GÉOGRAPHIE GÉNÉRALE DU SÉNÉGAL ET DU SOUDAN FRAN
De France au aénéyal. — Huit jours suffisent rendre de Bordeaux à Dakar, situé entre le 14® et le IS de latitude nord *.
Depuis le 22« degré, la côte qu'il faut longer, avec et Portendikj est française.
Un peu au sud du cap Blanc, on passe devant 1 d'Arguin, où se perdit la Méduse en 1817, et où la i tellement poissonneuse que, pendant un jour ou deux cesse de voir d'immenses troupes de gros poissons fuir le paquebot en bondissant à la surface.
Bientôt on dépasse Saint-Louis, on double le cap l'on mouille dans la magnifique rade de Dakar.
Le littoral t Dakar, Ciorée, RvAsque. — 1
été fondé en 1863. C'est un excellent port qui possèd belles jetées, dont l'une a 600 mètres de longueur pfi profondeur. Malheureusement, le développement des qi encore peu étendu; les dépôts considérables de cbarl viennent s'approvisionner les steamers, les établissem l'État et ceux des Messageries maritimes en prennent grande partie. Aussi, quand la petite île de Gorée, entiè couverte de maisons et de magasins, fut devenue insufl le commerce n'a pas pu venir s'installer à Dakar (6 000 Quelques négociants sont allés s'établir à Rufisque, comptoir était établi depuis de longues années. Le mou^ fut suivi, Ruûsque a pris une importance toujours cro et est aujourd'hui un des principaux centres commerci
i. Ici reprend le travail original de M. Archinard.
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Sénégal. L*avenir de Dakar — le seul port sur toute la côte occidentale d'Afrique, du Maroc au cap de Bonne-Espérance, qui mérite vraiment ce nom — est de devenir un port de ravitaillement pour tous les navires au long cours faisant route d'Europe vers le sud de l'Afrique ou de l'Amérique ou inversement. L'eau douce, captée dans les dunes, y abonde et est excellente, et quand les moyens mécaniques seront suffisants, quand les chargements et les déchargements pourront se faire avec rapidité, les bâtiments qui relâchent encore aujourd'hui à Saint- Vincent viendront à Dakar.
Rufisque, au contraire, ne sera jamais véritablement un port; mais c'est le centre commercial presque obligé pour tout le trafic du Cayor. On pourrait y amener l'eau douce de diverses sources des environs; actuellement, la ville s'alimente à une série de puits situés dans un nyaye, espèce de lac desséché où poussent des palmiers d'eau et qui touche à la ville.
lies Blwlères do Sud. — Tout le long de la côte française, depuis le cap Blanc jusqu'au cap Vert, le Sénégal seul vient apporter ses eaux à la mer. C'est le plus important des fleuves de la côte occidentale africaine après le Niger.
Au sud de Dakar, au contraire, en continuant à suivre le rivage, on trouve de nombreux cours d'eau, sur les bords desquels nous avons des postes ou des comptoirs.
Ce sont d'abord les postes de Joal et Portitdai, sur le bord de la mer, qui, avec ceux de Pout et Thiès, un peu dans l'intérieur, servent à assurer la tranquillité chez les populations remuantes des Sérères. Puis l'embouchure du Saloum avec le poste de Kaolak, où, en octobre 1862, le sergent Burg, avec douze soldats d'infanterie de marine, résista héroïquement à plusieurs milliers d'assaillants conduits par Maba. Le prophète du Fouta, qui cherchait à conquérir le pays, dut se retirer en laissant plus de trois cents cadavres sur le terrain.
Vers le sud, après avoir dépassé l'embouchure de la Gambie avec la ville anglaise de Sainte-Marie-de-Bathurst, on rencontre la Cazamance avec le poste français de Carabane et la jolie petite ville de Sedhiou.
Viennent ensuite les embouchures du Rio Cachao, du Rio Géba, du Rio Grande et du Rio Cassini, aux Portugais. Puis on retrouve des rivières et des établissements français :
Le Rio Compani;
Le Rio Nunez avec le poste de Boké;
Le Rio Pungo, avec l'établissement de Bojfa;
La MeU€Korée,a.uTi rives autrefois couvertes de bois de teck, avec le poste de Benty, notre poste du Sénégal le plus au sud.
Outre les peuplades propres à ces régions, Baogs, Nalom^ LandoumaSy Feloupes, BagnounSt Salantes, on y trouve aussi des Ouolofs, Sarrakol^s, Toucouleurs et Mandingues.
Par le traité du 24 décembre 1885, TAUemagne a renoncé à ses prétentions sur le Koba et le Kabitat, entre le Rio Nunez et la Meliacorée, en échange de Porto-Seguro et Petit-Popo sur la côte de Guinée.
Par le traité du 12 mai 1886 avec le Portugal, nous lui avons cédé le RioGassini en échange du Rio Compani, d'enclaves sur le Rio Nunez et de la reconnaissance de notre protectorat sur le Fouta-Djallon.
Par les traités du 10 août 1889 et du 26 juin 1891 avec TAngleterre, celle-ci a obtenu des rectifications de frontières, assez désavantageuses pour nous, du côté de ses possessions de la Gambie et de Sierra-Leone. Elles nous laissent le ÏVimtwo*.
En 1892, les Anglais de Sierra-Leone ont eu fort à faire avec les populations mandingues placées ainsi sous leur autorité. Dans une rencontre auprès de Tambi, ils eurent 5 officiers blessés, 20 hommes tués, blessés ou prisonniers. Deux canons tombèrent aux mains des insurgés. Ceux-ci s'adressèrent au gouverneur de la Guinée française, M. Ballay, lui envoyèrent les deux canons et lui demandèrent à se placer sous le protectorat de la France; mais M. Ballay dut respecter les traités de délimitation et fit rendre les canons aux gouverneurs de Sierra-Leone.
Un peu avant la rivière de Sierra-Leone, on rencontre les Searcies, rivières anglaises dont les sources sont voisines de celles du Niger; aussi est-ce par les Searcies que les Anglais avaient cherché à pénétrer dans l'intérieur du pays arrosé par le grand fleuve du Soudan.
Par le décret présidentiel du 15 décembre 1891, toutes nos Rivières du Sud ont été distraites du gouvernement du Sénégal pour être rattachées, ainsi que le Fouta-Djallon, au nouveau gouvernement de Guinée française *.
La superficie des Rivières du Sud est d'environ 24000 kilomètres carrés.
4. On trouvera le texte des traités franco-portugais et anglo-français dans les Colonies française, notices illustrées, publiées par ordre du sous-secrétaire d'État des colonies, 4890, tome V, p. 54 et s.
5. Yoir ci -dessous, Guinée française, — En ce moment (août 189S) il est question de revenir sur ce décret et de rendre les Rivières au Sénégal.
iHi Sënéffal a« NHyer. — Nous autres Français, nous avons cherché aussi à pénétrer dans la boucle du Niger, pour en détourner le commerce à notre profit, pour assurer de nouveaux débouchés à notre industrie et pour continuer à nous seuls l'œuvre commencée de concert avec TAngleterre : Pabolition de la traite des noirs et Tabolition de Tesclavage.
Plus heureux que nos voisins d'outre-Manche, nous avions à suivre une route plus praticable que celle des Scarcies ou celle de Tembouchure même du Niger.
C'est cette ligne de pénétration vers Tintérieur que nous t allons rapidement faire suivre maintenant au lecteur, lui
f faisant traverser ainsi de Touest à Test tous les pays qui, avec
\: ceux dont nous venons de parler, forment notre colonie du
"£, Sénégal et celle du Soudan.
'' Pour se rendre de Dakar à Saint-Louis, avant l'achèvement
.:•, de la voie ferrée Dakar-RufisqueSaint-LouiSy longue de
?^ , 263 kilomètres, il fallait reprendre la mer sur un petit vapeur
ï de la colonie faisant régulièrement le service, si Ton voulait
; éviter le parcours de cinquante lieues, assez pénible même à
cheval, le long des côtes sablonneuses du Gayor.
' Le fle«we Sénégal. — 1* I^a barre da Sënécal. —
La ceinture de brisants qui enserre toute la côte occidentale de l'Afrique, et qui n'est interrompue que de loin en loin, comme ; en face de Dakar, pour donner accès dans quelques rades ou
quelques ports, forme à l'embouchure du Sénégal une barre qui en rend l'entrée souvent impossible pour les bateaux d'un jci certain tonnage.
y^ La réputation de cette barre est des plus mauvaises, et les
[ ■ voyageurs impatients qui ont préféré au mal de mer et à quel-
^- que temps d'attente en face de Tembouchure du fleuve les
i; péripéties d'un petit voyage en pirogue au milieu des vagues
fv qui grondent et déferlent, racontent avec complaisance que le
■■'•' gouverneur ou plutôt le directeur de la Compagnie du Sénégal,
't de Uichebour, s'est noyé en la passant; mais cet accident a eu
tt; lieu en 1712, et depuis, grâce à l'habileté des pilotes et du per-
V sonnel du capitaine de la barre, elle a fait peu de victimes * .
»-,. •• lie ban fleuve* — Jusqu'à Saint-Louis le paysage est
r triste.
Sur la rive droite, une mince langue de sable, de 150 mètres de largeur, sépare seule le fleuve de la mer,