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FRA7ICK COU>KULB

32a LA FRANCE GOLONULE

G^est à cette politique, qu'en dépit de toutes les entraves, de tous les agissements, elle a dû ses succès en Afrique et les sympathies qui Font accompagnée jusqu'à ce jour en France. Aussi, en juin 1884, le rapporteur du projet de loi portant ouverture d'un second crédit de 780 000 francs, M. Antonin Dubost, a-t-il pu dire : t La mission de Brazza, telle qu'elle est conduite, nous offre toute garantie, en nous permettant de marquer, d'une façon non équivoque, notre prise de possession de ces contrées... »

lia Mission de l'Ooest africain t son organisation.

— Persévérance en France, persévérance en Afrique étaient un gage de succès.

Le temps nous ferait défaut pour suivre ici l'organisation, le développement, les mouvements et les travaux de la Mission de l'Ouest africain, qui se trouvait à peu près réunie au Gabon et prête à entrer en campagne le 21 avril 1883. Elle se composait d'environ :

30 civils, chefs de service, chefs ou sous-chefs de station ; . 30 militaires et marins, ouvriers de diverses spécialités; 25 tirailleurs algériens ; lèOlaptots sénégalais, représentant les forces de police; 150 terrassiers kroumen de la côte de Krou (golfe de Guinée).

Cet effectif s'augmenta, par la suite, de 300 noirs de la côte de Loango.

Ajoutons encore que l'organisation des services de transport par terre et sur les cours d'eau nécessita l'entretien presque constant de 1 200 porteurs batékés et babouendés, et de 1 200 pagayeurs okandés et adoumas, montant une flottille d'une centaine de pirogues qui portent en moyenne une tonne de marchandises en plus de Tarmement.

Au bout de six mois, le personnel fut en partie changé, ainsi que l'organisation des services ; mais pendant deux ans le personnel civil resta le même, n'ayant perdu que trois de ses membres : Flicotteaux, mort d'un accident de chasse; Desseaux et Taburet, enlevés par les fièvres : pertes cruelles pour la mission, car ils comptaient parmi les collaborateurs les plus distingués de Brazza. Celui-ci fut ensuite secondé principalement par MM. Dufourcq, de Chavannes, Dolisie, Decazes, Coste, Fourneau, etc.

Enfin la mission avait encore à sa charge, pour le service de la côte et du bas Ogôoué, le petit vapeur rOlumo, monté par 25 hommes.

L'OUKST AFRICAIN ai3

C'est avec un personnel si réduit pour retendue de sa tâche, mais si nombreux, si lourd à entretenir avec deux modestes crédits, dont le total s'est élevé, seulement en trois ans, à la somme de deux millions cinquante-cinq mille francs, que Brazza allait transporter à des distances de 1 500 kilomètres, à travers des terrains accidentés, couverts de forêts vierges ou de hautes herlies, ou sur des fleuves encombrés de rapides, des centaines de tonnes de marchandises (seule monnaie de ces contrées), un matériel de navigation (embarcations à vapeur démontables), des approvisionnements de toute nature, et le matériel des postes ou stations.

Voilà un petit nombre de Français répandus sur la surface d'un pays grand comme la France : les voilà aux prises avec les difficultés naturelles, avec le climat, avec des privations et une existence dont la plupart n'avaient aucune idée, existence plus dure, plus dangereuse que celle du soldat en campagne ; les voilà à Tœuvre au milieu de populations inconnues hier encore, sans interprète ou avec des interprètes insuffisants. Et cependant la besogne avance. Tandis que les services de porteurs et de pagayeurs se développent, le fer et le feu marquent, de loin en loin, sur un long périmètre de 3 000 kilomètres, les places défrichées où vont s'élever les stations. Les bons rapports entretenus avec les indigènes facilitent leur établissement. Chacune aura ses cases pour les blancs, les laptots, les kroumen; ses magasins, quelquefois même ses ateliers, et à l'entour son jardin ou ses plantations. Il fallut de longs mois I)our en arriver là. Et que de choses à faire encore pour Tinstallation, que de peines, de travail, dans chaque station, pour le blanc (un seul blanc presque toujours, rarement deux) qui, en dehors des jours de fièvre, a dû mener de front tous ces travaux avec la tenue d'une comptabilité excessivement compliquée par la diversité des objets d'échange, avec la surveillance de la station, avec l'étude de la langue, des mœurs, des ressources du pays, enfin avec les travaux plus particulièrement scientifiques et avec l'action politique qui, favorisant tant d'efforts, devait assurer l'influence française dans l'Ouest africain!

Ae« réswliatfli scientlflifaes. — Contentons-nous de résumerici les résul tats scientifiques, économiques et politiques obtenus, du 21 avril i883 au 26 mai 4885, date à laquelle la Mission de l'Ouest africain a pris fin en tant que mission du ministère de l'Instruction publique.

11 est bien entendu que ce ne sera là qu'un aperçu très

3ii LA FRANCE COLOiNlALE

général, très incomplet. C'est au chef de la Mission — et lui seul peut le faire — d'exposer, à son retour, tous les résultats, de présenter tous les travaux, toutes les collections, dont un certain nombre ont été envoyés au ministère — tels, pai' exemple, des levers géographiques, des rapports, dessin>, photographies, et une dizaine de caisses dont le contenu, produits naturels de l'Ouest africain et produits de l'industrii* indigène, figurent à l'Exposition d'Anvers. Ces envois étaient faits à titre de simples échantillons, pour donner au ministère une idée des travaux dont il était avisé chaque mois. Plusieurs cartes ont été publiées par le ministère, les autres sont eu cours d'exécution.

Au point de vue scientifique, l'exploration du bassin central du Congo est la seule condition du programme de 1883 qui n'ait pu être alors remplie, l'unique embarcation à vapeur qui ait été transportée sur le haut Congo étant nécessaire au service entre Brazzaville et l'Oubanghi, et le transport des nouveaux bateaux démontables ayant été retardé par suite d'accidents que la bonne volonté et le zèle des membres de la mission ne pourraient conjurer.

Quoi qu'il en soit, dans les limites de notre Ouest africain, le personnel de la Mission fit une étude scientifique aussi cornplète que le permettaient ses autres devoirs. En suivant sur la carte d'ensemble, publiée en 1884, par le ministère de l'Instruction publique, les travaux ci-dessous indiqués, on verra que toutes les grandes lignes de notre nouvelle colonie ont été déterminées :

Lever de l'Ogôoué, de l'embouchure à la rivière Lolo.

Lever de l'Ogôoué, de la rivière Lolo à Franceville.

Itinéraire de Franceville à l'Alima et à Mayomba (sur la côte).

Lever du cours entier de l'Alima, exploré et levé pour la première fois par le D' Ballay, levé une seconde fois par M. do Chavannes.

Itinéraire de Lango à Niari-Loudima.

Itinéraire de Niari-Loudima à Manianga et Brazzaville.

Lever du Congo entre Brazzaville et l'Oubanghi.

Lever duKiliou inférieur.

Itinéraire sur la côte, entre Loango et Setté-Cama.

Lever du delta de l'Ogôoué.

Lever du cours inférieur de la rivière Oubanghi, etc.

Soit, au total, environ  000 kilomètres de levers, sans compter les plans de détail, les observations astronomiques, les altitudes déduites des observations météorologiques.

Les membres de la Mission se sont en général partagé le soin de dessiner, de photographier, d'étudier les différentes branches de l'histoire naturelle et de recueillir des collections géologiques, botaniques, zoologiques, ethnographiques, etc...

Je ne saurais détailler ici toutes ces collections et mettre en regard les noms de ceux qui les ont recueillies. N'y aurait-il pas quelque injustice à les signaler en laissant dans Tombre ceux de leurs collègues que d autres devoirs — non moins utiles — dispensaient des travaux scientifiques? Chacun a eu sa tâche et son mérite qu'un récit complet devra consigner*.

Au point de vue économique, nous devons remarquer qu'une partie des études scientifiques nous fixe d'abord sur l'aspect général du pays, ses grandes divisions en zone basse, terrasse accidentée, plateau central, sur la nature des terrains, les produits naturels, et généralement sur les ressources que présente le pays. Les opérations auxquelles le personnel de la mission devait se livrer chaque jour permettent d'apprécier la valeur des produits, le genre de marchandises européennes qui convient aux échanges, le coût des transports sur les voies habituellement parcourues jusqu'à présent, dans quelle mesure une concurrence éventuelle ferait hausser les prix, quels avantages en un mot I'Ooest africain présente au point de vue agricole, industriel et commercial. Enfin l'exploitation a été préparée par la formation du personnel et des interprètes, par 1 organisation des services de transport et l'établissement des stations. Je n'entends pas me substituer au chef de la Mission pour préciser davantage les résultats économiques, en dégager les conclusions et signaler les applications possibles. C'est à lui qu'il appartient de nous dire ce qu'il y aura à faire — et surtout comment il faudra le faire — ^pour ne point perdre son temps et son argent. On approuvera ou l'on discutera. Tout ce «pie je peux dire, c'est que la France pourra tirer plus tard un bon parti de l'Ouest africain, mais à la condition expresse d'administrer sagement, économiquement, pacifiquement.

U»le des stailons fonilées par la Mission. — Les

1. Mais il convient ici môme de relever une des nombreuses calomnies répandues par les adversaires de la mission française. Si un jeune frëro du commissaire de la République, Jacques de Brazza, et un de ses amis, M. Pecile, ont été chargés d'une mission spéciale d'histoire naturelle dans l'Ouest africain, il est parfaitement avéré qu'ils n'ont envoyé aucune collection en Italie ni ailleurs à l'étranger. Je ne doute pas que de plus compétents que moi n'apprécient la valeur des collections et des travaux parUculiers de MM. Jacques de Brazza et Pecile.

stations scientifiques fondées par la mission Brazza, utiles jalons pour l'exploitation économique du pays, et qui ont été également les centres d'où se répandait notre influence politique, furent au nombre de 26. On verra plus loin la liste de celles qui ont été conservées ou ajoutées.

Enfin, s'estimant suffisamment protégés par nos établissements, les missionnaires catholiques français ont fondé deux missions : Tune dans la pays des Adoumas, près de Niati, l'autre à une dizaine de kilomètres de Brazzaville.

On sait enfin que nos droits de protectorat ou de souveraineté sur rOuest africain, limité au parallèle de 5°i2', ont été partout établis sur des traités conclus régulièrement avec les chefs indigènes. En résumé, la Mission de l'Ouest africain a rempli toutes les conditions de son vaste programme. Non seulement elle a vécu deux ans et demi, mais encore elle pouvait vivre au delà de i885, c'est-à-dire plus de trois ans, sur deux crédits.

C'est avec 2 millions, en moins de trois ans et sans tirer un coup de fusil, que Brazza et cinquante Français ont acconipli tous les travaux que j'ai cités, qu'ils ont créé, entretenu tous ces services, fondé toutes ces stations, et conquis à la France un royaume plus grand que la France même !

Ajoutons que le 26 mai i885, les dépenses de la Mission, calculées jusqu'à la fin de 1885 — c* est-à-dire pour sLr mois de plus qtte son année budgétaire — se montaient à 296 000 francs en argent et 334 300 en marchandices.

Or, le 14 août 1885, date de la remise effective du Gabon, l'actif de la Mission était encore de 330 000 francs en espèces (dont 102 000 francs dus par le Gabon à la Mission), d'environ 500 000 francs en marchandises, plus des vivres pour près d'un an et un matériel considérable qui, dans ces régions, représente plusieurs millions.

lia Convention avec TAsiiociatlon infernal tonale. — Dans l'intervalle, des actes diplomatiques d'une haute importance avaient déterminé notre situation dans l'Ouest africain. Le 23 avril 1884, M. Strauch, président de TAssociation internationale du Congo, à Bruxelles, adressait à M. Jules Ferry, président du Conseil, ministre des Affaires étrangères, la lettre suivante :

« Monsieur le ministre, l'Association internationale du Congo, au nom des stations et territoires libres qu'elle a fondés au Congo et dans la vallée du Kiliou-Niari, déclare forniel-

lement qu'elle ne les cédera à aucune puissance, sous réserve des conventions particulières qui pourraient intervenir entre la France et TAssociation pour îlxer les limites et les conditions de leur action respective. Toutefois TAssociation, désirant donner une preuve de ses sentiments amicaux pour la France, s^sNGAGs A LUI DONNER LB DROIT DE PRÉFÉRENCE, si par des circonstances imprévues, l'Association était amenée un jour à réaliser ses possessions. — Str/iucu. »

M. Jules Ferry répondait, à la date du 24 : « Monsieur, j'ai rhonneur de vous accuser réception de la lettre en date du 23 courant par laquelle, en votre qualité de président de l'Association internationale du Congo, vous me transmettez des assurances et des garantjes destinées à consolider nos rapports de cordialité et de bon voisinage dans la région du Congo. Je prends acte avec grande satisfaction de ces déclarations et, en retour, j'ai l'honneur de vous faire savoir que le gouvernement français prend l'engagement de respecter les stations et territoires libres de l'Association, et de ne pas mettre obstacle à l'exercice de ses droits. — Jules Ferry*. •

Ainsi , d'après la déclaration du président de l'Association, dont notre gouvernement a pris acte immédiatement, la France, outre ses possessions du Congo français, a des droits éventuels sur les immenses régions, plusieurs fois grandes comme la France, qui constituent VÉtat libre du Congo. Elles ne pourraient passer dans d'autres mains que celles de l'Association sans que la France eût été mise en demeure de les acquérir elle-même.

lia Cooféreacc inierMattonale de Berlin. — Il

resterait à voir comment notre action politique dans l'Ouest africain a été discutée à la Conférence internationale tenue à Berlin du 16 novembre 4884 au 26 février 4885 •; quel régime économique un nouveau droit international nous impose dans une partie de nos possessions; quelles sont les limites poli-

4. Livre jaune. Affaires du Congo et de l'Afrique oeeiderUale, 4884.

2. La Conférence se tint sous la présidence de M de Bismarck ; en l'absence de celui-ci, rAUemagne devait être représentée aux séances par le comte de Hatzfeld ; la France, par M. de Gourcel, ambassadeur de France À Berlin, assisté du docteur Ballay, de MM. Engelhardt et Desbuisson; l'Angleterre, par son ambassadeur, sir Malet, et de nombreux délégués; les États-Unis, par M. Kasson, que soutenaient Texplorateur Stanley et M. Sandford, membre de TAssociation internationale; le roi des Belges, par M. le baron Laubermont et M. Strauch; le Portugal, par son niinistre, M. Serpa Pimentel, et le géographe Luciano Cordeiro, etc.

3tl8 LA FRANCE COLONIALE

tiques qu'on nous a fixées; quels sont les avantages et les charges qui résultent pour nous des traités de février entre la France, l'Association internationale et le Portugal.

Je ne saurais mieux résumer ces actes et mes appréciations que je ne l'ai fait dans le Congo français^ brochure à laquelle je renvoie le lecteur. Je n'aurai à y ajouter que deux observations.

La première est qu'en insistant vivement pour que nous restions maîtres de notre régime économique, je voulais surtout éviter à une partie de notre colonie l'ingérence de commissions internationales. Délivrée du contrôle qui l'eût assimilée à une Egypte, notre colonie pourra supporter dans une de ses parties un régime économique dont le contre-coup éventuel dans l'autre a été fort exagéré.

La seconde observation a trait aux limites politiques que nous assigne le traité du 5 février avec l'Association internationale. Il est regrettable qu'en échange de l'abandon de nos droits politiques sur la rive gauche du Congo dépendant des Ktats de Makoko, et de notre liberté économique dans nos territoires dépendant du bassin conventionnel du Congo*, nous n'ayons obtenu aucune satisfaction de nos prétentions sur le territoire du bas Congo, au sud du S'» 12'', et le bassin septentrional du haut Congo.

Sans doute, on aurait pu obtenir à Berlin un partage plus <'*quitable entre nous et l'État du Congo (six fois grand comme la France), si notre presse et l'opinion publique avaient manifesté à cette époque la même sympathie, la même ardeur qu'auparavant pour notre entreprise national'e dans l'Ouest africain, si elles avaient offert à notre gouvernement un terrain de résistance contre les prétentions non fondées de TAssocia-

i. Dentu, éditeur, janvier 1885.

â. Tout le bassin du Congo, soit qu^il appartienne à la France, soit qu'il Lisse partie de TÉtat libre du Congo, a été déclaré ouvert au commerce de toutes les nations. Ce bassin est dit conventionnel, parce que ses limites naturelles, n'ayant pu encore être reconnues et déterminées par les rvplorateurs, ont dû être fixées hypothétiquement et par convention. Nos possessions de TOuest africain sont divisées en deux zones : d'une part, le Gabon et la partie nord du Congo français jusqu'à Setla-Cama et Franceville, où nous pouvons nous réserver le monopole commercial; d'autre part, la partie sud du Congo français, qui fait partie de la région ouverte au commerce libre, c'est-à-dire où les importations seules jouiront de la franchise.

3. Le Congo français n'arrive pas à la ligne du bas Congo; entre Manianga et l'embouchure, la rive appartient à l'Association, sauf un& enclave laissée aux Portugais.

tion, et Tavaienl encouragé et soutenu dans la défense de nos intérêts.

Ce n'est pas un territoire plus ou moins grand que je regrette. L'Etat libre du Congo, destiné à mourir d'inanition, ne me parait pas d'ailleurs bien inquiétant pour le développement de notre influence dans le bassin septentrional du haut Congo. II ne me parait pas davantage inquiétant pour nos intérêts commerciaux dans le bas Congo, qui ne sera jamais qu'un cul-de-sac sans valeur tant que nous serons maîtres des voies où nous pourrons toujours susciter une concurrence victorieuse pour nos voisins. Mais ce que je regrette ici, c'est le manque d'une véritable frontière naturelle — la rive droite (lu bas Congo; c'est sa conséquence que nous ne serons pas tranquilles sur la frontière du Chiloango, et que cela nous forcera à donner h Toccupation d'une si mauvaise zone frontière un caractère militaire, charge onéreuse, moins supportable encore pour l'Association qui, en nous disputant cette frontière, a fait un faux calcul.

Sous ces réserves et celles que j'ai à faire à propos de l'inaction antérieure de la marine au Gabon, dont la conséquence a été de faire limiter notre possession au parallèle de la rivière Kampo (dans le nord du Gabon), nous devons reconnaître que les résultats diplomatiques obtenus à Berlin consacrent entièrement les conditions politiques de netre programme de 1883. Si c'est — suivant moi, qui désirais un peu plus — un succès relatif, je n'en conviens pas moins, étant donnés les obstacles considérables opposés à la réalisation même de notre pro- .vnrarame convenu, que notre gouvernement a remporté un très grand succès en faisant ratifier par toutes les puissances la conquête économique, pacifique, qui fera l'éternel honneur de Brazza, de ses collaborateurs et de la France*.

Traités avee l'Allemainie, le Portaffal et l*État Uare. — Par le traité du 24 décembre 1885 la limite entre les possessions françaises et la colonie allemande du Cameroun a été fixée à la rivière Kampo depuis son embouchure jusqu'au \mni où elle rencontre le méridien de longitude est (de Paris), T*> W; puis, à partir de ce point, le parallèle prolongé jusqu'à sa rencontre avec le méridien situé par 12o 40' de longitude est. Les deux puissances riveraines ont sur le Kampo la liberté de navigation et de commerce.

1. En juillet-août 1885, ont été ratiûés par le Parlement français les Actes de la Conférence de Berlin.

Le 12 mai 1886, traité avec le Portugal : la délimitation nous fait perdre quelques territoires au nord du Chiloango, mais nous reconnaît la possession de la Louëma.

Le 29 avril 1887, convention avec TÉtat libre du Congo : 1» confirmant à la France son droit de préemption sur cet Etat; 2o fixant pour limite entre les deux territoires le thalweg de VOubanghi jusqu'à son intersection avec le 4« parallèle nord.

Il reste quelques litiges avec les Espagnols qui, étant maîtres des îles Corisco et Elobey, élèvent des prétentions sur la côte voisine, où ils n'ont d'ailleurs ni comptoir ni établissement d'aucune sorte.

IVoaveUes missions «l'euLpIoraUons. — En 1883, M. de Lastours a exploré la rivière N'Koni comme voie de pénétration chez les Batékés. Il est mort en 1885, comme il préparait une nouvelle expédition. Elle fut confiée par M. de Brazza à son frère Jacques et à M. A. Pecile. Ils coupèrent la Sébé, la Liboumbi (afflue'nt de Vlvitido), franchirent la ligne de faîte qui sépare les bassins de l'Ogôoué et du Congo, reconnurent les petites rivières qui se réunissent pour former le Likotia et la Likoualay entrèrent dans le bassin de la rivière Yeiisé. Cette exploration coûta la vie à Jacques de Brazza.

La convention anglaise du 5 août 1890, qui reconnaissait nos droits sur les régions qui avoisinent Barrua sur le lac Tchad * suscita de nouveaux dévouements : on essaya, en remontant les cours d'eau du Congo français, de pénétrer dans ces régions.

En 1891, M. Fourneau, parti du poste d'ùiiesso sur laSangka (affluent de droite de Congo), accompagné quelque temps par la chaloupe canonnière le Ballay qui remontait la rivière tandis que lui-même suivait la voie de terre, explora d'abord la Likellé et la Massiéba, dont la réunion forme la Sangha. Le 10 mai, pendant la nuit, auprès de la rivière Ekéla et du village du chef N'Zaouaré, il fut attaqué par les indigènes. Des deux Européens qui l'accompagnaient, l'un, M. Blom, fut blessé, l'autre, M. Thiriet, fut tué. Quoique blessé lui-même, l'explorateur brûla sur un grand bûcher le corps de son compagnon et la majeure partie de ses marchandises et commença une retraite qui coûta la vie à plusieurs de ses Noirs. Il fut enfin recueilli par la canonnière et rapporta de précieux renseignements sur la Sangha.

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