LES INDUSTRIES EXTRACTIVES
154. !;«** carrières et les mines. — C'est dans les enailles de la terre que les industries extractives vont chercher is matériaux que d'autres industries leur demandent. Elles ne ■s trouvenl pas dans tous les lieux; et, là où elles les rencon- ■ent, elles ne peuvenl j > « i s toujours les tiref avec la même facile el par les mêmes moyens. Car l'existence de ces matéiaux, qui constituent une partie du sol même, dépend ûtièrement de la constitution géologique du pays ;
i ne peut les rencontrer qu'aux endroits où sont les couches de
ioO LA FRANGE.
terrains qui les renferment : on les trouve tantôt à la surface, tantôt dans les profondeurs, selon que les couches elles-mêmes sont récentes ou anciennes, et ont été ou n'ont pas été bouleversées par les soulèvements du sol. L'extraction et, par suit<>, la richesse produite en ce genre dépendent beaucoup de l'activité et de l'intelligence des hommes.
La loi française distingue deux genres d'exploitation : les carrières, d'où l'on extrait les matériaux de construction, les substances terreuses de toute espèce, et qui sont exploitées le plus souvent à ciel ouvert, quelquefois en galeries souterraij nés, mais situées à peu de profondeur ; les minières, d'où l'on extrait la plupart des minerais de fer, rentrent aujourd'hui dans cette catégorie ; les mines, d'où l'on extrait les métaux et la houille, et dont le minerai, disposé soit en amas, soit en couches, soit en filons, est ordinairement enfoui à de grandes profondeurs, parce qu'il se trouve, la plupart du temps, dans les terrains d'une formation très-ancienne. Aussi l'exploitation des mines exige-t-elle de grands travaux d'art, le creusement de puits par lesquels on descend directement jusqu'au gîte, le percement de nombreuses galeries souterraines qu'on est le plu? souvent obligé d'étayer et par lesquelles les ouvriers, munis de leur lampe, exploitent le minerai, avec la poudre et la pioche, en suivant, sur un ou plusieurs étages de hauteur, la direction des couches.
Carrières et mines sont soumises, dans une mesure diverse, à la surveillance de l'administration publique ; les carrières à ciel ouvert ne diffèrent guère des autres propriétés privées ; les mines, au contraire, ne peuvent être exploitées qu'en vertu de concessions faites par l'État.
155. Les granits et les schistes. — Le granit, composé de feldspath auquel sont mêlés du quartz et un peu de mica, est une roche généralement très-dure ; il se trouve dans les terrains primitifs, dont il constitue la majeure partie, et il est employé, sur place, pour les bâtiments ordinaires, au loin, pour les constructions qui demandent une grande solidité, dalles de trottoirs, marches d'escalier, jetées de port, etc.
On l'exploite surtout dans le Cotentin, à Vire où l'on trouve un granit gris à grain fin fort recherché, dans les îles Chause;,
L'INDUSTRIE. 4ot
qui approvisionnent en partie Paris, sur différents points de la Bretagne, dont les côtes sont hérissées de roches granitiques, dans la Vendée, dans le Limousin ; la distribution géographique de ces carrières rappelle la forme du massif central de la France aux premières époques géologiques. On l'exploite aussi dans les Alpes et dans les Vosges qui fournissent de beaux granits de couleurs variées, dans la Corse (granit rose d'Algajola). Il faut aussi citer le jaspe de Saint-Gervais.
Les produits volcaniques, quoique ayant une origine bien postérieure, doivent être rangés dans la môme catégorie ; on peut citer, entre autres, les basaltes d'Auvergne, particulièrement la pierre de Yolvic, le porphyre de Galéria (Corse), d'Agay (Var) et d'Épinal.
Dans le voisinage et, pour ainsi dire, au pied des terrains granitiques, se trouvent des schistes argileux, c'est-à-dire des argiles disposées en feuillets plus ou moins minces, de couleur grise ou noire, généralement très-dures et peu altérables aux acides : c'est Yardoise, qu'on emploie pour la couverture des maisons, le dallage et le ravalement de certaines constructions.
On l'exploite dans les environs d'Angers et surtout près de Trélazé, dans de vastes carrières à ciel ouvert qui s'étendent sur une surface de près de 10 kilomètres et jusqu'à une profondeùr de loO mètres, à Renazé (Mayenne), à Châteaulin (Finistère), à Rimogne et à Fumay dans les Ardennes, en Savoie, dans les Pyrénées et dans le Cotentin.
Le mica, qui n'est guère employé que pour la bimbeloterie et pour la fabrication de la poudre de bureau, Y amiante, qui est recherchée dans les laboratoires à cause de son inaltérabilité, se trouvent dans les roches primitives de la Corse, des Alpes, les Pyrénées. Le feldspath de Bayonne est recherché par les lorcelainiers.
Dans les mômes terrains aussi, soit qu'ils proviennent de l'acion des volcans, soit qu'ils aient une origine analogue à la houille, m rencontre le bitume ou asphalte, dont on se sert pour garnir les trottoirs, et les schistes argileux qui donnent de l'huile. On
m exploit»' a Aniche (Nord), à Pont-du-Château (Puy-de-Dôme). i Orthez (Basses-Pyrénées), à Seyssel (Ain), à Buxières (Allier), ►rea d'Autun et dans le département de l'Àrdèche. Lobsann,
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en Alsace, était un des principaux sièges' de cette exploitation.
15G. L<es marbres. — La plus grande partie du sol français se compose de carbonates de chaux ou calcaires, débris de coquillages antédiluviens déposés en assises gigantesques durant les diverses périodes secondaires et tertiaires de la formation géologique. Ces calcaires se présentent sous différents aspects.
Le marbre est un calcaire très- compacte, diversement coloré par le carbonate ou par les oxydes de fer, souvent veiné, souvent moucheté de coquillages qui conservent encore leur forme primitive, comme les marbres dits lumachelles, quelquefois composé de morceaux agglomérés dans une pâte compacte. On le trouve d'ordinaire dans les montagnes et dans les terrains métamorphiques.
La France est riche en carrières de marbre. Les exploitations les plus connues sont :
1° Dans le Nord, Boulogne (Pas-de-Calais) qui donne des mar bres d'un gris brunâtre ; Maubeuge, Ferrières (Nord) qui donnent des lumachelles grises; Givet (Ardennes) où est la princi pale carrière 4es marbres de l'Ardenne;
2° DansI Ouest, le Mans, centre du commerce des produit d'une douzaine de carrières situées dans la Sarthe et dans 1. Mayenne ; Sablé (Sarthe), d'où l'on tire de beaux marbres noirs noirs veinés de blanc (marbre dit de Sainte-Anne), rouges e roses; Regnéville (Manche)-;
3° Dans le Centre, diverses carrières situées pour la plupai dans les départements du Lot, de Lot-et-Garonne, de l'Ardèchc de la Nièvre et de l'Allier, et enveloppant en quelque sorte 1 Massif Central ; on peut citer, entre autres, les carrières d Chomérac (Ardèche), la carrière de la Doix (Côte-d'Or) qv •donne un marbre blanc teinté de rose, et celle de Châtillo i Loiret) ;
4° Dans les Pyrénées, qui possèdent les carrières les plu nombreuses et les marbres les plus beaux de France, la vallc de Campan (Hautes-Pyrénées), d'où l'on tire la variété dite ma bre Campan; Sarrancolin et ses environs (Hautes-Pyrénées Saint-Béat (Haute-Garonne), la plus belle carrière de la contré, donnant un beau marbre blanc, inférieur cependant au Carrar(
Bagnères-de-Bigorre qiu' possède quelques carrières, et où tous les marbres des Hautes-Pyrénées sont débités; un peu plus au nord, dans le Gers, Castéra-Verduzan qui produit un des plus beaux marbres jaunes connus, et, dans l'Aude, Cannes dont les carrières donnent plusieurs espèces, principalement un beau marbre incarnat;
5° Dans les Alpes, dont les marbres sont généralement noirs, >t dont le principal commerce se fait à Grenoble, d'assez nom- H'euses carrières dans les Basses- Alpes, les Hautes-Alpes, l'Isère, ii Savoie ; dans le Jura, trois ou quatre gisements de marbres aunes à bon marché;
G0 Dans les Vosges, qui renferment plusieurs gisements de narbres de diverses couleurs, entre autres Laveline, mais lont nous avons perdu les plus belles carrières ;
7° Dans la Corse, riche en marbres, Corte, ville aux environs de laquelle sont les principales exploitations de l'île (Beinco, etc.).
Les lithographes écrivent ou dessinent sur une pierre qui est le la même nature que le marbre : c'est un calcaire très-com- >acte, à grain très-fin, qu'on ne trouve que sur un petit nombre le points.
En France, on exploite la pierre lithographique au Vigan Gard), à Saini-Pémy (Ardôche), à Marchamp (Ain), à Dijon, à 'hiffj (Yonne), à Chateauroux.