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LE VÊTEMENT ET LA TOILETTE

(Voir dans l'Atlas les cartes de la France économique ; industrie, planche Jl .

189. li» filature et le tissage. — L'homme fait se; vêtements avec des fibres végétales, coton, chanvre, lin, jute etc., et des fibres animales, laine, soie, poil, etc. Mais, pou devenir tissu, la matière première a de nombreuses transfo» mations à subir dont les plus importantes sont la filature e' 1 tissage.

Quand la fibre a été purifiée de toute substance étrange n la filature consiste, tantôt à réunir ensemble plusieurs fibn en nombre variable suivant la force qu'on veut donner an fi

tantôt à étirer les fibres naturellement mêlées, comme celles du coton et de la laine cardée, de manière à les rendre bien parallèles, exemptes de toute solution de continuité, et à les unir fortement ensemble par la torsion. C'est l'opération que la fileuse faisait autrefois avec ses doigts et qui se fait maintenant dans de grandes manufactures, à l'aide de métiers qui meuvent jusqu'à mille broches tournant ensemble d'un mouvement très-rapide et fabriquant à la fois mille écheveaux de fil. Une partie des fils est consommée par la couture, etc. ; la majeure partie est réservée à la fabrication des tissus.

Quand on possède les fils, le tissage consiste à les enchevêtrer de manière à composer une étoffe.

Voici comment on procède : on commence par ourdir, c'està-dire par disposer parallèlement les uns aux autres des fils

Fi g. l±'6.

ayant chacun la longueur que doit avoir la pièce d'étoffe et ayant tous ensemble une largeur égale à celle qu'aura l'étoffe, quelquefois même, pour les draps par exemple, une largeur

Il'lus grande ; ces fils forment la chaîne qu'on enroule autour •l'un cylindre de bois, dit ensouple, et qu'on tend sur le métier tisser. Ce métier (Voir la fig. 12o) est muni de deux lames cor-

respondant à des marches placées sous les pieds de l'ouvrière; et les marches sont montées de telle façon que tous leurs fils ou lisses forment deux faisceaux liés l'un à la première marche, l'autre à la seconde, et que chacun d'eux commande un des fils de la chaîne. Quand l'ouvrière presse la première marche, tous les fils impairs de la chaîne s'abaissent et les fils pairs s'élèvent ; quand elle presse la seconde, tous les fils pairs s'abaissent pendant que les fils impairs remontent. Dans l'intervalle de chaque mouvement, elle fait glisser, à l'aide de la navette, le fil de trame qui va sans cesse de droite à gauche et de gauche à droite, laissant à chaque passage ou duite sa tramée de fil prise et serrée chaque fois par le croisement des fils de la chaîne; quand elle a ainsi tramé toute la chaîne, la pièce d'étoffe est faite.

C'est là le mode le plus simple de cette opération qui presque partout se fait aujourd'hui, pour les étoffes unies, au métier mécanique différant par quelques détails de celui que nous représentons, et passant jusqu'à 240 duites à la minute, et pour les étoffes à dessin, avec des harnais compliqués dont le plus usité constitue le métier à la Jacquart.

Après le tissage, la plupart des étoffes doivent encore recevoir plusieurs mains-d'œuvre pour être livrées à la consommation.

190. l*es colonnades. — Le coton est une matière exotique. On commençait à peine, il y a cent ans, à l'employer en France; on en importe aujourd'hui environ 120 millions de kilogrammes alimentant 6 millions de broches à filer et 280,000 métiers à tisser, et on en fait des étoffes, la plupart à bon marché, pour une valeur supérieure à 800 millions. Du moins, telle était à peu près la production française avant la perte de l'Alsace.

Il y a six groupes de production cotonnière : (Voir fig. 126) (1),

(1) Les cartes des industries textiles, dressées par nous, d'après nos recherches et d'après les statistiques officielles, donnent une idée approximative de la valeur de la production dans les principaux groupes il est impossible de fixer un chiffre précis; dans les cartes de l'atla,' nous avons essayé de mesurer avec un peu plus d'exactitude et par ur autre procédé le rapport des valeurs dans chaque groupe.

1° Le groupe de l'Est, ou groupe d'Alsace et Lorraine,

qui comprenait naguère l'Alsace entière avec Massevaux, Cernay, Thann, Wesserling, Guebwiller, Sainte-Marie-aux-Mines, Munster, etc., et surtout la grande ville de Mulhouse ; il est réduit aujourd'hui à Giromagny, en Alsace, à Héricourt (Haute-Saône), et aux filatures et tissages échelonnés dans les vallées lor-

Fig. 126.

raines de la Meurthe-et-Moselle, des Vosges et de la Haute-Saône, principalement à Senones (Vosges). Ce groupe, auquel l'activité de Mulhouse et la force motrice fournie par les petits cours d'eau des Vosges ont donné naissance, s'étend jusque sur le Jura, dans l'arrondissement de Montbéliard. On y fabrique des fils fins, des fils à coudre, des calicots, des jaconas, etc.

Du môme groupe dépendent, en Lorraine, Bar-le-Duc, qui fait le tissage à la main dans les articles courants, Nancy, qui fabrique des fils pour broderie. On peut même y rattacher

Troyes, qui fabrique les gros tissus croisés, nommés « finettes ».

2° Le groupe du Nord, dont le marché le plus important est Saint-Quentin, qui se distingue surtout par ses mousselines unies et brochées, ses guipures, ses percales, ses piqués. Là sont Amiens qui fabrique par an plus de 100,000 pièces de velours de coton, Abbeville, Lille et ses environs, Roubaix et Tourcoing qui tissent peu, mais qui filent beaucoup, soit pour la fabrication de leurs étoffes mélangées de laine et de coton, soit pour la vente directe des fils à coudre ou des fils destinés à être manufacturés ailleurs, Dunkerque, qui fait de fortes cotonnades, les grandes filatures d'Auchy-lès-Hesdin (Pas-de- Calais) et d'Ourscamp (Oise).

3° Le groupe de Normandie, le plus important aujourd'hui des groupes français, avec son marché principal, Rouen, où le commerce maritime a, dès le xvme siècle, naturalisé cette industrie en important la matière première. Rouen fabriquait surtout, avant 1 870, les fils de gros numéros et les cotonnades qui exigent le plus impérieusement les conditions de bon marché. Toute la banlieue de Rouen, sur le bord des cours d'eau, s'adonne au même travail, Darnetal, Deville, Sotteville, Maromme, Barentin, etc.; les manufactures s'étendent également sur les arrondissements à'Yvetot, de Dieppe, du Havre (Bolbec, etc.).

Dans le département de l'Eure sont Iiadepont, Gisors, Evreux, Pont-Audemer ; dans le Calvados, Orbec, Falaise, Condé-sur- Noireau; dans l'Orne, Fiers, renommé pour ses coutils de tout genre. A ce groupe on peut rattacher la Mayenne (Laval, etc.) qui fabrique des articles communs pour l'exportation dans les Antilles, et les fabriques de Seine-et-Oise et d'Eure-et-Loir.

4° Cholet, centre d'un groupe particulier dans lequel la pratique du tissage du lin a conduit au tissage du coton et qui s'étend jusqu'à Nantes et à la Vendée.

d° Le groupe du Lyonnais, dont le centre est Tarare, connue par ses tarlatanes, ses gazes, ses belles mousselines et ses broderies. Villefranche, Thizy, Roanne, qui sont pour ainsi dire ses annexes, font les cotonnades communes, à raies et à carreaux.

A ce groupe on peut rattacher l'importante fabrication des

grivats ou toiles de Vichy, fabriquées dans les campagnes de l'Allier.

(>° Loin de là, Toulouse est, dans la région du Sud-Ouest, une des rares villes possédant des filatures de coton. Cette industrie existe aussi, mais faiblement développée dans le Jura, les Basses-Pyrénées, ainsi que dans les Bouches-du- Rhône.

Entre ces groupes est situé Paris, le principal marché de France, où sont expédiés la plupart des produits de l'industrie cotonnière. Paris, dans ses murs ou dans les communes de sa banlieue, Clichy, Puteaux, etc., tisse, et surtout blanchit, apprête, teint les étoffes qui lui sont envoyées en écru.

Peintes, soit à la main à l'aide de planches enduites de couleur, comme on le pratique pour la gravure sur bois, soit à la mécanique à l'aide de cylindres gravés, les étoffes de coton sont dites quelquefois indiennes, quelquefois aussi perses, quand elles sont destinées à l'ameublement, rouenneries dans certains genres de fabrication à bon marché, plus ordinairement toiles peintes. Rouen, avec sa banlïeue, a la spécialité des toiles peintes à bon marché ; naguère Mulhouse et Paris, aujourd'hui Paris seulement et sa banlieue (Clichy, etc.) ont celle des toiles peintes de luxe, dites nouveautés, pour vêtement et pour ameublement. Claye (Seine-et-Marne) fait aussi les toiles peintes pour ameublement.

Saint-Quentin, Tarare et Paris sont particulièrement renommés pour les apprêts.

191. Les tissus «le cliitnvre et de lin. — Le chanvre et Le lin sont des fibres textiles indigènes (Voir § 112) ; aussi, durant les siècles qui ont précédé le nôtre, le chanvre ou le lin et la laine servaient-ils seuls à vêtir la très-grande majorité de la population française : le linge était alors une chose plus rare qu'aujourd'hui. Nous en usons beaucoup plus, et, malgré les 800 millions de cotonnades que nous produisons chaque innée, nos champs ne nous fournissent pas assez de lin ni même de chanvre pour occuper nos 630,000 broches ; nous jen importons pour une valeur de plus de 60 millions de francs.

Avec le chanvre et le lin on fait des cordages, du fil, de fortes toiles à \oiles, des toiles grossières d'emballage, du linge de

corps, du linge de table, uni ou damassé, des tissus fins, comme la batiste, de la dentelle. Le lin est préféré pour les tissus délicats ; les étoupes, ou résidus des lins et chanvres peignés, sont employées pour les tissus communs.

On commence à tisser, dans les qualités inférieures, diverses fibres exotiques qui sont loin d'avoir les qualités du chanvre, le jute, le phormium tenax, le china-grass.

L'industrie linière est exercée surtout dans la région du Nord et du Nord-Ouest, où la culture du lin et du chanvre est le plus répandue ; elle y forme cinq groupes (Voir fig. 127).

1° Le groupe de la Flandre, dont le centre principal est à

Industrie

du Chanvre. Lin

et Jute .

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Fig. 127.

Lille, qui file et tisse dans presque tous les genres, du fil à coudre, de la toile de ménage, de la toile bleue, des articles à bon marché, et qui lui-même est entouré de fabriques très-importantes, telles que Marquette, Perenchies, Roubaix, Tourcoing,

Halluin, Houplines, Comines, Armentières, Bailleul. Dans le département, mais ayant leur cachet particulier, sont Dunkerque qui fait les toiles à voiles, Valenciennes, Douai et Cambrai qui font des toiles fines et les batistes pour la lingerie. Lille et Dunkerque sont, avec Amiens, les seules villes où la fabrication des tissus de jute ait quelque importance.

2° Le groupe de Picardie et d'Artois, avec Boulogne, où l'on file le lin, Hesdin et Frévent (Pas-de-Calais), Abbeville, la filature de Pont-Remy, Amiens et la vallée de la Somme qui font les tissus grossiers, toiles à sacs, toiles de jute, toiles dites toiles picardes ; Saint-Quentin, renommé pour la fabrication du linge damassé ; Chauny, connu par ses treillis.

Le lin est la matière première la plus employée dans ces deux groupes. Les départements du Nord et delà Somme sont, en France, ceux qui possèdent le plus de broches et filets ; le département de la Somme est celui qui compte le plus de métiers.

3° Le groupe de la Normandie et du Maine, qui compte un grand nombre de marchés fréquentés, dont le plus important est aujourd'hui le Mans, fabrique de grosses toiles ; dans presque toutes les campagnes de la Mayenne et de la Sarthe, le département de France qui, après la Somme, possède le plus de métiers à toile, on tisse des toiles qui sont vendues le jour du marché au Mans, à Laval, à Mayenne, kFresnay (Sarthe), à Mamers, à la Ferté-Bernard, etc. Les marchés principaux de la Normandie sont Saint-Lô, Lisieux, Alençon, Fiers, Mortagne et Yimmitiers (Orne), qui font de belles toiles pour draps et serviettes, Vire où l'on fait des coutils pour ameublement, Bernay renommé pour la qualité de son lin.

4° Le groupe de l'Anjou, où sont Angers et Chemillé ; cette dernière ville est le centre le plus important de la fabrication des mouchoirs.

o° Le groupe de la Bretagne, qui fait surtout des toiles fortes, que l'on porte aux marchés de Rennes, de Saint-Malo, de Morlaix, de Nantes, de Quintin, de Loudéac, de Dinan, etc. ; Lmderneau (Finistère) fournit des fils et des toiles.

Le chanvre est la matière première la plus employée dans ces deux derniers groupes.

On fait des cordages dans tous les grands ports ; mais les villes où cette industrie est le plus largement exercée sont le Havre, Cherbourg, Brest, Angers, Bordeaux.

Hors de la région du Nord et du Nord-Ouest, le tissage de la toile est pratiqué dans les campagnes pour la consommation des habitants, particulièrement dans les Cévennes, dans le Berri, le Nivernais, sans donner lieu à un commerce notable, excepté sur quelques points, tels que les Vosges, où Saint-Dié et Gérardmer fabriquent pour la vente de Paris, le Béarn et Panissières (Loire) qui font du linge damassé, Tonneins (Lot-et- Garonne) et Bayonne qui font des cordages pour la marine de la Gascogne, Saint-Martin (Puy-de Dôme) où se trouve une filature, Voiron (Isère) dont les toiles sont estimées, et, en général, le Graisivaudan où le chanvre abonde.

Paris avec sa banlieue, qui est le plus grand marché pour la vente des toiles, est aussi un lieu de production important.

192. j I^es lainages. — La laine est de toutes les fibres textiles celle qui se prête à la plus grande diversité de maind'œuvre et qui donne les tissus les plus variés. La matière première elle-même se classe en qualités très- différentes, depuis la laine commune des moutons solognots jusqu'à la fine laine du mérinos, les unes n'étant bonnes qu'à garnir des matelas, les autres servant à faire les étoffes dites mérinos. On la file de deux manières, et on en fait, soit de la laine peignée laquelle est composée de brins longs, rendus par l'action du peignage parallèles entre eux et lisses, soit de la laine cardée laquelle est composée de brins courts, mêlés par l'action des cardes de manière à donner un fil hérissé de poils, dont les aspérités enchevêtrées rendent le tissu plus compacte ; la première sert à faire les étoffes rases ou les étoffes mélangées, comme l'orléans ; la seconde à faire les étoffes feutrées.

Dans la même catégorie rentrent les poils de chèvre dits mohair, les poils d'alpaca, etc., très-employés aujourd'hui.

On distingue ainsi plusieurs genres de tissus de laine, dont les deux principaux sont les tissus ras, comprenant le mérinos, la popeline, la serge, le damas, le tartan, le velours dTtrecht, etc., et les tissus feutrés ou draps, comprenant le droguet, étoffe grossière qui était le type le plus ordinaire de la

fabrication aux siècles passés, le drap proprement dit, plus ou moins fin, le Casimir, le satin de laine, les étoffes à grands poils, etc. Les premiers sont simplement tissés, comme le chanvre et le coton ; les seconds, après le tissage, doivent être foulés sous des marteaux et avec des matières grasses, opération qui les rétrécit et les feutre, puis passés aux cardes à chardons qui font ressortir les poils, et enfin tondus. Les flanelles forment un genre intermédiaire fait avec des laines cardées et légèrement foulées. Les étoffes mélangées sont le plus souvent tramées avec des fils de laine peignée sur chaîne de coton. Les feutres sont des laines foulées sans avoir été tissées.

Quoique que la France produise beaucoup de laine, elle est loin de suffire à la consommation de ses manufactures qui produisent une valeur estimée à un milliard; elle importe pour plus de 200 millions de laine étrangère.

On compte sept groupes de fabrication de lainages :

1° Le groupe du Nord, comprenant plusieurs subdivisions très-distinctes : dans le département du Nord, Roubaix et Tourcoing font surtout, pour vêtements d'hommes et de femmes, les étoffes mélangées de coton, de laine et de soie, désignées sous le nom de nouveautés ; Cambrai, le Cateau qui appartient à la grande industrie, Fournîtes et Sains, à la petite, travaillent la laine peignée et brillent dans le tissage du mérinos ; dans le département de l'Aisne, Saint-Quentin et Guise qui excellent dans les tissus légers ; dans le département du Pas-de-Calais, Frévent, dans celui de la Somme, Amiens, font les velours d'Utrecht, les popelines et les tissus de nouveauté; Abbeville est une de nos plus grandes fabriques de draps.

Dans ce groupe, auquel l'on peut encore rattacher l'établissement de Crèvecœur et la ville de Mouy (Oise), fabrique importante de draps d'ameublement, règne presque exclusivement, si l'on excepte Abbeville et Mouy, le travail de la laine peignée.

2° Le groupe de la Normandie, ayant pour principale fabrique Elbeuf, qui fait la draperie dans tous les genres, surtout la draperie de nouveauté ; Louviers est l'émule d'Elbeuf ; Li- " " a -, Vire, Caudebec (Seine-Inférieure) font de gros tissus drapés ; Rouen fait des tissus mélangés ; Ponl-Authou (Eure) pos-

sède une des plus grandes filatures de la région. Le Calvados file la laine ; Saint-Lô fabrique des droguets. C'est le travail de la laine cardée qui domine dans ce groupe.

3° Le groupe des Ardennes, ayant pour principaux centres Sedan avec Rethel, Mouzon, Château-Porcien, et Reims avec presque toutes les communes de son arrondissement, Boultsur-Suippe, Bazancourt, Pont-Faverger, etc. Sedan conserve son ancienne réputation de fabriquer les draps les plus beaux et les plus fins de France ; Reims est le siège le plus considérable de la fabrication des flanelles et des tissus ras dans les genres les plus variés et produit une valeur de plus de i 50 millions. 4° Le groupe de l'Est, dont nous ne conservons plus guère que les fabriques de Lorraine, et Nancy, qui fait de gros draps. Nous n'avons plus Bitschwiller, Sainte-Marie-aux-Mines, Guebwiller, Mulhouse.

5° Le groupe de Y Isère ayant pour centre Vienne, qui produit en grande quantité des draps à bon marché pour pantalons et paletots.

6° Le groupe du Languedoc, où l'industrie des draps est trèsancienne, et qui comprend un grand nombre de fabriques donl quelques-unes sont très-importantes, et dans lesquelles on tisse, en général, des draps à bon marché : dans le Gard, Nîmes, qui fait beaucoup d'étoffes pour ameublement, reps et tapis de table, Sommières ; dans l'Hérault, Lodève qui fait des draps pour l'armée, Bédarrieux, Saint-Pons; dans l'Aude, Carcassonne ; dans le Tarn, Mazamet, une des plus actives fabriques du Midi, qui fait des draps de fantaisie et des étoffes à poil, Castres qui fait des cuirs de laine ; dans la Lozère, Mende et toute la montagne qui fabrique des serges.

A ce groupe on peut rattacher Marseille, qui, recevant les 1 aines importées, les lave, les peigne et les distribue aux manufactures du Languedoc.

7° Le groupe du Centre ou plutôt les fabriques disséminéesdans le centre de la France, comme Limoges qui fait des étoffe? communes pour la consommation des campagnes, flanelles e droguets, Châteauroux et RomorantiJi qui font des draps pou] l'habillement des troupes, Tours, Orléans qui a conservé la spé cialité des couvertures. . .

Il est à remarquer que cette industrie a ses trois premiers ^roUpes dans les départements qui élèvent le plus de moutons, Aisne et Somme, Seine-Inférieure et Eure, Marne ; le sixième groupe se trouve le long des cours d'eau situés au pied du Massif Central qui nourrit aussi une grande quantité de moutons (Voir § 143).

Au centre de ces groupes, est toujours Paris qui, dans ses murs

ou dans sa banlieue, et principalement à Puteaux, tisse, apprête

lui-même, et qui dirige en partie le tissage des autres groupes.

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