V. Tabl. destat., n
149. 1> acclimatation. — Un grand nombre de nos végétaux, même parmi les plus utiles et les plus vulgaires, comme
la 'Minime de terre, nous est venu de l'étranger, et la plupart de nos animaux domestiques ont été, surtout depuis un siècle,
modifiés par le mélange avec des races étrangères. Il est donc bon d'étudier constamment quelles sont, hors de notre territoire, les espèces végétales et animales qu'il pourrait être utile d'importer, et, en songeant aux exemples du passé, il ne faut pas décourager des efforts qui ne donneraient pas des résultats immédiats. Il existe, à Paris, une Société d'acclimatation, et, au bois de Boulogne, un jardin d'acclimatation. Parmi les plantes, le sorgho, graminée fourragère, est une des plus récemment introduites; parmi les animaux, on s'applique à naturaliser le ver à soie de l'ailante ou vernis du Japon, arbre rustique, récemment naturalisé lui-même.
150. La chasse et la peclic. — Aux animaux domestiques que l'agriculture élève, il convient de joindre les animaux sauvages ou gibier, que le chasseur prend ou tue : le lièvre, la perdrix, dans les plaines ; le canard, dans les marais; le lapin, le faisan, le chevreuil, le sanglier, dans les forêts, etc. ; c'est pour la nourriture de l'homme un appoint dont la statistique estime l'importance au tiers environ de la quantité fournie par la volaille.
Les animaux domestiques et les animaux sauvages (canards, martres, loutres, renards, lièvres, etc.) fournissent des pelleteries et des plumes pour une valeur d'environ 30 millions.
Le poisson fournit un appoint beaucoup plus considérable et peut même être considéré, sur les bords de la mer, comme un des éléments principaux de l'alimentation. Relativement au mode de production, il tient de l'agriculture lorsqu'il naît dans les étangs empoissonnés, et, à ce titre, les Lombes, la Sologne, la Brenne, doivent être cités ; et de la chasse, lorsqu'on le pêche dans la mer ou dans des cours d'eau où la prévoyance humaine n'a pas réglé la production.
On distingue les poissons d'eau douce, carpes, anguilles, brochets, saumons, truites, etc., et les poissons de mer, frais, comme raies, maquereaux, harengs, merlans, congres, soles, ou salés et préparés, comme morues, harengs, sardines. Aux poissons de mer on rattache, sous le nom général de marée, la plupart des crustacés, comme homards, crevettes, et les coquillages, moules, huîtres ; les plus renommées, parmi ces dernières, bien que les bancs soient presque épuisés, sont toujours celles de Cancale (Ille-et- Vilaine) et de Marennes (Charente-Inférieure). Le commerce du poisson de mer a pris un très-notable développement depuis que les chemins de fer ont permis de transporter facilement la marée loin des côtes ; il dépasse 60 millions.
loi. La pisciculture. — Il est fâcheux d'abandonner entièrement à la nature la production des richesses aquatiques ; dans un grand nombre de cas, l'intelligence de l'homme pourrait utilement intervenir et faire rendre aux eaux, par la pisciculture ou aquiculture, des produits plus abondants et plus sûrs, comme il en fait rendre aux terres par l'agriculture. La
plupart du temps , la société se borne à quelques mesures répressives en vue de la conservation, défendant la pèche, comme la chasse, à certaines époques de l'année. Cependant, dans les étangs, on a fait de tout temps de l'aquiculture. Un premier établissement avait été fondé à Huningue, en Alsace ; le plus important aujourd'hui est à Concarneau (Finistère), etc. On élève méthodiquement de jeunes poissons, en mettant le frai à l'abri des causes de destruction et en peuplant ensuite certains cours d'eau ou certains fonds de mer : c'est ainsi que la production des huîtres a pris un développement notable dans le bassin d'Arcachon, à l'île de Ré, à celle d'Oléron, etc., celle des moules à la baie de l'Aiguillon. 152. Le résumé «le la production agricole. — Eu
Céréales
Plantes industrielles etc
Jachères
Prairies et
Pâtura Ses
viônes
Arbres fnuhej-s
Forêts
1 \Rmtci.ràiis/ms m
Fig. 106.
Céréales
Prairies
Cultures diverses
Animaux
For-îU, et Arbres fruitiers
Fi'. 107.
somme, si l'on envisage l'ensemble des 53 millions d'hectares du territoire français (V. la fig. 106 qui donne l'étendue proportionnelle qu'occupent, relativement à l'ensemble du territoire, les diverses cultures), on trouve :
1° La moitié du territoire ou 26 millions 1/2 environ d'hectares déterres de labour, dont 3/5 ou 15 à 16 millions donnent des céréales, dont 1/5 ou 5 millions sont en jachères, et H 5 ou 5 à 6 millions en prairies artificielles étalantes industrielles ou, fourragères;
2° Plus de i j'ô du, territoire ou 12 millions environ d'hectares en prairies naturelles, en, pâturages et landes ;
3° 1 /20 environ ou 2 millions 1/2 d'hectares en vignes;
4° I/o om il millions environ, en arbres fruitiers, bois et forêt*. (V. Tabl.destat., nos M et 18.)
5° Le reste en routes, maisons, etc.
Si l'on veut se rendre quelque peu compte de la valeur relative de la production dans les diverses branches de l'agriculture, on trouve dans la statistique officielle de 1802-08 (V. la fig. 107 qui représente par des surfaces proportionnelles la valeur de la production dans chacune des branches) : '
1° Près de 5 milliards de francs pour les céréales, grains et paille, dont la moitié pour le froment, et près d'un quart pour l'avoine ;
2° Près de 2 milliards pour les prairies artificielles et naturelles et les pâturages ;
3° Environ I milliard 1/2 pour les cultures diverses, industrielles, etc. ;
4° 1 milliard 1 /2 pour la vigne, cidre et poiré ;
5° Moins de 2 milliards pour les forêts et arbres fruitiers ;
6° 6 milliards pour les revenus des animaux domestiques, dont 1/3 pour les chevaux, plus de moitié pour les bêtes à cornes, à peu près 1 / 1 0 pour les bêtes à laine, et le reste pour les porcs, les abeilles, et les vers à soie.
Ce ne sont là que de simples rapports approximatifs, peu précis, sur le revenu brut. 11 serait inexact d'additionner ces nombres pour trouver le revenu brut total, encore moins le revenu net, plusieurs, comme les fourrages qui nourrissent les animaux, faisant double emploi. Quand on estime à 100 milliards de francs la valeur totale de la propriété foncière agricole qui donne chaque année ce revenu, on fait l'évaluation qui paraît aujourd'hui la plus probable.
Il est plus facile de préciser les régions de la France où la richesse agricole est le plus développée. En évaluant (avec la statistique générale) le rendement moyen d'un hectare de terre labourable à 125 francs par an, on voit que toute la région nord et nord-ouest de la France, depuis la Charente jusqu'à la Meuse (deux départements exceptés), est au-dessus de la moyenne (V. cette
l'agriculture.
cftrte dans le grand atlas, Agriculture, planche I) ; pour le reste 4e la France, cette moyenne n'était dépassée que dans l'Alsace et la partie de la Lorraine aujourd'hui perdue, dans le voisinage de Lyon, dans le Vaucluse et dans la vallée de la Garonne. En ramenant à une même unité de valeur, les diverses espèces d'animaux de ferme, et en prenant (avec la statistique
générale) 42 imites comme la moyenne générale de la France liU kilomètre carré, on voit encore que toute la France du tord-otiest et du nord, de la Charente à la Flandre et de la Flandre m Rhin, est au-dessus de la moyenne pour le nombre des animaux ue la terre nourrit (V. la fig. 108). Pour le reste de la France, ette moyenne n'est dépassée que dans le Massif Central, dans
plaine de i'i Saône et dans la région des Pyrénées occidentales.
La région du nord et du nord-ouest est donc, sous ce ouble rapport, la partie de notre pays où l'agriculture st le plus prospère.
Lorsqu'on considère la valeur vénale de la terre labourable
de première classe, sachant que la moyenne donnée par la statistique de 1802-68 est de 3066 francs, on trouve encore au-dessus de cette moyenne la région du nord et du nordouest, depuis le golfe de Saint-Malo jusqu'à la Meuse et au Morvan, avec une partie de la Lorraine, Y Alsace, et de plus, dans d'autres régions, une partie du bassin de la basse-Loire, la Limagne, les bonnes terres labourables de la vallée du Rhône et des bords de la Méditerranée, rares au milieu des montagnes des Alpes et des Cévennes, mais fertiles et d'un prix élevé, et une partie de la vallée de la Garonne (V. la fig. 109).
L'examen de la rente du propriétaire, dont la moyenne étai évaluée à 40 francs l'hectare par l'administration des finance? en 1851, conduit au môme résultat (voir dans l'atlas la carte \ de l'agriculture, planche 1). Toute la région du nord et dl nord-ouest, plus les vallées du Rhin, du Rhône, de la Garonn et de la basse Loire où sont les terres d'alluvion, dépassent 1 moyenne.