‹ La France avec ses colonies;Chapitre 91 sur 147 · Les citâtes. — Les châles peuvent être rangés dans la · texte numérisé non relu

Les citâtes. — Les châles peuvent être rangés dans la

catégorie des lainages, bien que la laine ne soit pas la seule

i matière employée à leur confection. Les plus beaux sont faits

■ avec le cachemire, c'est-à-dire avec le duvet de certaines

I chèvres du Tibet ; on fabrique aussi des châles de soie, et,

• dans les articles communs, on mélange le coton à la laine.

Ce qui constitue le châle proprement dit, distinct du tartan, du crêpe de Chine, etc., c'est moins la matière que le travail qui consiste à faire, à l'aide du Jacquart et du battant brocheur ou de la navette à la main, un tissu broché.

Paris fait tous les genres et a seul le monopole des riches cachemires dont il donne les dessins et qu'il fait le plus souvent exécuter dans certains villages de Picardie, à Bohain Aisne), etc. Lyon fait les châles de qualité moyenne ; Nîmes les châles à bon marché dont la fabrication s'est d'ailleurs beauoup améliorée.

194. Les tapis. — Aux lainages se rattachent aussi les ipw qui dépendent de l'ameublement, mais qui sont mentionés ici, ainsi que les tentures et autres étoffes qu'emploient les ipissiers, afin que toutes les branches du tissage se trouvent eûmes. Les tapisseries sont destinées à servir de tenture et à tre appendues aux murailles, les tapis à être étendus sur le li nicher ; les premières sont des tissus ras, dits de haute lisse uand ils sont, comme aux Gobelins, tissés sur des métiers perendiculaires, et dits de basse lisse quand ils sont tissés sur ifl métiers horizontaux, comme on le pratique dans toutes les itrea fabriques. Les tapis sont des tissus tramés en laine sur laine de fil ou de coton; ils sont fabriqués avec la navette à main ou avec la mécanique Jacquart, les tapis ras, comme

les calicots, les tapis de haute laine, comme les velours, c'està-dire qu'à chaque duite la trame laisse en saillie des poils qui sont ensuite coupés et nivelés.

L'État possède deux grandes manufactures de tapisseries et de tapis, celle des Gobelins, à Paris, brûlée en 1871, et celle de Beauvais, qui ne travaillent pas pour le commerce, mais qui lui fournissent ses plus beaux modèles.

Aubusson et Felletin (Creuse), les fabriques de Beauvais travaillent pour le commerce dans les mêmes genres ; Amiens et Abbeville font des tapis de pied ; Nîmes et Roubaix, des tapis de pied et de tenture ; Tourcoing, des moquettes.

195. lies soieries. — C'est principalement dans le bassin du Rhône qu'on élève le ver à soie ; c'est aussi dans le bassin du Rhône qu'est concentrée, à peu d'exceptions près, la fabrication des soieries, celle des industries du tissage qui donne les produits les plus élégants. Elle comprend une grande diversité de tissus formant deux grands genres très-distincts : 1° les étoffes, à savoir : les étoffes unies ou rayées, taffetas et autres qui se fabriquent au métier simple, et le plus souvent dans les campagnes ; les étoffes façonnées, c'est-à-dire présentant de; dessins compliqués ou des couleurs variées qui ne peuvent êtri exécutés qu'avec la mécanique Jacquart ; les foulards, foulard unis et foulards imprimés ; les gazes pour vêtement ou pou bluterie et les crêpes ; les velours, velours unis et velours épin glés, qui constituent une fabrication toute spéciale, semblabl à celle des tapis de haute laine; 2° les rubans, à savoir les ri bans, unis ou façonnés, les lacets et la passementerie. Le étoffes brochées d'or et d'argent pour les églises forment u sous-genre particulier.

Après le dévidage des cocons, la soie grége reçoit diverse préparations avant d'être livrée au tisserand. Elle est mouliné" c'est-à-dire doublée et tordue de manière à former soit la tram fil qui sert à tramer, soit l'organsin, fil plus résistant qui se à faire les chaînes. Elle est retordue pour faire du cordonnc du fil à coudre, de la passementerie ; enfin elle est teinte. L déchets du dévidage et de la filature forment la bourre de soi

Même avant la maladie du ver à soie, la France tirait de 1" tranger une partie de ses soies ; elle en importe aujourd'h

pour plus de 100 millions de francs. La valeur des tissus de soie paraît atteindre 700 millions de francs.

Le dévidage et le moulinage occupent un grand nombre de communes de la vallée du Rhône, dont plusieurs sont des marchés très-importants : FArdèche, le Gard, la Drôrne et le Vaucluse tiennent aujourd'hui, avec la Loire et l'Isère, les premiers rangs par le nombre de leurs moulinages et de leurs lilatures ; dans FArdèche, sont : Flaviac, Chomerac, Aubenas, Largentière, etc. ; dans la Drôme : Loriol, Crest, etc. ; dans le Vaucluse, Avignon, etc. ; dans le Gard : Alais, Beaucaire, Uzès, le Vigan, Saint-Hippolyte ; dans l'Hérault, Ganges, Aniane, etc. Le tissage de la soie est à peu près concentré sur cinq points : 1° Lyon qui fait les étoffes de tout genre : les façonnés que la mode a en grande partie délaissés, les velours, les étoffes d'or ît d'argent, dans ses murs; les unis, les foulards, les tulles, sains, taffetas, dans les campagnes de son département et des lépartements voisins, Ain et Isère; en tout 120,000 métiers dont 10,000 dans la ville. VArdêchc, la Brome et les Hautes-Alpes lépendent de ce groupe, mais peuvent aussi être considérés :omme un groupe particulier. La valeur totale de la production les soieries dans le groupe lyonnais dépasse 450 millions de rancs dont 350 environ pour l'exportation. 2° Saint -Etienne qui, avec Saint-Chamond et les campagnes oisines, fait les rubans et les galons ;

3° Nimcs qui, avec les fabriques de YHérault et du Vaucluse Avignon, etc.), fait des soieries légères, tissus algériens, etc. ; 4° Tows, où cette industrie a été introduite au xvie siècle par os rois qui résidaient souvent en Touraine, et où elle s'est jonservée pour les étoffes d'ameublement; | 5° Paris, qui, cultivant toutes les industries de luxe, fait es châles de soie, de la passementerie, etc. Noua ne. possédons plus les fabriques de soieries et de ruuw qui s'étaient établies à Thann, à Guebwiller, à Soultz ; i traite lu bourre de soie dans quelques départements de la ^ion septentrionale, Nord, Aube, Loiret, Marne, etc. 196. Lu cloiiielle et le tulle. — Avec des filets très-fins ! lin, de coton ou de soie, on fabrique, soit à l^iguille sur ile cirée, soit aux fuseaux sur un coussin garni d'épingles, les

dentelles, légers réseaux qui sont le chef-d'œuvre du travail délicat des femmes, et que font presque exclusivement les paysannes.

La dentelle la plus fine, mais aussi la plus coûteuse, est celle iïAlençon, dentelle de fil à l'aiguille, nommée quelquefois point de France ; Bayeux, Caen, Chantilly (Oise) font de grandes et belles dentelles de soie noire; Bailleul (Nord) fait le genre coVnu sous le nom de Valenciennes ; Lille, Boulogne et Arras font, en petite quantité, des dentelles à fond clair ; Mirecourt fait des guipures, des imitations de point de Venise et des dentelles de tout genre ; le Puy fait, en très-grande quantité, des dentelles dites d'Auvergne, à bon marché, des guipures et des dentelles de laine; de ce dernier groupe qui compte 100,000 ouvrières, réparties dans quatre départements , dépendent Craponne (Haute-Loire) et Ariane (Puy-de-Dôme).

Paris fournit presque toujours les commandes et les dessins, qui sont reçus par les fabricants des villes et exécutés par les ouvrières des campagnes.

Le tulle est un réseau de soie semblable à celui de la dentelle, mais fait au métier. A Calais et à Saint-Pierre-lès-Calui' sont les manufactures les plus importantes de tulles de coton e de blondes de soie ; à Lyon, on fait divers genres de tulles de soie Lille, le Cambrésis, Saint-Quentin, Amiens font aussi des tulles brochés pour ameublement et des dentelles à la mécanique.

197. La broderie. — La broderie, qui consiste dans tu dessin fait, soit à l'aiguille, soit mécaniquement, sur une étoffe est une industrie que dirige Paris et qu'exercent des ouvrière dans les campagnes, dans les environs de Nancy, de Bar-le-Duc e dans les vallées des Vosges (Plombières, etc .), dans les environ de Tarare et de Saint-Quentin; la broderie d'or et d'argent, qu se lie intimement à la passementerie, a pour siège Paris i Lyon. Les métiers mécaniques ont diminué l'importance cl cette industrie dans les campagnes. A cette catégorie, on rattach la tapisserie à la main dont le commerce a pour centre Pari;

198. La bonneterie. — Les articles de bonneterie sari des tricots de coton, de laine ou de soie, faits presque tous a métier. Ils «sont généralement confectionnés par des ouvriei des campagnes ou de petits artisans des villes. Troyes (avec Rf

illy) est le centre le plus important de la bonneterie de laine de coton, qui est d'ailleurs exercée dans presque toute la ïampagne ; Amiens, dont la bonneterie de laine, dite bonnetee du Santerre, occupe 25,000 ouvriers environ, dans les comunes de l'arrondissement (Villers-Bretonneux, etc.) et dans ;lul de Montdidier (à Royes), a une importance très-grande ; alenciennes, Bapaume (Pas-de-Calais), Arras, Caen, Falaise, ennent au second rang dans la partie septentrionale de la ^ance ; Rambouillet, Orléans sont au troisième; Strasbourg xupait dans cette industrie un des premiers rangs. Nantes it des tricots pour les marins. Dans la région du Sud-Est, la mneterie de soie occupe un grand nombre d'ouvriers, surtout Lyon, à Nimes, à Uzès, au Vigan (Gard), à Ganges (Hérault), etc. Paris fait de la bonneterie dans tous les genres. Aux articles de bonneterie se rattachent les bretelles et jarreères que fabriquent Rouen et Paris, les boutons en tout genre ne fabriquent Paris, Briare (Loiret), Creil (Oise), Montereau teine-et-Marne), où ils sont des annexes de l'industrie, céramile.

199. La lingerie et la confection. — La lingerie, qui omprend tous les articles de linge confectionnés, cols, bonets, camisoles, layettes, et à laquelle on peut rattacher cerùns autres articles constituant des industries distinctes, tels ue corsets, chemises d'hommes, et la confection, qui comprend s vêtements pour femmes, hommes ou enfants, ont pour !ntre principal Paris qui exécute lui-même le travail ou le ,it exécuter par des ouvriers de province. C'est par centaines k millions de francs qu'on compte aujourd'hui les produits de |S industries qui s'exportent dans le monde entier. ,Les modes, c'est-à-dire les chapeaux et co iffures pour femmes, i sont une des branches les plus importantes.

Quelques villes exercent une industrie spéciale : Châteauroux

nfoctionne des chemises.

Page 1