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CHAPITRE III

GOUVERNEMENT ET ADMINISTRATION

lie Commissaire général et les serirlees civils. —

Par décret présidentiel du 27 avril 1886, M. de Brazza avait été nommé Commissaire de la République dans l'Ouest africain français ; un lieutenant-gouverneur, au Gabon, devait dépendre de lui. Par décret du 11 décembre 1888, M. de Brazza a échangé ce titre contre celui de Commissaire général du gouvernement

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dans le Congo français^ et le Gabon a été replacé sous son autorité directe. II est assisté d'un conseil d'administration, présidé par lui et comprenant : le lieutenant-gouterneur, dont l'autorité, aulrefoislimitéeau Gabon, s'étendàtoutc la colonie; le commandant de la marine, le directeur de Tintérieur, le chef du service administratif, le chef du service judiciaire, deux habitants notables désignes par le commissaire général.

fJbreville, ci-devant le chef-lieu du Gabon, est devenu celui de toute la colonie.

Le lieutenant-gouverneur supplée le commissaire général absent ou empêché. A son défaut, cette suppléance est exercée par les membres du Conseil suivant Tordre d'inscription.

Le directeur de l'intérieur, outre ses attributions ordinaires des autres colonies, centralise une partie des rapports et des pièces de toute nature envoyés par les chefs de postes et de station.

Il y a un tribunal de première instance à Libreville; des justices de paix à compétence étendue à Lambaréné, France ville, Brazzaville, Loango.

Le culte catholique est représenté par deux prélats des missions : Tévéque d' Arc/lis, vicaire apostolique des Deux- Ciuinées; et le vicaire apostolique du Congo français. Un autre missionnaire est curé desservant de Téglise Saint-Pierre, à Libreville. D'autres dirigent des écoles à Bâta, Donguilla, Lambaréné, Fernan-Vaz, Latoursville, Mayemba, Loango, Linzolo, Brazzaville, Lirongo.

A Libreville, la mission Sainte-Marie, dirigée par les Pères (lu Saint-Esprit et subventionnée par le gouvernement, rend il peu près les mêmes services qu'à Saint-Louis l'école des otages : on y élève les fils des chefs et des indigènes influents pour leur donner les éléments de l'éducation française.

Un trésorier-payeur fait en outre l'office de directeur de l'enregistrement et des domaines.

II y a une administration pénitentiaire, avec six surveillants militaires, chargés de diriger une centaine de forçats annamites ou chinois, qu'on emploie aux travaux publics autour de de Libreville.

Forces nawales et militaires. — La station navale est formée : l® sur le littoral, d'un ponton-hôpital, d'un bateauciterne, de 4 avisos et de 5 chaloupes à vapeur; 2<* sur les fleuves, d'un bateau-transport, de 2 canonnières, de plusieurs petits vapeurs.

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Les troupes étaient autrefois fournies par le Sénégal. On a formé depuis un corps spécial, dit des tirailleurs gabonais^ à 2 compagnies. A Tintérieur du pays, la défense des postes, stations, convois de ravitaillement est conûée à des miliciens noirs. Ils sont secondés, àToccasion, d'auxiliaires noirs, recrutés parmi les tribus qui nous sont le plus dévouées.

On voit avec quelles faibles ressources militaires nous réussissons à maintenir Tordre dans une région dont retendue surpasse d*un tiers celle de la France.

DIvIsionii afllminlstratlvcs. — Le Congo français, non compris le Gabon, est divisé (décret du 27 février 1889) en quatre zones administratives, à la tète de chacune desquelles est un résident : zone du pays desBatékés, chef-lieu Diélé; zone de VOgàorié, chef-lieu Latoursville ; zone du Kiliou, chef-lieu Ludima; zone du Congo intérieur, chef-lieu Brazzaville,

Le personnel administratif comprend en outre : 12 chefs de station, 12 chefs de poste, 4 chefs d'exploration, 2 naturalistes spéciaux, 5 agents de culture, des agents auxiliaires en nombre variable.

Le chef de chaque poste ou station, chargé de maintenir Tordre, d'assurer les communications, de recruter les porteurs ou piroguiers, est toujours assisté de quelques employée européens.

Un inspecteur des postes et stations est chargé de les passer en revue.

On voit que Tadministration du Congo est très particulière, comme il convient à un pays tout neuf, qui, en grande partie, nous reste encore à découvrir et dont nous avons d'abord à étudier les ressources. Le commissaire général, étant donné les nécessités de la situation et le caractère de M. deBrazza, est avant tout un directeur d'explorations et le plus hardi, le plus infatigable des explorateurs.

Centres, postes, stations. — Libreville est un gros bourg de 2 à 3,000 âmes, dispersé sur une étendue de 6 à 7 kilomètres. Son port, le meilleur qui se rencontre de Dakar au cap de Bonne-Espérance, semble appelé à un brillant avenir.

Kampo, Batah, Benito, Dombo, qui surveillent les petites îles espagnoles pour empêcher la contrebande, sont les postes des rivières du nord.

Cap Lopez, près du cap Lopez.

Sur la côte de Loango : postes de Setté-Kamay Nyanga, Mayumba, Konkuati, Longobando, Diadié, Chibotte,

Du Kiliou à la côte portugaise : Bas-Kiliou, Loango, Pointe- Noire, Massabi.

Sur le Kiliou : N'gotou, Kakamoéka, Buenza.

Sur le Congo et TOubanghi : Brazzaville (les postes de N'Gantchou, Bonfja, N'Kundja, ont été supprimés), Liranza, Mozzacha, Banghi,

Sur TAlima : Lékété, où ont été lancées nos canonnières, Diilé,

Région de l'Ogôoué : Franceville, Doumé, Latoursvilky MadivUky Ashouka, les Apinjés, î^'Djolé, Lambaréné.

Bedi^et «le la colonie. — Pour 1890, le budget local a été fixé à 1 474 950 francs pour les recettes ordinaires; à 1 474 950 pour les dépenses ordinaires. Dans les recettes figurent : contributions directes, 57 300 francs; indirectes, 406 000; produits divers, 1 011 650. Dans les dépenses figurent : justice et culte, 6 746 francs; instruction publique, 33 855; travaux publics, 162 256; ports et rades, 11962; feux et phares, 8 300; hôpitaux, 17 800. — En 1892, le budget local s'est élevé, tant en recettes qu'en dépenses, à 2168287 francs. Crédits demandés pour 1893 : 1 463 267 francs.

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