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III. ÉTABLISSEMENTS DE LA COTE D’OR : GRAND-BASSAM ET ASSINIE

nistorique. — Les établissements français de Grand- Bassam et d’Assinie datent de 18-43. Sur les demandes de maisons françaises qui avaient fondé des comptoirs sur cette côte et y faisaient un commerce important, une occupation effective du pays fut décidée. On conclut des traités avec Amatifou, roi du pays d'Assinie, et différents chefs de Grand-Bassam. La France promettait de payer une certaine coutume annuelle, et en retour, les rois et chefs s’engageaient à fournir des terrains sur le bord de la mer, à faciliter les opérations commerciales, et à tenir ouvertes les routes pénétrant dans l’intérieur du pays. Des postes furent établis à Assinie, Grand-Bassam et Dabou.

Au milieu de ces populations paisibles, un tel déploiement de forces était bien inutile. Une simple canonnière parcourant les lagunes suffisait à donner toute sécurité aux transactions commerciales et à régler tous les palabres entre tribus. Les troupes, immobilisées dans les postes et constamment oisives, s’adonnèrent à l’ivrognerie et à la débauche, et la mortalité fut énorme. Grand-Bassam et Assinie eurent alors une réputation déplorable, et tout projet de développer la nouvelle colonie fut systématiquement repoussé.

Ainsi la maison Régis, de Marseille, établie sur les lieux, avait proposé d’obliger tous les producteurs d’huile du fond de la lagune à venir traiter avec les factoreries de Grand-Bassam : il suffisait, pour amener ce résultat, d’établir des droits de douane sur les marchandises importées aux Jack-Jack, village situé en face de Dabou. Grand-Bassam devenait ainsi le grand entrepôt d’huile de la côte de Guinée. Mais ce projet rencontra une opposition absolue de la part du gouvernement, qui, loin de songer au progrès de la colonie, ne cherchait qu’un prétexte à l’évacuation. Elle eut lieu en 1870.

A cette époque, les postes d’Assinie, Grand-Bassam et Dabou furent retirés. Les coutumes continuèrent cependant à être payées, et M. Verdier, de la Rochelle, chef de la seule maison française demeurée dans le pays après l’évacuation, prit le titre de résident (1871-1889).

Cette maison de commerce sut uersuader aux chefs et aux

populations, un moment troublés par la retraite des garnisons, que le gouvernement français ne les abandonnait pas, puisqu’elle restait au milieu d’eux. Grâce à ses vigilants efforts, aucune défection ne se produisit malgré les incessantes tentatives d’intervention du gouverneur de la Côte d’Or anglaise, et Assinie etGrand-Bassam sont aujourd’hui, malgré les quinze années d’abandon, des possessions françaises incontestées.

De récents traités ont étendu, au nord, notre protectorat sur le Baoulé et les pays compris entre le Baoulé et le pays de Kong, tel que le Bondoukou, le Djimini, VAnno^, \q Mango, le Morénou, VIndénié, le Bettié, le Sanwi, le Potou, VAkapless, sur les tribus des Agni et des Ocliin.

Les conventions anglo-françaises du 10 août 1889 et du 26 juin 189P ont déterminé la limite entre nos possessions et la colonie anglaise de la Côte d’Qr. Cette limite, qu’une commission anglo-française travailla à déterminer avec plus de précision, nous confirme les territoires ci-dessus indiqués, mais laisse à l’Angleterre la rive droite de la basse Tanoué, les pays de Broussa, Aoivin, Salmé; elle coupe la route d’Annibilé à Cap-Goast, à égale distance de Débissou et Atiébendékrou, nous laisse la route directe à' Annihilé à Bondoukou, passe par Bonko, atteint ensuite la Volta® et la suit jusqu’au 9® degré de latitude nord. Elle nous enlève le pays de Ligouy, qu’on pouvait regarder cependant comme une dépendance du Bondoukou.

Dans la zone d’influence anglaise se trouve donc le royaume des Achanti, capitale Coumassie, où les sacrifices humains sont aussi en honneur que dans le royaume de Dahomey. Les Anglais ont dû faire contre les Achanti l’expédition de 1874 qui aboutit à la prise et à l’incendie de la capitale. La population de cet État est d’environ 1 million d’habitants.

Description du pays. — Vue de la mer, la côte ne présente aucune élévation remarquable. Les navires, pour reconnaître l’endroit où ils se trouvent, n’ont parfois pas d’autre point de repère que quelques bouquets de palmiers s’élevant un peu au-dessus des autres. On conçoit que les cartes marines reposant sur de tels indices aient souvent besoin d’étre l’etouchées.

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