‹ La France colonialeChapitre 127 sur 180 · livre du nickel à 6 francs le kilo, au lieu de 40 francs, ancien prix · texte numérisé non relu

livre du nickel à 6 francs le kilo, au lieu de 40 francs, ancien prix

Cette industrie prendra un grand développement le jour où l’on se décidera à transformer notre monnaie de billon en monnaie de nickel.

Vantimoine est très abondant et de qualité supérieure. 11 sert pour la fonte des caractères d’imprimerie et pour la thérapeutique. Son extraction est très facile. Il se fond dans les hauts fourneaux de Nakéty.

Le chrome est exploité au pied des monts d’Or. Les frais d’extraction sont de 12 francs par tonne rendue sur le hord de la mer, 50 francs de fret ordinaire, ce qui est un maximum, et la tonne se vendra 100 francs, ce qui laisse un beau bénéfice. Aussi les Compagnies qui exploitent en Calédonie le chrome et le cobalt sont-elles australiennes. Melbourne est le centre de ce commerce. Depuis deux ans le chrome est employé, en Allemagne et en Angleterre, au tannage des peaux. Ce nouveau procédé est appelé à faire une révolution dans l’industrie du cuir, à laquelle Bordeaux est si largement intéressée.

Le cobalt est d’une facilité d’exploitation exceptionnelle. Il se récolte en abondance sur le littoral sud de la Nouvelle-Calédonie. 11 sert aux teintures en bleu pour porcelaine, émail, etc. On le fond à Nouméa.

Des gisements de houille ont été découverts en 1854 et en 4872, expérimentés en 1858. Les couches étaient irrégulières; l’eau se rencontrait très vite. La consommation était minime. Le charbon d’Australie est très bon marché. Pour ces motifs, on n’a pas exploité, mais on s’occupe de commencer des travaux qui feront ressortir l’importance de ces gisements. Les hauts fourneaux qui existent à Nouméa, les grands paquebots, les usines y trouveraient les ressources en combustible qui leur sont indispensables.

Nous ne parlerons pas des marbres, des serpentines, des jades, des ardoises. Nous nous bornerons à citer les pierres lithographiques de la presqu’île Ducos. Elles sont exemptes de quartz, de vermicelles, et se présentent en liteaux par plaques de 1"',20 de long. Elles sont situées sur le bord de la mer.

Tel est l’ensemble des richesses minières de notre colonie. Elles sont assez importantes pour attirer l’attention des capitalistes français à une époque où l’argent est abondant et à bas prix.

Commerce. — Une chambre de commerce fonctionne à

Nouméa, ainsi que des comités agricoles, industriels et commerciaux.

Les importations, en 1890, ont été de 11 091 500 francs, dont 4 776 650 de France; les exportations de 7 140550 francs, dont 1 348 900 pour la France.

Les principaux articles à l’importation ont été ; vins et spiritueux, 1 879 920 francs ; flour and dried vegetables, 1 205 300 fr. ; objets de fer, 1 067 820 francs; — à l’exportation : nickel, 3 595100 francs; argent lead ore, 653 625 francs.

En 1890, il est entré à Nouméa 89 navires de 70474 tonnes, dont 63 navires anglais de 45 000 tonnes. Il est sorti 64 navires de 74 888 tonnes, dont 39 navires anglais de 31 659 tonnes.

Une ligne de navigation française directe entre Marseille et Nouméa est établie depuis novembre 1883, et depuis lors un service à vapeur dessert les ports de l’Atlantique et la colonie. On reclame pour Nouméa un bassin de carénage et des ateliers de réparations pour les navires marchands. Les navires de guerre vont chaque année se réparer à Sydney et dépensent plusieurs centaines de mille francs au profit des Australiens. Pour que Nouméa, port français, reste tète de ligne des paquebots français subventionnés, il faut créer sans retard ce bassin et agrandir les quais et appontements.

Une ligne directe de steamers fonctionne entre la Cochinchine et la Calédonie avec escales en Australie. Désormais, d’ailleurs, tout navire à vapeur faisant le voyage entre Nouméa, Sydney et Saigon, sera dégrevé des droits de phare, balisage, ancrage, etc. Cette sage mesure maintient en relations la Nouvelle-Calédonie et l’Australie avec notre grande colonie indochinoise, et facilite entre ces pays l’échange de leurs produits.

Voles de communications. — La Calédonie est, comme on l’a vu, habitée d’une extrémité à l’autre par des Européens établis dans le voisinage des indigènes. Il est facile de faire, sur les vapeurs bimensuels, ce qu’on appelle le « tour de côte » ; mais la voie de terre est beaucoup plus longue et plus pénible.

Au delà de 80 kilomètres, on ne rencontre plus que des tronçons de routes en construction, puis des sentiers, par monts et par vaux. Tous les tronçons de route réunis peuvent s’évaluer à 300 kilomètres, et il en faudi’ait 1 100. Les transactions commerciales sont facilitées par des services réguliers à vapeur et à voiles sur l’Australie, sur Bordeaux et le Havre, et par tes paquebots-poste français de Marseille L

1. Le fret est de 100 francs la tonne entre Marseille et Nouméa, et

LA NOUVELLE-CALÉDONIE

Un service de paquebots à vapeur relie entre eux tous les points de la côte au moins deux fois par mois. Les caboteurs à voiles sont nombreux. Par vapeur le fret coûte 45 francs la tonne de Nouméa au nord de l’ile, et le passage 125 francs en première classe.

Postes et télégrrapbes. — Un réseau télégraphique et postal met en communication avec le chef-lieu tous les ports de la côte et toutes les localités de l’île.

Un câble sous-marin, de Brisbane à Nouméa, relie la Calédonie à l’Australie et par suite à la France.

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