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DEPUIS LA PRISE D’ALGER

Conquête «l’Algrer par les Français (1830). — La France était dans le cas de légitime défense lorsqu’elle attaqua les Turcs en Algérie. Les comptoirs qu’elle possédait près de La Colle depuis 1520, et pour lesquels elle payait une redevance annuelle, avaient été maintes fois saccagés. A la suite de con-

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testations élevées au sujet de cette redevance et du payement d’une fourniture de blés faite naguère à l’armée d’Egypte par deux Juifs algériens, le dey Hussein avait insulté publiquement notre consul, M. Deval, en le frappant à trois reprises du manche de son chasse-mouches. Enfin, depuis trois siècles, nos navires, comme ceux des autres puissances, étaient constamment exposés aux rapines des forbans algériens. En déclarant la guerre aux Turcs, nous ne vengions pas seulement nos intérêts et nos droits outragés, mais ceux de tout le monde civilisé.

Le gouvernement de la Restauration hésita néanmoins pendant trois années avant de prendre un parti décisif. Enfin une flotte commandée par l’amiral Duperré débarqua (15 juin), à Sidi-Ferruch,\xn corps expéditionnaire de 37,000 hommes dont le chef était le général Bourmont. Les Anglais avaient cherché en vain à nous intimider et à entraver l’expédition : Charles X avait eu le bon sens de ne point s’arrêter à leurs intrigues et à leurs menaces. En cinq jours de combat le plateau de Staouéli fut occupé par nos troupes ; le fort l’Empereur fut emporté (4 juillet). Alger était tourné, le dey capitula. Nous étions les maîtres du centre politique et militaire de la Régence.

Occupation du littoral alg;érien (1830-1834). — La révolution de 1830 détourna tout d’abord du grand événement qui venait de s’accomplir en Afrique l’attention de la France. Puis on se heurta à de telles difficultés que le nouveau roi Louis-Philippe songea un instant à abandonner notre récente conquête, et, plusieurs fois par la suite, nos affaires en Algérie furent compromises par l’hostilité ou la parcimonie d’une partie de la Chambre. Le député Desjobert s’illustra dans le genre ridicule en répétant à la fin de chacun de ses discours qu’il fallait évacuer l’Algérie.

Notre plus grand tort était de ne pas la connaître. A peine nos colonnes essayèrent-elles de sortir d’Alger qu’elles furent accueillies à coups de fusil. L’administration improvisée après le départ des Turcs était livrée au désordre et au gaspillage. Cependant on occupa les ports à’Oran et de Bône. Clauzel, successeur de Bourmont, tenta une pointe hardie dans l’intérieur : Médéa à peine pris dut être évacué, et nous ne pûmes garder que Blida. Ensuite arriva Berthezène qui occupa la Métidja, Mostaganem et Bougie. Savary, duc de Rovigo, crut aisé de régner parla terreur: il ne réussit qu’à irriter davantage les indigènes. Voirol, au contraire, sut se faire estimer et

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aimer, mais fut bientôt remplacé. On allait ainsi à ravenlure, usant cinq chefs militaires en quatre ans, gouvernant sans principes, sans plan arrêté, compromettant chaque jour davantage une situation qui aurait pu être tolérable dès le début si l’on avait d’abord étudié le pays, si l’on avait toujours agi avec discernement, prudence, fermeté et justice. Toutefois, par la force des choses, obéissant à la loi de la configuration géographique du terrain, on avait pris pied dans le Sahel, dans les plaines littorales, dans les ports, en face des premières crêtes de l’Atlas Tellien ; on campait devant les avantpostes de cette grande forteresse berbère. Comment s’arrêter désormais et ne pas monter à l’assaut ?

liCs troupes «l’Afrique. — L’expédition infructueuse de Médéa avait montré les difficultés de l’attaque. Inslinctivementon inventa pour cette guerre d’un genre nouveau des moyens nouveaux d’offensive. Les zouaves, ainsi nommés des « Zouaoua », tribu kabyle, furentd’abord formés de trois éléments ; des Kabyles et des Arabes, des étrangers, des Parisiens qui avaient combattu aux barricades de juillet. Puis ils ne se composèrent plus que d’indigènes; puis, en 1841, on ne trouve plus dans leurs rangs que des Français. Les zouaves, empruntant aux Africains une partie de leur costume, plus approprié au climat que notre uniforme, furent chargés de marcher à l’avant-garde, de sonder le terrain, de déjouer les embuscades, entraînant l’armée par leur impétueuse bravoure.

Plus tard, au temps de Bugeaud, se formèrent les autres corps spéciaux de l’armée d’Afrique : de Français, \q5 chasseurs d'Afrique, Vinfanterie légère ou bataillon d'Afrique; d’étrangers, la légion étrangère; d’indigènes, les bataillons de tirailleurs algériens (1841), les escadrons de spahis, les goums, ou milice indigène à cheval, etc. Toutes ces troupes étaient particulièrement adaptées, par leur costume et leur équipement, aux conditions de la guerre nouvelle.

lies bureaux arabes. — Ce n’était pas tout que d’aller à l’ennemi, il fallait d’abord le connaître. Les bureaux arabes, dus au chef d’état-major Trézel, furent composés d’officiers qui eurent mission d’entrer en rapports directs avec les indigènes, d’apprendre leur langue, d’étudier leurs usages, leurs croyances, de surveiller leurs agissements et aussi de les administrer, mais surtout de renseigner le général en chef sur leurs forces, leurs mouvements et leurs secrets projets. Tel fut le début de cette institution excellente pour

l’état de guerre en Afrique, et qui n’est devenue abusive, par la suite, que là où elle a survécu aux circonstances qui la rendaient utile.

JL’Atlas Tellien : Abil-el-Kacler. — Les Romains n’avaient guère dépassé le Tell ou région fertile des plaines et des vallées septentrionales, fossés naturels qui s’ouvrent entre les escarpements de l’Atlas, en avant des hauts plateaux. C’est là qu’ils avaient combattu Jugurtha ; c’est là que nous rencontrâmes notre ennemi le plus redoutable, Abd-el-Kader. Nulle part les montagnes du Tell ne forment un massif plus enchevêtré et d’accès plus difficile que dans VOuarsenis, « l’œil du monde », suivant l’expression arabe. Il se prolonge au delà de la Mina par le relief qui porte la plaine d’Égris et la ville de Mascara. Abd-el-Kader naquit près de cette ville dans la tribu des Hachem. Dès son enfance il contempla ces murailles puissantes de roches à demi effondrées qui plus tard lui servirent de place d’armes centrale : le jour où il en fut chassé, il était vaincu d’avance; mais il fallut pour le vaincre treize ans de combats acharnés.

Abd-el-Kader maîfrë de la province «rOran (1833- 1836). — Abd-el-Kader était de taille moyenne, élégante et bien prise, sec, nerveux, l’œil ardent, l’air sérieux, avec une simplicité austère dans la tenue, aussi habile que brave, très instruit, capable de générosité par élan et de férocité par calcul, éloquent, fanatique, ambitieux. Fils de marabout et considéré comme un descendant du Prophète, il fit le pèlerinage de la Mecque et à son retour ne tarda pas à acquérir sur les indigènes de Mascara un ascendant extraordinaire. Desmichels, qui commandait alors à Oran, manqua de clairvoyance : il crut possible de faire d’Abd-el-Kader un ami utile à notre cause et signa avec lui un traité (février 1834) qui livrait à l’émir le gouvernement de la plupart des tribus de la province et qui n’eut d’autre résultat que d’accroître son influence aux dépens de la nôtre. Puis, irrité de ses progrès et de son arrogance, l’imprudent général l’attaqua, lui livra bataille dans les marécages de la Macta (juin 1835) et y éprouva une sanglante défaite. Il fallut, pour venger cet affront, envoyer en Afrique le maréchal Clauzel avec le duc d’Orléans. Mascara fut détruit; Tlemcen, qui était à nous et que menaçait Abd-el-Kader, fut ravitaillé. Malheureusement l’émir ne tarda pas à reprendre l’avantage : il bloqua dans Raschgoun nos soldats trop peu nombreux, les repoussa sur les bords de la Tafna, dès qu’ils voulurent tenir

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campagne, assiégea de nouveau Tlemcen et, sauf trois ou quatre ports, se trouva bientôt maître de toute la province d’Oran.

Lies deux slèj^es de ConstauHne (1836-1837). — Tandis que la province d’Oran menaçait de nous échapper, nous n’étions pas tout d’abord plus heureux dans celle de Constantine. Un bey turc, le féroce Ahmed, régnait toujours dans cette ville, ancienne capitale des Numides, véritable nid isolé des plateaux voisins, sauf à l’ouest, par des rochers à pic* entre lesquels coule le Rummel. En novembre 1836, le maréchal Clauzel dirigea, avec des moyens insuffisants et dans une saison très défavorable, une première expédition contre Constantine. Vaincu surtout par la pluie, le froid, le manque de munitions et de vivres, il fut contraint à la retraite.

L’année suivante, nouvelle expédition, cette fois décisive, à laquelle prit part le duc de Nemours. Malgré des pluies torrentielles, le siège commence ; une batterie de brèche est ouverte par le général Valée; l’ennemi riposte avec acharnement : un boulet emporte Damrémoiit, le général en chef ; enfin l’assaut est donné et, après une série de combats sanglants livrés dans les rues et les maisons, la ville est prise (13 octobre 1837).

Btigreaiid et Alid-el-Kader : traité de la Tafna

(1836-1839). — Le général Bugeaud*, esprit indépendant et original, caractère énergique soutenu par une confiance absolue en soi-même, arrivait pendant ce temps dans l’Ouest oranais avec tout un nouveau système de guerre. Il se proposait d’alléger le soldat, de l’habituer à vivre sur le pays, de le rendre assez rapide en ses mouvements pour surprendre à volonté son adversaire ou lui échapper. C’est ainsi que, dès son arrivée, il ravitailla Tlemcen, attira Abd-el-Kader sur les bords de la Sikka (juillet 1836) et le battit. Malbeureusement, trop impatient d’obtenir la paix, qu’il savait désirée à la cour, et sans doute aussi séduit par les façons chevaleresques du grand chef musulman, il signa avec lui le traité de la Tafna (30 mai 1837), lui livrant d’un trait de plume et sans conditions sérieuses le gouvernement des provinces d’Oran, de Titeri (Médéa) et d’Alger; il ne réservait à la France que la possession des ports et de leur banlieue, avec une portion de la Métidja.

i. Cirta, l’ancien nom de Constantine, signifie en langue punique « taillé à pic ».

i2. Bugeaud, envoyé en 1836 en Algérie, fut nommé gouverneur général en 1840; il ne quitta l’Algérie qu’en septembre 1847.

Abd-el-Kader triomphait : il s’empressa de profiter de la paix inespérée qu’on lui accordait pour former des corps de réguliers, pour soumettre les tribus qui lui refusaient obéissance, pour organiser l’administration du pays, pour créer des arsenaux et fortifier des places, pour s’établir solidement enfin dans rOuarsenis, dont Miliana et Thaza au nord, Mascara et Sciida à l’ouest, Médéa et BogJiar à l’est, Tagdempt (ancienne capitale des Restamites), près de Tiaret, au sud, étaient les bastions, tandis que Tlemcen et Sebdou, sur la lisière du Maroc, et Biskra, à la porte du désert, en étaient les avant-postes. Quand il eut tout préparé, quand il se crut invincible, il envahit laMétidja, en massacra les colons et dénonça le traité de la Tafna (novembre 1839).

Conquête du Tell et des bauts plateaux (1839-1843).

— Le maréchal Valée était alors gouverneur général et il venait de faire une promenade militaire de Philippeville à Constantine, Sétif et Alger. Se retournant contre Abd-el-Kader, il le repoussa de la Métidja, lui enleva Médéa en forçant le col de Mouzaïa, et occupa Miliana. En même temps, le capitaine Lelièvre et 123 hommes de la 16® compagnie du bataillon d’Afrique s’immortalisaient en défendant Mazagran, près de Mostaganem, pendant cinq jours, contre dix ou quinze mille indigènes. Sur ces entrefaites, Bugeaud fut nommé gouverneur général. Occuper fortement le littoral, s’appuyer sur cette base d’opérations pour marcher résolumen t à la conquête des places fortes du Tell, de là s’avancer jusqu’aux postes extrêmes du Sud pour couper la retraite à l’ennemi : tel était son plan. 11 l’exécuta jusqu’au bout, guéri cette fois de toute illusion sur la bonne foi africaine. En 1841, il ruine Thaza, Boghar, Tagdempt, il jette une garnison dans Mascara. En 1842, il occupe Tlemcen et détruit Sebdou. Les approches de l’Ouarsenis étant libres, il y pénètre et attache à ses flancs le poste d’Orléansville. Débusqué désormais de tout abri, abandonné par les tribus que déroute la rapidité foudroyante des coups frappés par notre armée, accablé par la perte de sa smala (avril 1843), Abd-el-Kader se résigne à une retraite au moins momentanée et il se réfugie sur le territoire marocain. Le plan de Bugeaud avait réussi : l’Ouarsenis forcé, le Tell était conquis.

Guerre du Haroc et soumiission d’Abd-el-Kader

(1845-1847). — L’empereur du Maroc Abd-er-Rahman ne tarda pas à se laisser entraîner par son hôte à des hostilités contre nous; mais Bugeaud occupa la ville d’Oudjda, puis, sur les

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bords de VIsly, mit en déroute complète l’armée marocaine (août 1844), tandis qu’une escadre allait bombarder les ports de Tanger et de Mogador. Le Maroc fut alors obligé de signer la j)aix de Tanger et d’abandonner la cause d’Abd-el-Kader. Cependant l’Algérie n’était pas soumise. En 1845, le marabout Bou-Maza souleva les Berbères du Dahra, domptés bientôt par une répression implacable. De son côté Abd-el-Kader reparut; il attaqua Nemours, massacra à Sidi-Brahim le capitaine Géreaux et presque toute sa compagnie, provoqua une prise d’armes générale. Puis, poursuivi sansrelâche par nos colonnes, mal accueilli chez les Kabyles, traqué jusque dans le Sahara, repoussé par l’empereur du Maroc, il finit par s’avouer vaincu et se rendit au colonel Lamoricière, le 23 décembre 1847. Envoyé d’abord à Toulon, puis à Pau et à Amboise, il fut mis plus tard en liberté, se retira en Syrie, et garda sa promesse de rester désormais l’ami de la France. Il est mort en 1883.

Extension de la conquête t soumission du i»aliara algérien (1848-1885). — Si nous avons débarqué à Alger en 1830, c’est en 1847 seulement que commence la prise de possession définitive du territoire algérien. Encore, en ces trente-huit dernières années, notre domaine n’a-t-il cessé de s’étendre, chaque insurrection aboutissant forcément à une conquête nouvelle. En 1847, soumission de l’Awm et deBiskra. En 1849, prise de l’oasis de Zaatcha par le colonel Canrobert, après un combat des plus meurtriers. En 1852, expédition de Laghouat. En 1854, occupation de Tougourt. En 1857, campagne décisive en Kabylie dirigée par le général Randon et construction au cœur du pays de Fort-Napoléon (aujourd’hui Fort-Nalional).

L’Algérie proprement dite peut alors être considérée comme conquise. Reste la soumission du Sahara. En 1859, châtiment des tribus pillardes, voisines de la frontière marocaine. En 1864, soulèvement des Ouled-Sidi-Cheikh avec Si-Lala et massacre de la colonne du lieutenant-colonel Beauprêtre dans le Djebel-Amour; l’insurrection se propage dans TOuarsenis; il faut cinq ans pour rétablir provisoirement Tordre dans le sud oranais. En 1870, expédition du général de Wimpfen sur Voued Guir. En 1871, insurrection des deux Kabylies et d’une partie des provinces d’Alger et de Gonstantine : les principaux chefs furent le Mokrani et son frère Bou-Mezrag, Aziz, fils de Gheïkh-Haddad, grand-maître des Bhamania, Bou-Ghoucha, etc. Après une campagne de cinq mois, où l’on eut à livrer 340 com-

bats, châtiment sévère des pays insurgés : on leur confisque près de 300,000 hectares de terre et l’on frappa sur eux une contribution de guerre de 30 millions*. En 1879, mouvement dans VAurès, bientôt réprimé. En 1881, insurrection du marabout Bou-Amama, puis de Si-Sliman dans le sud oranais, expédition du général Négrier dans les Ksour, construction de postes fortifiés et création du chemin de fer stratégique de la, Méchéria. En 1881, massacre de la mission du colonel Flatters par les Touareg^. En 1882, occupation des cinq villes du M’zab.

En mars 1886, le lieutenant Palat a été encore assassiné par les Touareg sur la route de Tombouctou, à Youed Plissen, à deux jours de marche d’In-Salah En 1892, des troubles dans les oasis du Toiiat (In-Salah), le meurtre de plusieurs de nos partisans indigènes, les prétentions affectées par le sultan du Maroc à la suzeraineté sur cette région, ont provoqué de notre côté certaines mesures ; prolongement vers le sud de la voie ferrée depuis Aïn-Sefra, augmentation de la garnison d’El- Goléa et formation d’un corps de méharistes (montés sur des mahara ou chameaux de course) pour la police du désert h

sécurité actuelle; nioyeus tie la maintenir. —

En résumé notre domination, assise en Algérie depuis trentecinq ans (conquête de la Kabylie, 1857), n’a pas été dès lors sérieusement compromise. Chaque révolte n’a fait que la consolider. L’établissement de notre protectorat en Tunisie couvre notre frontière à l’est. Au sud, nos avant-postes s’étendent assez loin dans le Sahara pour mettre la colonie à l’abri de toute incursion des nomades, en attendant que nous vengions Elatters et que nous fassions la police dans le Grand Désert. A l’ouest, nos bons rapports avec le Maroc nous permettent de poursuivre jusque sur son territoire les tribus remuantes qui seraient tentées de s’insurger encore. Il faut reconnaître toutefois que notre frontière a été fort mal tracée de ce côté en 1845. L’histoire aussi bien que la géographie commandaient d’adopter

1. Voyez ci-dessous, page 81, une note bibliographique sur la grande insurrection de 1871.

2. Brosselard, Les deux expéditions Flatters, 1889. — Derrécagaix, La deuxième expédition Flatters, 1882.

3. Un autre explorateur français, Camille Douls, a été massacré en 1891, mais hors des limites de notre Algérie : le meurtre a été commis à Sali, à mi-chemin entre l’Alouef et Akabli, par les Touareg de l'Adrar, fraction des Khenaken.

4. Le Chatellier, Description de l’oasis d’In-Salali, 1888. — C. Sabalier, Tonal, Sahara cl Soudan, 1891.

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le cours de la Moulouïa comme barrière naturelle entre les deux pays ; une rectification du tracé actuel s’imposera tôt ou tard. Dans l’intérieur de l’Algérie, l’extension rapide du réseau des chemins de fer rend tout soulèvement de plus en plus difcile et assure au contraire à la répression des moyens d’action tout-puissants. En résumé, la soumission matérielle de l’Algérie est un fait accompli. Il reste à prévoir les attaques qui pourraient venir du dehors. Quant à la conquête intellectuelle et morale des indigènes, qui seule fondera réellement une France nouvelle en Afrique, elle est à peine commencée. Il s’agit de réussir là où Rome a échoué.

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