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LE LOGEMENT ET L'AMEUBLEMENT

(Voir dans l'Atlas la France économique : Industrie, planche II.)

205. l*e bâtiment. — Après l'alimentation qui entretien la vie et le vêtement qui défend le corps contre le froid, vient dans l'ordre logique, le logement qui l'abrite d'une manier plus complète ; dans la réalité, ces trois besoins sont satisfait simultanément par les trois principaux groupes des industrie humaines. Le groupe du bâtiment doit ses matières première à l'exploitation des forêts et des carrières, aux forges et au fabriques de quincaillerie, qui lui fournissent le bois, la piern le marbre, la brique, le ciment, le fer et les ferrures (Voir §§ iï et suiv.). Il occupe un nombre considérable de bras, et comprer une très-grande variété de professions, charpentiers, tailleu de pierre, maçons, sculpteurs, fumistes, couvreurs, menuisier serruriers, peintres, etc., qui travaillent, du moins dans l villes, sous la direction et d'après les plans d'un architecte.

C'est une industrie qui est pratiquée partout où il y ad maisons à construire ou à réparer, et qui, par conséquent, ( surtout active dans les grandes villes, comme Paris, Lyon, Mi seille, Bordeaux, Lille, Toulouse, Rouen; mais, étant exerc sur place et par un grand nombre de métiers divers, elle saurait, malgré son importance, donner naissance à de gram manufactures.

206. I^a tapisserie et les papiers peints. — Quai la maison est construite, on revêt les murailles intérieures ) peintures, de tapisseries ou plus souvent de papiers peints. i peinture se fait sur place; nous avons parlé des tapisser» (Voir § 194) ; quant aux papiers peints, qui ont une grande alogie avec les étoffes peintes, on les fabrique à Paris, à Lyoi& Metz, à Caen, à Toulouse, à Épinal, au Mans. L'Alsace (falques de l'île Napoléon et deRixheim), que les toiles peintes >l conduite à s'occuper de cette industrie, nous en fournis il beaucoup.

!07. Item meubles. — Les maisons sont ensuite garnies, ■ ceux qui les habitent, de meubles que fournit en majeure •tic Fébénisterie. L'ébénisterie constitue donc une industrie s-importante qui, dans les villages et dans un grand nombre petites villes, se confond avec la menuiserie, mais qui, à ris, occupe presque entièrement la population ouvrière de it un grand quartier (le faubourg Saint-Antoine) et qui, deis quelques années, s'est développée dans un certain nombre

grandes villes, BordeauXj Lyon, Nantes, Troyes, Saintentin, etc.

Slle s'inspire de l'architecture et comprend la fabrication des ubles courants dans lesquels le bon marché nuit parfois à solidité, et des meubles de luxe qui, sous le rapport du goût de la perfection du travail, ont fait, depuis une vingtaine nnées, de très-notables progrès. L'ébénisterie de luxe consîe aujourd'hui à Paris une véritable industrie artistique qui iploie non-seulement tous les bois exotiques et indigènes, mis ou mats, unis ou sculptés, mais les marbres, les pierres icieuses, les mosaïques, les faïences, les bronzes et les cuiis dorés, fondus et ciselés, les tapisseries, les étoffes de tenre, et qui les marie avec un talent égal à celui des plus celées ébénistes des siècles passés. Ses produits sont très-chers ; ûs elle a, pour la consommation générale, le mérite de nner des modèles et une direction à l'ébénisterie courante. Le bois est débité et préparé soit sur le lieu même de fabrition des meubles, soit dans le voisinage des forêts comme us les Pyrénées, le Jura, les Vosges, ou dans les ports d'imrtation, comme le Havre et Bordeaux.

Dans les lieux où abondent les châtaigners et les vignobles, ame dans l'Hérault, on fabrique beaucoup de tonneaux. Aux meubles se rattachent les appareils de chauffage en l ite qui sont une annexe de la quincaillerie et que fabriquent

is, Lille, Lyon, Coutances, Guise (Aisne).

)ans la catégorie des articles de mobilier, rentrent :

-il vannerie, que l'on fait avec de l'osier tressé ou d'autres bois

' ibles et légers; on fabrique : la grosse vannerie dans un

I ml nombre de campagnes, principalement dans le nord du

iement de Y Aisne (à Origny-en-Thiérache, etc.) et dans

tous les centres de culture maraîchère, à Montreuil (Seine), etc. la vannerie fine, à Paris, à Melun, etc. ; et la brosserie com mune, à Mézières, dans l'Indre ; la brosserie fine, à Paris.

La tabletterie, comprenant une foule de petits objets, peignes tabatières, jeux divers, boîtes, statuettes d'ivoire, etc., dont K centre principal est à Paris et que l'on fabrique à Saint-Clav (Jura), dans les Vosges, dans le département de l'Eure, à Diep^v où le travail de l'ivoire date des voyages des Dieppois sur 1 côte de Guinée, à Rennes, à Beauvais et à Méru (Oise), à Sam guemines, à Fontainebleau, à Nancy, etc.

208. I>a céramique. — La céramique fournit au mobi lier tous les vases, plats, assiettes, objets divers en terre cuite vernissée ou non vernissée, qui servent aux travaux industriel aux usages domestiques et à l'ornementation. Elle a, par coi séquent, une importance considérable, et de tout temps li hommes l'ont pratiquée. Elle comprend divers genres de pr duits dont les principaux sont :

1° Les poteries proprement dites ou poteries communes, fait avec l'argile (voir § 160); elles sont, les unes sans couverte, 1 autres avec couverte, couverte transparente d'oxyde de pion (voir § 16i), ou couverte opaque d'oxyde d'étain, et cor prennent, d'une part, les briques, les tuiles, etc., d'autre pa les ustensiles de cuisine, marmites, poêlons, etc. Les briques Bourgogne (Montchanin, etc.) et les briques creuses de Paris se les plus renommées; sur les bords du canal du Centre, dans Flandre et la Picardie, on fabrique beaucoup de briques, tuiles et de poteries.

2° Les grès, qui peuvent être aussi avec ou sans couver, grossiers ou fins; les premiers donnent des cruches, bouteill , terrines, etc., les autres, des articles de luxe susceptibles î recevoir une riche décoration.

3° Les faïences, qui sont des poteries fines fabriquées avece . l'argile plastique et recouvertes d'un émail opaque ; elles a ■ prennent la faïence commune, poêles, plaques de che nées, etc., et la faïence fine, dite, dans certains cas, porslaine opaque, dans d'autres, faïence artistique, etc.; c<e dernière est susceptible de recevoir les décorations les ris artistiques et est rentrée aujourd'hui en faveur, après a'i'

t, au xvie siècle, la gloire de Bernard Palissy et des Italiens. t° Les porcelaines dont la matière principale est le kaolin et i ont la qualité distinctive d'offrir une pâte blanche, et, après •uisson, à demi transparente; elles comprennent le biscuit porcelaine non recouverte d'émail, et la porcelaine dure qui

recouverte d'un émail transparent; c'est elle qui, à l'état de rcelaine blanche ou de porcelaine décorée, donne, surtout iv les services de table, les produits les plus beaux et les plus :hcrchés.

L,a porcelaine tendre, qu'on fabrique en France avec certains ilanges de silice et de carbonate de chaux et de potasse, sans iition de kaolin, rivalise aujourd'hui avec la porcelaine dure ur la décoration.

Les matières premières sont donc fournies par les carrières par l'industrie chimique. Le travail consiste d'abord à fariner les pâtes : c'est l'œuvre du potier qui fait tourner sur sa ne et pétrit l'objet pour lui donner la forme voulue ou qui plique sur un moule la pâte ramollie. Quand l'objet a reçu

forme, on le porte dans des fours où, soumis à une trèsute température pendant plusieurs jours, il est cuit. On le couvre ensuite de sa glaçure, on le dore, on le peint et on le met au four pour faire fondre et adhérer l'émail et les cou-

Les poteries communes, étant d'un usage général et trouvant irtout leurs matières premières, sont fabriquées dans un ès-grand nombre de lieux, surtout dans la Vienne, la. Seine, la irthe, le Nord, le Var, la Somme et la Gironde. Les grès se font à Paris, près de BeauvaU, à la Chapelle-aux- 'ts, etc., dans la Picardie, dans le Nord (Sars-Poterie, etc.), us Saône-et-Loire, dans certaines vallées des Vosges, àLuné- 'le, etc.

Les faïences fines se font à Paris, à Montereau (Seine-et- 'irne), à Greil (Oise), à Choisy-le-Roi (Seine), à Gien et • iare, fabriques de boutons et de perles, à Nevers, à Bordeaux, îj'»a\eux, à Grigny, à Arboras (Rhône), à Langeais, près de "lirs, etc., dans les Vosges (départements de Meurthe-ettye/fe et des Vosges), près de Toul. Nous avons perdu avec « reguemines un des centres principaux de cette fabrication.

Les porcelaines se font à Paris, qui cuit moins la porcelaine qu'il ne décore les porcelaines blanches venues des autres fabriques, à Montreuil (Seine) ; à Sèvres, où se trouve la manufacture impériale qui, comme les Gobelins, ne travaille guère que pour les souverains, mais qui fournit des modèles et des directions à l'industrie céramique tout entière ; à Limoges et aux environs, où la proximité du kaolin (Voir § 160) a donné naissance à cette industrie ; à Bordeaux, dans le Berri, l'Allier et la Nièvre (Vierzon, Mehun, Decize, Nevers, Champroux), où la découverte récente du kaolin et la présence de la houille ont créé la fabrication des articles courants.

209. L.a verrerie. — La verrerie est une industrie di môme genre. Sa principale matière est le sable ou silice ; ell< le recherche très-pur, le fond avec un mélange de sulfat* de soude ou de potasse, de carbonate de chaux, et, dans cer tains cas, d'argile (1), et en fait du verre ; avec le carboriat de potasse et l'oxyde de plomb, elle en fait du cristal.

Le verrier prend dans le creuset un peu de verre au bou d'un tube, le gonfle en soufflant pour en fabriquer des ballon;des bouteilles ou des cylindres qu'il coupe ensuite et étend e forme de vitre.

Il le souffle dans un moule pour en fabriquer des carafe: des verres, tous les articles courants désignés sous le nom t gobeleterie ; il le coule en grandes masses sur des tables ( fonte pour fabriquer des glaces qu'ensuite on polit et on étam Il manie de la même manière le cristal et en fabrique di objets analogues à ceux de la gobeleterie, mais plus beaux et plus souvent ornés de tailles faites à la meule ou de gravure

La verrerie consomme, comme la céramique, beaucoup ■ combustible. C'est pourquoi elle plaçait autrefois ses fabriqu dans les régions boisées et les place généralement aujourd'h près des mines de houille.

C'est, en effet, à côté du charbon de terre qu'on trouve 1 principaux groupes de verreries communes, celles qui fon*. ] bouteilles et les vitres : dans les houillères du Nord, à Fresni à Anzin, à Aniche, etc. ; dans les houillères du Centre, à Vi -

(1) Pour faire du verre à bouteilles, par exemple.

ton, à Chagny, à Blanzy, à Épinac, etc. ; dans le bassin de la ^oire, à Rive-de-G-ier, à Saint-Étienne, à Givors, à Lyon et à fernaison (Rhône) ; dans le bassin (YAlais, à Alais; dans les >assins de Carmaux, de Vouvant et Chantonnay, d'Ahun et de Ifontluçon, etc. Forbach, que nous avons perdu, est un des 'entres de cette industrie. Les parties boisées du département le Y Aisne, Folembray, Prémontré, Quiquengronne, la plus an- :ienne verrerie de France, Vauxrot, près de Soissons, et le îord du département de la Marne qui fabriquent des bouteilles >our le vin de Champagne, les forêts des Vosges dans les dé- >artements de la Meurthe-et-Moselle, des Vosges et de la Haute- Jaône, les forêts du Jura, les parties boisées de VOrne et de la mine-Inférieure (Forges), la forêt de Chantilly (verrerie de Creil) ilimentent aussi des verreries.

La gobeleterie se fait très-souvent dans les mêmes fabrinies, plus particulièrement à proximité des belles forêts des Vosges, à Meisenthal, près de Saint-Louis, et à Vallerysthal, >rès de Saint-Quirin, actuellement dans la Lorraine allemande, i Trois-Fontaines (verres de montre), à Planchotte (Vosges), i Trélon, etc.

La cristallerie compte quelques grands établissements : Baccarat (Meurthe), Clichy (Seine), Lyon; nous avons perdu ^aint-Louis (Moselle) qui formait le troisième ; en second ordre, Pantin (Seine), etc.

Les glaces viennent surtout du grand établissement de Saint-: fjobain, fondé sous le règne de Louis XIV; Chauny (Aisne) et Hirey (Meurthe-et-Moselle) en sont des dépendances; Aniche Nord), Montluçon (Allier), etc. et Saint-Quirin, aujourd'hui )erdu, sont au second rang.

210. Le bronze et rorfévreric. — L'orfèvrerie, qui fabrique des pièces destinées au service de la table, couverts, >lats, cafetières, etc., en or et plus souvent en argent, «et le \ronze, qui fabrique en bronze des flambeaux, des lampes, des iarnitures de pendule, statuettes, etc., sont encore des indus-

'ies de luxe, exigeant la coopération d'un grand nombre d'ar-

stes et d'ouvriers d'élite, modeleurs, fondeurs, ciseleurs,

usteurs, etc. : c'est pourquoi elles sont presque exclusivement

atiquées à Paris.

LÀ PU.iV..'. 30

211. La coutellerie. — La coutellerie, qui fournit couteaux de table, couteaux de poche, canifs, rasoirs, ciseaux, etc., a pour centres Thiers (Puy-de-Dôme), qui fait les articles à bas prix (12 millions d'affaires), Nogent et Langres (Haute-Marne), Chdtellerault (Vienne), qui font toute espèce d'articles ordinaires; Paris fait les montures et les articles d'une qualité supérieure ; Saint- Étienne et Nontron fabriquent en quantité considérable de grossiers couteaux de poche à manche de bois, dits eustaches.

6e section.

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