Discours au banquet Mizon, 5 juillet
CONCLUSION
comme les Antilles, la Réunion et l’Inde française, colonies de commerce, comme la Guinée, le Sénégal, le Soudan ou l’Indo-Chine, toutes sont utiles.
Au point de vue économique, elles accroissent le chiffre de nos importations et de nos exportations; elles constituent un de ces débouchés que nous cherchons partout pour les produits de notre industrie ; elles contribuent à l’entretien de notre marine marchande. C’est la conquête de l’Algérie qui a contribué à faire de Marseille et de Lyon deux grandes métropoles. C’est notre développement colonial qui répand la vie dans nos grands ports de Bordeaux, de INantes, du Havre et dans toutes les branches de l’activité nationale.
Les colonies où notre race, à un titre quelconque, est établie, sont des marchés assurés pour nous. M. Leroy-Beaulieu en a indiqué la cause dans le passage suivant :
« Il n’est pas besoin de pacte colonial pour assurer les relations régulières de la métropole et des colonies. On n’a que faire, dans ce cas, de mesures artificielles. Les liens naturels du langage, de la race, de la capitalisation, la communauté d’éducation, d’idées, de mœurs, l’analogie des besoins et des goûts, ce sont là les meilleures gai’anties... Séparée de l’Angleterre, l’Amérique ne lui reste pas moins unie par l'échange continuel des produits .
« On sait les périls nombreux d’un commerce à l’exportalion, surtout avec des pays lointains. Ces périls sont beaucoup moindres avec les colonies- La métropole n’a pas à redouter de se trouver en guerre avec elles; elle peut attendre de leurs magistrats, de leurs administrateurs, une justice équitable et un traitement impartial. Les goûts également sont plus stables et moins changeants dans ces sociétés jeunes et analogues à la mère-patrie par leurs éléments constitutifs. Les colons ont, sauf les différences de climat, des mœurs semblables à cellesùes habitants du vieux pays. Tous les produits de ce dernier ont plus de chance de plaire que les produits étrangers. Le commerce entre la métropole et les colonies a donc quelque chose de cette régularité et de cette permanence dont jouit le commerce intérieur, et cependant il offre cet avantage spécial de porter sur des articles très différents, produits sous des climats très divers, et en même temps d’ètre rapidement progressif par le développement prompt et ininterrompu des colonies, grâce aux privilèges naturels qui leur sont propres L »
L’acquisition ou la création de colonies s’impose aujourd’hui 4 tous les grands peuples industrieux et commerçants. Autrefois, ils pouvaient placer leurs produits chez d’autres peuples civilisés, mais neufs, et n’ayant pas encore de grandes manufactures, comme étaient encore au début de ce siècle les colons européens des deux Amériques et, un peu plus tard, ceux de l’Australie. Aujourd’hui, tous ces peuples fabriquent eux-mêmes et protègent leurs industries par des tarifs exorbitants. Voilà, dans les nouveaux mondes comme dans l’ancien, des débouchés qui se ferment : il faut en ouvrir d’autres. C’est ce qui explique l’activité que déploient l’Angletei're,