GÉOGRAPHIE GÉNÉRALE DE L’ALGÉRIE
Situation, limites et superficie. — L’Algérie s’étend en face de l’Espagne, de la France, de l’Italie sur une lat^geur de 1,100 kilomètres environ, entre 4° 40' de longitude 0. et 6° 30' de longitude E. Elle est traversée et partagée en deux moitiés inégales par le méridien de Paris qui passe à l’ouest de Port-Vendres, à travers les Baléares, à l’ouest d’Alger, de Laghouat et d’El-Goléa et suit à peu près le cours supérieur du Chélif. En latitude, elle est comprise entre 37® et 30® au nord de l’équateur, comme la Syrie, le Japon et la Californie.
Ses limites sont les suivantes: Au nord, la Méditerranée. Au sud, le Sahara. A l’ouest, du coté du Maroc, une ligne conventionnelle, fixée en 1845, qui part de la baie d’Adjeroud, laissant au Maroc l’embouchure de la Moulouïa, remonte Vomd Kiss, coupe Voued Isly, passe à i’est d'Oudjda, traverse le choU-el- Gharbi et abandonne au Maroc l’oasis de Figuig; ensuite elle est indéterminée. A l’est, du côté de la Tunisie, la frontière part du cap Roux, h l’est de la Galle, laisse à la Régence la Khroumirie, coupe la Medjerda et le chemin de fer de Gonstantine à Tunis à l’ouest de Ghardimaou, puis, suivant à peu près le 6® de long. E., coupe Voued Mellègue et passe à l’est de Tebessa, enfin traverse le chott Rharsa et aboutit à Berresof, où elle se perd dans le Sahara, laissant toutefois à la Tripolitaine l’oasis de Ghadamès.
Sa superficie, de 670,000 kilomètres carrés, est égale à celle de la France (529,000), de la Belgique, de la Hollande et de la Suisse réunies; mais sur ce vaste territoire il n’y a que 320,000 kilomètres qui soient occupés réellement. Sa profondeur du nord au sud est de 800 kilomètres depuis la côte de la Méditerranée jusque dans le Sahara. La distance entre la France et l’Algérie est de 190 lieues ; on va en 30 ou 36 heures, et même en 24 ou 25 heures, de Marseille à Alger.
llelîef gréncral du sol : les moiitaj;;:nes. — Deux grandes vagues terrestres, à peu près parallèles, dirigées du sud-ouest au nord-est, largement écartées dans la région marocaine, se rapprochant et se touchant dans ta région tunisienne, distantes de 200 à 100 kilomètres en Algérie, tel est l’Atlas dont le relief constitue la Berbérie : il est le nœud de sa puissante unité. Le plissement septentrional, le plus épais et le plus compact des deux et qui borde le rivage de la Méditerranée, est V Atlas Tellien, ainsi appelé de la région du Tell, dont il forme en grande partie l’ossature. Le plissement méridional, très inégal dans son épaisseur et ouvert par des brèches nombreuses, est V Atlas Saharien, voisin du Sahara. Entre les deux s’étendent les Hauts Plateaux, sorte de grande terrasse dont l’Atlas forme le double parapet. Chacun des deux grands plissements de l’Atlas se compose lui-même de rides ou crêtes secondaires s’élevant graduellement à partir de la mer ou du Sahara vers la terrasse intérieure dont elles sont comme les gradins.
De Voued Mêla à Alger s’étend une première chaîne littorale qu’on pourrait appeler le Sahel (rivage), et qui est séparée du reste de l’Atlas Tellien par la Sebkha d’Oran, la vallée duChélif et la plaine de la Métidja.
Les principaux massifs telliens sont les monts de Tlemcen et de VOuarsenis, du Djurdjura (point culminant, Lalla-Khedidja, 2,308 mètres), des Babor et des Biban K
Les principaux massifs sahariens sont les monts des ifsoMr, le Djebel- Amour^, les monts des Oulad-Nayl et VAurès (Chelia, point culminant de toute l’Algérie, 2,312 mètres).
Aperçu $;éologi(iue. — Les mouvements de l’écorce terrestre qui ont dressé vers le ciel les crêtes de l’Atlas appartiennent principalement à l’âge D’une manière générale,
ce sont des masses épaisses de grès dans le sud, de c?'aie, de calcaire et surtout de marne argileuse dans le nord. Les eaux,
L Pluriel de Bab, porte. Les Bibans sont les « Portes de fer ».