très-court, tantôt s'élevant en longues et haute branches ; sous cette dernière forme il est moins productil Il exige une chaude température ; aussi ne le trouve-t-on qu dans la région du Sud et du Sud-Est, et son pâle feuillage e* un des traits caractéristiques des paysages de la Provence < du Roussillon ; il ne mûrit plus à une altitude de 400 mètre Il est l'objet d'une très-importante culture dans les Py renée Orientales, l'Aude, V Hérault, le Gard, le Vaucluse, les Bouche du-Rhône, le Var, les Alpes-Maritimes et la Corse. Il aime 1 terrains pierreux et très-perméables. Marseille est un des centr les plus importants de ce commerce.
3° Le châtaignier, qui ne craint pas le froid et qui peuple partie nos forêts; comme il se plaît surtout dans les terra ■ granitiques ou argilo-sableux, il est très-répandu dans tout '
Massif Central, particulièrement dans le Pêrigord, le Limousin, le Quercy, le Rouergue, la haute Auvergne ainsi que dans le Gévaudan et le Vivarais; il est également cultivé dans la Corse, dans les logions des Pyrénées, des Alpes et du bassin de la basse Loin-, particulièrement dans la Bretagne et le Maine. Son bois léger est recherché pour faire des douves de tonneau et des échalas de vigne; ses fruits, cuits en galette ou en bouillie, forment une portion notable delà nourriture dans les pays pauvres où il pousse; les plus beaux fruits, châtaignes ou marrons, surtout les marrons dits de Lyon et venanl principalement IduV/'uamis, sont consommés dans les \ illes. On évalue à plus Ide 5 raillions d'hectojlitrcs la production Ides châtaignes.
i " Un produit végétal fort recherché et croissant, tantôt à l'é- Lat entièrement sauvage, tantôt par une sorte de culture confiant à planter des chênes truffiers, peut être rattaché aux hultures arborescentes, parce qu'on le trouve toujours enfoui m terre sur la lisière des bois éclairés, au pied des chênes : I est la truffe, abondante surtout dans le Vaucluse (Carpentras t Apt), le Lot (Cahors, etc.), les Basses-Alpes (Digne), la Dorbgne (truffes du Pêrigord) et la Drôme. Le commerce de la ruffe est évalué à lo millions de francs.
; :;° Le mûrier blanc (voir la fig. 91, représentant une branne demûrier avec feuilles) dont la feuille nourrit le ver à soie
Fig. 91. — Branche de mûrier. H. 0n\4Q.
il«
et dont lu culture est, pur conséquent, intimement liée a. lu production de la soie, craint le froid et l'humidité ; il aime le soleil et un air vif: aussi est-il une des cultures du Midi, et il
Fig. 92. — Branche de chêne. H. 0m,08. Fig. 93. — Feuille d'orme. H. Ûm,08.
se plaît surtout dans le bassin du Rhône. Les départements de la Brome, de YArdèche, du Gard et du Vaucluse sont au premier rang pour la culture du mûrier. (V. Tabl. de stat., n° 16.;
132. Les essences forestières. — Les arbres que l'on cultive pour leur bois bordent d'ordinaire les chemins, séparent les champs, ou forment, sur une étendue plus ou moins grande, des massifs désignés sous le nom de bois et de forêt.
On distingue dans le commerce trois genres de bois d'après leur densité et leur nature :
1° Les bois durs : le chêne, chêne-liége dans le Midi, chêne vert dans le Midi et le Centre, chêne rouvre (voir la fig. 92, représentant une branche avec feuilles et glands) dans toutes le? parties tempérées de notre climat et dans les terres suffisam ment compactes et profondes ; Yonne champêtre (voir la fig. 93
il i
représentant une Feuille d'orme), qu'on voit souvent ombrager nos routes et qui fournit, ainsi que le frêne et le charme. un excellent bois ; le hêtre ou fayart qui est, avec le chêne, le roi de nos forêts; le châtaignier, plus rustique, mais qui craint les sommets battus des vents, etc.
2° Les bois blancs : Y aune, le peuplier (voir la fig. Oi, représentant une branche de peuplier blanc), le tremble et le saule qui aiment les lieux frais et poussent au bord des routes et des ruisseaux; le bouleau (voir la fig. 95, représentant une bran-
ig. 94.— Branche de peuplier. H. 0»,5Ô. Fig. 95. — Branche de bouleau. H.Om.ho
he de bouleau avec feuilles et fruits) à la blanche écorce, aux îuilles tenues et tremblotantes, plante rustique qui vient volontiers dans tous les terrains, même les plus maigres et les lus froids, etc.
3° Les bois résineux, ou arbres verts, ainsi nommés parce lue leurs feuilles, étroites et allongées en forme d'aiguilles, ne mbant qu'au bout de plusieurs années, leur conservent une Tduiv perpétuelle : le sapin (voir page suiv., la fig. 06, repréntantune branche de sapin commun, avec feuilles et fruits . mt le tronc élancé ^e plaît principalement sur les pentes >ntàfcneuses des Vosges et du Jura ; le mélèze, plus rare, mai,*
qui, dans les Alpes, pousse à des hauteurs que le sapin n'aiteint pas ; le pin (voir la fig. 97 représentant une branche de pin sylvestre, avec feuillets et fruits), pin sylvestre dans les
Fig. 96. — Branche de sapin. H. 0m,S0. Fig. 97. — Branche de pin. H. 0mt50.
bois du Nord et du Centre, pin maritime sur les dunes et dan les forêts du Sud, pin laricio en Corse. 133. I^e» bols et forêts. — Les massifs forestiers, qi
comprennent encore environ 8,900,000 hectares, malgré 1 perte des 460,000 hectares de l'Alsace-Lorraine, sont inégal* ment répartis sur la surface de notre sol. Ils occupent à pe près le quart du territoire dans la région du Nord-Est qi comprend aujourd'hui la Lorraine, avec les Ardennes, Franche-Comté, la haute et basse Bourgogne et le Nivernai; dans le département des Vosges môme, ils forment 36 pour \ du territoire (voir fig. 98). Les forêts sont principalement situé sur les pentes des montagnes et sur les plateaux peu propr au labour, dans les plaines sablonneuses dont le bois est le pr duit le plus avantageux. Elles forment une série de lignes prf que continues qui rappellent les cercles concentriques du bfsin parisien et elles ont, par conséquent, des rapports intin s avec la constitution géologique du sol. (V. Tabl. destat., n° i)
JLe premier arc de cercle est formé par les Vosges, dont les flancs sont parés de nombreuses et belles forêts de sapins et de hêtres, telles que la forêt d'/Edenwald à l'est, les forêts de Dabo (1 1,000 h.), de Mortagne, d'Épinal à l'ouest, puis, derrière les Vosges, par la plaine d'Alsace avec les forêts de Haguenau et
Fig. 98.
de li Harth, sur les sables d'alluvion du Rhin, et il se continue in sud par les Faucilles et par le Jura, dont les forêts, composes surtout de mélèzes et de sapins, couvrent les pentes des lautes crêtes orientales, ou bordent, comme la forêt de Chail- Ui et la foret de Chaux (11,300 hectares), les pentes oeccidenales du massif.
I "ii second arc plus courbé est composé des forêts des plateaux
riasiques de la Lorraine, forêt de Haye et forêt de Charmes à
delà Moselle, forêt de la Reine entre Moselle et Meuse,
|orêt de Vaucouleurs à l'ouest de la Meuse, furet de Clairvaux et
' </< Châtillon entre l'Aube et la Seine; il se continue jusqu'à
la Loire pur la forêt du Grand-Chailly et par la région, toute, semée de bois, du Morvan et des collines du Nivernais; au delà de la Loire, par la forêt de Tronçais (10,500 hect.) entre le bassin de l'Allier et le Cher, par les forêts de Châteauroux, de Loches, etc.
Un troisième arc de cercle, placé sur la limite des terrains jurassiques du bassin de la Seine, comprend : au nord, la forêt de Mormal, la forêt de Bohain, la forêt de Nouvion, les bois de la Thiérache ; à l'est, la forêt des Ardâmes, la forêt de Bouet, la forêt d'Argonne en partie défrichée, la forêt de Trois-Fontaines et la foret du Der qu'arrosent les affluents de la Marne, la forêt du Grand-Orient et la forêt d'Othe sur le terrain crétacé entre l'Aube et l'Yonne, la forêt de Frétoy ; au sud, la forêt de Bruadan, la forêt d'Ainboise, etc.
Un quatrième aie de cercle, placé sur des terrains tertiaires et en partie sur la limite qui les sépare de la craie, comprend : la forêt de la montagne de Reims, la forêt de Fontainebleau (1,700 hectares) qui pousse sur un sol de grès, la forêt d'Orléans (37,000 hectares), la plus grande de France; puis, à l'ouest, les forêts du Perche et du pays d'Ouche, forêt de Longni, forêt de Breteuil, forêt de Couches, forêt de Bellême et forêt <><■ Perseignc (10,500 hectares); derrière cette ligne s'allongenl vers l'ouest les forêts qui couronnent les collines de Normandie, forêt d'Éeouves, forêt de Géreffern, forêt d'Andaine, foré! de Mortain, etc., et celles qui couronnent les collines du Maine, telles que la forêt de Sillé. Les forêts sont peu nombreuses dan* l'ouest. (Voir la ligure 98.)
Au centre du bassin, se trouvent plusieurs grandes forêts isolées, réservées dans des terres sablonneuses pour le plai sir des souverains : Compiègne (14,600 hectares), Villm Cotterets (11,500 hectares), Chantilly, Rambouillet (13,000 hee fares), Sënart, Dreux, Arques, Eu. La Seine, dans son cours in férieur, enveloppe de ses replis plusieurs forêts venues sur ui sol sablonneux, forêt de Saint-Germain, forêt de Rouvray, fonde Roumare, forêt de Brotonne.
Hors de ces cercles et de ce bassin, les principaux massi
sont :
1° Ceux des Alpes, et surtout des Alpes de Dàupktné, ou so les forêts delà Grande-Chartreuse, du Vercors, les forêts
la Drômè, etc., et/dans le .sud, ceux dps mante j„c ™
'es forêts de Bonnes, de W^T^SS*?."! S°"
rtta Zï , "? 6t d0Dt on extrait Ia >^ine ; ces fo.
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le hali ean n U'aie' d,ési«?»és> da»s ee cas, sons
, E ge ' °n COnsomme' en ft-ance, à l'état de bois
à brûler ou à l'état de charbon, environ 3o millions de stères; les forêts de France en fournissent un peu plus de la moitié. Le bois de chauffage est coupé en bûches dans la forêt, lancé sur des glissières ou conduit par un homme sur une espèce de
^-^ traîneau, nommé
schlitte dans les Vosges, jusqu'au prochain cours d'eau flottable ; là, les bûches amoncelées et poinçonnées par le propriétaire sont, à certaines époques de l'année, jetées dans le courant qui les porte au point où la rivière
rig.99. — CouDe dune meulede charbon. H. lm,80. . , ,
devient navigable et où les bûches peuvent être réunies en train : c'est ce qu'on nomme le flottage, pratiqué surtout dans le Morvan pour l'approvisionnement de Paris. Les bûches de moindre diamètre, dont on veut faire du charbon, sont disposées, sur place, en meules régulières que l'on recouvre de mousse et de gazon et que l'on carbonise, c'est-à-dire qu'on brûle incomplètement et pour ainsi dire à l'étouffée. (Voir la fig. 99, représentant une meule coupée verticalement par la moitié.)
Les forêts fournissent des matériaux à la marine qui prend, à des prix très-élevés, les plus beaux sujets pour la mâture des vaisseaux ; elles fournissent des traverses aux chemins de fer ; des poutres équarries à l'industrie du bâtiment; des planches, sciées ordinairement à la mécanique auprès du torrent voisin, à la menuiserie et à l'ébénisterie ; des merrains, des échalas et autres bois fendus provenant surtout du chêne et du châtaignier, à la tonnellerie, au charronnage et à l'agriculture. Les oseraies que l'on trouve dans les lieux humides, près des cours d'eau, particulièrement dans le département de V Aisne et dans la vallée de la Garonne, fournissent de l'osier à la vannerie, industrie que l'on pratique un peu partout, mais surtout dans le voisinage de Vervins (département de l'Aisne). Le total du boi*
ainsi débité est estimé à 2 millions de stères, et ne forme guère que les 2/3 de notre consommation industrielle.
De la cendre du bois, on tire la potasse, comme de la cendre des plantes marines on tire la soude. La France d'ailleurs en produit peu, quoiqu'on cite dans le commerce la potasse des Vosges, la soude de Normandie et de Narbonne.
Parmi les produits des forets, il faut encore noter le liège, écorce que tous les dix ans environ on enlève au chêne-liége des forêts de la Corse et du Midi, Y écorce à tan qu'on tire de la plupart de nos essences forestières, mais principalement du chêne, et dont les résidus sont vendus comme mottes à brûler, la résine que l'on extrait du pin maritime par incision, et qui fournit elle-même la térébenthine, la colophane, la poix; la résine vient surtout des Landes.
3e «ection,