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LES VOIES DE COMMUNICATION

224. Ltes routes. — « Les rivières sont des chemins qui marchent, » a écrit avec raison Pascal, c'est-à-dire de grands chemins aplanis sur lesquels, à la descente, le courant pousse et conduit de lui-môme les fardeaux. Comme la nature en a fait les frais, l'homme, dans les sociétés les plus grossières, les trouve et en profite ; c'est le long des fleuves et le long des côtes, que le commerce a commencé.

Mais les fleuves ne conduisent pas partout. Il a d'abord fallu relier par des routes de terre un cours d'eau à l'autre, puis une ville à une autre dans une même plaine, et les routes, que l'on peut tracer en tous sens, sont devenues, dans nos contrées, à la seconde période de la civilisation commerciale, une de? voies de communication les plus ordinaires. Elles forment encore, avec les fleuves et rivières, un des éléments les plus importants de notre viabilité. Le réseau de grandes routes actuelles a été commencé, au xvine siècle, pendant le ministère du contrôleur général Orry, sous la direction des deux Tru daine, et organisé par le décret impérial de 1811 ; celui de no chemins vicinaux l'a été par la loi de 1836.

On divise les routes en plusieurs catégories correspondant divers modes d'entretien :

1° Les routes nationales entretenues aux frais de l'État pa l'administration des ponts et chaussées, parce que ce sont d grandes routes sillonnant la France ou intéressant toute un région de la France ; elles ont une longueur d'environ 38,000 k lomètres avec les anciennes routes stratégiques ;

2° Les routes départementales, entretenues aux frais des d< partements, des arrondissements ou de certains groupcommunes, et ayant une longueur de 48,000 kilomètres;

3° Les chemins vicinaux (544,000 kil.), entretenus par les con munes ou par certains groupes de communes intéressées, l'aide des budgets communaux et des prestations, et se subdh sant en chemins de grande communication (environ 84,000 kil

presque tous empierrés et bien entretenus, chemins d'intérêts communs [environ 79,000 kil.), empierrés en 381,000 kil.), majeure partie, et chemins vicinaux ordinaires dont la moitié environ est à l'état de sol naturel, c'est-à-dire n'est ni construite ni entretenue.

Il existe quelques catégories moins importantes : les routes forestières de la Corse, les routes agricoles de la Sologne, des Landes, les routes thermales, conduisant aux établissements de bains situés en général dans les montagnes, et les chemins ruraux, c'est-à-dire les chemins non classés et rarement entretenus, qui servent aux exploitations rurales.

C'est dans le nord de la France et dans l'ouest que les routes nationales sont le plus nombreuses relativement à la superficie du territoire. C'est dans le nord-ouest, la vallée de la Garonne et Y est qu'on trouve le plus de routes départementales. C'est dans le nùrd et le nord-ouest, dans la vallée de la Saône, du Rhône et de la Garonne que sont les chemins vicinaux les plus nombreux ; les parties les plus dépourvues à cet égard sont celles du nordest et du sud-est. Toutefois, les cartes qui figurent cette répartition ne donnent qu'une idée assez vague de la viabilité dans chaque région, et, depuis quelques années, plusieurs départements, principalement dans l'ouest, ont modifié le classement et transformé une partie de leurs routes départementales en chemins vicinaux.

225. fc*a canalisation. — Les routes n'ont pas fait abandonner- les rivières ; à mesure que la richesse et la sollicitude pour le commerce ont fait construire des chemins, ils ont poussé également à améliorer les voies fluviales, et, pour cela, i établir des chemins de halage, à approfondir le chenal, etc.

es principaux inconvénients de ces voies fluviales consistent lans l'irrégularité du régime des eaux, dans la difficulté de emonter un courant rapide, dans l'impossibilité de faire paser les bateaux et leur chargement du bassin d'un fleuve dans

n autre bassin : on y a remédié au moyen des canaux.

In canal est une rivière artificielle, c'est-à-dire un large creusé de main d'homme dans lequel on a amené l'eau ;

tais c'est une rivière dans laquelle on maintient un niveau

<lau à peu près constant, et dont on modère le courant

par une pente calculée et, le plus souvent, par des écluses.

Les écluses à sas sont d'invention moderne. C'est le grand peintre Léonard de Vinci qui, au xvic siècle, en apprit l'usage aux Français ; les premières écluses de ce genre ont été construites sur la Vilaine de 1538 à 1575 ; ce sont elles qui ont rendu possible la réunion, à l'aide d'une rivière artificielle, de deux bassins fluviaux séparés par un dos de terrain. Elles consistent en un bassin assez grand pour porter bateau, assez petit pour ne pas contenir trop d'eau, et muni de deux portes, Tune communiquant avec la partie supérieure du canal, l'autre avec la partie inférieure. Quand les deux portes sont fermées, l'écluse fait fonction de barrage et arrête le courant supérieur, pendant qu'une autre écluse, placée plus bas, arrête le courant de la partie inférieure. Quand on ouvre la porte communiquant à cette dernière partie, le même niveau s'établit promptement entre le bassin de l'écluse et le canal inférieur. Le bateau entre sans effort ; la porte est fermée, et, bientôt après, on ouvre, avec certaines précautions, la porte opposée : l'eau monte dans le bassin, arrive au niveau du canal supérieur, et, sans effort encore, le bateau continue sa route. On peut ainsi, par une série d'écluses, lui faire monter ou descendre une montagne.

La principale difficulté est de se procurer une eau suffisante dans l'écluse la plus élevée, au point qu'on nomme le bief de partage; car l'eau ne monte jamais, et les écluses doivent toujours être alimentées par de l'eau venant d'un lieu supérieur C'est pourquoi on est souvent, au bief de partage, obligé de l'aire de grands travaux d'art pour colliger les ruisseaux du voisinage, comme au canal du Languedoc ; aussi, pour tracer des canaux de ce genre, choisit-on les dépressions naturelles ou culs qui se trouvent dans les arêtes des bassins, et qui sont dominées par des collines et des cours d'eau.

Le premier canal français, le canal de Briare, a été commencé sous le règne de Henri IV et terminé en 1642 ; le canal du Languedoc fut construit par Riquet et son fils, de 1666 â 1684. A la fin du xvme siècle, la longueur des canaux ouverts a la navigation était d'environ 1,000 kilomètres. C'est surtout aux lois de 1821 et de 1822 qu'est due la création du réseau de nos

canaux; c'est depuis 1830 qu'on a travaillé activement à améliorer la navigation des rivières.

'226. l-es canaux. — Les voies navigables sur lesquelles a lieu la navigation intérieure comprennent :

1° Les fleuves et rivières navigables ou flottables, ayant une longueur totale d'environ 11,600 kilomètres. Cette catégorie comprend 3,160 kilomètres de rivières flottables situées surtout dans les régions montagneuses et forestières : dans l'est, Meurthe-et- Moselle, Vosges, Haute-Saône, Jura; dans la région alpestre,

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