Les pierre» de taille. — Le marbre sert à l'orne
nentation; la construction se fait en pierres, c'est-à-dire avec
h calcaire plus grossier et très-rarement susceptible de poli.
Ce calcaire constitue des couches immenses dans les ter-
nins secondaires et tertiaires. Les pierres qu'on en tire, quoi-
ue ayant à peu près la même composition chimique, ont une
«leur très-différente aux yeux de l'architecte, suivant la finesse
ugrain, la pureté du carbonate, la porosité, etc. D'une ma-
ière générale, on divise les pierres de taille en pierre dure
ni ne peut être coupée qu'avec, la scie à grès, et en pierre ten-
re qu'on débite avec la scie à dents, ou en pierre sèche, exempte
humidité, et en pierre géHve qui, contenant de l'eau dans ses
-mes ou dans ses pores, est exposée à se déliter et à éclater,
iand le froid fait congeler l'eau et augmenter son volume ; en
4o4 LÀ FRANCE.
laissant les pierres sécher pendant un an, après leur extraction, on évite presque toujours cet inconvénient.
Les fragments de pierres de taille, débités en morceaux de petite dimension, prennent le nom de moellons et sont employés en plus grande quantité encore que la pierre de taille.
La pierre de taille est particulièrement abondante en' France ; elle n'a pas peu contribué à la création et à l'embellissement de plusieurs de nos grandes villes. On y compte environ dix mille carrières; ce nombre et surtout l'activité de l'exploitation dépendent moins encore de l'existence du calcaire même, qui est très-commun, que des débouchés; dans les endroits où Ton n'a pas le voisinage d'une ville importante ou la facilité de communications économiques, on ne peut guère tirer parti d'une marchandise si encombrante. C'est pourquoi l'extraction de la pierre de taille s'est beaucoup accrue depuis la création des chemins de fer. Presque toutes les grandes villes de Franco ont dans leur voisinage des carrières qui ont servi à la construction des maisons et des édifices. Xous ne pouvons indiquer ici que les groupes les plus importants, principalement ceux qui servent à l'approvisionnement de Paris.
La ville de Paris elle-même est bâtie sur des lits épais de calcaire appartenant à la formation tertiaire, qu'on exploite depuis un temps immémorial et qui, dans tous les siècles, ont servi à construire les maisons. La partie ancienne et abandonnée est aujourd'hui désignée sous le nom de catacombes; mai:dans les environs de Paris (voir le carton de la carte de.' carrières) il y a encore un très-grand nombre de carrière.1en pleine activité, entre autres, dans le département de 1; Seine, celles de Xanterre, de Colombes, de Yanves, de Chàtillon de Baqneux, d'Arcueil, d'Ivry, sur la rive gauche du fleuve; e sur la rive droite, celles d'Alfort (Seine), de Carrières-Saint Denis, village qui a appartenu jadis à l'abbaye de Saint-Denn 4e Conflans-Sainte-Hunorine (Seine-et-Oise), etc. ; celles de Vu non, dans le département de l'Eure ; dans le département d Seine-et-Marne, celles de Château- Landon et de Souppes d'o l'on tire les plus belles pierres de taille, etc. ; dans le dépai tement de l'Oise, celles de Saint-Leu, de Chantilly, de Senti de Saint-Maximin, de Yerberie, de Mello, etc.
L'INDUSTRIE. 4!io
Le groupe moins important du Soissonnais renferme les carrières de Croay, de Saint-Gobain (Aisne), donnant de belles pierres dures; celui des Ardennes, les carrières de Givet (Ardgnnes), etc.
La Normandie possède aussi diverses carrières : Saint-Waast (Manche), Marigny (Calvados), Allemagne, près de Caen, dont la pierre, tirée d'un terrain jurassique, est très-fine et très-renommée; on en exporte en Angleterre.
La pierre de Bourgogne, tirée aussi des calcaires jurassiques, est plus renommée encore. On l'exploite principalement à Grimault, aux environs de Tonnerre (à Pacy et à Lezinnes) dont les carrières donnent une pierre dure (Lezinnes) et une pierre statuaire (Tonnerre) d'une qualité supérieure ; à Cry, à Anstrudes, is lTsle-sur-Serein, à Thizy, à Asnières et Chevroches (Nièvre), a Coulmiers-le-Sec (Côte-d'Or).
La Lorraine possède également de nombreuses carrières ; les plus connues sont celles deChàtillon et celles d'Euville (Meuse) qui peuvent fournir des blocs énormes.
Le Jura et les Alpes ont aussi des calcaires qui fournissent des pierres de taille estimées, à Saint-Ylie (Jura), dans l'arrondissement de Gex, dans le Viennois, à Échaillon (Isère), à Allan (Drôme), à Fontvieille et à Cassis (Bouches-du-Rhône), • h s'approvisionne Marseille.
Dans le Centre, nous citerons surtout les carrières de Tournus
^aùne-et-Loire), qui approvisionnent en partie Lyon; la pierre
de Y'Téts, les carrières de Mer (Loir-et-Cher), celles du Poitou
•t d'Anymilémc, celles du canton de Bourg qui approvisionnent
Bordeaux.
La craie, qui forme aussi en France des couches d'une grande épaisseur, dans le bassin de la Seine particulièrement, est l'une formation et d'une composition analogues à celles de la ►ierre de taille ; mais elle est beaucoup plus tendre, et en géléral d'un beau blanc. Aussi l'emploie-t-on très-rarement dans a construction, fréquemment dans les arts, pour certaines inlustries chimiques, pour le dessin, la peinture. Préparée d'une ertaine manière, elle est désignée sous le nom de blanc d'Es- •agne.
"u l'exploite près de Rouen, à Meudon (Seine-et-Oise), àBau-
yival (Seine-et-Oise), à Troyes, à Gien , etc., en Touraine (craie tuffeau).
158. La silice. — Mêlée et souvent alternant avec le calcaire, se trouve la silice ou quartz ; ses couches, déposées tantôt en rognons ou cailloux, tantôt en sable fin que les eaux de la mer avaient détaché des roches granitiques, fournissent aussi divers matériaux à la construction.
La meulière est un des plus importants ; c'est un silex, le plus souvent rougeâtre, celluleux, formé par la solidification de l'acide silicique au fond des eaux, quelquefois mêlé de coquilles dont la pâte a servi à agglutiner le quartz, et formant une pierre très-dure; on la rencontre dans les terrains tertiaires.
Sans coquilles, elle sert à fabriquer des meules à moudre. La Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne) possède une réputation plus qu'européenne ; de ses gisements qui s'étendent sur une superficie de 3,000 hectares, jusqu'à Montmirail et Épernay, on tire par année plus de 150,000 carreaux et de 3, 500 meules qui sont exportées jusqu'en Amérique. On peut citer encore Meulan (ou plutôt Jambville, près de Meulan), Néauphlele-Château, Longjumeau et la plaine de Gometz (Seine-et-Oise)r connue pour ses meules de grès et de cailloux, Saint-Fargew (Yonne) ; dans le Centre, Lésigny (Vienne), rivale de la Fertésous-Jouarre, Bergerac (Dordogne) qui approvisionne presque tous les moulins de la vallée de la Garonne, Cahors, Châlon-sw- Saône dont les meules sont très-propres à la mouture du maïs.
Mêlée de coquillages, la meulière est recherchée pour certains genres de construction, tels que voûtes, caves, fortifications, etc. ; elle est exploitée, près de Paris, à Meudon, à Montmorency, à Montreuil, à Fontenay, etc.
Le silex ou pierre à fusil, autrefois recherché, n'est plus l'objet que d'un commerce insignifiant; la principale carrière exploitée est à Meusnes, près de Saint-Aignan (Loir-et-Cher .
Le grès, au contraire, a une importance égale à celle de la meulière : c'est un sable très-fin, plus ou moins forte me it agglutiné, blanc ou coloré par divers oxydes en vert ou en rouge. On l'emploie comme pierre à bâtir, ou comme pavé : on en fait des meules à aiguiser, et il est une des matières premières de la poterie.
On en trouve dans beaucoup d'endroits, surtout dans le département de Seine-et-Oise, aux environs d'Houdan, etc., dans celui de Seine-et-Marne, dans tout le Gâtinais dont il forme le sous-sol et surtout dans la foret de Fontainebleau ; Paris est en grande partie pavé avec les grès de Fontainebleau. Dans les Vosges (et particulièrement à Wasselonne, en Alsace) on exploite beaucoup de grès. Les meilleurs grès à aiguiser sont dans la Charente, dans la Haute-Loire, et près de Langr.es (à Saint-Germain), non loin des trois centres les plus importants de la coutellerie française.
Le sable est employé soit au jardinage, soit à la maçonnerie et à la confection des mortiers, soit à la verrerie et à la poterie. Les environs de Paris, Chàtillon, Ivry, Saint-Maur, Nogent, en fournissent beaucoup pour les premiers emplois ; les plages du Rhin, Creil, Funtenay-aux-Roses, Ètampes, Nevers, etc. pour le dernier; Dieppe fournit des galets.
dot). Lt& plâtre et le ci nient. — Nous n'avons pas épuisé les emplois industriels de la chaux qui, combinée avec l'acide carbonique ou avec l'acide sulfurique, fournit à l'homme les matériaux de construction les plus divers et les plus précieux.
L'albâtre vrai, que l'on trouve en assez grande abondance dans les grottes des Pyrénées et en général dans les grottes calcaires, est un carbonate de chaux, d'un blanc jaunâtre et ir demi transparent : on s'en sert pour sculpter des coupes, des statuettes. Mais on emploie plus souvent pour les mêmes usages, comme étant moins cher, l'albâtre gypseux, sulfate de chaux beaucoup moins transparent, mais d'une blancheur par- I faite, que l'on exploite sur divers points, entre autres à Lagny (Seine-et-Marne).
Le plâtre est aussi un sulfate de chaux, mais du sulfate hydraté. C'est la substance que l'on emploie le plus ordinairement pour lier entre elles les pierres d'une construction et pour taire les revêtements intérieurs et extérieurs. Il doit cette préférence à la manière dont il se comporte avec l'eau. On le cuit pourchasser l'eau qu'il contient naturellement et onle réduit en poudre; de sorte que lorsqu'on le met en présence de l'eau, il 1 absorbe promptement et forme une pâte qui ne tarde pas à
LA NMHCI . 26
«devenir solide comme l'était primitivement le sulfate hydraté.
Les environs de Paris (y compris la partie annexée de l'ancienne banlieue, de Montmartre à Charonne), Argenteuil, Sannois, Épinay, Yilletaneuse, Pierrefîtte, Vaujours, Pantin, Noisy, Montreuil, Gentilly, Clamart, Ghâtillon, Suresnes et plusieurs autres communes des départements de la Seine, de Seine-et- Oise et de Seine-et-Marne fournissent le meilleur plâtre connu. On en tire beaucoup aussi de Saône-et-Loire, à St-Léger-snr- Dheune près de Chàlon et à Berzé-la- ville près de Mâcon.
11 est à remarquer que Paris possède sous ses pieds trois des matériaux les plus employés dans le bâtiment, la pierre de taille et le silex, situés principalement sur la rive gauche du ileuve, et le plâtre, sur la rive droite.
En calcinant le carbonate de chaux dans de grands fours, on ■obtient la chaux pure, ou oxyde de calcium, autre lien des constructions, plus solide que le plâtre quand on l'a délayée dans l'eau et mélangée avec du sable ou des cailloux pour en faire du mortier ou du béton. On distingue la chaux grasse provenant du calcaire pur, laquelle gonfle beaucoup dans l'eau et lie très-fortement, et la chaux maigre, provenant d'un calcaire impur qui gonfle peu et lie moins.
C'est une industrie pratiquée en grand à Bougival (Seine-et- Oise), à Essonne (Seine-et-Oise), à Saint-Quentin (Aisne), à Château-Landon (Seine-et-Marne), à La Boche (Yonne), dans le -département de la Mayenne, à Vichy (Allier).
Unie, naturellement ou par suite d'un mélange artificiel, à l'argile dans la proportion environ de deux pour un, la chaux devient hydraulique, c'est-à-dire acquiert la propriété de se solidifier promptement dans l'eau et d'y durcir en quelque sorte par l'usage, au lieu de se déliter : c'est ce qu'on nomme ciment, aiment romain ou autre. Toute chaux n'est pas également bonne à cette fabrication.
Les ciments les plus renommés sont ceux de Boulogne (Pasde-Calais), de Senonches (Eure-et-Loir), de La Roche, de Vas$y (Yonne), de Saint-Dizier (Haute-Marne), de Pouilly (Côte-d'Or), •dans le Nord ; et, dans le Midi, ceux de Grenoble, de Chômerai-, du Teil (Ardèché), de Mmes, de Roquefort (Bouches-du-Hhône), de Moissac (Tarn-et-Garonne).
i GO. L'argile. — L'argile, formée par la décomposition* du feldspath contenu dans les roches granitiques, occupe dans la constitution de la croûte terrestre une place à peu près aussi importante que le calcaire et la silice. Elle n'est pas moins utile à l'industrie qu'à l'agriculture. Répandue partout, elle donne presque partout l'argile commune, ou terre glaise, qui sert d'une part à la construction, en fournissant les briquesr tuiles, carreaux, d'autre part, à l'ameublement, en fournissant les poteries grossières.
L'argile à foulon, qui est employée, comme le savon, à dégraisser les étoffes, se trouve dans le Calvados, etc. Il y en a aussi on Alsace.
L' '// rgile plastique', qui forme une pâte beaucoup plus tenace et plus blanche après la cuisson, sert à fabriquer les briques réfractaires et la faïence. Les principales exploitations sont à forges (Seine-Inférieure), à Dreux (Eure-et-Loir), à Montereau (Yonne), à Bollène (Vaucluse), à Beauvais, et sur divers points du Nord, de la Somme, de Seine-et-Oise, de l'Yonne, de la Vienne, de l'Ardèche, de la Dordogne, etc. Sarreguemines, enlevée à la France, en fournit beaucoup.
Dans les terrains granitiques de la Haute-Vienne se trouve
une argile particulière, l'argile blanche ou kaolin, qui seule est
propre à la fabrication de la" porcelaine et que l'on exploite à
Saint-Yrieix, ainsi que dans Y Allier (les Colettes), aux Pieux
Hanche), près de Bayonne et en Bretagne.
Mil. Les engrais minéraux. — Le calcaire, le sable, l'argile, sous forme de marne argileuse, sont exploités dans beaucoup de carrières pour fournir des amendements à l'agri- Ctdture, par exemple les faluns de Touraine sur le plateau de St-Maure (Manthelan, etc.).
On exploite aussi, depuis quelques années, le phosphate de Chaux, fossile provenant des détritus d'os d'animaux antédiluviens. On en trouve en assez grande abondance sur divers points de notre territoire, surtout dans les départements des Ardennes, de la Meuse, de la Marne, de l'Aube, etc., où leurs dépôts forment un grand arc de cercle reposant sur les der- Diers étages du terrain jurassique.
La bauxite (hydrate d'alumine) est exploitée près de Tarascon, et dans le Var.
162. Ixft sel. — Aux industries extractives se rattache l'exploitation du sel que l'on tire, soit des mines, sous le nom de -sel gemme, soit des bords de la mer, sous le nom de sel marin. L'origine est toujours la môme, le sel gemme étant un dépôt marin des temps antédiluviens.
On trouve le sel gemme presque toujours dans les terrains triasiques, soit en fouillant la mine, soit en l'inondant et en' tirant, à l'aide de pompes, l'eau chargée de sel que l'on fait ensuite en partie évaporer en la versant sur des tas de fagots, dits bâtiments de graduation. L'eau, après plusieurs opérations de ce genre, devient beaucoup plus riche en sel, et l'on achève en faisant évaporer par le feu le reste du liquide.
Le sel gemme de France vient principalement de la Lorraine qui occupe à cet égard le premier rang en France, des salines -de Varangéville et de Saint-Nicolas, près de Nancy : nous avons perdu en 1871 celles de Vie et de Dieuze. Des sources salées, telles que celles de laFranche-Comté (Salins, Lons-le-Saidnier, etc.), et celles des Basses-Pyrénées (Salies, etc.), de l'Ariége, en fournissent aussi (V. fig. 110).
Le sel marin provient soit des marais salants de l'Océan qui s'étendent de l'embouchure de la Loire à l'embouchure de la Gironde, dans les départements de la Charente-Inférieure et de la Loire Inférieure, soit des salins de la Méditerranée qui s'étendent sur toute la côte du Languedoc et sur la partie occidentale de la Provence, surtout dans les départements des Bouches- du- Rhône et de Y Aude (V. fig. 110).
On l'obtient en faisant pénétrer l'eau de mer dans de vastes bassins ayant peu de profondeur et disposés symétriquement à la suite les uns des autres. Le soleil et le vent, exerçant leur action sur une grande surface font évaporer en partie l'eau. Chaque jour on enlève le sel cristallisé, dit sel gris, que l'on fond ensuite et que l'on fait cristalliser de nouveau dans des bassines quand on veut obtenir du sel blanc. Depuis que les chemins de fer ont diminué en quelque sorte les distances et J'avantage provenant de la proximité des grands marchés (Paris et le Nord), les marais de l'Océan, placés sous un ciel
souvent brumeux, éprouvent de grandes difficultés à lutter contre les salines de l'Est, exploitées industriellement, et contre les salins de la Méditerranée, favorisés par le soleil du Midi. La production annuelle du sel est de plus de 600,000 tonnes pour les marais salants de l'Ouest et de la Méditerranée; elle était de plus de 800,000 tonnes pour les salines avant les pertes territoriales de 1871.
Pig. 110.
De la cendre des herbes marines, on tire le carbonate de soude qui est très-employé dans les arts industriels, et des sables imprégnés de sel marin et de débris animaux on extrait la tanipie qui est un bon engrais.
163. Les eaux minérales et thermales. — Aux industries extractives, on doit rattacher les eaux minérales et thermales, qui sont aussi des richesses fournies par le sol, don! l'homme use comme des sources salées, et pour la re-
cherche desquelles il exécute quelquefois des travaux analogues à ceux des mines. Les eaux minérales et thermales sont des médicaments qu'on prend sous forme de boisson ou de bain, à domicile ou surplace. De là l'importance qu'ont, en été, certaines villes d'eaux, où la médecine et la mode amènent de nombreux baigneurs.
Les sources minérales doivent leurs propriétés à la nature des terrains ferrugineux, sulfureux ou autres qu'elles traversent et dont elles dissolvent les sels ; aussi se trouvent-elles presque toujours dans les terrains 'primitifs ou volcaniques, et, par suite, dans les pays de montagnes.
On peut les classer en quatre grands groupes correspondant à des massifs géologiques distincts :
1° Le groupe des Vosges, où dominent les eaux dites salines, c'est-à-dire contenant différents sels, tels que sulfates cl carbonates de soude et de chaux, et les eaux alcalines, renfermant d'ordinaire une notable partie de silice. On y trouve, sur le revers lorrain, Contrexeville, eau saline froide, quelque peu ferrugineuse, recommandée dans les cas de gravelle et de gastralgie ; Plombières, connue déjà des Romains, et dont le site pittoresque a contribué à faire la fortune, presque autant que les eaux chaudes et alcalines, employées contre les maladies de l'intestin et des nerfs ; Bussang (Vosges), eau froide, ferrugineuse et gazeuse, qui facilite la digestion ; Luxeuil (Vosges), voisine et rivale de Plombières ; Bourbonne-les- Bains (Haute- Marne), dont les eaux chaudes fortement chargées de chlorure sont un remède contre les douleurs rhumatismales. L'Alsace, que nous avons perdue eu 1871, possède les eaux de Soultzmatt, de Niederbronn, etc.
2° Le groupe du Jura et des Alpes, dont les eaux minérales contiennent généralement des chlorures et des sulfures. On trouve, dans le Jura, Guillon (Doubs), eau sulfureuse ; Salins, eau saline chlorurée ; dans les Alpes, Saint-Gervais (Haute-S lvoie), Aix-les-Bains (Savoie), dont les eaux chaudes et sulfu reuses, connues depuis l'époque romaine, attirent chaqui année de nombreux clients dans un site délicieux ; Allevaro (Isère), dont l'eau dégage une forte odeur d'acide sulfhydrique et dont le paysage ne le cède en rien à celui d'Aix-les-Bains
( riagc (Isère), non moins célèbre par les belles montagnes du Dauphiné que par ses eaux ; dans la vallée du Rhône, Cbndillac, eau digestive, et Montélimar (Drôme), eau saline chlorurée, Aix en Provence. Les maladies que l'on combat le plus som eut à l'aide de ces eaux sont les maladies de peau, les maladies de poitrine et les rhumatismes.
3° Le groupe du Centre, dont les sources en général ferrugineuses et carbonatées sourdent tout autour du massif volcanique de T Auvergne : Evaux (Creuse), èau alcaline ; Nérity (Allier), eau gazeuse carbonique; Pougues (Nièvre) pour les maladies de foie; Bourbon-l' 'Archambault (Allier), eau saline chlorurée ; Vichy (Allier), situé au bord de l'Allier, le plus important des établissements thermaux de France, dont les eaux, provenant de plusieurs sources, sont chaudes, gazeuses., chargées de carbonates et de sulfates de soude, de chaux et le magnésie, et sont fortement recommandées contre les affections de l'estomac, du foie et des intestins ; Saint-Galmicr Loire), dont l'eau légèrement gazeuse facilite la digestion ; Vais (Ardèche) ; dans une étroite vallée voisine de Germon terrand, Royat (Puy-de-Dôme), dont l'eau a des propriétés anaogues à celle de Saint-Galmier, ainsi que le Mont-Dore, dont établissement thermal est placé au fond d'une vallée encaissée par les sommets de la montagne et terminée par le Puyle-Sancy ; la Bourboule (Puy-de-Dôme) ; Chaudes-Aiguës (Canal), dont l'eau alcaline est assez chaude pour cuir les aliments ; ransac (Ayeyron), eau contenant du sulfate de manganèse, de er et de magnésie ; Balaruc, eau fortement chlorurée qui, )ien que située dans l'Hérault sur les bords de la Méditerratée, peul être rattachée à ce groupe.
4° Le groupe des Pyrénées, dont les eaux, presque toutes Sulfureuses, conviennent par conséquent aux personnes affecées de maladies de la peau, des bronches, de la poitrine et de humatismes. Lu allant de l'est à l'ouest, on peut citer, entre utres lieux fréquentés, le Vernct, Amclie-ies-Bains (Pyrénéesorientales), eau thermale sulfureuse où l'on envoie beaucoup I'1 poitrinaires et où a été construit un établissement de l'État •ourle traitement des militaires ; Ax (Ariége), dont les eaux hermales sulfureuses très-abondantes sont employées comme
médicament et servent en outre, à cause de leur température dépassant 75 degrés centigrades, à tous les usages domestiques ; lissât (Ariége); Bagnères-de-Luchon (Haute-Garonne), qui, située au centre de la plus belle vallée des Pyrénées, à proximité du port de Vénasque, de la Maladetta et d'autres sites intéressants, et possédant diverses sources, les unes thermales sulfureuses, d'autres thermales ferrugineuses, d'autres froides salines, attire une foule d'étrangers par la variété de ses moyen thérapeutiques et le charme de ses promenades; Barêges, eau thermale très-sulfureuse, celle de toutes les eaux de Fiance qui produit sur la peau l'action la plus énergique ; Bagnères-de- Bigorre, dont les sources, thermales, salines ou ferrugineuses, et une même sulfureuse, conviennent, par leur diversité même, à plusieurs maladies ; Saint-Sauveur, eau thermale sulfureuse ; Cauterets (Hautes-Pyrénées), non loin du pont d'Espagne et du lac de Gaube, eaux thermales, sulfureuses et salines, assez semblables à celles de Luchon ; les Eaux-Bonnes et les Eaux-Chaudes (Basses-Pyrénées), situées au fond de lu vallée d'Ossau, au pied du Gourzy et dans le voisinage du pic du Midi, eaux thermales sulfureuses, employées en boisson ou en bains dans les maladies des voies respiratoires. A ce groupe se rattachent les eaux thermales, très-abondantes, de Dax.
En dehors de - ces quatre groupes, on peut signaler encore plusieurs sources jouissant d'une certaine renommée : Pass\ et Enghien (Seine-et-Oise), dans le bassin parisien ; Forges Seine-Inférieure), sur le plateau de Caux, eau ferrugineuse ; Bagnoles (Orne), près des granits du Cotentin, eau sulfureuse ; Saint-Amand (Nord), renommé pour ses boues; Rochefort, dont l'eau sulfatée jaillit d'un puits artésien creusé en 1866 à «So6 mètres de profondeur jusque dans les couches du terrain de transition.
La mer est un immense réservoir d'eau minérale, et le^ bains de mer (V. § 51 et suivants), situés sur presque toutes les plages (Artois, Normandie, Bretagne, Landes, Béarn, Languedoc, Provence) peuvent être rangés à côté des vilies d'eau
164. E-es métaux. — La France, riche en carrières et ei eaux minérales, est pauvre en métaux autres que le fer, e elle est obligée de faire venir de l'étranger la plus grande par
tie de ceux qu'elle consomme. La présence du minerai a été signalée sur un grand nombre de points ; des concessions nombreuses (327 concessions) ont môme été faites, mais 50 mines à ieine sont exploitées. C'est dans les terrains anciens que sont es filons métalliques.
Le 'plomb (841,000 tonnes de minerai) est le métal que la
France produit en plus grande quantité. On l'extrait de la
:;ilène ou sulfure de plomb, en calcinant dans des fours ce
Initierai, préalablement broyé et lavé. Le minerai qui ne vaut
!>as la peine de ces préparations est vendu tel quel sous le
10m d'alquifoux, pour servir à composer l'émail des poteries
ommunes. Le plomb tiré du minerai est ordinairement allié à
me petite proportion (5 pour 1000 environ) d'argent qu'on
épare, et, après la séparation, le plomb peut être obtenu soit
ur, soit combiné de diverses manières, de sorte que les pro-
uits d'une exploitation plombifère se composent d'alquifoux,
'argent, de plomb, de litharge (protoxyde de plomb) et de mi-
ium (deutoxyde de plomb).
La mine, jadis la plus riche de France, celle de Poullaouen t d'Huelgoat (Finistère), est aujourd'hui épuisée. Le premier iing appartient à la mine de Pontgibaud (Puy-de-Dôme), qui onne à peu près la moitié de la valeur totale du plomb et de argent extraits en France ; en seconde ligne viennent Vialas <ozère), Largentière (Hautes-Mpes), Pontpéan (Ille-et- Vilaine;. 'Aveyron, le Gard, l'Ariége, les Hautes-Pyrénées, la Loire et la orse en fournissent aussi.
Le cuivre (92,000 tonnes de minerai), dont on trouve sur divers )ints b' minerai (Alpes, Corse, etc.), est exploité près de Lyon, Chessy et à Suint- Bel, dont les mines fournissent presque la talité du cuivre français; le zinc (env. 7,000 tonnes?) commence ôtre exploité avec une certaine activité dans le Gard, à Robiac, se trouve aussi à Pontpéan et dans les Pyrénées ; le mangase ((i,000 tonnes), connu sous le nom de manganèse de Bourl'gne, provient de la mine de la Ronumècke (Saône-et-Loire\ «lis mines des Hautes-Pyrénées et de l'Ariége ; Yanlimoine '-.'" tonnes) est exploité dans la Corse, le Cantal, l'Aveyron et Puy-de-Dôme ; l'Isère (mine de Chalanches) fournit un peu nickel ; l'étain, qu'on n'exploite presque pas, se rencontre
sur quelques points du Limousin (Vaulry) et de la Bretagn (Piriac). En lavant les sables du Rhône, on en retirait à grand peine quelque peu de poudre d'or, qui ne procurait qu'un très mince salaire aux ouvriers. On exploite avec succès, dans le départements du Gard et de l'Arclèche, à Chessy et Saint-B< (Rhône), et près d'Alais, des pyrites de fer servant à fabrique l'acide sulfurique.
La valeur totale de ces diverses productions minières e: estimée à 5 millions de francs, dont 2 millions 1 /2 pour ; plomb. (V. Tabl. de stat , n° 24.) (V. fig. \\\.)
L'importation est en moyenne de 7 à 800 millions pour r et l'argent réunis; mais ces métaux précieux forment ié catégorie toute spéciale.
L'importation des autres métaux, cuivre, plomb, ét;izinc, a une valeur de près de 100 millions de francs. Une ftie de ces métaux arrive soit en minerai, soit en lingots bru;
ils sont fondus, épurés, forges, laminés ou étirés, selon les divers besoins de la consommation, dans de grandes usines iriic nous pourrions classer parmi les industries préparatoires, iinais que nous mentionnons ici parce qu'elles fournissent en 'réalité à la France une matière première qui lui manque ; Itelles sont les usines de Biache-Saint-Vaast (Pas-de-Calais), pour Ile cuivre, le plomb et le zinc ; du Havre, pour le cuivre, le zinc le plomb ; de Tourlaville, près de Cherbourg ; de Deville, près le Rouen, de Laigle (Orne), de Romilly (Eure>, et de Givct (Ariennes), pour le cuivre ; de Montataire (Oise), pour le zinc et e cuivre ; de Saint-Denis, pour le cuivre ; de Paris, d'Essonnes Seine-et-Oise), de Couëron (Loire-Inférieure), d'Imphy (Nièvre), >our le cuivre ; de Vienne (Isère), pour les trois métaux ; de [viviez (Aveyron), pour le zinc ; de Marseille, où sont fondus les ainerais, et surtout les minerais de plomb provenant des États Lverains de la Méditerranée ; de Tovlouse, pour les cuivres lu Chili et du Pérou. Les départements qui produisent sont itués, les uns 'dans l'intérieur près des mines, Puy-de-Dôme, udennes; les autres sur le bord de la mer, près des ports importation,. Bouches-du-Rhône, Eure, Seine-Inférieure, Pas e-Calais ; il faut y ajouter la Seine. .
165. L.a liouille et le fer. — Dans rénumération des ic liesses extractives de la France, nous avons réservé les comestibles minéraux et le fer, parce qu'ils sont trop importants our ne pas être étudiés à part. Depuis que les machines à apeur ont pris possession des manufactures, l'empire de la ouille et du fer s'est étendu ; la houille crée le mouvement, le r fournit les outils, et ils peuvent être considérés l'une comme àme, l'autre comme les muscles de l'industrie moderne. iur importance s'est accrue à mesure que l'industrie moderne randissail et se perfectionnait. On peut prendre le chiffre de i quantité de houille et de fer consommée chaque année dans n pays, comme un moyen d'estimer approximativement l'imirtance de sou industrie.
Kn 1789, la France produisait à peine 250,000 tonnes de ouille; en iSi.'i, elle produisait environ 900,000 tonnes de ouille et H 0,000 tonnes de fonte ; elle consommait 1 million \) tonne- de houille et environ 1 10,000 tonnes de fonte.
La France, en 1869, produisait 13 millions 1/2 de tonnes de houille, 1,400,000 tonnes de fonte, et consommait plus de 2J millions de tonnes de houille et près de 1 million 1/2 de tonnes de fonte, le tout ayant une valeur d'environ 400 millions' de francs. (V. Tabl. de stat., n° 22.) Quoique la perte du département de la Moselle ait porté une grave atteinte à cette ri • chesse, la production, encouragée par l'élévation des prix ;i presque atteint 16 millions de tonnes en 1872.
En un demi-siècle, la consommation de la fonte a décuplé, celh de la houille a vingluplé. C'est surtout depuis 1840, c'est-à-dirt depuis la création des chemins de fer et l'application des moteurs mécaniques à la grande industrie que le progrès s'esl marqué d'une manière très-sensible, comme le montre la figure suivante (fig. 112) qui indique a la fois la production et h
Années S
Fie. 112.
consommation annuelle de la houille en France depuis 1800 et le nombre de chevaux-vapeur des machines, machine fixes, locomotives et bateaux à vapeur depuis la même époque cette dernière courbe donne une idée assez exacte du progrè accompli dans la grande industrie manufacturière et dans lii dustrie des transports.
On estime d'une manière approximative à plus de 250 million de tonnes la production du monde entier.
La (irande-Bretagne occupe le premier rang avec une production de près de 130 millions, l'Allemagne le second avec une production de 42 millions, la Belgique et la France le troisième avec une production de 17 millions en 1874. C'est pourquoi la France, grand pays de manufactures, a besoin de tirer et tire encore de ces trois contrées une quantité presque égale à la totalité de sa propre extraction. Les États-Unis produisent par an plus de 40 millions de tonnes.
Pour la fonte, la France vient au troisième rang en Europe, après l'Angleterre, qui produit plus de 6 millions 1/2 de tonnes, et l'empire allemand qui produit 1,600,000 tonnes.
Les Étals-Unis produisent aujourd'hui près de 2 millions de lonnes. et la production totale de l'Europe a été de H millions I j2 de tonnes en 1873.
166. Les houillères. — Durant les premières époque* géologiques, une abondante végétation de plantes diverses et surtout de fougères gigantesques couvrait certaines parties de la terre (voir p. 5). Les débris de ces plantes s'accumulaient sur le sol des tourbières, comme cela a lieu de nos jours pour des végétaux de plus petite espèce ; quelquefois aussi les arbres des forêts étaient transportés par les cours d'eau, entassés dans une anse du rivage où le flot les arrêtait, comme cela a lieu aujourd'hui dans le delta du Mississipi. D'autres couches de terrain- se sont ensuite superposées ; Faction des eaux, la compression, la chaleur intérieure du globe, ont décomposé et conglutiné ces détritus de végétaux pour former la houille ou charbon de terre.
La houille est du carbone mêlé à une certaine proportion • 1 hydrogène et d'oxygène, ("est surtout dans les terrains de transition qu'on la trouve, non pas en vastes couches uniformes comme les calcaires, mais en amas irré'juliers qui semblent mariquer encore l'emplacement de ces antiques tourbières ou des anses du ri rage dans lesquelles les fleuves amoncelaient les arbres Arrachés aux forêts. Elle s'\ trouve au milieu des grès dits grès îouillers, formant ordinairement plusieurs couches ou étages, antôt recourbées, tantôt brisées en zigzags par suite de révolugéologiques postérieures au dépôt. On découvre d'ordinaire m gisement lorsque ces couche- ou tout au moins lorsque les
LA Min 27
grès houillers affleurent, c'est-à-dire apparaissent sur quelque pointa la surface du sol, et on arrive à en connaître les divers gisements et leur étendue par le travail même de l'extraction ou par des inductions scientifiques.
La houille se présente sous divers aspects, houille dure,, houille grasse, houille maigre; les houilles grasses à longue flamme sont les plus abondantes en France.
Avec la poussière des houillères, autrefois inutile, on fait par compression des briquettes agglomérées (plus de 600,000 tonnes).
On désigne sous le nom d'anthracite une espèce de combustible voisine de la houille, mais plus dure, brûlant plus difficilement, avec décrépitation et ne donnant pas de coke.
Dans les terrains secondaires et surtout tertiaires, on rencontre des combustibles minéraux ayant une formation analogue à celle de la houille, mais qui, moins durcis et moins formés en quelque sorte, sont nommés lignites.
Dans les terrains tertiaires marécageux se sont déposés et se forment encore des amas de végétaux particuliers, surtout de végétaux herbacés ; ils fournissent un combustible fumeux, mais propre à différents usages, entre autres à chauffer des fours : on le nomme tourbe. L'exploitation rend par an environ 330,000 tonnes.
Aux dépôts carbonifères on peut rattacher le bitume et les schistes bitumineux (près de 200,000 tonnes), que fournissent surtout les départements de Saone-et-Loire et de l'Allier, et le graphite, désigné aussi sous le nom de plombagine ou mine de plomb, carbone à peu près pur. Ce n'est pas un combustible, mais on l'emploie à faire des crayons ; on l'exploite un peu (20 tonnes) dans le département des Hautes-Alpes, etc.
On compte en France environ 590 concessions, formant une superficie de plus de 5,500 kilomètres, et réparties en 71 bassins, qui sont disposés en six groupes, dont deux seulement (nord et centre) ont une grande importance. Sur ce nombre, 320 mines sont exploitées.
1° Le groupe du Nord. — Dans la dépression qui s'étend de l'est à l'ouest, au pied du plateau des Ardennes, des bords de la Roër jusque vers Liège, puis dans la vallée de la Sarabre et de l'Escaut, se trouve une longue bande de terrains houillers
qui constitue un des plus riches gisements connus du globe. La France n'en possède que l'extrémité occidentale, assez vaste cependant pour avoir été l'objet de 64 concessions (1). On la désigne sous le nom de bassin de Valenciennes ou bassin du
Fig. i 1 3 . — Le bassin du Nord dans sa partie orientale (coupe allant du sud
au nord).
Nord, et on distingue souvent le bassin du Nord proprement dit et le bassin du Pas-de-Calais. Le terrain houiller, fortement comprime par les soulèvements ultérieurs des terrains voisins, s*est contracté dans sa cuvette rendue plus étroite, et les couches de houille se sont plissées en zigzag. La figure 113 représente ces couches non loin de leur entrée en France : 1 désigne la cuvette ou roche encaissante, sur laquelle repose le terrain houiller; 'i, le terrain houiller avec les couches de houille; 3, le terrain mort ou terrain supérieur. Les couches pénètrent en France près de Coudé, Frcsnes et Sebourg, suivent jusqu'au delà de Fléchinelle, au sud d'Aire, une direction générale de l'est à l'ouest-nord-ouest, sur une largeur moyenne de 10 kilomètres, entre Saint-Amand, Marchiennes, Radies, Wahagnies, Béthune, au nord, Famars, Bouchain, Brebières, Douai, Houdain, au sud. Mais ces couches, qui sont presque à fleur de terre à leur entrée en France, s'enfoncent de plus en plus sous terre, a mesure que l'on avance vers l'ouest. Au— i pendant longtemps (1731-1832) o'a-t-on exploité le charbon que dans le voisinage de la frontière, à Anzin, qui est en-
(1) Elles sont réduites aujourd'hui à 38, dont plusieurs sont réunies entre les mains d'une même compagnie. — Il n'y a que 25 compagnies qui sont par ordre d'importance (minimum de production en 1872 : 200.000 tonnes) : anzin, Lens, Aniche, Vicoigne, Nœux, Courrières, Maries, Escar pelle près Douai. Bully, Grenay, Bruay.
eore aujourd'hui l'exploitation la plus étendue du bassin (plus de 2 millions de tonnes). Depuis 1830, on a découvert ou agrandi les mines de Denain et d'Aniche, où la houille se trouve à une profondeur de 150 mètres ; ensuite on s'est étendu jusqu'à Douai etWahagnies et, de 1847 à 1855, on a découvert à iens,
Fig. 114(1)
Nceux\ Maries, Courtières, etc., puis, de 1855 à 1864, à Auchyj Cauchy-la-Tour, Fléchinelle, des gisements considérables qui paraissent se prolonger, malgré quelques solutions de continuité, à travers le département du Pas-de-Calais jusque dans le Boulonnais. Dans le Boulonnais môme, au milieu d'un affleurement du terrain houiller, entre des couches jurassiques, est le petit bassin de Hardinghen qui a produit plus de 52,000 ton-
(1) Les cartes des productions minérales ont été dressées par nous à l'aide de la dernière statistique publiée par la Direction des mines (1874), et de la statistique industrielle pour 1873. dressée par le Bureau de la Statistique générale de France.
L'INDUSTRIE. i-73
nés en 1874. Le bassin de Valenciennes, qui s'étend ainsi sur les deux départements du Nord et du Pas-de-Calais, est le premier de France dans l'ordre d'importa/ice (voir fig. 114) : il fournit plus du tiers de notre production nationale (4 millions de tonnes en 1869 et plus de 6 millions en 1874), et il alimente nos usines du Nord et de l'Ouest jusqu'à la Loire.
Au sud de ce bassin commencent les terrains crétacés qui fournissent du lignite dans l'Aisne,* puis les terrains tertiaires qui sont riches en tourbe, départements du Nord, àu.'Pas-de-Calais, de l'Aisne et de la Somme (toute la vallée de la Somme), de Y Oise (marais de Pont-Sainte-Maxence) et de Scine-et-Oise (marais de l'Essonnes et de la Juine).
2° Le groupe de l'Est était un des plus importants de la France; il est situé au sud-est des terrains de transition du Hunsriïck qui lui-même ne forme pour ainsi dire qu'un môme massif avec l'Ardenne (voir § 19). De même que le bassin du Nord longe le flanc septentrional de ce massif, de môme le bassin de la Sarre en longe le flanc méridional et s'étend jusque dans les vallées du Glan et de la Nahe. Le traité de 1815 nous avait enlevé la plus grande partie de ce bassin ; le traité de Francfort (1871) nous a enlevé le reste, c'est-à-dire un revenu annuel de 2 millions et demi de tonnes. Nous ne possédons plus au pied des grès vosgiens que le petit bassin de Norroy (1 ,600 tonne- , et , dans la Haute-Saône, le bassin plus important de Bon hamp et de Gouhenans (225,000 tonnes), dont la houille alimente, concurremment avec celle de la Sarre, les fabriques de Mulhouse. La Haute-Saône possède encore quelques autres bassins. Dans l'Ain, est le petit bassin de Douvres (1,000 tonnes).
Le département du Doubs, qui renferme aussi de la houille, donne de la tourbe, ainsi que les Vosges et le Jura.
3° Le groupe du Centre comprend l'ensemble des bassins situés au pied des terrains primaires du Massif Central et du Mon an, et disposés les uns dans des replis intérieurs du massif, les autres autour de lui en manière de chapelet et de ceinture.
Les bassins du Morvari constituent dans ce groupe un groupe particulier. Le bassin d'Épinac est nommé aussi bassin d'Autan, parce que les couches du terrain carbonifère s'étendent dans la vallée de l'Arroux jusqu'au delà d'Autun ; mais de ce
Fig. 1 15. — Coupe du bassin du Crcu sot (puits Chaptal).
coté, la houille paraît enfouie à de très-grandes profondeurs; les couches supérieures n'existent et ne sont exploitées qu'à Épinac (156,000 tonnes). Le bassin de Blanzy et du Creusot s'allonge du nord-est au sud-ouest entre deux bordures granitiques dans la dépression où coulent d'un côté la Dheune, de
l'autre l'Arroux et la Bourbince; le terrain carbonifère y apparaît sur plusieurs points, par bandes parallèles diversement déjetées, et se retrouve peut-être dans l'intervalle sous les épaisseurs du trias; on exploite la houille à Blanzy et au Creusot (853,000 tonnes), ou les couches sont relevées presque perpendiculairement entre la roche encaissante et le terrain mort Y. fig. 115), à Montceau-les-Mines, à Montchanin, dans le petit bassin particulier de Forges (1 ,500 tonnes) qui a pris en peu d'années une grande importance, etc. ; ce bassin fournit de la houille à la Haute Bourgogne , à la Franche-Comté et à toute la vallée de la Loire. Le petit bassin de Sincey (Côte-d'Or, 12,000 tonnes) coupe les vallées du Serain et du Cousin entre Semur et A vallon. Le bassin de Becize (153,000 tonnes) est situé au nord de cette ville et du canal du Nivernais, au sud-ouest du Morvan et au centre d'un soulèvement de terrains triasiques. Le baron de Montcenis a obtenu la première concession dans ce bassin en 1769.
Les autres bassins appartiennent au Massif Central proprement dit. Le petit bassin de la Chapelle- sons- Dun (28,000 tonnes est situé dans la dépression où coule le Sornin, à l'extrémité méridionale des granits du Charollais. Le bassin de Sainte-FoyrArgentière (30,000 tonnes) occupe, à l'ouest de Lyon, une partie de la vallée de la Brévenne. Le bassin de la Loire est le rival du bassin de Valenciennes par l'importance de sa production qui atteint presque 4 millions détonnes (3,462,000 en 1874); il approvisionne les départements de la Loire, du Rhône et de l'Àrdeche, et envoie ses houilles jusqu'à Marseille et à Nice
d'une part, jusqu'à Nantes et à Paris de l'autre. Le terrain carbonifère, enveloppé de toules parts par des montagnes granitiques et schisteuses qui, au sud et à l'ouest, le dominent, offre en surface l'image d'un triangle allongé dans la vallée du Gier et du Furens, le sommet à Givors sur le Rhône, la base appuyée à la Loire entre Firminy et la Fomllouse; cette surface d'environ 180 kilomètres carrés est accidentée. Le terrain carbonifère repose sur
une vaste cuvette Aife^^^ également triangulaire, composée principalement de gneiss au nord ,
île micaschiste au sud et de granit à
Fit;. H6. — Le bassin de la Loire dans sa partie orientale fcoupe du sud au nord).
l'ouest. Le bassin
lui-même se compose de 25 à 30 couches de houille alternant a^ec des couches de schistes, de grès et de poudingues, c'est-àdire de pierres et de quartiers de rocs qui, à l'époque carbonifère, ont roulé au fond de la cuvette; il donne en général des charbons gras et collants ; la plus forte couche, dite la grande masse, mesure jusqu'à 12 mètres d'épaisseur. Une portion de ces couches seulement a été jusqu'ici reconnue et exploitée ; on estime que les gisements explorés jusqu'à présent renferment environ 5 à 600 millions de tonnes de houille. Dans l'étroit bassin de Rive-de-Gier qui forme toute la portion orien taie jusqu'à Saint-Chamond, le fond de la cuvette est légèrement ondulé et le bord méridional est fortement relevé (voir fig. 11 6) ; les couches inférieures existent seules ; dans la partie centrale et occidentale, dite bassin de Saint-Etienne, on exploite, trois étages de couches qui sont toutes d'une formation plus récente que celle de Rive-de-Gier. Dans cette dernière partie le fond de la cuvette, pressé entre le Pilât soulevé et le mont Crépon, s'est relevé au centre de manière à former une bosse : c'est la montagne d'Aveirie qui forme le point de partage des eaux de- deux fleuves et qui est toute enveloppée d'exploitation;-* houillères. Le petit bassin de Commuiuiy 500 tonnes), quoique situé sur la rive gauche du Rhône, appartient au même groupe.
LA FKANCE.
Fig. 117. — Coupe du bassin d'Alais, partie de la Grand-Combe (Champclauson et Sainte-Barbe).
Il est à remarquer que tous les bassins de cette partie du Massif Central, depuis Autun, sont, comme les petites vallées des rivières, orientés du nord-est au sud-ouest.
Dans le Vivarais est le petit bassin à'Aubenas (7,600 tonnes) ou de Prades, qui donne de l'anthracite. Au pied des terrains primaires des Cévennes proprement dites est l'important bassin d'Alais (1,700,000 tonnes), qui approvisionne toute la région méditerranéenne, immédiatement au nord d'Alais, au
milieu du terrain jurassique, il n'y a que des couches médiocrement productives.
C'est plus au nord, au delà de la Grand- Combe, que se trouvent les gisements les plus réguliers et les plus facilement exploitables. Un promontoire de roches schisteuses divise cette partie supérieure en deux bassins distincts, celui du Gardon avec la Grand-Combe et Portes et celui de la Cèze avec Bességes (V. fig. 1 17). Ce bassin est flanqué à l'est, au milieu du terrain crétacé, parle petit bassin houiller de Celas (3,000 tonnes), et par les lignites de Banc-Rouge, de Barjac (4,000 tonnes), de Bagnols (18,000 tonnes) et de Vagnas (environ 500 tonnes).
Au sud-ouest, une éruption porphyrique paraît avoir élevé à la surface du sol quelques fragments de terrain houiller qui constituent le petit bassin du Vigan ou de Trévezel (en.v. 500 tonnes) et qui se prolongent à travers le terrain des causses par divers dépôts de lignite jusqu'à Millau (6,500 tonnes).
Dans le département de l'Hérault, on trouve, encaissé dans les schistes du terrain de transition, sur le flanc des Cévennes, le bassin de Graissessac (298,000 tonnes), orienté de l'est à l'ouest comme les petites vallées qu'il couvre, ainsi que le petit bassin de Montoulieu au nord de Montpellier (100 tonnes); au sud, au milieu de collines dévoniennes, sont le petit bassin houiller de Roujan (2,400 tonnes) et les dépôts de lignite de la Caunette (environ 3,000 tonnes).
Sur le flanc oriental du Massif Central on trouve le bassin de Carmaux (231,000 tonnes), situé à la limite des terrains primaires et des terrains tertiaires ; plus au nord, le bassin d'Aubin (705 ,000 tonnes) situé dans la vallée du Lot et dans quelques petites vallées secondaires, renfermant des couches épaisses, surtout dans l'étage supérieur, du côté de Decazeville, moins puissantes dans l'étage inférieur qu'on exploite à Campagnac et a Cransac; des failles devenues des ravins où coulent les rivières divisent ces couches: Le petit bassinde Saint-Perdow (1 ,700 tonnes) est tout voisin. A l'est du bassin d'Aubin, dans l'intérieur du massif et sur la limite des granits et des causses de l'Avevron, sont les gisements désignés sous le nom de bassin de I '.,000 tonnes). Au nord-ouest d'Aubin, près de Brive à Argentat (400 tonnes), à Terrasson (3,000 tonnes), etc., à Simevrols (1,000 tonnes), à Meimac (800 tonnes), entre la région des granits et celle des schistes, est une vaste surface de terrain carbonifère; mais il produit peu de houille (environ 5,000 tonnes). Sur e flanc septentrional, dans la Creuse, Bourganeuf donne 3,400 tonnes et Ahun, dans la vallée de la Creuse, 319,000 ormes Dans l'Allier une suite de bassins inégaux en richesse > échelonne de Montluçon jusque vers Moulins, sur le flâne septentrional du cap de granit qui, sous le nom de collines du uombrailles, termine de ce côté le Massif Central. Le plus important est celui de p Uommentry situé lans la vallée su- ►érieure de l'Œil, tffluentduCher;la uuclie de houille, paisse et requière (V. fig. il 8), îoiiiii! annuelle nent à Commen-
^'°i00rtonnfs); '■'- et Noyant en sont, des dépendances peu ~lves- ^ l.ouilledeCommentryapprovisionne une grande »'" dubassin delà Loire cl s'écoule jusqu'à Paris. A l'est du décent et à l'extrémité d'un autre cap du Massif Central, formé
Fig. 118. - Coupe de la grande couche de CommeiUiv. •
f7S LA KHAN CE.
parles monts de la Madeleine, est le bassin deBert (36,000 tonnes .
L'intérieur du Massif Central a aussi ses gisements de combustible minéral qui ont été autrefois des lacs ou des tourbières. Dans la dépression où coulent la Double, la Sioule et la Dordogne, sur le flanc méridional des collines du Combrailles est le bassin de Saint-Éloy (162,000 tonnes); puis viennent ceux de Bourg-Lastic (2,700 tonnes) et de Champagnac (1,300 tonnes), plus à l'ouest celui de Meimac (800 tonnes), et en remontant la vallée de l'Allier, au pied des terrains anciens qui encadrent la Limagne, au nord et au sud de Brioude, ceux de Brassac (213,000 tonnes) et deLangeac (11,000 tonnes); sur le flanc de la plaine du Forez est le bassin de Roanne (5,000 tonnes).
En dehors des groupes de l'Ardenne et du Massif Central, la France ne possède que des bassins peu productifs.
4° Le groupe des Alpes se compose de bassins d'anthracite, disséminés çà et là et datant de la période carbonifère, et de dépôts de lignites beaucoup plus récents : le lignite de la Tourdu-Pin (2,000 tonnes), l'anthracite d'Entrevernes (4,600 tonn< de Coupeau (1,800 tonnes), l'anthracite du Drac ou plus exactement de la Mure (104,000 tonnes), celui d'Oisans (800 tonnes), de Briançon, de la Maurienne et de la Tarentaise (27,000 tonnes). Dans les Alpes calcaires de Provence, les lignites de Manosque 48,000 tonnes), de Méthamis (2,000 tonnes), de Montélimar 1,500 tonnes), d'Orange (3,000 tonnes), de la Cadière (6,00<> . et surtout d'Aix (367,000 tonnes); à Fréjus (3,600 tonne-, l'anthracite reparaît avec les grès bigarrés et les porphyres.
La plaine du Graisivaudan (marais de Bourgoin, de Yizille, etc.) et les Bouches-du-Rhône (marais de Fos) contiennent detourbières.
5° Les petits bassins d'Orignac (Hautes-Pyrénées) ne donnent que 600 tonnes, et celui d'Ibantelly (Basses-Pyrénec- 200 tonnes.
6° Le groupe de l'Ouest est situé au pied des granits de la Vendée et du Maine et près des terrains de transition du Cotentin. 11 renferme, dans le département de la Vendée, Vouvant, Chantonnai) et Saint-Laurs (54,000 tonnes) au sud du massil vendéen ; au nord du même massif, dans les départements delà Loire-Inférieure et du Maine-et-Loire, le bassin de la basse Loin
L'INDUSTRIE. fc79
73,000 tonnes), dont les gisements forment une très-longue
ligne, fortement plissée en V, traversant obliquement le fleuve et ayant pour principale mine celle du Nort ; au sud des granits du Maine, le bassin du Maine (124,000 tonnes), dont les gisements s'étendent de l'extrémité occidentale du département de la Mayenne jusqu'auprès du Mans, et donnent de l'anthracite (Sablé, etc.); le bassin de Saint-Pierre-la-Cour (7, 300 tonnes), à l'ouest de Laval; puis, au nord-est des terrains de transition du C.otentin, le petit bassin houiller de Littry (13,000 tonnes).
La tourbe est abondante dans les alluvions de la Loire- [nférieure (maTais de Montoire, de l'Erdre, de la Grande- Brière, etc.).
167. Le minerai de fer. — Comme la plupart des métaux, le fer se trouve dans la terre, d'une part mêlé à des substances terreuses, ou gangues, dont on le débarrasse par des moyens mécaniques, broyages et lavages ; d'autre part, combiné avec diverses substances, le plus souvent avec l'oxygène et l'acide carbonique, et constituant le minerai proprement dit. On tire le fer de son minerai par l'action du feu.
Dans les terrains priât /tifs ou montagneux il existe quelquefois .mi filons, ou en amas irréguliers ; il y est à l'état d'oxydes, dits fer magnétique, fer oligiste, hématite rouge et brune. Le premier, si abondant en Suède, n'est pour ainsi dire pas exploité en France ; on le rencontre dans les Vosges et surtout dans le- Pyrénées, dont l'hématite brune manganésifère constitue le principal minerai.
Le minerai ru rouches, c'est-à-dire disposé comme le sont tous les terrains stratifiés, est beaucoup plus fréquent dans les exploitations françaises. On le rencontre soit cà l'état de fer carbonate, dans les terrains hôuillers et de transition, comme dans l'Isère : il est rare en France; soit à l'état d'oxyde de fer hydraté, ou minerai oolithique; celui-ci est trës-aloialaut dans les terrains jurassiques ri crétaeés, comme ceux du Creusot, de la Franche-Comté, de la Lorraine, de l'Ardèche, de l'Aveyron.
Le minerai d'alluvion, très-estimé, se rencontre dans les terrains tertiaires. Il est très-abondant en France, principalement dans les Ardennes. la Champagne, la Bourgogne, la Franche- Comté, le Berri, le Poitou, le Périgord, les Landes, et il forme
de puissantes couches qui atteignent jusqu'à 30 mètres d'épais seur. Il est soit en rognons, soit en petits grains sphéroïdaux. d'une couleur jaunâtre, gros comme des pois; on le désigne sous le nom de minerai en grains ou pisolithique.
L'extraction du minerai brut était presque de 3 millions i/2 de tonnes par an avant la perte du département de la Moselle. Elle est aujourd'hui inférieure à 3 millions.
Les mines et minières de fer, an nombre d'environ 500, ayant une superficie totale de plus de 1 ,200 kil., forment onze groupes :
1° Celui du Nord produit peu de minerai ; on le trouve dans les terrains accidentés de l'est (Maubeuge et Trelon) et dans les minières du Boulonnais (Pas-de-Calais), qui donnent plus de J 00,000 tonnes de fer oxydé hydraté;
2° Celui de Champagne et Bourgogne est plus riche ; il comprend les gisements des Ardennes, un gisement occupant tout le sous-sol de Y arrondissement de Yassy (Haute-Marne), donnant plus de 300,000 tonnes de minerai en grains, et un autre formant une longue bande de terrain dont Châtillon etLangres sont les centres ;
3° Celui du Nord-Est, ou de Lorraine et des Vosges, s'était considérablement enrichi de 1850 à 1870; le département de la Moselle rendait, en 1869, un million de tonnes, celui de la Meurthe 430,000 tonnes; quoique ces richesses nous aient été en grande partie enlevées par la guerre de 1870-71, le département de Meurthe-et-Moselle, dans lequel on trouve principalement du minerai oolithique occupe encore le premier rang iplus de 700,000 tonnes) avec les exploitations des environs de Longvvy, de Nancy, etc. Nous avons perdu Oitange, Hayange, Moyeuvre, Framont, autrefois célèbre par son fer oligiste, etc.
4° Celui de YEst ou de Franche-Comté s'étend sur trois départements; les exploitations ont lieu près de Vesoul, de Besançon, à Fraisans, à Champagnole, etc. ;
5° Celui du Centre comprend un très-grand nombre de riches dépôts de minerais en roche situés pour la plupart dai les terrains jurassiques de Saône-et-Loire, situés entre les pla teaux du Jura, le Massif Central et le Morvan ; Mazenay Change alimentent en partie le Creusot ;
*>° Celui du Berri et Poitou se compose de dépôts s'é-
it'iitlaiii sur un vaste espace au nord-ouest et au sud-ouesl de Bourges, et exploités à la Trémouille, à Brives, à Mehun, à Azy-le-Vic, etc. ; il comprend le Cher, un des départements les plus riches en fer (275,000 tonnes) ;
7° Celui du Sud-Est est composé, d'une part, des minerais des Alpes (fer spathique) qui ne sont pas très-abondants, mais qui, dans l'Isère, à Allevard, à Vizille, sont de qualité supérieure ; d'autre part, des minerais des Cévennes méridionales et du Yivarais.
Privas et la Voulte qui rend 260,000 tonnes (Ardèche) possèdent les seuls gisements de ter oligiste aujourd'hui exploités en Fiance.
.S0 Celui des Pyrénées possède des mines d'hématite brune nianganésifère, situées dans les Pyrénées-Orientales et dans l'Ariége ; elles ne sont pas très-abondantes, mais elles contiennent une proportion de fer plus grande qu'aucun autre minerai de France ; la plus importante est celle de Rancié (à Yic-Dessos), puis celles du Canigou (Valmanya, etc.) ;
9° Celui du Sud-Ouest est formé des minerais d'alluvion des Landes et de Lot-et-Garonne, exploités à Labouheyre, etc.
10° Celui du Périgord et du Rouergue donne d'excellent fer, en particulier le fer carbonate des houillères d'Aubin, de Jumillac, etc. ;
\\° Celui du Nord-Ouest comprend les minerais disséminés à l'esl de la Bretagne, dans les terrains de transition du Maine I du Perche, à Pouancé, à Orthe, autour de Làigle (Orne) et usque dans le département de l'Eure.
Les pyrites de fer environ 50,000 tonnes) exploitées dans
irdèche el dans le Gard servent à la préparation du soufre.
168. I,a fonte, le fer et l'acier. — C'est, avons-nous it, par l'action du feu qu'on sépare le fer des substances avec ■squelles il est combiné.
Quand on traite un minerai très-riche, comme l'hématite
une nianganésifère, on peut convertir directement le minerai
fer dan- de petit- Concis, axant environ un mètre de hau- ;Jir. On \ place le minerai concasse qu'on entoure de char- Jn de bois el au milieu duquel un tuyau étroit insuffle l'air
issé par une chute d'eau; puis on soumet la masse ainsi
obtenue à une seconde chauffe (V. fîg. H9); c'est la méthode catalane, qu'on n'emploie aujourd'hui que sur un petit nombre de points dans les Pyrénées. Elle peut donner, par chaque opération qui dure environ
six heures, un quintal et demi de bon fer; elle exige peu de frais d'installation, mais beaucoup de bois et un excellent minerai.
Le plus souvent, on traite le minerai de manière à obtenir d'abord de la fonte. On se sert à cet effet d'un haut fourneau, vaste construction , d'une hauteur de lo mètres et
Fig. 119. — Forge catalane. H. in\jO.
plus, dont la partie intérieure, garnie de briques très-réfractaires, présente la forme de deux cônes tronqués et assemblés par leur base (V. la fig. 120 représentant un haut fourneau coupé verticalement par la moitié). Par l'orifice supérieur ou gueulard (a), on verse des couches alternatives de combustible ! bois ou coke), de minerai et de fondant, qui s'échauffent, descendent peu à peu à mesure que le combustible se consume, et sont soumis, à mesure qu'ils descendent, à l'action d'une température plus élevée. Le minerai qui est entré en fusion tombe, en vertu de sa densité, dans la partie inférieure, nommée l'ouvrage (/), puis dans le creuset (y /), d'où il jaillit comme une fontaine de feu quand on ouvre l'embrasure. Pour ces réactions chimiques l'oxygène est nécessaire; on l'introduit, à l'aide d'une machine soufflante, par trois tuyères {m, la coupe de la figure n'en laisse voir qu'une), en ayant presque toujours le soin de le chauffer avec un appareil (BC) qui utilise les gaz de la partie supérieure du haut fourneau. Un haut fourneau au bois donne environ 6 à 7 tonnes par jour ; un haut fourneau au coke en. donne jusqu'à 50 aujourd'hui, et peut rester allume plusieurs années de suite sans interruption de jour ni de nuit
La fonte esl un composé de fer et de carbone, dans la proportion de 3 pour 100 en moyenne, le carbone s'étant combiné
Fig. 120. — Coupe d'un haut fourneau. H. 15 mètres.
;-11" "létal dans le haut-fourneau. On distingue plusieurs espèces de fonte suivant la nature du combustible employéto,aeau bois, de qualité supérieure, mais dont la production
innnue en France, fonte aux deux combustibles, fonte au cote '"oui, coûteuse et que les perfectionnements récents ont éle- ^■l''>'-<l"c.> 1, hauteur de la fonte au bois. Sous le rapport » qualité, on distingue la fonte blanche, plus carburée, très- ' ''»■•■ >■" tres-cassante, et la fonte grise, grenue et plus malléa- We- sou. le rapport de l'emploi qu'on en fait, on distingue : «ta fonte brute destinée à être fondue de nouveau et la fonte de
o» Heen première fusion qui, réunies, donnent le total de la production : 2» la fonte dr deuxième et de troisième fusion et la fonte
Fig. 121. — Coupe d'un four à puddler. Long. 2ra,50.
d'affinage destinée à être convertie en fer, dont la fonte brut** est la matière première [Tabl. de stat., n. 7).
Convertir la fonte en fer, c'est lui enlever tout ou presque tout son carbone, résultat qu'on obtient, soit en fondant de nouveau les lingots, soit en les réduisant à l'état pâteux et en brûlant le carbone à l'aide de la haute température et de l'oxygène de l'air. Cette opération se fait, quelquefois encore au bois, dans les foyers d'affinerie, plus souvent au coke, dans les fours à puddler (V. fig. 124) où la fonte, placée sur la sole du four
(B), est léchée par la flamme (A) sans être en contact avec la houille qui la carburerait de nouveau. La masse de fonte, ou loupe, est à plusieurs reprises, pendant cette opération , cinglée , c'est-à-dire battue par de lourds marteaux qui la débarrassent de ses impuretés.
Après l'opération, le fer, plusieurs fois réchauffé, est ébauché, puis martelé en bandes rectangulaires, ou laminé en tôles, ou fendu en longues bandes étroites, ou étiré en fils. Souvent, durant ces diverses préparations, il est corroyé, c'est-à-dire composé de plusieurs bandes ou plaques que le marteau ou les cylindres soudent ensemble à chaud, ce qui rend le fer plus nerveux. C'est ainsi qu'il est livré par les forges au commerce, lequel distingue, à son tour, selon la qualité, plusieurs espèces : les fers forts, durs ou doux, qui ont le grain fin, le nerf long, la cassure d'un gris clair, mat, et qui sont les plus tenaces et les plus estimés ; les fers tendres, à la cassure brillante, qui se travaillent aisément à chaud, mais qui n'ont pas de nerf et sont très-cassants à froid; les fers rouverains qui, plus tenaces que les précédents, sont cassants à chaud et se travaillent difficilement.
A cette liste il convient d'ajouter le fer-blanc, qui est de la tôle étamée.
Avec la fonte ou le fer, on fait de Varier, lequel est du fer uni
a du carbone, mais en proportion moindre que la fonte (i). Dans la Nièvre, la Savoie et l'Isère, on l'ail de Varier de forge, lequel est à la fois le plus tenace et le plus élastique, avec de la fonte au bois que Ton décarbure partiellement dans les foyers chauffés au charbon de bois. On obtient en beaucoup plus grande quantité, avec la houille, l'acier puddlé, lequel est de qualité secondaire, en traitant certaines fontes dans des fours à puddler, ou l'acier Bessemer, acier à bon marché, en insufflant dans de la fonte en fusion une grande masse d'air destinée à brûler tout le carbone qu'on rend immédiatement en proportion rnmenable à la matière bouillante, ou l'acier Martin produit dans des fours d'une construction particulière. Avec le 1er, on obtient aussi V acier de cémentation, acier médiocre, h faisanl chauffer pendant plusieurs jours, dans des fours spéciaux, des barres de bon fer enveloppées de poussière de I un bon, c'est-à-dire en carburant ces barres. Pour améliorer a qualité de cet acier, on le corroie ou on le fond au creuset, ■t on obtient Varier fondu. En chauffant l'acier au rouge et en le refroidissant brusquement dans l'eau, on obtient Y acier rampé; celui-ci, à cause de son extrême dureté, est employé urtout à fabriquer les outils.
i La production de la fonte, du fer et de l'acier est en progrès ; industrie métallurgique est intimement liée elle-même au rogrès de la science chimique. La France, avec près de 3 unions de tonnes de minerai de ses mines et 1/2 million de 'aines Je minerai importé, fait à peu près 1,400,000 tonnes de pnte, dont près des deux tiers sont convertis en fer (environ 00,000 tonnes); la fabrication de l'acier, qui a ses principales sines dans les départements de la Loire, de l'Hérault, de 17- \re, de la Nièvre et de la Meurthe-et-Moselle, dépasse, en 1874, j»0,000 tonnes à peu près. (V. Tabl. de stat., n° 22.) U>9. Les lia mis fourneaux et les forges. — L'eniacement des carrières et des mines est nécessairement fixe p la nature ; celui des hauts fourneaux et des forges est oisi par l'homme. Mais il est certain, lorsqu'il s'agit d'une oduction dont les matériaux sont si encombrants, que l'in-
j l) L'acier contient rarement pins de 2 1/2 pour 100 de carbone.
dustriel s'appliquera a établir son usine a proximité de sa ma tière première : c'est une règle dont il ne s'écarterait pas san péril. Là où le minerai et le combustible sont réunis dans u même canton, point de doute : il y a un haut fourneau. Là o on ne rencontre qu'un des deux éléments, la difficulté coir mence. Mais, par une heureuse coïncidence, la majorité de ?ic mines est située dans le terrain jurassique, non loin, en généra] des terrains houillers, et non loin des forêts qui forment, comm nos mines, un demi-cercle autour du bassin de la Seine, ains qu'on le remarque en comparant les deux cartes. (V. 1 planche n° 1 de la France industrielle.)
Les hauts foitrneaux et les forges peinent être rangés à pe près dans les mômes groupes que le minerai et la houille, bie que les conditions de viabilité et de fabrication tendent que quefois à modifie)' ce classement (V. Tahl. de état., n< et 27). (V. fig. 122.)
1° Le groupe du Nord possédant en abondance le charbc de terre, ne produit que des fers au coke ; il en produit aujoi d'hùi plus qu'aucun autre département ; mais il est obligé tirer de loin la plus grande partie de ses minerais : Lih dont les faubourgs, Fives, Moulins, Wazemmes, et les cor' mîmes environnantes, Marquette, etc., possèdent des usine est un des principaux centres de l'industrie du fer et de tôle; le bassin de Valenciennes est un centre plus imp( tant encore de fabrication du fer ; à côté des grandes comj gnies d'Anzin et de Benain et des fonderies de Douai, se les communes de Trith, de Raismes, de Quiévrechain, Crespin, etc. ; l'arrondissement d'Avesnes, à l'extrémité orit taie du département du Nord, forme un troisième centre da lequel on remarque Maubeuge, Fourmies, Haumont, Trelon, e
Ce groupe, qui comprend les départements du Nord et du P de-Calais (usine de Marquise, etc.), donne près de 1 80,000 toni de fonte, c'est-à-dire le cinquième de la production françai
On peut prolonger la circonscription de ce groupe jusq Paris, parce que ce sont les houilles du Nord qui aliment toute cette région, et on y comprend ainsi l'importante ast de Montataire (Oise) et le département de la Seine (Saint-Dei Athis, Ivry, Paris) qui est le premier pour la fonte moulée <
euxième et troisième fusion. On désigne aussi ce sous-groupe mis le nom de bassin de Paris.
2° Le groupe de la Champagne se divise en deux parties istinctes : le groupe des Ardennes dont Charleville est le Mitre, et qui renferme les forges et hauts fourneaux de Cariian,de Flize, de Monthermé, de Signy-le-Pelit, etc., le groupe e la Haute-Marne dont les forges et hauts fourneaux sont