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Rhynochetos jubatus

LA NOUVELLE-CALÉDONIE

attaquée ni par les sauterelles, ni par aucune maladie. Production en 1886 : 160000 kilogrammes.

La canne à sucre produit à l’hectare 2000 francs et le riz 600 francs (580000 kilogrammes 1886).

Le tabac est très cultivé. Le gouvernement encourage cette culture. Les colons ont à améliorer la production par des engrais potassiques.

La luzerne et les plantes fourragères donnent jusqu’à 8 coupes par an.

Enfin l’ananas produit 1 500 fruits par hectare et donne 750 litres d’eau-de-vie, à 62 degrés, au prix d’au moins 1 franc le litre. Une grande plantation avec distillerie s’est introduite il y a quelques années, afin de remplacer par l’eau-de-vie d’ananas les pertes que cause dans nos vignobles \e phylloxéra.

Le bananier, le cocotier, le manioc font partie des cultures les plus essentielles de la colonie, et poussent sans aucun soin, ainsi que les fruits tropicaux : oranges, citrons, pêches, mangues, etc. La vanille vaut environ 80 francs le kilogramme.

Plantes ornementales. — Les plantes exotiques à feuillage ornemental qui donnent lieu en Belgique et en Allemagne à un commerce important, sont demandées à la Nouvelle- Calédonie et à nos autres colonies pour l’exportation.

Les aralias, les cycadées, les dracænas, les yuccas font ’ornement des forêts calédoniennes. Les grandes futaies en font l’utilité.

Essences forestières. — La Calédonie a 120000 hectares de forêts où croissent des arbres magnifiques : le kaori (un dammara) a 30 mètres sous branches, est très droit et donne une résine excellente. Le niaouli [Melaleuca viridiflora) est l’arbre calédonien par excellence. Une infusion de ses feuilles remplace le thé ou le laurier dans les sauces. 11 assure la salubrité du pays ; aussi le propage-t-on en Algérie comme l’eucalyptus. Son fourreau d’écorce le préserve du feu et sert à faire des cases. Il produit l’essence de niaouli ou huile de cajeput, employée dans la parfumerie et en médecine contre les rhumatismes et les maladies de la vessie. En un mot, c’est un arbre précieux à tous les égards.

Les caoutchoutiers seraient à exploiter, car les produits de cet arbre sont devenus rares et chers en Europe.

Le bancoulier donne l’huile de camari et le cocotier l’huile de coco, de sorte qu’une savonnerie européenne, montée à Nouméa, fournit à toute la colonie le savon ordinaire.

Les danimaras et les araucarias font des colonnes superbes.

Le houp est un bois incorruptible servant à faire des pirogues et des piliers de cases.

V arbre à pain donne annuellement des fruits savoureux et féculents.

Le suc de V arbre à goudron [Rhus atra) engendre des plaies douloureuses, lorsqu’on débite sans précaution le bois vert.

Les arbres d’essences propres à l’ébénisterie se vendent en grume 10 francs le stère, et celles propres aux constructions 5 francs le stère.

Le tamanou, Vébène blanc, le chêne tigré, le bambou et une foule de bois propres à tous usages abondent. La colonie consomme de 3 à 4000 mètres cubes de bois et dépense par an en Australie et en Amérique, 400000 francs de bois qu’elle pourrait faire débiter dans ses propres forêts; mais elle n’a que deux exploitations et quelques petits chantiers forestiers. Les bois de la Nouvelle-Zélande et de l’Orégon, qui valent, tout débités, 25 francs le mètre cube dans le pays d'origine, sont donc amenés à Nouméa au prix de 100 à 150 francs et même plus. Il est temps que la main-d’œuvre vienne permettre l’exploitation, facilitée par les chutes d’eau naturelles, des forêts situées sur le bord de la mer le long de la côte nord-est.

Miaes. — La Calédonie est surtout un pays minier.

Les minerais exploités sont le cuivre, le nickel, l’or, l’antimoine, le cobalt et le chrome.

La houille, le fer, les pierres lithographiques, les pierres à bâtir et les pierres à chaux doivent compléter ces exploitations.

L’exportation des minerais a dépassé 3 millions en 1884, mais a diminué depuis.

Le gisement de cuivre le plus important est celui de la Balade au Diahot. L’une des mines de cuivre donne jusqu’à 34 0/0 de minerai. On a exporté 638 tonnes de cuivre en 1880.

L’or a été exploité à Mauguine et à Galarino; mais jusqu’ici les résultats n’ont pas été rémunérateurs.

Une industrie qui reste française et doit devenir nationale, c’est celle du nickel, qu’on devrait appeler le métal français.

Les mines de nickel d’une seule société couvrent en Nouvelle- Calédonie 4000 hectares et sont réparties dans trois centres principaux : Canala, Houaïlou et Thio. Le minerai est fondu à Nouméa dans les hauts fourneaux. On y produit de la fonte de nickel sans soufre à 70 0/0, à raison de 4 à 5000 kilos par jour. Ces fontes sont affinées dans l’usine de la Compagnie, qui

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