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sons dans toute la partie de l'Est et du Nord-Est qui compren» la Bresse, le Jura, les Faucilles, les Yosges et l'Ardtewne. Dan quelques cantons où l'imperméabilité du sol a favorisé 1 création des prairies, comme dans FAuxois (département à l'Yonne), on rencontre un bétail nombreux au milieu de car tons moins bien dotés. La grande région du Nord-Ouest, qi s'étend du bas Poitou jusqu'à la Flandre, étant celle qui, <jrà< à son climat humide, a le pins de prairies, est aussi celle qi nourrit h plus de bœufs. Au premier rang est la Bretagne (loi chaque département a environ 300,000 têtes en moyenne, pu [Anjou, la Vendée, le Maine, la Normandie, et clans la No
mandie, le Cotentin, le Bessin, le pays d'Auge, le pays de Bray, particulièrement favorisés de lu nature, une partie de la Picardie, Y Artois et la Flandre.
1 tl. lies races ovines. — Le mouton a subi aussi, par le progrès de l'élevage, de grandes transformations dues surtout au mérinos d'Espagne, type du mouton à laine fine, et au Dishley d'Angleterre, type du mouton de boucherie. On reconnaît cependant diverses races ovines :
1° La race des mérinos et des métis-mérinos. Le mérinos fut importé en France sous le règne de Louis XVI qui forma le troupi'nu de Rambouillet, souche des mérinos à laine moyennement Rue et des métis-mérinos du bassin de la Seine et de la Loire ; -(•us la Révolution fut formé le troupeau de Naz, élevé dans la ferme de Naz (département de l'Ain), mouton à laine superfine, souche de la plupart des mérinos de l'Est. D'autres mérinos furent, à la même époque, introduits en vertu du traité de Baie ; le troupeau deMauckand (Aisne), à laine fine et soyeuse, fut formé sous la Restauration. Quatre bergeries impériales, Montcavrel ( Pas-de-Calais ) , Rambouillet (Seine-et-Oise) , Alfort (Seine), Gevrolles (Cote-d'Or), ont propagé le type mérinos qui, mélangé avec la race indigène ou avec la race Dishley, a donné luimême naissance à plusieurs variétés de métis ; les principales sont le mouton delà Beauce, celui du Gâtinais, celui de la Brie, celui du Soissonnais, celui de la Champagne, celui de la Bourgogne, le mouton artésien, qu'on trouve surtout dans la plaine de la Crau, celui du Roussillon et celui de l'Ariége ou des Pyrénées.
Ce sont les races à laine fine.
*J" La plupart des races indigènes françaises ont une laine commune, mais ont plus de rusticité que la race mérinos. La race flamande, avec ses variétés, mouton flamand, mouton artésien, et même mouton picard et cauchois, fournit un animal de boucherie, haut de taille, amélioré à l'aide des béliers Dishley ci occupant le pa\s jusqu'à la Seine et à l'Aisne en concurrence avec la race mérinos. La race des Causses, la race <h la Lima ,in>, la ravi' poitevine, comprenant les moutons de la plaine et ceux de la Gàtine, la race marchoise et les moutons de Faux, rappellent le mouton flamand, mais ont la laine moins
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grossière. Dans le sud, la race barberine et la race de Puyricard ont aussi la taille haute et la laine commune. La race solognote, qui tire son nom de la Sologne, et qui se distingue par sa couleur rousse, est petite, en conformité avec les maigres pâturages sur lesquels elle vit ; petites aussi sont la race de bruyères, à la toison noire, qui occupe les landes de Bretagne, la race landaise qui s'étend jusque dans les Pyrénées, la race ardennaise, la race berrichonne qui paît dans les plaines calcaires du Berri et dans la Brenne, la race du Ségala. Quelques races françaises sont estimées pour l'abondance de leur lait : la race du Larzac, la race du Lauraguais, lu race béarnaise et la race ariégeoise. Elles vivent dans le midi de* la France, c'est-à-dire dans la partie où, en général, les vaches donnent le moins de lait.
3° Entre les races à laine fine et les races à laine commune, se placent les races à laine de moyenne finesse, qu'on élève à la fois en vue de la viande et de la toison. C'est par des soins particuliers qu'on est parvenu à leur donner cette double qualité. Les deux principales sont des races anglaises : les South- Down et les Dishley. La troisième, la race de la Charmoise, est une race formée en France par le mélange des Dishley et des New-Kent avec les solognots.
143. Lia distribution géographique des moutons. — Les moutons redoutent en général les brouillards et les pâturages humides ; aussi, malgré la réputation des moutons de Pré-Salé, nourris sur les dunes de la Manche, sont-ils peu nombreux dans la région de l'ouest ; la Vendée, qui nourrit dans les pâturages de la Gâtine des moutons estimés pour la qualité de la viande, fait exception. La race Dishley est assez répandue en Normandie, et les petits moutons des bruyères dont la chair est estimée paissent sur .les landes de Bretagne.
La région de la France la plus riche en moutons est la région du nord (V. fig. 102) qui, dans ses plaines calcaires et sèchea et dans ses grandes fermes, entretient de nombreux troupeaux. C'est dans cette région que sont les bergeries de Mauchamps et de Rambouillet. La Picardie, avec la race picarde, variété de la race flamande, le pays de Caux, le Vexin, laBeauce, leGâtinais,
Ja Brie, le Soissonnais et surtout la grande plaine de Champagne et les Ardeanes élèvent ou engraissent des moutons qui pour la plupart appartiennent à la race mérinos ou métismérinos ; beaucoup aussi proviennent, comme dans l'ouest, de
Fig. 102.
croisements avec la race Dishley. Il y a également beaucoup de moutons dans certaines parties de la Bourgogne.
Après La région du nord, c'est celle du centre qui possède le plus de moutons ; ils pâturent sur les landes et surtout sur les jachères très-étendues de cette région. Dans les plaines du centre, Orléanais, Berri, Poitou, Bourbonnais, vivent la race solognote, la race berrichonne et la race bourbonnaise auxquelles se sont mêlés les South-down, les mérinos et la race française de la Charmoise issue de l'union des moutons indigènes avec les races anglaises.
Dans les -pâtis de la montiiyne, la Marche, le Périgord, le Li-
rrioûsin, Y Auvergne ont aussi beaucoup de troupeaux. On en trouve plus encore dans la portion méridionale du Massif Central, où sont les terres calcaires dites causses. Là vivent la race des causses et la race laitière du Larzac qui donne en abondance le lait dont on fait le fromage de Roquefort. Sur les terres granitiques qui produisent le seigle vit la race du Ségala.
Le sud est beaucoup plus riche en moutons qu'en bœufs, parce que le mouton ne craint pas la sécheresse. La vallée de la Garonne et de l'Aube possède la race laitière du Lauraguais: au sud-ouest, les races béarnaises et landaises peuplent le bassin de l'Adour et les Landes; au sud-est, la race barberinf' occupe la plaine du bas-Languedoc et, au delà du Rhône, les moutons arlésiens passent l'hiver dans la plaine de la Crau et l'été dans les pâturages des Alpes.
En général, les agneaux naissent en majorité sur ces terres pauvres et montagneuses ; ils sont vendus et engraissés dans les herbages riches ou dans les grandes fermes, puis consommés, partie sur place, partie dans les grandes villes. Il donnent lieu, ainsi que le gros bétail, à de très-nombreuses transactions, sur les marchés et dans les foires.
Paris est de beaucoup le centre le plus important pour la consommation de toute espèce de viande. En faisant abstraction de cette ville, on peut dire d'une manière générale, qu'au nord de la Loire et du Rhône, on consomme plus de bœuf, et qu'au sud, on consomme plus de mouton.
144. l<a clièvre. — La chèvre, dite la vache du pauvre, est surtout un animal de montagne, qu'on élève moins pour sa chair, peu estimée, que pour son lait, sa peau et son poil. On ne compte pas tout à fait un million et demi de chèvres en France. On les trouve surtout dans les parties montagneuses de notre pays (voir fig. 103), dans la région du Sud-Est, très-nombreuses dans tous les départements qui environnent Lyon, particulièrement dans le Vivarais, auMont-d'Or où elles donnent un fromage renommé, et dans tout le bassin du Rhône; on les trouve aussi en Corse, dans le Roussillon, dans une partie des plaines du centre et particulièrement dans le Berri, dans l'Eure-et-Loir, et dans les départements du nord et du nordouest, surtout en Flandre où elles sont aussi assez nombreuses;
leur existence est liée à la petite culture. Les environs de Paris, qui consomme beaucoup de lait, élèvent beaucoup de chèvres. (V. Tab. de stat., n° 19).
Fie. 103.
I 13. lie porc. — Le porc, au contraire, est un animal tout domestique, dont on tire un très-grand parti pour l'alimentation, et qu'on élève en partie avec les déchets des matières végétales el animales, en partie avec du lait et des glands. Aussi entre-t-il dans l'économie de la grande comme de la petite culture, et le trouve-t-on en grand nombre dans les pays qui possèdent des vaches <>u des forêts. Comme les autres animaux, il est chaque jour transformé par les progrès de l'élevage, et aux races indigènes à longues oreilles, comme la race flamande, L'ardennaise, etc., on tend à substituer les races d'engraissement précoce, originaires d'Angleterre. Les o millions de porcs qui existent en France sont disséminés plus uniforme-
ment que les autres animaux de ferme sur toute la surface du territoire.
Les parties où ils sont en plus grand nombre sont : dan* l'ouest, la Bretagne (surtout les Côtes-du-Nord), Y Anjou, le Maine (surtout la Sarthe où la race de Craon est renommée), et la Normandie, dont les variétés appartiennent à la race de* grands porcs à soie blanche et sont élevées principalement dans l'Orne et la Manche où abonde le lait ; dans le nord, la Picardie, l'Artois et les départements qui l'avoisinent ; dans l'est où les forets dopiinent, la Lorraine, avec les porcs lorrains
Fig. 104.
très-nombreux et très-estimés, l'Alsace et la Haute-Saône : dans le centre, le Mo?*van, la plaine de la Saône avec la Bresse, la Limagne, le Bourbonnais, la plaine du Forez où l'on trouve encore les grandes races à soie blanche, le Limousin et le Périgord, région qui d'un côté, par le Poitou, se rattache à la région de l'ouest, de l'autre par le Quercy, le Rouergue,
l'agriculture.
['Albigeois, s'étend jusqu'à la vallée de la Garonne et nourrit des porcs à soie brune ou noire, plus petits et plus fins que ceux de l'ouest et du nord ; dans le sud, le comté de Foix d'une part, et d'autre part le Vivarais et la vallée du Rhône (V. lafïg. 104).
1 iii. La basse-cour. — Au-dessous du gros et du petit bétail sont les animaux de basse-cour, qui fournissent un appoint important à l'alimentation: les lapins, qu'on élève surtout dans les départements voisins de Paris, dans la Champagne et dans le haut-Languedoc ; les poules, dont les races indigènes de Crévecœur (Oise) au plumage noir, quelquefois pana-
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Fier. 105.
ché de blanc, de //o/,,/,,,* (Seine-el-Oise) grande pondeuse, facile à engraisser, sontrenommées; on les élève en grande quantité dans le Marne (la Flèche, etc.) qui fournit un grand nombre de chapons et de poulardes; dans la Normandie, l'Ile-de- France, la Picardie, l'Artois, la Flandre; dans le Poitou et la
Charente (race de Barbezieux); dans la hasse-Bourgogne et surtout dans la haute-Bourgogne et la Bresse (Louhans) dont les poules, petites, au plumage noir, ont une chaire fine; dans le Graisivaudan, dans la vallée de la Garonne, et particulièrement dans le Gers; les dindes qui se trouvent aussi en grande quantité dans la vallée de la Garonne, dans l'Isère, dans le Berri ; les canards dans le Vaucluse, le Gers, la Dordogne, la Manche ; les oies que l'on voit par bandes sur les chemins dans le Maine, Y Anjou, certaines parties de la Normandie et du Poitou, dans le Berri, dans la plaine de la Saône, dans les environs de Toulouse, etc. ; les pigeons qui sont très-nombreux dans la vallée de la Garonne.
Le nord de la France, jusqu'à la Loire et au delà, le Poitou avec la Saintonge, la plaine de la Saône avec la Bresse et le Graisivaudan, la vallée de la Garonne avec le Béarn, sont les parties de la France les -plus riches en volailles (V. fig. 105).
La statistique estimait à 45 millions environ la valeur annuelle de la volaille vendue en France, à une somme à peu près égale la valeur des œufs et des plumes réunis ; mais ces chiffres sont au-dessous de la réalité, la consommation de la seule ville de Paris étant de 23 millions de francs en volaille et gibier, de 13 millions en œufs, et l'exportation des œufs étant de 28 millions de francs.
147. Les abeilles. — Les abeilles extraient du suc des fleurs la cire dont elles font leurs rayons et le miel qu'elles y déposent pour leur provision d'hiver et pour la nourriture de leurs larves : c'est en vue de ce double produit, dont on porte la valeur annuelle à 24 millions, qu'on élève les abeilles.
On trouve des ruches (3 millions) dans toute la France, particulièrement dans la Bretagne, dont le miel est jaunâtre, ainsi que dans la basse-Normandie, dans la Champagne avec la Brie, le Gâtinais (Montargis), dont les produits se rapprochent de ceux du Languedoc, dans la plus grande partie de la Bourgogne, dans les Vosges, dans l'Isère et la Savoie, dans le bas-Languedoc (miel de Narbonrw), dans le Cantal, le Limousin et le Périgord, dans les Landes, toutes régions où les pâturages d? montagnes et les landes offrent en grande quantité les fleurs nourricières des abeilles. (V. Tabl. destat., n° 19.)
! i(S. l,e ver à soi*». — Le ver à soie est une chenille qui
Se nom rit de la feuille du mûrier blanc; c'est pourquoi on ne le trouve guère que dans le bassin du Rhône et dans tout le bassin méditerranéen, surtout dans les cinq départements de la Drame, de YArdèche, du Gard, du Vaucluse et de Y Isère, et sur les cotes de Provence; on le trouve aussi, mais en petite quantité, dans le Nord, jusque dans Y Alsace méridionale et dans la Touraine, à l'ouest dans tout le bassin de la Garonne. On l'élève dans (1. grands établissements, dits magnaneries, et chez un trèsgrand nombre de paysans. Après 35 jours environ de nourriture, le ver monte à la bruyère, c'est-à-dire monte dans les faisceaux de brindilles disposés à cet effet, au milieu desquels il file un cocon soyeux, dans lequel il s'enveloppe et se transforme en chrysalide. On laisse éclore à l'état de papillon ceux dont on veut obtenir des œufs ou graine ; on étouffe les autres, et on obtient la soie en dévidant les cocons.
Alais, Aubenas, Nîmes, Crest sont les principaux marchés de cocons. Cette industrie agricole donnait, il y a une quinzaine d'années, près de 25 millions de kilogrammes de cocons ; une maladie terrible qui a sévi sur les vers à soie et qui continue encore ses ravages, malgré les importations de graines étrangères, a réduit la production à une dizaine de millions.