‹ La France colonialeChapitre 1 sur 180 · EUE DE MÉZIÈRES · texte numérisé non relu

EUE DE MÉZIÈRES

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PRÉFACE

Nous ne manquons pas de livres Iraitunl des colonies françaises eu général, et, dans le nombre, il y en a d’excellents’. Cependant ie sujet est si vaste et si complexe que la compétence d’un homme, si étendue qu’on la suppose, ne semble pas pouvoir suftire à une telle tâche, 11 lui manquera toujours de n’avoir pas vécu dans toutes les colonies, de n’avoir pas une impression personnelle sur l’état actuel de chacune d’elles, car il ne peut, en l’année 1891 ou 1892, s’être trouvé, à la fois, au Tonkin et au Sénégal, à File de la Réunion et à la Guyane.

Ce qu’un seul ne peut faire, plusieurs peuvent le tenter : de là, l’idée de confier la description de chaque colonie à un écrivain qui Fait étudiée sur place, autant que possible à l’époque la plus récente, et qui ait d’ailleurs toute la compétence requise pour la décrire scientifiquement.

C’est cette idée que nous avons mise à exécution, et, comme nos premiers travaux pour notre première édition datent du mois de mars 1885, nous espérons qu’on ne pensera pas que nous avons marché sur les brisées de personne.

Un tel livre ne peut s’établir aussi rapidement qu’un livre ordinaire. Pour arriver à réunir toutes ces notices, il a fallu une vaste correspondance, et l’entreprise a dû être tiaversée par de nombreux incidents. Tel écrivain, au moment où il venait de nous promettre sa collaboration et de commencer son travail, a été obligé, par sa situation officielle, de partir subitement ou pour le Soudan, ou pour le Congo, ou pour Madagascar, ou pour le Tonkin, Telle

1. Nous avons plaisir à citer ceux de M. Gaffarel, les Colonies françaises, 1880; de M. Louis Vignon, les Colonies françaises, 1886, et l'Expansion de la France, 1891 ; de .M. Lanessan, V Expansion coloniale de lu Fraiice, sans parler d’ouvrages plus anciens, mais d’une haute valeur, comme celui de M. Duval, tes Colonies et la politique coloniale de la France, 1864.

FRANCE COl.ONIALE.

PHÉFACE

promesse de concours, contractée à Cherbourg, n’a pu se réaliser que dans un manuscrit daté de Majonga. La copie n a pas exécuté seulement, à Paris, les voyages obligés du bureau de l’éditeur à l’imprimerie, mais parfois aussi la traversée de l’Océan.

Le présent ouvrage aura, sur toute publication similaire, l’avantage de se présenter avec plus de méthode, de coordination, d’unité.

Il sera plus complet, puisque nous ne nous sommes pas bornés à y comprendre les colonies proprement dites, celles qui dépendent aujourd’hui du ministère des Colonies, mais aussi l’Algérie, mais les protectorats qui relèvent du ministère des Aü’aires étrangères.

Il nous reste à marquer la part de nos collaborateurs.

De la première édition (1885) à la septième édition, il y a eu quelques modifications dans le personnel de nos collaborateurs. Paul Soleillet, le célèbre exploraleui- africain ([ui a voyagé dans le Soudan français et dans l’Abyssinie, et à qui la France doit l’acquisition des forts et rades de Sagallo, est mort glorieusement dans une de ses expéditions (1886). Le commandant Arcbinard, après ses trois brillanles campagnes du Soudan, est devenu le colonel Arcbinard, le vainqueur d’Abmadou et de Samory, le commandant supérieur du Soudan français, celui qui a préparé la conquête de Tombouctou par l’acquisition du Macina. Dutreuil deRbins est mort assassiné au Tbibet en 1804, au cours d'une très importante mission dans l’Asie centrale. Le capitaine Bobinais, après de nouveaux services en Indo-Cbine, est devenu le colonel Bobinais, etc. Cependant la distribution des matières reste sensiblement la même qu’à l’époque de notre première édition.

L’Ai.giîbie: M. Pierre Foncin, inspecteur général de l’Instruction publique, secrétaire général de Y Alliance française, chargé plusieurs fois de missions en Algérie par le ministère de l’Instruction publique, et bien connu par ses travaux géographiques ;

La Tunisie : M. Jacques Tissot, qui a vécu longtemps dans l’Afrique du Nord et (jui, en particulier, a pu étudier de très près l’établissement fondé dans la Régence;

Le Sénégal et le Soudan fbamuis ; M. le colonel Archinaud, de l’artillerie de marine, qui, pendant quatre années, sous les ordres du colonel Borgnis-Desbordes, a pris part aux campagnes sur le haut Sénégal et le haut Niger et à la construction des forts de Kita, Bafoulabé, Badombé, Koundou et Bammako, puis, en qualité de commandant supérieur, y a dirigé les quatre décisives campagnes de 1888 à 1891 et de 1892-1893. Nous indiquerons les modifications que nous avons dû ajouter à son travail primitif pour le mettre au courant et y marquer la place des grandes actions de l’auteur ;

La Gui.xée françuse : M. Bbétigxère de la maisou Verdier, de

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la Rochelle, son représentant à la Côte d'Or, et M. Médard Ri'haud, de la maison Daumas, Béraud et G‘% de Paris, son représentant à la Côte des Esclaves, et qui, comme agent consulaire de France, a joué un rôle important dans les négociations pour l’établissement du protectorat sur Porto-Novo'; le travail de M. Béraud a été ensuite revu par M. l’abbé Bouche, missionnaire à la côte de Guinée. Et enfin nous avons dû ajouter nous-même le récit des derniers événements;

C'OuEsr AFRICAIN (Gabon et Congo français) : Dutrfuii. de Riiins, ancien officier de la marine française, ancien commandant de la flotte du roi d’Annam, Fun des compagnons de Savorgnan de Brazza dans l’exploration du Congo , auteur d’importantes publications sur les pays visités par lui 2, tombé victime de son dévouement à la science;

L’Ile de la Réunion : M. Jacob de Coudemoy, membre du conseil général de cette île;

iMadagascar et les îles voisines : M. Gabriel Marcel, de la Bibliothèque nationale (service de la géographie), qui a fait de « la France orientale » une étude particulière et qui a tenu cependant à faire revoir son travail par M. Alfred Ghandiijier, si connu par son exploration de Madagascar et ses études sur file 3;

Le travail sur Obock est toujours, comme fond, celui de Paul SoLEiLLET^. Nous iious sommes contentés de le tenir au courant des nouveaux faits historiques et économiques;

CriEïKH-SAÏD : M. Paul Bonnetain, le publiciste et le romancier bien connu, qui a servi dans l’infanterie de marine, a vu Cbeïkh-Saïd et plusieurs de nos colonies, a été un moment directeur de V Armée coloniale, puis haut fonctionnaire au Soudan français;

I/Inde française ; M. Henri Deloncle, attaché au ministère des Affaires étrangères, auteur de publications estimées sur les colonies actuelles et les anciennes, et qui a séjourné dans l’Indouslan;

L’Indo-Chine française: M. le lieutenant-colonel Boüinais, de l’infanterie de marine, premier aide de camp de M. Le Myre de Vilers (alors gouverneur de la Cochinchine), puis membre de la commission franco-chinoise de délimitation des frontières au

1. Auteur d’un Rapport au ministre des Affaires étrangères sur le royaume de Dahomey et inséré dans le Biillelin de la Société de géographie, novembre 1886.

2. Le rogaiime d'Annam et les Annamites, îoovndA de voyage, Plon,18C9. — Le Congo français, Dentu, 1885, etc.

3. Bulletin de la Société de géographie, octobre 1860, avril, août 1872. — Revue scientifique, mai 1872. — Rapport de.M. Grandidier à l’Institut, 1867. 1868, 1872. — Surtout son grand ouvrage sur la faune de Madagascar.

4. Voyez Jules Gros, Les voyages et découvertes de Paul Soleiilet dans le Sahara et dans le Soudan, racontés par lui-même, avec une préface de .M. Levasseui-, de l’Institut, Dreyfous, 1881. — Paul Soleiilet, Voyages ei É’/Ziiopie, Rouen, 18; 0.

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Tonkin, et M. Paülus, son collaborateur dans ses principales publications sur la péninsule indo-chinoise*;

L'Archipel de Tahiti ; M. A. Goupil, habitant Papeete depuis vingt-cinq ans, président de la Chambre d’agriculUire, membre du Conseil privé, membre du Conseil colonial, consul du Chili aux îles Tahiti

La Nouvelle-Calédonie, les Tuamotou, les Marquises et autres archipels océaniens ; M. Lemire, qui a parcouru à pied toute la Calédonie et a publié sur nos îles d’importants travaux’;

Terre-Neuve, Saint-Pierre et Miquelon : M. le capitaine Nicolas, de l’infanterie de marine, qui y a longtemps séjourné;

La Guadeloupe et ses dépendances : M. Isaac, sénateur de la Guadeloupe ;

La Martinique : M. Hurard, député de la Martinique;

La Guyane avait d’abord été rédigée par M. Jules I.eveillé, professeur à la faculté de droit de Paris, député, bien connu par ses articles dans le journal le Temps, et qui revenait d’un long voyage dans cette colonie, entrepris dans le but d’y étudier toutes les questions relatives au régime pénitentiaire et à la déportation des récidivistes. Il a tenu à nous laisser le soin de remanier son travail pour cette septième édition, se réservant pour un chapitre nouveau intitulé: Nos colonies pénitentiaires et la transportation.

Nous avons pensé que la description de chacune de nos colonies par un écrivain qui en a fait son étude particulière olfrirait au public des garanties incomparables d’exactitude, de sincérité et en même temps de vivacité d’impressions. Les récits d’hommes qui ont accompli des voyages d’études, qui ont fait la guerre, administré, trafiqué aux colonies ou qui les représentent au Parlement ou dans les conseils locaux, qui connaissent et qui aiment la France d’outre-mer, présenteront assurément un plus grand intérêt pour le public que l’ouvrage le plus savant et le mieux combiné, rédigé d’après les documents les plus exacts et lesplus récents, mais, enfin, conçu dans le cabinet et écrit par un homme seul, et qui n'aurait pas vu de ses yeux.

Le temps n’est plus où l’on mettait aux voix dans la Chambre des députés l’évacuation du Tonkin, où l’une de nos plus belles

1. La Cochinchine française contemporaine, Challarnel. — LTndo-Chine française contemporaine, 2 vol. in-8% Challarnel. — De Hanoi à Pékin, Berger-Levrault, 189?.

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