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La France, en essayant de reconstituer un empire colonial, n’a fait que reprendre une des plus vieilles et l’une des plus profitables traditions de son passé. Depuis près de quatre cents ans, c’est-à-dire depuis que notre patrie a pris conscience de sa force , depuis qu’elle a une marine et des armées, elle a essayé de prendre sa part des mondes nouvellement découverts. Quand les rois ont failli à ce devoir, l’initiative privée s’est substituée à la leur; avec ou sans eux, les armateurs, les aventuriers, les négociants de France ont travaillé à étendre au delà des mers la puissance, le commerce et la langue de la patrie. Quand la fausse politique des Bourbons eut compromis les résultats acquis, quand notre premier empire colonial, fondé par François 1®*', Henri IV, Richelieu, Colbert, eut été perdu par les fautes de Louis XIV et de Louis XV, on s’est mis immédiatement à l’œuvre pour en reconstituer un second par les traités franco-espagnols de 1795 et de 1800; et, quand le second eut été en partie détruit pendant les guerres napoléoniennes, on a travaillé à en reconstituer un troisième. C’est celui que la République actuelle a augmenté d’importantes acquisitions, au point d’en décupler l’étendue.