A publié et rédigé, depuis 1883, L'Océanie française
3. Chez Challarnel : La colonisation française en Nouvelle-Calédonie et ses dépendances. — Guide de France en Catédonie et en Atistralie, par Suez. — Guide de France en Calédonie et à Tahiti, par les deu,v caps. — Voyage à pied en Calédonie. — Description des Nouvelles-Hébrides. — V Australie contemporaine comparée à la Finance, etc.
PRÉFACE
possessions n’élait sauvée qu’à une voix de majorité, où riionime d'Elat auquel nous sommes principalement redevables de l’acquisition de la Tunisie, du Congo, de Madagascar, de l’Indo- Clliine, succombait sous le poids de l’impopularité la plus imméritée.
Dans le pays et dans les Chambres on a compris enfin l’importance du but à atteindre dans l’âpre concurrence de toutes les grandes nations européennes , et l’on a admis la nécessité de sacrifices proportionnés aux tâches entreprises. On ne discute plus que sur le meilleur parti à tirer des colonies déjà acquises ou sur les moyens les plus efficaces pour assurer noire influence dans les limites reconnues par les traités. Mais, en 1885, qui eût pu prévoir qu’un jour les victoires sur Abmadou et Samory seraient célébrées comme des victoires, que les crédits pour une expédition au Dahomey seraient votés presque sans opposition, que le désastre de Crampel serait seulement le point de départ de nouvelles entreprises, que les noms des Dybowski et des Monteil seraient dans toutes les bouches, que le lieutenant Mizon serait fêté à l’Hôtel de Ville et qu’il se formerait à la Chambre des députés un imposant « groupe colonial »? Certes, il est regrettable que ce l’evirement ne se soit pas produit plus tôt; nous n’aurions pas toléré que les Anglais de Calcutta, par les conséquences qu’ils prétendent tirer de leur conquête de Birmanie, nous ravissent sur le Mékong une partie des fruits de nos succès au Tonkin; nous serions solidement établis à Madagascar; nous n’aurions pas laissé grandir la puissance de Samory et l’insolence du roi Béhanzin; nous n’aurions pas livré à la Royal African Company le bas Niger, la Bénué et un immense jusqu’au lac Tchad; nous aurions prévenu, par
des traités conclus en temps utile, le développement iuc.ommode pour nous qu’a pris le Togo allemand; nous aurions obtenu de meilleures frontières dans la région du Congo, aux sources du Niger et dans mainte autre région. Du moins, lorsque nous revenons d’une erreur, nous en revenons vite; et c’est à pas de géants, avec des bottes de sept lieues, que nous avons reconquis une partie du terrain perdu. Au reste, chaque génération a ses ignorances et ses incertitudes, et il ne faut pas être plus sévère pour la nôtre qu’il ne convient. Si aux jours de la Restauration, même dans les années tranquilles de Louis-Philippe, ou même seulement vers 1858, lorsque le second Empire n’avait pas encore mis le doigt dans l’engrenage qui l’a pris tout entier, la France avait eu l’intuition nette des destinées qui l’attendaient dans le grand continent du sud, imagine-t-on ce que serait aujourd’hui l’Afrique? non pas ce ^ triangle bizarrement découpé en rectangles, démembré, déchiqueté, bariolé de couleurs anglaises, allemandes, italiennes, portugaises, belges-congolaises, mais un empire immense, presque compact, qui eût compensé pour la France ceux que les guerres du xviu* siècle et la chute de Napoléon lui avaient fait perdre dans l’Indoustan, en Amérique et sur le continent européen. L’Afrique
l'liKFACE
eût été pour nous les véritables Indes noires, plus précieuses même que celles du Gange, car il y a là un monde de clients inconnus, de peuples nus et qui ne demandent qu’à pouvoir se vêtir. Il y a là aussi une réserve prodigieuse de races guerrières et disciplinables, auprès desquelles nulle discipline n’a encore aussi bien réussi que celle de la France. Là nous aurions trouvé le moyeu de rétablir l’équilibre détruit à notre détriment dans le reste du monde, absolument comme la Russie, par la conquête de l’Asie centrale, a pris sa revanche des agrandissements de l’Allemagne en Europe et des acquisitions anglaises un peu partout.
caf^te;
pour servir à l'histoire
DEL'AMÉRIQUEduNORD
depuis letraité d'Utrecht(i7i3) jusqu'au traité de Paris (i/êS)
j S? iat/re/rt